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quelques livres

Mercredi 9 janvier 2008

Publié dans : quelques livres

Petit livre de réflexion, bien au dela de la dernière élection résidentielle. Livre certes exigeant mais captivant, qui pose la question des rénovations du parti socialiste, en profondeur dans sa doctrine.

C'est une véritable refondation, qui doit cependant dépasser trois écueils : un repli sur des vieilles recettes, ou une "adaptation" avec de simples réponses de droite, ou encore un picorage de réponses prises ici ou là sans cohérence d'ensemble.

 Il pose la question, et selon lui c'est un défi nécessaire, difficile, mais pas impossible. Et même mieux : inévitable !

Laurent Baumel : Rénover le parti socialiste Un défi impossible ? (Poche)
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Jeudi 1 novembre 2007

Publié dans : quelques livres



Jean-Claude Michéa
L'empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale
Flammarion - septembre 2007


L'ambition du libéralisme est d'instituer la moins mauvaise société possible, celle qui doit protéger l'humanité de sa folie idéologique. Pour ses partisans, c'est la volonté d'instituer le règne du Bien qui est à l'origine de tous les maux accablant le genre humain. C'est en ce sens que le libéralisme doit être compris, et se comprend lui-même, comme la politique du moindre mal. Il fait donc preuve d'un pessimisme profond quant à l'aptitude des hommes à édifier un monde décent. Cette critique de la " tyrannie du Bien " a un prix. N'exigeant rien de ses membres, cette société fonctionne d'autant mieux quand chaque individu se consacre à ses désirs particuliers sans céder à la tentation morale. Comment expliquer alors que cette doctrine, à mesure que son ombre s'étend sur la terre, reprenne, un à un, tous les traits de son plus vieil ennemi, le meilleur des mondes, jusqu'à se donner, à son tour, pour objectif final la création d'un homme nouveau ? Ce livre décrit ce processus, et son aboutissement, tant dans sa version économiste, centrée sur le Marché et traditionnellement privilégiée par la " Droite ", que dans sa version culturelle, centrée sur le Droit, et dont la défense est désormais la seule raison d'être de la " Gauche ". Il saisit admirablement la logique libérale dans le déploiement de son unité originelle tout en élaborant les fondements d'une société décente coïncidant avec la défense de l'humanité elle-même. D'une densité et d'une ambition exceptionnelles, il redonne toute sa place à la figure de l'homme révolté à un moment où beaucoup la souhaiteraient voir disparaître.




 

 
Gérard Grunberg ; Zaki Laïdi
Sortir du pessimisme social : essai sur l'identité de la gauche
Telos / Hachette Littératures - 17 janvier 2007
 

La mondialisation serait le péril principal, et le marché, le diable : la gauche, qui incarna longtemps l'espérance, a-t-elle fini par céder au pessimisme social ? Gérard Grunberg et Zaki Laïdi font la généalogie intellectuelle et politique de cette évolution. À rebours des idées reçues, ils mettent en évidence le fait que le marché peut aussi être mis au service de la lutte contre les inégalités et que la mondialisation constitue une chance pour quelques milliards d'individus de sortir du dénuement. La désignation de Ségolène Royal marque-t-elle une inflexion dans le rapport de la gauche au monde ? S'agit-il d'un tournant qui permettra précisément à la gauche de se doter d'une nouvelle perspective ? C'est à ce dernier point que Gérard Grunberg et Zaki Laïdi consacrent un long développement qui constitue une des toutes premières interprétations du ségolisme.
- Présentation de l'éditeur -
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Samedi 2 décembre 2006

Publié dans : quelques livres
     
 
 
Auteur[s] : 
Serge AUDIER

> Le socialisme libéral

Novembre 2006 - 110x180 - 128 pages - 8,50 € - Repères, n°466 - 2-7071-4711-7
     

Quatrième :

Le « socialisme libéral » désigne souvent un libéralisme économique à sensibilité sociale, adapté au capitalisme actuel. On nomme ainsi « sociale-libérale » une idéologie centriste, incarnée par les New Democrats et le New Labour, en rupture avec la « vieille » social-démocratie. Réfutant ces stéréotypes, ce livre retrace la généalogie de ce courant, porté en Italie par le groupe antifasciste « Justice et Liberté », en quête d’un socialisme rénové dépassant les limites du libéralisme classique et du socialisme autoritaire. Issu du « nouveau libéralisme », de la social-démocratie allemande et de la tradition républicaine et socialiste française, le socialisme libéral continue d’orienter une part de la réflexion à gauche. Sa redéfinition est en jeu dans la confrontation des diverses versions de la « troisième voie » et des positions – de Bobbio à Walzer, Giddens ou Habermas – cherchant à rénover le socialisme.

