Le groupe Réformisme et rénovation (R2), est issu notamment de la motion 4 au congrès du Mans. Nous souhaitons promouvoir dans le Parti Socialiste une
rénovation de ses structures et de ses idées, un socialisme exigeant, réformiste, européen et réaliste, pour qui la liberté est une valeur fondamentale et un instrument politique, mais qui ne
renonce pas à transformer la société. Nous nous adressons à tous ceux qui souhaitent défendre et illustrer ces choix.
R2 est un réseau d'influence qui met en forme des idées. Notre démarche est politique et intellectuelle.
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Décentralisation et Egalité territoriale
Initiée par les socialistes en 1981, la décentralisation vise à améliorer l’action publique. Cette action doit s’exercer à l’échelle la plus appropriée afin de répondre le mieux possible aux besoins. L’autonomie accrue des territoires est le moteur de la décentralisation. C’est en rapprochant et en responsabilisant acteurs et usagers que nous améliorerons l’action publique.
Mais la décentralisation ne doit pas être un prétexte au désengagement de l’Etat à travers le transfert partiel et injuste des ressources. Avec comme conséquences des impôts locaux en hausse ou des services de proximité en recul pour les citoyens : moins de crédits et plus de charges.
La compensation intégrale des transferts de ressources de l’Etat vers les collectivités locales, une fiscalité dédiée à chaque échelon et une stricte péréquation pourront être les outils d’une nouvelle décentralisation.
Les services publics locaux doivent être à la fois confortés et adaptés aux contraintes et aux besoins : guichet unique, services itinérants, procédures électroniques.
Les citoyens ont également besoin de savoir quelle collectivité fait quoi et si elle le fait au plus près et au mieux de leurs besoins : meilleure correspondance entre les moyens alloués à la commune et la réalité de ses missions, renforcement de la légitimité démocratique des structures intercommunales, clarification des missions départementales, affirmation des régions qui sont les premiers intermédiaires entre l’Etat et les territoires tout en devenant des acteurs à part entière de la construction européenne.
La démocratie participative peut être un vrai catalyseur de la décentralisation : produire en commun, au niveau le plus approprié, la décision politique, donner les outils d’une citoyenneté active et responsabiliser les représentants du peuple. L’ouverture d’une partie des budgets aux actions participatives ou encore la mise en place de conseils d’usagers des services publics constituent des pistes concrètes à explorer.
Loin d’une religion de la proximité, il s’agit de répondre au fort besoin d’efficacité retrouvée de la puissance publique. La réforme de l’Etat est un corollaire indispensable de la décentralisation. Mieux délimité et plus souple, dialoguant avec la société civile, l’Etat sera plus fort. Prescripteur, acteur et contrôleur mais aussi responsabilisé et évalué, il garantira et rénovera les services publics. La politique par la preuve nous montre que de nombreuses gauches européennes ont accompli ces réformes dans l’intérêt des personnels, des usagers et des contribuables.
En rénovant la puissance publique, nous libèrerons le meilleur du socialisme : sa volonté de travailler sans cesse à la solidarité sociale et territoriale, à la réduction des inégalités de destin, de condition et de traitement.
Qu’il s’agisse de logements, d’équipements et de services publics, de transports, ou encore d’emplois, les logiques territoriales et partenariales sont à privilégier.
De nombreuses collectivités locales, tirant profits de l’ANRU, mènent des projets de rénovation urbaine qui vont améliorer les conditions de vie dans de nombreux quartiers: nouveaux collectifs à taille humaine, logements rénovés, mixité sociale accrue, intégration de la dimension environnementale.
Le développement des transports et plus largement des équipements et des services publics, avec pour ces derniers le guichet unique et les services itinérants, doit devenir une priorité.
De même la territorialisation des politiques de l’emploi doit encore s’accentuer : l’accompagnement vers l’emploi, l’insertion professionnelle, la formation et le reclassement ont besoin d’une déclinaison locale spécifiquement adaptées à des publics souvent tenus en marge.
L’heure n’est plus au saupoudrage égalitaire des moyens : nous devons mettre le paquet, concentrer les moyens, dans une logique territoriale et sociale, afin de donner plus à ceux qui ont moins.
Voilà d’ailleurs le moyen de réduire les discriminations qui nuisent tant à la cohésion sociale et de favoriser l’égalité de traitement. Dans ce domaine, les collectivités peuvent être des catalyseurs efficaces en organisant des partenariats avec la HALDE ou encore en créant des relais municipaux favorisant la médiation.
Plus généralement, l’échelle territoriale, sous condition de solidarité et de péréquation, doit donner aux politiques d’égalité active toute leur force et leur efficacité : réforme des ZEP permettant une concentration dynamique des moyens ou encore labellisation des entreprises embauchant et employant le plus de salariés domiciliés dans les territoires défavorisés.
Nos territoires sont aujourd’hui le lieu de la politique par la preuve et de la souveraineté partagée. Ils constituent autant de leviers pour une puissance publique réformée qui souhaite agir au cœur de la société.
En approfondissant la décentralisation et en travaillant à la restauration de l’égalité territoriale, nous nous donnerons les moyens de continuer à écrire, ensemble, notre contrat social.
Jean-François PASCAL
Le débat est vif sur les jury citoyens proposés par Ségolène Royal, chez nous aussi à R2. Revenons sereinement au concept de démocratie participative, ou plutôt délibérative, que les propositions de la candidate ont permis de mettre publiquement en question.
Je ne cherche pas spécialement à défendre Mme Royal. Je défends ce qui me paraît juste dans son discours. Les critiques des propositions ont quelque chose de salutaire, puisque cela a fait apparaître d'importantes contradictions dans le discours de la candidate. Mais cette démarche penche dangereusement vers l'irrationalité totale quand on en vient à négliger de comparer ses propositions à celles de ses concurrents, qui à ma connaissance ne brillent pas par leur originalité. Mme Royal innove, ce pour quoi il existe une réelle attente. J'essaie de faire en sorte que cette voix ne soit pas muselée.
Tout d'abord, il y a une certaine variété entre les diverses expériences de démocratie participative, et le concept semble peu défini quand elle en parle. Néanmoins, le fait qu'elle en parle parce que c'est à la mode ne signifie aucunement que c'est sans intérêt.
Tout d'abord quelques remarques :
- j'ai produit une recherche sur le budget participatif de Porto Alegre il y a quelques années. Je suis très peu convaincu par la formule si on veut l'appliquer dans un pays riche et sans déséquilibre social manifeste. A la rigueur ç'aurait un sens pour les zones les plus défavorisées du territoire. Mais pour l'essentiel, c'est un système coûteux et largement basé sur la motivation individuelle, donc pas robuste face aux incitations économiques. Ca ne marche que s'il y a des gens très pauvres qui ont clairement quelque chose à y gagner. Dans la plupart des cas ça me paraît inadapté.
- à mon avis l'erreur c'est d'avoir parlé de démocratie "participative", qui fait penser à certaines choses. Le concept le plus approprié, ce serait plutôt la démocratie délibérative (cf. Habermas, Niño, etc.). Il s'agit de mettre en oeuvre une régulation étatique non-biaisée, ce qui suppose des contre-pouvoirs.
- les contre-pouvoirs, c'est ce qui manque en France, où depuis toujours on constate le manque de liens entre la base et les élites. Chacun vit de façon autonome, de plus en plus comme dans un pays du tiers-monde . Il faut que ça circule, que ça communique davantage. Il faut déréglementer,
re-contrôler, re-démocratiser la France.
- un grand bravo pour leur courage à tous les élus qui ont manifesté leur désapprobation vis-à-vis de l'idée d'un contrôle populaire. Il va sans dire que tous sont des Churchill en puissance, capables de résister à la faiblesse humaine en toute circonstance et motivés par le seul intérêt général. La bonne blague... Creusons la question plutôt que d'invoquer certaines évidences ou vérités.
D'autant plus que l'on mélange beaucoup de concepts chez les partisans comme chez leurs contradicteurs...
Une première erreur est qu'il ne faut pas confondre les fonctionnaires et les élus; le politique et le technico-administratif. La compétence technique n'est pas primordiale pour les seconds, car ils sont censés s'entourer d'experts. Le font-ils ? c'est une autre question, malheureusement. En matière économique, l'amateurisme de nos énarques-politiciens est effectivement désastreux. Pourtant les économistes compétents existent en France (hormis le Royaume Uni, la France est le pays qui compte le plus de "fellows" de l'American Economic Association, six au total) et ils sont prêts à offrir leurs services.
Tout ça pour dire que les paroles de chaque français sont admissibles dans le débat économique. L'expertise doit par contre être prise au sérieux et pas amalgamée au reste des discours idéologiques.
Plusieurs moyens peuvent être mis en oeuvre ou renforcés pour impulser une démocratie délibérative qui densifiera la démocratie représentative, base de notre système démocratique.
L'idée est très simple : il s'agit de faire en sorte que la puissance publique ne puisse plus prendre de mesure générale (par opposition aux mesures particulières) sans qu'un panel représentatif de citoyens n'ait été consulté.
Cela suppose :
- le recours à des études d'impact sérieuses comme préalable à tout nouveau texte de loi ou à tout décret
- l'existence de panels réguliers auprès de tous les watchdogs officiels, notamment les Autorités Administratives Indépendantes
- qu'au niveau des collectivités territoriales, et en particulier des communes, le principe des jurys citoyens pourrait jouer, sur le fond, un rôle équivalent à celui du Conseil d'Etat auprès du législateur. C'est à dire que les textes à portée générale et les budgets seraient soumis à
un avis consultatif. Je pense à des panels représentatifs, c'est à dire composés de citoyens lambda. Les autorités pourraient, en le justifiant, demander à ce qu'un des "jurés" soit relevé de ses fonctions, mais cette décision pourrait être contestée par un référé administratif.
- que tous les rapports administratifs devraient être accessibles gratuitement et librement sur internet, répertoriés sur une base de données (si on est capable de le faire pour les films de l'ina, on est capable de le faire pour les rapports)
- que ces jurys citoyens pourraient demander l'aide de rédacteurs
professionnels (fonctionnaires ou autres) afin de rendre publics leurs avis, dans un langage courant néanmoins.
Idéalement, tous ces panels seraient intégrés à des dispositifs plus classiques. Par exemple, les "usagers" (dont le point de vue serait décidé par le panel) auraient collectivement une voix dans le collège décisionnel d'une AAI. Ils auraient le pouvoir de faire connaître leur désaccord vis-à-vis des autres membres dudit collège.
- les membres des panels seraient rémunérés par leur employeur, auquel les administrations publiques concernées rembourseraient les heures perdues.
Tout cela existe trop peu, si l'on compare la France aux autres pays. Ailleurs, les consommateurs / petits actionnaires / usagers de l'administrations / etc. sont consultés très régulièrement. Les études d'impact sont monnaie courante un peu partout sauf en France. D'où notamment la profusion de lois inutiles et parfois grotesques que nous connaissons.
Enfin, l'administration et les gouvernements gardent une culture du secret, absolument ridicule au 21ème siècle.
Vous n'imaginez pas l'attitude de l'Etat français face aux demandes d'information des Polynésiens à propos de Moruroa-Fangataufa. Ce genre de choses ne devrait plus exister.
Qui connaît les réels risques du nucléaire, les coûts environnementaux du productivisme agricole, l'utilisation des fonds structurels européens par les agriculteurs français, les différences d'indemnisation entre hôpitaux publics et cliniques privées, etc.? Les spécialistes, et encore... Cela doit cesser. Tout citoyen a droit à l'information. Le pluralisme doit être au coeur du système politique.
Les pratiques politiques passées doivent laisser la place. Ceux qui ont trop joué avec ce système doivent laisser la place.
Dans ce contexte, la nouveauté est une vertu.
En conclusion, vive la démocratie... délibérative.
LPhC
Echange-débat
la politique canadienne d’immigration et d’intégration
La politique d’immigration se combine avec la politique d’intégration : le but de l’immigration vise à créer des citoyens. C’est l’objectif final.
Grande politique de communication du gouvernement canadien : montre que l’immigration est un avantage pour ceux qui viennent et pour les citoyens canadiens.
4 grands principes :
- maximiser les avantages sociaux, éco et culturels
- offrir l’asile aux réfugiés et aux personnes ayant besoin de protection
- favoriser l’établissement, l’adaptation et l’intégration des nouveaux arrivants
- Appliquer une stratégie juste et efficace pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens
Ainsi, 73% des Canadiens pensent que les immigrants ont un effet favorable sur le Canada.
Cadre juridique :
- Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés de 2002
- Un ministère dédié aux questions d’immigration et d’intégration « Citoyenneté et Immigration Canada » (CIC)
- Un travail horizontal entre 4 ministères : CIC, Sécurité et Protection civile, patrimoine (pour les questions de multiculturalisme), ressources humaines et dvpt des compétences
Partage fédéral des compétences en matière d’immigration avec les provinces
Notamment, un accord Canada-Québec permet au Québec de fixer ses propres objectifs et des propres critères de sélection.
Il y a un rôle direct des provinces dans la sélection d’un certain nombre d’immigrants (notamment qualifiés).
Le gouvernement fédéral reste le seul à donner l’admissibilité au regard des critères de santé, de sécurité, pour tous les immigrants.
Des objectifs définis et chiffrés
- pour 2005 : entre 220 000 et 245 000 nouveaux immigrants. Ces chiffres sont prévus en amont d’une année : le ministre doit déposer chaque année un rapport au Parlement avec les données statistiques de l’année écoulée (234 000 immigrants pour l’année 2004) et la « cible » pour les années suivantes ( le mot de « quota » n’est plus utilisé).
Le rapport tient compte de la capacité du marché du travail (à partir de consultations avec les provinces, les municipalités, les ONG, le sect pub et privé, l’inventaire des demandes déposées dans les bureaux à l’étranger (75 bureaux à l’étranger, celui de Paris étant « régional » puisqu’il traite les demandes de 12 pays), les ressources humaines pour traiter les demandes et le suivi.
- 60% sont des immigrants éco et 40% proviennent du regroupement familial.
Sélection des immigrants : Une politique « proactive »
- L’idée est de choisir ceux qui ont les moyens de réussir leur intégration
- Les critères pour les catégories de migrants sont définis dans la Loi : réfugiés et personnes protégées (32 685 en 2004, qui proviennent à 50% de demandes d’asile et à 50% de réfugiés sélectionnés à l’étranger notamment par le Haut Commissariat aux Réfugiés), regroupement familial (dossiers prioritaires qui sont traitées dans les 6 à 9 mois : seulement, conjoint, enfant à charge, parent et grand-parent), catégorie économique.