Table des matières :

Introduction : Le socialisme libéral, une voie d'avenir pour la gauche ? - I / Le « nouveau libéralisme » : révision ou mutation du libéralisme ? - Le tournant social du libéralisme : J. S. Mill - Contre le paternalisme : l'émancipation des femmes et des travailleurs - Prendre le socialisme au sérieux - Vers un libéralisme social-écologiste ? - Les impasses de l'imaginaire capitaliste - Le « nouveau libéralisme » de Hobhouse - Grandeur et limites du libéralisme classique - Pour l'intervention sociale de l'État - Vers un socialisme libéral - Redistribution, protection sociale, solidarité - II / Le socialisme libéral français : une réponse républicaine et socialiste aux « libéraux » - Aux sources du socialisme libéral : le socialisme chrétien et républicain de Huet - État solidaire, « droit au patrimoine », associationnisme -  Naquet : le socialisme libéral, philosophie du « service public » - Ni libéralisme, ni collectivisme - La solution du service public - Pour un interventionnisme d'État socialiste libéral - Le socialisme libéral, doctrine sociale de la République - Le pessimisme républicain de Renouvier - La justification philosophique du « socialisme libréral » - Sabatier, fondateur du mouvement « socialiste libéral » - L'essoufflement du socialisme libéral - III / Le socialisme libéral italien, des origines à l'antifascisme : un nouveau socialisme ? - Merlino : la voie libertaire du socialisme libéral - Essence et formes du socialisme - Contre le communisme - Contre les « économistes » - Un socialisme  de marché anticapitaliste -  Une socialisme « libéral » et « juridique » : Rignagno - Réviser le matérialisme historique - Un « socialisme juridique » -  Rosselli : le socialisme libéral, doctrine pour l'antifascisme - Pour un socialisme non marxiste - Le socialisme, dépositaire de la « fonction libérale » - Méthode et système libéral - L'horizon fédéraliste européen - La synthèse du « libéralsocialisme » (liberalsocialismo) - Originalité du « libéralsocialisme » - Complémentarité  du libéralisme et du socialisme - État de droit, économie mixte, redistribution - IV / Le socialisme libéral contemporain : quelle « troisième voie » ? - La version socialiste libérale des droits de l'homme - Les limites de l'individualisme libéral - Quel statut pour les droits sociaux ? -  Démocratie délibérative, laïcité, solidarité : une voie socialiste libérale ? - Pour une démocratie délibérative - « Protection sociale » et  « service social » - Contrôler et renouveler les « élites » : quelle voie démocratique de gauche ? - Les promesses non tenues de la démocratie - Grandeur et impasse du marxisme - Pour le clivage droite/gauche - Justice sociale, société civile et associationnisme -  Repenser l'égalité - Société civile et État : la complémentarité - Conclusion : Quel socialisme libéral pour le XXIe siècle ? - Repères bibliographiques.

Extraits de presse :

« On l'aura compris, Serge Audier propose une enquête particulièrement riche et fouillée des grandes étapes qui ont marqué la constitution de ce corpus idéologique que l'on attribut souvent à tort aux adaptations et résignations d'une gauche désorientée par les mutations du capitalisme contemporain. »
PARUTIONS.COM


Critique de Jean-Louis :

J'ai commandé et lu ce livre. Il est effectivement intéressant.
Je n'en ferai pas une fiche de lecture, car la quartième de couverture et le plan illustrent tout à fait ce que l'on trouvera dans ce livre.
J'apporterai plutôt un commentaire rapide sur la lecture.
 
Il s'agit pour la première partie (I, II, et III) d'une histoire condensée du socialisme libéral. Le texte est de ce fait un peu difficile (malgré les nombreuses références) tant les informations sont rapprochées. Les évolutions et les arcanes de l'histoire du socialisme montrent à quel point le SL s'est écarté du modèle communiste dès que le modèle égalitaire prenait le pas sur la solidarité nécessaire est pratiquement irréductible du socialisme. L'opposition liberté versus égalité est décrypté au travers des âges et des mouvements.   
 