-en 2004, 40 000 demandes d’asile. 40% positives, 47% négatives, 7% abandonnées et 13% retirées.
Le système à point : pour les travailleurs qualifiés (les étudiants n’entrent pas dans cette catégorie, ils sont traités à part et peuvent bénéficier d’un permis de travail temporaire d’un ou deux ans)
Il s’agit d’une autoévaluation (qui permet une moindre subjectivité de la part des autorités), qu’il est possible de faire en ligne sur le site internet du gouvernement canadien mais aussi dans des organismes agréés dans les pays d’émigration. Ainsi, les immigrants sont responsabilisés sur leurs chances de réussite dans leur intégration
- Compétences linguistique : 24 points
- Etudes : 25 points
- Expérience (au moins un an) : 21 points
- âge : 10 points (max des points entre 21 et 49 ans)
- Emploi réservé au canada : 10 points
- Capacité d’adaptation : 10 points
Note de passage actuelle (flexible en fonction de l’offre et de la demande : il s’agit d’un levier, d’un outil régulateur. Seul le ministre peut augmenter ou baisser le barème pour atteindre les objectifs) : 67 points sur 100 points possibles.
L’intégration
Un budget fédéral de 300 millions de dollars par an + partenariat avec les provinces, la société civile( ex Implication des Canadiens ; « jumelage avec les familles » )et le milieu privé (ex : cours de langue offerts en entreprise), qui comprend 2 aspects :
- préparation avant l’installation dans les pays d’origine (séance d’orientation, sur le coût de la vie, les emplois, le logement…)
- et à l’arrivée, prise en charge par les autorités canadiennes (remise d’une « trousse » d’information, programme de langues, prog d’aide à l’établissement, prog d’accueil des réfugiés, prog en matière d’équité pour l’emploi , prog sur le multiculturalisme). Tout cela est évalué et les fonds sont contrôlés (« imputabilité des programmes »). Prise en charge particulière des enfants primo-arrivants (langue et valeur) : les écoles adaptent leurs programmes et leurs activités province par province.
La citoyenneté Canadienne
- 85% des immigrants deviennent citoyens canadiens
- il faut vivre au moins 3 des 4 dernières années au Canada, réussir un QCM sur les langues française et anglaise, sur le Canada (droits et devoirs)
- Une cérémonie de citoyenneté, devant un juge, est organisée pour fêter l’arrivée d’un nouveau citoyen canadien : très joyeux et émouvant. Les nouveaux citoyens bénéficient du droit de vote
- 25% des députés ne sont pas Canadiens de souche (idem chez les ministres qui sont élus parmi les députés)
Contrôle de l’immigration irrégulière
- création d’un ministère de la sécurité publique et de la protection civile (SPPCC) et d’une agence des services frontaliers du Canada, qui gère un réseau de contrôles (bureau des visas à l’étranger, 79 bureaux, 45 agents « d’intégrité du mvt migratoire », contrôle à l’embarquement par des sociétés privées formées par ces agents, partage d’information entre les différents points d’entrées. Et entente avec les pays sûrs (notamment en 2004 avec les Etats-Unis)
-4000 à 5000 personnes sont refoulées par an
Les défis
- La recherche, l’évaluation, le suivi des résultats de la politique d’immigration tiennent une place majeure dans la politique d’intégration. L’idée est que les migrants puissent bénéficier de la même qualité de vie que les Canadiens.
- Les outils : une banque de données issue d’une enquête sur les immigrants depuis 2001 (sondage en 3 cycles 6 mois, 2 ans et 4 ans) 12 000 personnes ont été interviewées.
- Les résultats : taux de chômage légèrement plus élevé (6.8% pour les Canadiens, environ 8% pour les immigrants). 80% des immigrants affichent un fort sentiment d’appartenance au Canada.
- Les points faibles où le gouvernement souhaite insister dans les prochaines années :
♦ Cours de langue professionnelle (14 millions d’euros pour 2004),
♦ Accès au marché du travail (50millions d’euros pour reconnaissance des diplômes pour 2004),
♦ Qualification (67millions d’euros pour fonds versés aux assoc. professionnelles, et un portail d’information).
♦ Stratégie de régionalisation dans la répartition géographique des migrants. (notamment pour communautés francophones)
Lutte contre les discriminations
Environ 1/3 des membres des « minorités visibles » s’estiment victimes de « traitement inéquitable ». (réponse à un questionnaire : parfois, quelquefois et souvent).
Il y a toujours un pb avec les salaires et l’accès à l’emploi.
D’où la création d’une « loi sur l’équité en matière d’emploi », un « plan d’action contre le racisme » et un « programme du multiculturalisme ».
- programme du multiculturalisme : dès 88, 1er pays au monde à en faire une loi.(rapport au Parlement, fonds pour des associations d’accueil aux migrants si elles ne sont pas monoethniques et si elles adhèrent aux valeurs canadiennes).
- loi sur l’équité en matière d’emploi : a été rendue possible grâce à la Charte des droits et libertés (1982) qui indique que la loi s’applique à tous mais ce principe de doit pas être un frein à des mesures spécifiques (en clair sauf si nécessité de faire une discrimination positive). Des instruments pour mettre en valeur « des minorités visibles » : font partie de cette catégorie ceux qui s’autodéclarent comme n’étant pas de race blanche, pas de pop autochtones…
Ainsi, (par exemple) les entreprises de plus de 100 salariés qui postulent à des marchés publics doivent donner l’évaluation de leurs « minorités invisibles » si elles veulent gagner le marché. La main d’œuvre doit être le reflet de la population.
C’est d’abord une politique incitative. L’idée est de mieux armer la société civile, les syndicats (30% des travailleurs sont syndiqués), l’opinion publique pour qu’ils soient vecteur de la loi. Mais si manquement il y a, il peut éventuellement être sanctionnée par une cour de justice (tribunal de la défense de la personne).
En 2003, les minorités visibles formaient 12,4% de la pop. Il y en a 12,7% dans les entreprises. Mais l’écart salarial demeure.
- plan d’action contre le racisme : une démarche transversale : aide aux victimes, renforcement des moyens de la soc civile, coopération régionale et internationale, partenariat interministériel. En tout, 56 millions de dollars ont été dépensés en 5 ans.
Projet Métropolis
Forum international pour la recherche et le développement des politiques publiques sur les migrations , les villes en évolution.
Pour encourager la recherche, les politiques publiques, l’action multiforme des O NG.
Lettre d’intention France Canada en 2004 pour collaborer en matière de recherche et de réflexion sur les pol pub de l’immigration et de l’intégration.
Conclusion : une politique risquée, mais qui fonctionne. En perpétuel mouvement et avec sans cesse de nouveaux défis (ex : défis de l’islam intégriste).
Aujourd'hui, les échanges de fichiers via Internet, et singulièrement l'échange de biens culturels, constituent un phénomène social, une pratique collective. Des milliards de fichiers partagés sont téléchargés et des millions d'utilisateurs forment des communautés virtuelles. Musique, sons, films, images, textes, circulent de disques durs en baladeurs numériques.
L'innovation technologique a induit de nouvelles pratiques, aussi définitivement que l'imprimerie, l'invention du phonogramme, de la photographie et du cinéma, ont pu le faire en leur temps.
A cette révolution, créatrice de nouvelles relations sociales, ne correspondent pas encore de nouvelles formes de régulation, notamment juridique et économique. D'où l'urgence d'une parole et d'une action politique.
Tel est l'enjeu à mon sens de l'actuel débat sur le "peer-to-peer", sur la possibilité donnée à chacun de télécharger, diffuser et échanger des œuvres copiées.
Une double revendication se fait ici entendre : liberté des usagers d’un côté, rémunération de tous ceux qui concourent à l'existence de l'œuvre de l’autre (ce qui exclue l’idée d’une totale gratuité des téléchargements). Nous avons à résoudre un conflit de droits et à concilier deux formes de légitimité entre elles. Droit au libre échange des internautes, qui ont acheté pour cela du matériel et s'acquittent d'un abonnement auprès d'un fournisseur d'accès, et droit des auteurs qui entendent disposer du fruit de leurs œuvres.
L'état présent du droit est à revoir puisque si la copie privée est légale (et donne lieu en conséquence à une taxation sur les supports d’enregistrement), la mise à la disposition du public, c'est-à-dire la diffusion de la copie, ne l'est pas.
Une nouvelle forme de régulation des échanges numériques est donc nécessaire.
Or l'une des réponses politiques actuelles est de nature répressive et consiste à prôner l'interdiction du P2P. Ainsi le plan de lutte contre la contrefaçon numérique mis en place par le gouvernement ne fait que relayer les pressions de l'industrie du disque et se traduit par la multiplication des plaintes pénales à l'égard de particuliers ayant téléchargés et échangés gratuitement de la musique. Il s'agit de contraindre les internautes à acheter des disques ou à télécharger des morceaux via des sites payants, mais aussi de multiplier les systèmes de filtrage et de protection empêchant le libre usage des contenus téléchargés.
Cette réponse, paresseuse et complaisante à l'égard de certains intérêts particuliers, se révèle inefficace et illégitime.
Inefficace, car le volume global des échanges en "peer-to-peer" continue à progresser, car les évolutions technologiques – cryptage des données, contournement des filtrages et des protections, enregistrement légal des radios numériques – rendent inopérants et même contreproductifs les choix répressifs.
Illégitime, car on ne peut réguler les nouveaux flux avec les moyens habituels de contrôle, car la criminalisation des échanges numériques est d'abord souhaitée par ceux qui ont manqué le virage technologique, car le P2P est un puissant outil de diffusion culturelle dans lequel chaque usager est aussi un redistributeur. Illégitime, enfin et surtout, car lorsque la loi sanctionne une pratique devenue générale et effectuée sans culpabilité, ce n'est pas la pratique qui est illégale mais plutôt la loi qui est illégitime.
Tout cela justifie la recherche d’un autre type d’encadrement des échanges numériques.
La légalisation du "peer-to-peer" adossée à l'existence d'un système de licence, sur le modèle de la licence légale en vigueur pour la radio, répond à ces exigences. Il s'agirait d'échanger le libre droit de télécharger et d'échanger entre particuliers contre la perception d'une redevance partagée entre les ayants-droits. La révolution technologique et l’économie numérique imposent donc de nouvelles conceptions de la propriété intellectuelle, du droit d'auteur et de la copie privée.
Idéalement, une même licence pourrait à la fois couvrir le droit de reproduire l’œuvre à des fins d’usage privé et de la partager en la diffusant sur le réseau. En échange, une taxe serait prélevé sur l’ensemble des services et produits qui bénéficient de l'instauration de la licence (accès Internet, ordinateur, lecteur MP3, graveur CD/DVD, stockages amovibles, l’équipement hi-fi…). Le fruit de cette taxation serait ensuite réparti, proportionnellement à la fréquence de diffusion des œuvres sur le Net, entre les ayants-droits. Ce qui permettrait de diversifier l’offre musicale en facilitant l’accès à la diffusion et de rétribuer plus précisément et plus justement les artistes.
Cette architecture nécessite cependant une modification de la législation européenne qui prévoit aujourd'hui un droit exclusif au profit des auteurs. Droit qui protège la mise à disposition de leurs enregistrements auprès du public.
Sans attendre une modification de la législation au niveau européen, nous pouvons d’ores et déjà proposer une licence dite globale qui légaliserait le "peer-to-peer". Ce système, compatible avec l’état actuel du droit, distinguerait le téléchargement – légal car assimilable à la copie privée – et la mise à disposition des œuvres. Les ayants-droits, représentés par les sociétés de perception et de répartition des droits, autoriseraient collectivement la cession de leur droit exclusif en échange d'une redevance perçue auprès des fournisseurs d'accès.
A la garantie de la liberté des échanges répondrait ainsi la garantie d'une juste rémunération et d’un meilleur partage pour les ayants-droits.
On le voit, entre le tout-répressif et le tout-libertaire, entre l’illusion du contrôle et l’illusion de la gratuité, il existe des solutions. La légalisation du "peer-to-peer" et son organisation sur le modèle de la licence mettent en place une régulation souple et contractuelle des échanges adaptée à la nature de l'économie numérique.
Le rôle du législateur est ici de répondre aux mutations de la société avec les outils du temps présent. On ne peut opposer des dispositions restrictives et inapplicables aux bouleversements des pratiques de diffusion de la culture, à leur démultiplication et à leur diversification favorables à la création.
L'occasion ainsi que la nécessité d'un choix politique se présentent à nous.
Encourageons les dynamiques de création et d’échanges libres et décentralisés, qui constituent souvent de nouvelles formes de lien social et de communauté. Favorisons avec un esprit de justice leur organisation et leur régulation, garante d’un respect et d’un partage équitable des droits.
L’économie numérique comme chantier pour de nouveaux modes de gouvernance ? Oui.
Ou comment inventer dans un monde de flux de nouvelles manières de faire société.
Jean-François PASCAL
Un jeune social-democrate face a la crise …du CPE
12 MARS 2006
I. LA METHODE VILLEPIN ET SES DEGATS
Les étudiants réformistes et modérés de toutes organisations ont tenté, de bonne fois, pendant la phase muette (mi janvier à mi février), de faire des propositions sur le CPE, l'emploi et l'insertion des jeunes diplômés. D'ailleurs, comme "on peut avoir la
syphilis et un débit de tabac", rien n'empêche encore maintenant de faire des propositions sur ces sujets.
Toujours est-il que Mr de Villepin a cumulé les manipulations pour afficher une volonté claire : le CPE, dans les cartons depuis l'été, n'est pas négociable.
- Transformation du texte, qui devait faire l'objet d'une loi
spécifique, en amendement sur la loi sur l'Egalité des chances...
- ... loi devenu prioritaire sur le coup, dont l'examen fût hâté puis cette loi est passée en procédure d'urgence ; coup de grâce : le 49-3 et l'épilogue funeste : le 49-3 informel au sénat (usage du réglement d'une façon douteuse) pour faire passer le texte le plus vite posssible.
Le Premier ministre, dont j'ai pu apprécier, par erreur, le panache de gaulliste flamboyant, libéral-social, a refusé tout dialogue, et a plongé les organisations étudiantes dans un état de colère qui s'est traduit en mutisme pour la FAGE (indépendante, dont je fais partie) et en révolte pure et dure pour l'UNEF (NPS/emmanuellistes 83%, certains réformistes tendance Aubry 7%, et 10% de Trotskystes) et la Confédération étudiante (CFDT étudiante).