La deuxième partie (IV) est moins dense et aussi passionnante. Serge Audier produit une analyse critique des possibles évolutions du socialisme libéral. En conclusion, il présente les danger d'une récupération par le centre du socialisme libéral, alors que celui-ci devrait véritablement faire partie de la rénovation des modèles.
 
Le livre se temrine par une bibliographie, qui me paraît des plus complète.
Un livre à lire.
 
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Jeudi 26 octobre 2006

Publié dans : quelques livres
Après le formidable " Si la gauche savait..." , voici un nouveau livre auquel participe Michel Rocard.

 

Ma note de lecture vient d’être reprise sur :

http://toulouse.avecdsk.net/index.php?2006/10/12/59-note-de-lecture-de-leoneck-kierzkowski

Note de lecture de Léoneck Kierzkowski

« PEUT-ON RÉFORMER LA FRANCE ? » par Frits Bolkestein et Michel Rocard Éditions Autrement, collection Frontières. Septembre 2006. 13 € Petit livre de 124 pages, vite vu, vite lu. Pas indispensable mais utile.

Le choix de ces entretiens entre Frits Bolkestein, Commissaire Européen, auteur de la fameuse directive sur les services, et Michel Rocard, fondateur du PSU, père de la Nouvelle Gauche, Premier Ministre sous F. Mitterrand, impose un style un peu artificiel et passablement lassant. Les deux compères se passent l’encensoir et les burettes avec complaisance.

À mi-lecture, j’ai hésité à abandonner malgré quelques fulgurances.

Dans la préface rédigée par F.B. : « Michel Rocard…m’a surtout semblé préoccupé par la protection sociale. C’est naturel :il est socialiste. Quant à moi, je suis un homme politique libéral… Mais tandis que la conception de l’État est toujours vue de manière optimiste chez les socialistes, celle des libéraux se teinte davantage de pessimisme ou de circonspection. C’est pour cela que nous autres libéraux voulons restreindre le pouvoir de l’État au strict nécessaire ».

Voilà un raccourci qu’il m’ôte de la bouche !

S’en suivent quelques échanges à fleurets mouchetés sur la décadence de la France, son rejet du TCE. Et en termes de conclusion, M.R : « C’est vrai, mais il faut toujours inventer, innover. Moi je suis citoyen français, je suis donc le fils du deuxième pays le plus arrogant de toute l’Europe après le Royaume-Uni ».

Plus loin, M.R. tente d’expliquer le faible taux de syndicalisation en France : « (Crée) en 1898… la CGT se déclarera anarcho-syndicaliste… (elle) est née révolutionnaire, nous n’en sommes toujours pas sortis … Notre drame social ? Nous sommes le seul pays d’Europe où nous ne nous parlons pas».

Dans la deuxième partie du livre, le dialogue abandonne les combats de chiffres et recherche des explications plus culturelles. Sur les intellectuels de gauche et l’économie, M.R. : « ..je suis plutôt d’accord avec ce rejet des donneurs de leçons qui ne savent pas de quoi ils parlent. Dans la gauche française, cela nous a fait un mal considérable…Depuis 1934-1945, depuis l’installation au pouvoir de Maurice Thorez dans le Parti communiste français… il y a eu un silence théorique assourdissant… Ainsi notre culture générale de l’économie fut-elle dominée par le PCF et la CGT… Un journal comme Le Monde porte une grande responsabilité dans cette situation…La vulgate de cette culture peut se formuler ainsi : Les patrons peuvent payer, l’État peut payer, il n’y a qu’à demander ». Et, un peu plus loin, M.R. se lance dans l’histoire de l’humanité (converti au créationnisme ? ) : « Sur ces 6 000 ans, 5 800 ans ont vu l’homme manger ce que produisait la terre ; ce fut un monde où, en dehors de quelques prêtres et de quelques rois, tout le monde vécut dans des conditions de pauvreté extrême et effroyable. Nous sommes sortis de cela grâce au capitalisme. Et je crois que l’homme qui a été le plus capable d’écrire… pour changer le monde s’appelle Karl Marx ».

En conclusion, donc, un livre pas indispensable, mais « On ne fréquente jamais impunément Michel Rocard, on en ressort toujours un peu moins C.. ».

Léoneck Kierzkowski, militant de la section Toulouse XII.