Comme toujours (dernier exemple, 2003 et le LMD, une réforme - conçue par la gauche mais appliquée par la droite- des cursus universitaires), l'UNEF sème la révolte, mais n'a pas la force militante nécessaire pour tenir le mouvement dans toutes les universités.
Ainsi, anarcho-syndicalistes de la CNT (confédération nationale du travail), syndicalistes révolutionnaires de SUD (solidaires unitaires démocratiques), trotskystes de la Tendance Tous Ensemble de l'UNEF, et beaucoup d'étudiants non-syndiqués (mais pour le moins radicaux) tiennent les AG dans les Universités dont on voit les
images à la télé.
II. LA DIVISION DES ETUDIANTS ET LA CRISE DE LEURS ORGANISATIONS
Le monde étudiant est morcelé. Aucune organisation classique n'est en phase avec les étudiants. Aux yeux de la loi Jospin de 1989, il n'existe que 4 organisations représentatives des étudiants, dans l'ordre décroissant:
1) l'UNEF : cf supra. Elle demande le retrait pur et simple du CPE, mais son manque d'appuis locaux fait qu'elle est effacée (le manque de remise à jour de son site www.unef.asso.fr trahit son manque d'information et de remontée sur le mouvement). Elle est déchirée, entre trois tendances :
tendance Majorité nationale, recomposée suite à la fusion
NPS/emmanuelli (bref, des gens qui se détestaient hier gèrent
aujourd'hui la structure),
tendance Réfondation syndicale (réformistes du PS),
tendance tous ensemble (LCR/JCR).
Frictions dans la Majorité, et autonomisation de la TTE...
2) la FAGE : elle s'est prononcée contre, mais elle laisse ses fédérations membres (monodisciplinaires, et fédérations de ville) décider de leur positionnement. aucune n'est pour le CPE. certaines participent aux AG d'occupation. Mais aucune n'approuve la grève avec blocage des locaux. Elle n'a jamais pris par au Collectif Stop CPE par refus de mêler sa signature aux organisations politiques.
3) l'UNI : Union nationale interuniversitaire, organisation de l'UMP. Elle approuve le CPE, condamne les blocages et occupations. Elle joue à la surenchère à droite sur Paris, à cause du Rassemblement des étudiants de droite (RED). Mais aussi par la
crédibilité de beaucoup d'étudiants qui osent intervenir en AG pour affirmer qu'on peut être contre le CPE sans cautionner les prises d'otages et les destructions de biens publics.
4) PDE : Promotion et Défense des Etudiants. Organisation déclinante et mourrante en pleine crise, issue d'une scission de la FAGE en 1994. Elle est très infiltrée par la faction robiéniste de l'UDF et par l'UMP... mais n'a pris aucune position sur le CPE, ce qui est plus vraisemblablement dû au chaos qui y règne qu'à une quelconque
opinion.
UNI pour le CPE, UNEF absente et déchirée, FAGE attentiste et tétanisée, PDE muette et mourrante. Les 4 organisations représentatives des étudiants sont dépassées par le mouvement. Et ça, c'est un signe qui rappelle Mai 68, et qui n'est pas du tout de
bon augure, tant pour le mouvement anti-CPE lui-même que... pour la survie des locaux et du mobilier qui s'y trouve. Mai 68, paradoxalement, n'occupe que 3 lignes dans l'histoire de l'UNEF. Car elle a totalement raté les "évènements". L'histoire a le hoquet...Même le collectif unitaire Stop CPE (regroupant entre autres le MJS)
est atone, et ne donne plus grand chose, à part quelques notes sur son blog.
III. UN CONTEXTE DIFFICILE
Le pire est que, théoriquement, les élections des représentants étudiants dans les Conseils d'Administrations des CROUS (centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires) ont lieu dans moins de deux semaines. Ce qui pousse l'UNEF, contre ses propres instincts, à ralentir les grèves, car elles lui sont très nuisibles électoralement.
Personne à l'heure actuelle ne peut prédire si ces élections auront lieu en l'état actuel avec :
- des militants UNEF, SUD et CNT survoltés sur les campus occupant les locaux mêmes qui doivent servir souvent de bureaux de votes
- une guerre fratricide entre FAGE et PDE arrivant à son paroxysme
- la Conféderation étudiante qui veut à tout prix faire une percée et devenir représentative dès cette année par des élus nationaux qu'elle n'a pas.
Toutes ces organisations se détestant bien évidemment entre elles, même en temps normaux ces élections engendrent des frictions...
Je dois également, dans ce paragraphe, faire allusion au carburant du mouvement : les conditions d'études dégradées- les aides sociales aux étudiants sont en crise! Les versements des bourses sont à chaque fois plus retardées. Elles ne suffisent pas,
sont mal réparties... Même le député UMP Wauquiez, chargé de faire un rapport à paraître sur le sujet, l'a admit alors même qu'il le rédigeait.
- l'application du LMD (réforme des diplômes) s'est achevée cette
année. La transition est douloureuse...
- l'application de la Loi Organique relative aux lois de de finances votée en 2001 (nouvelle constitution financière de l'Etat français) pose des problèmes dans certaines universités
le Sénat a supprimé 37 millions d'euros du budget de l'Enseignement supérieur (il voulait supprimer 80 millions, mais le gouvernement a amorti ce coup)
- les postes aux concours de l'enseignement ont été réduit d'une manière si drastique qu'elle en est douteuse
- les bâtiments universitaires sont dans un état de délabrement voire d'insalubrité alarmant. Les cités universitaires peinent à être rénovées
Bref, le contexte est de nature à engendrer un mai 68.
CONCLUSION
Voilà le tableau que je brosse, pauvre étudiant de province militant et engagé dans la vie étudiante.
Un monde étudiant morcelé, déchiré, radicalisé par la méthode Villepin, orphelin d'organisation assumant le leadership, et prêt à exploser contre ses conditions de vie.
C'est une page de l'histoire des mouvements étudiants qui s'écrit.
Mais pas des plus glorieuses.
Cordialement
Un jeune social-démocrate face à la crise...
Empêtré dans ses échecs le gouvernement ne va pas tenter de faire aboutir une mesure législative importante.
Seuls les Français prennent des risques.
Le tabac, agir rapidement avant que nos espoirs ne partent en fumée.
Plus personne ne peut prétendre ignorer des dangers du tabac et de la tabagie. Les fumeurs sont avertis en permanence des risques encourus. Les campagnes de publicité et les messages sur les paquets leur rappellent sans cesse. Les fumeurs passifs sont alertés aussi des dangers qu’ils encourent.
La lutte contre le tabac a eu des effets positifs sur la santé publique, les lois Evin et l’augmentation du prix du tabac ont fait chuter la consommation. Tout fumeur qui arrête est une garantie supplémentaire de santé pour lui et ses proches.
Mais la réduction de la tabagie (du nombre de cigarettes par fumeur) est un leurre, le tabac reste dangereux à petite dose. On constate que sans efforts soutenus et continus, les nombreuses alertes sur la santé, le prix des cigarettes ont un effet qui s’estompe au fil du temps.
Aujourd’hui le bilan n’est pas très satisfaisant.
Après une diminution en 2003/2004 de 20%. On observe une stagnation des ventes de cigarettes depuis deux ans. Bizarrement, sans publicité directe, les fabricants et détaillants de cigarettes continuent de prospérer.
Les jeunes gens et en particulier les jeunes filles fument autant que leurs aînés.
Les fumeurs sont moins enclins à chercher de l’aide, quand on ne les sollicite pas régulièrement. Il faut relancer la politique de prévention et soutenir les centres d’aide. Le nombre des appels vers les centres d’aides a diminué considérablement. en un an.
« La dangerosité du tabagisme passif n’est plus à démontrer : il ne s’agit pas d’une simple gêne mais d’un problème majeur de santé publique. Fumer à l’intérieur des locaux augmente le risque de cancer du poumon tant pour le non-fumeur que pour le fumeur, génère un risque cardio-vasculaire pour le non-fumeur proche de celui du fumeur, et augmente de 66% le risque respiratoire du fumeur. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent les dispositions indispensables à la protection des personnes, notamment des travailleurs, en interdisant totalement de fumer quand la santé des autres est en jeu, c’est- à dire à l’intérieur des locaux. » extrait du rapport du CNCT 2005.
Fumer est dangereux (mortel) pour les fumeurs et les non-fumeurs (ou fumeurs passifs), nous devons trouver les moyens de protéger les uns, tout en incitant les autres à s’abstenir. Le tabac coûte cher à la société. Il n’offre aucun avantage.
Avec encore plus de 20 millions de fumeur en France actuellement, la tabagie est un problème de santé public majeur.
A terme la non-consommation de tabac est un objectif raisonnable. La seule question qui reste est : Combien de temps allons-nous mettre ?
Quand un fumeur s’arrête, il dit : « Pourquoi ne l’ai-je pas fait plus tôt ? » Nos descendants nous reprochons sans doute de ne pas avoir été plus vite, de ne pas avoir été les premiers à aller vers le zèro-tabac.
Les freins
Quels sont les freins à l’interdiction totale du tabac :
La liberté des fumeurs. Le plaisir des fumeurs.
Les modalités d’application de la loi.
Les bénéfices des fabricants et détaillants de tabac. Le lobby des bureaux de tabac.
Concernant la liberté du fumeur, il faut admettre qu’elle est relative. En effet il est rare de rencontrer des fumeurs totalement heureux de leur sort la plupart ne demanderait pas mieux que d’être débarrassé ad vitam aeternam de la fameuse cigarette.
Considérant le fumeur comme prisonnier de sa drogue, celui qui l’empêcherait de fumer serait alors le libérateur. Les fumeurs ne sont généralement pas hostiles à des freins concernant leur addiction, ils savent pertinemment qu’ils ont besoin d’aide et de soutien pour combattre le carcan de la nicotine. Les fumeurs sont une population fragile parce que dépendante.
Les fumeurs ne sont pas un frein, ils ont simplement de notre soutien et notre détermination pour aller vers un monde sans tabac.
La liberté d’être prisonnier de la cigarette.
Le dispositif législatif actuel n’est pas efficace.
Les amendes pour le particulier de 150 à 450 Euros sont sans doute dissuasives. Mais nous n’avons pas de statistique à ce sujet, et nous constatons que la loi n’est pas toujours respectée.
En revanche les 3000 Euros que paiera le Parc des expositions de la porte de Versailles au CNCT n’ont de valeur que celle du symbole, c’est une somme dérisoire pour un organisme comme celui-ci. C’est pourquoi symboliquement, je vous ferai remarquer que ce lieu où vous n’hésitez pas à emmener vos enfants est en perpétuelle infraction avec la loi. N’y allez plus !
L’absence de contrainte sérieuse.
La France comme la plupart des pays européens ont diminué leur production agricole de tabac, nous exportons donc ce produit. Il faudra aider les agriculteurs à se reconvertir, ils doivent théoriquement y avoir déjà penser : Le bon sens paysan devrait les écarter d’un produit aussi toxique.
Il y a à peu près 30.000 bureaux de tabac qui vendent 55 milliards de cigarettes, pour un chiffre d’affaires de 13 milliards d’Euros, dont 10,8 milliards partent à l’Etat. On voit immédiatement qu’il ne s’agit pas d’une mince affaire. Est-ce que pour autant nous devons sacrifier des vies humaines sur l’autel de la fiscalité et de l’emploi ?
L’absence de mesure pour palier le déficit d’emploi.
En France 60.000 personnes meurent à cause du tabac par an.
Saluons ces victimes, dont chacune d’entre elles permet à l’état d’engranger 500.000 Euros et d’assurer en plus un ou deux emplois.
Erigeons quelques monuments aux morts du tabac, ces patriotes qui ont su donner leur vie pour que la France éternelle et reconnaissante soit riche et travailleuse.
Les solutions sont là pour promouvoir à terme l’objectif : Zéro Tabac. Le tabac est un drogue dangereuse, il faut proposer aux français d’aller vers le zéro-tabac. D’abord, il faut de la détermination et du courage politique, sans cela tout plan est voué à l’échec. Les mesures doivent être nombreuses et contraignantes. Elles doivent visé aussi à protéger les enfants et les non-fumeurs.
L’interdiction de fumer sur et dans tous les lieux de travail, y compris les bureaux individuels.
Concernant la protection des non-fumeurs, il apparaît clairement que l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics fermés (y compris restaurants, discothèques, tabacs et bars) et aussi dans un certain nombre d’espaces publics ouverts comme les terrasses de café, les jardins publics, les pas-de-porte des magasins, des écoles et des immeubles de bureaux est une première mesure de bon sens.
Il faut parallèlement engager une campagne d’aide de désintoxication à destination des fumeurs. Il faut noter, que le tabac est généralement associé à d’autres drogues, café, alcool …
Augmenter les prix du tabac, mais pas de manière déraisonnable.
Augmenter les amendes sur les personnes physiques et morales qui ne respecteraient pas la loi.
Pour ce qui est du trafic de cigarettes, il faut alourdir les peines, pour rendre l’espoir de gain dérisoire par rapport aux risques.
Le problème le plus important, est le traitement de l’industrie du tabac.
Pour ce qui est des fabricants et détaillants, il faut dès à présent trouver les moyens de la reconversion, la création d’un fond de soutien alimenté par des taxes supplémentaires payées par les fumeurs et la solidarité nationale doit être envisagée.
Il me semble que les sports populaires qui génèrent un chiffre d’affaire important devraient être les principaux contributeurs.
Le sport et la culture sont paraît-il des drogues ! Substituons la pratique de la consommation de tabac par des pratiques sportives et culturelles.
Dans un deuxième temps, mais très rapidement il faut mettre en place des mesures complémentaires concernant la protection des plus jeunes, des mineurs et des familles.
L’interdiction de fumer dans des lieux confinés par exemple la voiture et en présence de non-fumeurs doit devenir une règle morale, puis une règle écrite. C’est une atteinte volontaire à l’intégrité physique d’autrui. « Fumer en présence d’autrui est dangereux pour lui, c’est l’équivalent d’une blessure. » La sphère privée ne peut pas être le refuge des fumeurs. Juridiquement, il faut appréhender le fait que de fumer en présence d’une autre personne peut-être considérer comme une mise en danger de la vie d’autrui.
Les fumeurs doivent prendre aussi leurs responsabilités.
Depuis plus de 40 ans les fabricants savent que la fumée est mortelle.