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Mardi 12 septembre 2006

Publié dans : quelques livres

Le mois de juin a été riche en débats et analyses : la coupure des élites avec le peuple, le vote des précaires et des exclus, la peur du chômage, etc. La lecture du livre de Patrick Fauconnier (écrit avant le référendum) confirme que le mal est profond. On peut ne pas partager entièrement la démonstration de l’auteur et regretter que certains arguments soient trop appuyés (jusqu’à la redite) mais cette enquête doit nous conduire à nous interroger sur ce qu’est devenue la culture française : un système éducatif très sélectif, trop théorique et coupé du monde du travail et de l’entreprise, le règne de la diplômite aiguëe, le mépris de l’enseignement professionnel, les gaspillages de la formation professionnelle (réservée aux plus diplômés), le recours à l’assistance plutôt qu’à l’insertion, le mépris des petits boulots, etc.

Le constat est dur et l’alternative nécessiterait des changements profonds car culturels et touchant les « élus » au bénéfice des « déchus ». L’auteur n’est pas tendre avec certains membres de cette élite, de droite ou de gauche.

Une lecture intéressante pour prendre de la distance et sortir des débats partisans avant de réfléchir à de nouveaux projets de société.

Alain lavignotte


La fabrique des « meilleurs »
Enquête sur une culture d’exclusion

Patrick Fauconnier

L’auteur : Grand reporter au Nouvel Observateur, chargé des questions touchant à la formation professionnelle et à l’entreprise, Patrick Fauconnier a publié en 1996 au Seuil un essai remarqué : Le talent qui dort. La France en panne d’entrepreneurs. Il est le fondateur du magazine économique Challenges.


4° de couverture :

Pourquoi la France, qui se veut modèle universel en matière d’égalité, de solidarité et de protection sociale, ne parvient-elle pas à résorber un taux de chômage et de pauvreté parmi les plus élevés des pays riches ? Comment se fait-il que la gauche comme la droite échouent depuis vingt ans sur ce terrain ? Le fait est que, malgré nos coûteux systèmes d’assistance, nous avons quasi autant de pauvres que la très « libérale » Amérique. Contrairement à ce que l’on pense parfois, les causes principales de cet échec ne sont ni économiques, ni techniques, mais culturelles. C’est la rançon d’un usage dévoyé de la méritocratie.

Dans la très élitiste société française, c’est la performance du « meilleur » qui commande et verrouille l’accès à l’emploi. Sous la devise « A chacun selon ses mérites », les systèmes de formation fonctionnent comme une raffinerie chargée de sélectionner très tôt –bien trop tôt- la crème de la nation. Ainsi a été tracée une « voie royale » instaurant une séparation entre « élus » et « déchus ». Les conséquences de cette discrimination sont désastreuses : une relation hystérique des parents à l’égard de l’école, un mépris pour ceux qui échouent, des réflexes corporatistes impitoyables, mais surtout un déficit tragique de main d’œuvre bien formée.

Inefficace, cet élitisme. Pour le discours devenu dominant, les éliminés ou les « déclassés » n’ont eu que « ce qu’ils méritaient ! ». Cette indifférence et ce « racisme social » imprègnent dorénavant notre culture. Dans notre pays, il est devenu très dur, pour ne pas dire impossible, de remonter la pente lorsque l’on est relégué parmi les déclassés.

Sans langue de bois ni préjugés idéologiques, Patrick Fauconnier mène dans ces pages une enquête saisissante.


Notes de lecture :

Deux chiffres qui font la honte de la France : 37% d’une génération qui accède à l’enseignement supérieur et 150.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire en échec total. Une réalité qui traduit trois travers de la culture française :

  • Une culture qui vénère l’abstraction : une sélection fondée sur la base des savoirs théoriques (les mathématiques notamment),

  • Une culture obsédée par l’élitisme : l’école est conçue comme une raffinerie pour filtrer les meilleurs,

  • Une éducation qui méprise la motivation nécessaire aux « décrocheurs » et se contente d’enseigner à ceux qui sont intégrés dans le système de la sélection.

La France pays du scepticisme et du désenchantement, consacre 30% de son PIB en dépenses sociales, comme les pays scandinaves, et affiche un taux de pauvreté comparable au Royaume–Uni.

L’école accentue le marquage social, seul les initiés sachant déchiffrer le système d’orientation ; elle accroît la séparation entre les élus (les diplômés des grandes écoles) et les déchus (les exclus). Contrairement aux USA, nous sélectionnons trop tôt (dès la prime adolescence).

L’école qui décourage

Le système éducatif fondé sur l’approche raffinerie (et non pépinière) génère une névrose de la compétition sous la pression du rang qui domine l’objectif du savoir : prépas, grandes écoles, etc. Le boom de l’industrie des cours particuliers (dès la maternelle) est une conséquence de cette course au classement : ceux qui peuvent payer sont favorisés.

L’école raffinerie associée à la maladie de la diplômite et aux concours génèrent un esprit de caste : énarques, polytechniciens, etc. Le diplôme commande tout (notamment les recrutements) mais le bac ne sert plus à rien (mais coûte cher) et le système raffinerie fabrique artificiellement un tiers de mauvais élèves (par le système de notation) dans son acharnement à éliminer.

Ce système nie la capacité des français non-diplômés à reconstruire la France après la 2° guerre mondiale. Contrairement à d’autres pays, le système prétendument ouvert et non sélectif est une vaste hypocrisie car seuls les initiés (favorisés socialement ou enfants d’enseignants) en profitent.

Le financement des études supérieures (y compris les grandes écoles et les meilleures formations) par l’Etat conduit à faire payer les études des enfants des classes supérieures par les classes moyennes. « L’enseignement français est socialement l’un des plus injustes (…) c’est un enseignement pour privilégiés » (Claude Allègre). « Le système scolaire français amplifie les inégalités sociales » (Haut Conseil à l’évaluation de l’école). « Il est temps de passer d’une école égale à une école juste… » (Claude Thélot, juin 2002). Les propositions du rapport Thélot en 2004 sont pour parties restées au placard !

Une alternative : l’école pépinière qui favorise la motivation et la construction progressive de la vocation par des pédagogies différenciées et des moyens supplémentaires au profit des plus faibles.

Notre école, trop raffinerie et pas assez pépinière, est éloignée de l’entreprise et méprise le monde du travail : l’économie est absente des programmes, les facs sont coupées des entreprises, l’orientation des élèves est entachée d’erreurs grossières, etc. Elle est trop axée sur l’apprentissage par cœur fondé sur la souffrance, sur la prétention à la perfection qui nie le droit à l’erreur (l’arrogance issue de la vérité mathématique au détriment des sciences expérimentales). L’école de l’arrogance ne prépare pas à affronter l’échec notamment électoral (Jospin 2002).

Notre école n’a pas su s’adapter à l’évolution des médias et n’a pas su concilier effort et plaisir d’apprendre. Elle valorise la logique abstraite, les valeurs masculines, la compétition, la discipline au détriment de l’intelligence émotionnelle (en négligeant notamment les sciences humaines). Pour devenir une école pépinière, à côté des enseignants des disciplines doivent intervenir des éducateurs. Dans les études comparatives de l’OCDE, la France est dans une place très moyenne, dépassée par les pays nordiques notamment qui favorisent l’intégration des élèves faibles, ne pratiquent pas la notation intensive, le bachotage, les examens couperets et ce avec moins d’heures de cours !

Le mépris pour la deuxième chance

Les élites de gauche comme de droite ont préféré « faire la charité » aux exclus au lieu d’investir sur des deuxièmes chances (école alternatives, formation professionnelle, créations d’entreprises, etc.).

L’élite sélectionnée sur les capacités d’abstraction ne possède pas toujours l’intelligence émotionnelle nécessaire pour réagir aux situations de souffrance ou de détresse et pour développer la motivation des autres.

Ce mépris des méthodes participatives fondées sur le développement de la motivation par la responsabilisation, explique l’échec de Bertrand Schwartz et le dénigrement de l’apprentissage. La formation initiale fondée sur l’abstraction ne permet pas de développer pour les débutants, des méthodes de recrutement fondées sur les mises en situation (au détriment des jeunes en difficulté à l’école).

La carence de l’information sur les métiers, le manque de professionnalisme de l’orientation professionnelle (les conseillers sont des psychologues qui ignorent le monde du travail) et l’absence de prospective sur les métiers renforcent la coupure de l’école et des entreprises.