Un fumeur sur deux mourra du tabac. Un fumeur a une espérance de vie de huit ans inférieure à celle du non-fumeur.
Augmentation du risque de mortalité lors d’une intervention chirurgicale chez les fumeurs est avérée.
Des liens pour obtenir des informations :
http://www.cnct.org/ le comité national contre le tabac
http://www.oft-asso.fr/ l’office français contre le tabagisme
http://www.jesuismanipule.com/ site sympathique et très riche d’enseignements.
Encadré un
« La dangerosité du tabagisme passif n’est plus à démontrer : il ne s’agit pas d’une simple gêne mais d’un problème majeur de santé publique. Fumer à l’intérieur des locaux augmente le risque de cancer du poumon tant pour le non-fumeur que pour le fumeur, génère un risque cardio-vasculaire pour le non-fumeur proche de celui du fumeur, et augmente de 66% le risque respiratoire du fumeur. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent les dispositions indispensables à la protection des personnes, notamment des travailleurs, en interdisant totalement de fumer quand la santé des autres est en jeu, c’est- à dire à l’intérieur des locaux. » extrait du rapport du CNCT 2005.
Encadré deux
À compter de ce jour, 5 avril 2006, Tabac, la conspiration, est visible sur grand écran. « Le résultat est édifiant », selon L’Officiel des spectacles, paru aujourd’hui : consultez la liste des salles et horaires dans votre guide cinéma/ spectacles habituel ou sur www.allocine.com.
Pour la première fois en France, un documentaire met à la disposition du grand public une information complète sur les agissements de l’industrie du tabac : mensonges, minimisations de la toxicité des tabagismes actif et passif, de la dépendance, manipulations du produit pour accroître cette dernière, corruption de chercheurs,... À la lumière de l’actualité, un point doit être notamment souligné : grâce au témoignage d’un lobbyiste de l’industrie du tabac, la manipulation des politiques pour éviter une protection réelle des personnes contre les dangers pour la santé du tabagisme passif est explicitée, pour le cas de la France, dans le contexte de la loi Evin en 1992. Aidez-nous à faire en sorte que l’histoire ne se répète pas. Les mesures de protection des populations présentes et futures envers les dangers des tabagismes actif et passif ne seront assurées que si celles-ci pèsent politiquement plus lourd que les lobbies du tabac. Pour cela, il est nécessaire que les populations sachent.
Tabac, la conspiration est, à ce titre, une opportunité unique. Les salles ne référenceront Tabac, la conspiration la semaine prochaine que si celles-ci sont pleines cette semaine ; elles ne référenceront le film dans deux semaines que si elles sont pleines la semaine prochaine, et ainsi de suite... Faites en sorte que Tabac, la conspiration soit un succès populaire : allez-voir ce film, faites le voir !
Le CNCT - Comité national contre le tabagisme.
Encadré trois
Le 16 décembre dernier, Le Monde, les Echos et le Point ont été condamnés pour infraction à la loi Evin, suite à une action engagée par l’association DNF. Ces titres ont publié dans leurs pages des photos sur lesquelles figuraient lisiblement des marques de cigarettes. Une condamnation a été prononcée sous forme de « mise en garde » pour les titres tentés de privilégier la colossale campagne médiatique menée par l’industrie du tabac via les sports mécaniques. Il a été fait appel de ces trois décisions.
La propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur du tabac, des produits du tabac ou des ingrédients ainsi que toute distribution gratuite sont interdites depuis 1991. Cette publicité pour le tabac, qu’elle soit volontaire ou non, entraîne de réels préjudices aux associations et institutions qui luttent quotidiennement contre le tabagisme, responsable chaque année du décès 66 000 personnes parmi lesquelles 3 000 n’ont jamais fumé que la fumée de leurs voisins.
JL Le Berre
Pour Comprendre le « Peer to peer »
I. Un système « donnant-donnant » : l’offre stimule la demande
On réduit trop souvent le peer-to-peer (P2P) à la notion de téléchargement (un internaute récupère un fichier) : il s’agit en fait d’un système d’échange :
Explicitons en remplaçant les termes virtuels (fichiers, plateforme de téléchargement…) par des termes concrets :
Paul a dans sa librairie personnelle 40 livres. (càd des « fichiers » de musique, de films, de photos…)
Il pense qu’ils sont intéressants pour d’autres lecteurs.
Il indique le nom de chacun de ses ouvrages dans une annonce largement consultable (sur la plateforme de P2P).
Pierre a lui-même 20 livres chez lui et recherche 3 livres que possède Paul : il consulte l’annonce.
Il se rend alors chez Paul (càd dans son ordinateur personnel) pour copier les livres et les ramener chez lui (téléchargement).
En contrepartie, il laisse à Paul le libre accès de chez lui (de son ordinateur) pour choisir et copier ses livres personnels.
Jacques voit l’annonce des 23 livres que possède désormais Paul… et ainsi de suite
II. une pratique à risque pour l’internaute
Il existe des milliers d’offres de téléchargement : leur source, souvent anonyme, peut se révéler mal intentionnée.
C’est un risque qu’acceptent de courir des millions d’internautes (on estime en France qu’il y a 8 millions d’internautes et que 50% pratiquent le P2P), au regard de l’extrême richesse de l’offre et de sa gratuité :
Par exemple :
le fichier téléchargé peut contenir un virus et infecter l’ordinateur
l’ordinateur personnel peut être espionné
un titre alléchant de fichier peut cacher un contenu mal venu (le plus souvent, des films pornographiques sont ainsi téléchargés sous des titres innocents)
le fichier peut être de mauvaise qualité, car il a été piraté (ex : vol des rushs d’un film en laboratoire, films pris au caméscope dans une salle de cinéma, craquage d’un système anti-copie d’un DVD) .
III. Les plates-formes payantes
La riposte de l’industrie du disque se fait par le développement parallèle des plateformes payantes de téléchargement (fnac.com, Virgin…) qui garantissent la sécurité et la qualité de leurs produits (0,99€ le titre, 9.99€ l’album).
Ces plates-formes rencontrent un succès grandissant (800 000 titres sont disponibles). Elles ont aussi mis en place un système qui empêche de copier trop souvent le fichier téléchargé (5 fois sur un disque, 7 fois sur un autre support).
III. Les ayants droits et les auteurs
Que touchent les auteurs et les ayants droits ?
Sur le P2P : rien. Les fichiers sont échangés au titre de la copie privée ou illégalement.
Sur les plates-formes payantes de téléchargement : seuls les auteurs-interprètes en contrat d’exclusivité sont rémunérés au téléchargement mais les ayants droit (musiciens…) ne touchent rien.
* * *
Le projet de loi relatif au droit d’auteur et
aux droits voisins dans la société d’information
Calendrier des débats :
Le débat a été suspendu le 22 décembre à l’AN : 7 articles sur 26 ont été examinés.
Il pourrait être réinscrit à l’ODJ de l’AN fin février (après les vacances parlementaires)
Le projet de loi pourrait être revu afin de donner plus de garantie à la copie privée et une meilleure interopérabilité des mesures techniques.
La commission européenne s’apprête à rédiger une recommandation portant sur les modalités d’application de la directive 2001/29 du 22 mai 2001 (dont le projet de loi est la transposition en droit interne) : ce texte devrait être très critique sur la notion de copie privée à la française et sur la nature même de la commission d’Albis chargée de mettre en œuvre cette exception au droit d’auteur.
Les termes du débat sur la licence globale : contraindre ou réguler ?
L’industrie du disque
Contre la licence globale
Légaliser le téléchargement revient de fait à une « expropriation » pour les auteurs de leurs droits d’auteur et s’assimile à une nouvelle exception au droit d’auteur. La licence globale poserait problème en terme de légalité internationale (traité OMPI)
La licence globale légitimerait des pratiques répréhensibles (piratage, vol des films…) et viole le droit moral et patrimonial des auteurs (les versions qui circulent peuvent ne pas être conforme au souhait des auteurs).
Elle offrirait de faire payer des copies de qualité douteuse.
Elle serait particulièrement néfaste au financement de l’industrie audiovisuelle et cinématographique, qui repose sur l’exploitation chronologique de diffusion exclusive (projection en salle, puis DVD, puis TV à péage, puis TV diffusée en clair).
L’impact des téléchargements sur les ventes de disque et de DVD est réel mais difficile à cerner (- 45% de chiffre d’affaire depuis 2002 d’après le syndicat de l’Industrie phonographique, constatation certes infléchie par la réalité de la baisse du prix d’achat du DVD et du disque).
Elle nivellerait vers le bas la rémunération et la qualité des auteurs compositeurs qui seraient placés au même niveau que « M. Dupont chantant sous sa douche ».
Leurs propositions
Faire migrer les internautes vers des plateformes payantes en rendant illégal le P2P :
- par une politique de pédagogie
- par le développement de l’offre sur ces plateformes (notamment avec les professionnels du cinéma)
- par la « riposte graduée » (envoi de mails d’avertissement, puis lettre recommandée puis sanction au titulaire de l’abonnement internet, pas forcément à l’internaute) à l’encontre des internautes (qui aboutirait à une peine de 3 ans d’emprisonnement et 300 000€ d’amende pour contrefaçon). Si cette solution ne les satisfait pas entièrement, elle leur semble utile en terme de dissuasion.
Travailler pour éviter que les mesures techniques de contrôle (dont les Digital Rights Management - DRM) empêchent l’exercice de la copie privée.
Assurer une meilleure interopérabilité des DRM afin de rendre les logiciels compatibles (un politique industrielle stratégique pour l’interopérabilité)
L’alliance Public-Artistes (SPEDIDAM, ADAMI,UFC que choisir, La Ligue de l’Enseignement….)
1. Le concept :
L’alliance Public-Artiste est à l’origine de la licence globale optionnelle.
L’idée est de soumettre les échanges P2P à une gestion collective obligatoire dans un cadre non commercial, afin de mettre un terme à la répression aveugle et disproportionnée et de permettre une rémunération non seulement des auteurs-compositeurs mais aussi des ayants droits (par le biais de fonds d'aide à la création par exemple).
Un tel système existe déjà avec les droits de diffusion payés par les radios et les télévisions.
Concrètement, lors de son paiement à un fournisseur d’accès (Free, Wanadoo…), l’internaute aurait le choix (par une case à cocher) de se déclarer utilisateur de P2P, et paierait en conséquence lors de son règlement, une part forfaitaire (évaluée à entre 4 à 6€ par mois). L’internaute est responsabilisé.
Ex : 8 millions d’internautes en France. 4 millions téléchargent via des systèmes de P2P.
Si 2 millions acceptent la licence globale à 5€ par mois
= 120 millions d’euros/an pour les ayants droits (aujourd’hui, ils ne reçoivent rien)
Le système peut être affiné et à la carte (en fonction du volume des téléchargements par mois).
2. Les réponses aux objections soulevées par l’industrie du disque
La licence globale place la France dans l’illégalité face à l’OMPI (organisation mondiale de la propriété intellectuelle)
Ce point divise les juristes : les deux avis (oui/non) existent.
La licence globale légalise les délits des mafias organisées (vols des rushs de film…)
La lutte contre la contrefaçon reste prioritaire (pour les logiciels de jeu vidéos, pour le cinéma…).
Interdire le P2P pourrait pousser les internautes vers des sites encore plus cryptés, à la technologie encore plus intrusive pour la vie privée, où aucun contrôle ne sera plus possible
Les copies sont de mauvaise qualité
Les premières technologies MP3 commercialisées (donc vendues) avaient une définition, une qualité très mauvaise. Les acheteurs étaient pourtant présents.
Invoquer le droit moral des auteurs en matière de qualité, c’est oublier que souvent les supports d’écoute (radios, enceintes, platines, conditions de concert…) sont responsables de la mauvaise qualité. Ils n’en sont pas moins vendus.
La licence globale nivelle la rémunération des artistes
Pour mémo, la création et les droits d'auteur associés ne représentent qu'une faible part du chiffre d'affaires du disque.
Sur internet, il est aujourd’hui technologiquement possible, par la combinaison d’observation des flux d’échanges, des sondages, des ventes de CD, d’évaluer précisément les taux de rémunération pour chacun des ayant-droits.
La licence globale exclurait tous les autres systèmes de distribution et en particulier les plateformes légales et les ventes de CD et de DVD.
Une étude FNAC (que la Spedidam doit envoyer au Sénat) montre que la corrélation est quasiment inexistante entre le P2P et la vente des CD, qui fait face à une fin d’un âge d’or (comme le 33 tours avant lui), due au développement des supports MP3(plus malléable et transportable), à une campagne marketing confuse autour du prix du disque (entre 1euro et 22 euros).
Cette étude montre aussi que si 13% des internautes estiment qu’ils achètent moins de disques avec le P2P, 13% affirment le contraire (les plateformes de P2P étant considérés comme des laboratoires d’idées avant achat)
Les sites légaux d’achat de musique en ligne ont vocation à se développer en parallèle de la licence légale, car ils offrent sécurité de l’achat, qualité du produit, garanties.
Une révolution du système de distribution plus que du droit d’auteur
Une technologie en chasse une autre : le disque en vinyle par le CD numérique, la VHS par le DVD... Les technologies sont inévitablement provisoires.
Internet fait naître une nouvelle technologie de distribution des contenus.
Mais, si le produit de la distribution s'effondre, comment rémunérer la création et ses coûts associés de production ?
La création et les droits d'auteur associés ne représentent qu'une faible part du chiffre d'affaires du disque, quelques pour-cent d'un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 2 milliards d'euros en France. Le montant de la redevance pour la copie privée, taxe sur les supports cassettes, CD, DVD et disques durs, était de 152 millions d'euros en 2004, déjà du même ordre de grandeur que les droits versés aux auteurs, compositeurs et interprètes.
Ainsi, l'établissement d'une licence légale permettrait d'évaluer les droits au prorata de chaque oeuvre diffusée sans un contrôle policier et de créer des fonds d'aide à la création.
2 points précis sont problématiques dans le concept de licence globale :
l’environnement international : les Cours de Justice du Japon et des Etats-Unis ont récemment émis des jugements condamnant les plateformes de P2P, pour préserver leur industries de distribution du disque.
Le cas particulier du cinéma et des productions audiovisuelles : le financement des créations selon un mécanisme chronologique d’exclusivité ne saurait se satisfaire de la licence globale. Certes, il est toujours possible d’informer l’internaute que les films et séries télévisuelles ne sont téléchargeables qu’après plusieurs années d’exploitation mais il est aujourd’hui impossible d’interdire leur téléchargement au moyen de DRM.
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