Les expériences pour faire reculer la violence à l’école ou pour une pédagogie différenciée ont du mal à perdurer (conservatisme du principal des syndicats enseignants) : les équipes de profs sont le fruit du hasard des mutations, elles sont instables et l’école française rejette les initiatives de quelques entreprenants (exemple de l’ « Auto-École »). La discrimination positive par la création des ZEP ou des expériences de continuité éducative ont permis quelques réussites mais globalement n’ont pas permis d’ouvrir les ghettos. Les écoles professionnelles proches des chambres de commerce, ont des résultats très positifs par leur pédagogie et leur proximité des employeurs ; la réforme de la formation professionnelle pourrait les menacer. Les « Ecoles de la deuxième chance » montrent que former coûte douze fois moins cher que réprimer. Les classes et écoles alternatives redonnent la motivation et le goût d’apprendre aux « décrocheurs » en créant un lien avec la vie active.

L’enseignement professionnel est méprisé par le corps enseignant même si les bacs professionnels et techniques contribuent largement à l’augmentation des bacheliers et favorisent l’accès à la vie active. Depuis 2001, on assiste à une victoire du pragmatisme qui pourrait déboucher vers des « lycées des métiers » mais les filières professionnelles restent des filières de relégation.

Depuis 1971, la formation professionnelle continue (gestion paritaire, maquis des OPCA, 42.551 organismes de formation) constitue un budget de 22 milliards d’euros par an (Etat et employeurs) qui a été sans effet sur le niveau du chômage. La France a fait le choix des mesures « passives » (les allocations et les aides à l’embauche) au détriment des mesures « actives » (les formations à de nouvelles qualifications), tout en culpabilisant les chômeurs1. La formation continue pâtie de l’image du stage ex cathedra où l’on s’ennuie. Les français ne connaissent pas leurs droits (au CIF notamment) et n’ont pas conscience de leurs manques (notamment les moins qualifiés). Le système profite aux plus diplômés. Les politiques ne s’intéressent pas à la formation car elle ne produit pas d’effet spectaculaire à court terme. Pour développer l’« employabilité », les collectivités locales seraient mieux placées que le pouvoir central.

La formation sur le tas est méprisée par les élites. Leurs réticences, les visions monopolistes de l’éducation nationale et les freins des universitaires ont retardé pendant vingt ans la création de la « validation des acquis de l’expérience » (VAE). Les décideurs ignorent le rôle des TPE dans l’insertion des jeunes, leurs « organisations qualifiantes » et leur potentiel de développement. Or les dispositifs d’aide et de financement de la formation ne sont pas adaptés à ces structures.

Les études qui montrent que le SMIC constitue un frein au développement des emplois non-qualifiés dans le domaine du service, ne sont pas publiées car trop explosives ; la France a fait le choix de l’automatisation et de l’indemnisation du chômage (ou des emplois précaires) alors que d’autres pays développent des millions d’emplois dans l’hôtellerie et la restauration. Les aides à l’embauche trop complexes ne pourraient-elles pas être redéployées pour subventionner des emplois non-qualifiés ? Comment développer les petits jobs des jeunes ? Comment lutter contre les discriminations raciales à l’embauche ? Pourquoi les élites (notamment de gauche) se sont-elles acharnées contre l’intérim, levier d’accès au monde du travail pour les jeunes ?

Quand l’Etat écrase les petits !

Malgré les promesses et les 30% de PIB consacrés aux dépenses sociales, la « fracture sociale » n’a pas été réduite notamment par une inadaptation des formations au moins qualifiés. Le maquis des réglementations des aides à l’emploi et à l’insertion et la complexité des systèmes d’exonération des charges étouffent les initiatives. Le rendement des actions conduites par l’Etat n’est pas mesurée et les aides directes aux grands industriels (60.000 à 75.000 euros par emploi) sont moins efficaces que celles des réseaux associatifs d’aide à la création d’entreprises (10.000 euros par emploi). L’estimation des « emplois 35 heures » varie de 15.000 à 50.000 euros par emploi ; les aides aux cafetiers-restaurateurs seraient de 70.000 euros par emploi (si les emplois promis sont créés).

Les missions locales mènent des actions héroïques avec des moyens limités à destination d’un public de jeunes qui cumulent les handicaps. La tâche des travailleurs sociaux est complexifiée par le labyrinthe des « dispositifs » et le parcours du combattant des jeunes non qualifiés conduit à des « stages bidons » qui ont le mérite de le sortir temporairement des statistiques du chômage !

L’insertion des chômeurs nécessiterait de véritable coach pour personnaliser les conseils alors que les 23.000 agents de l’ANPE gèrent quantitativement. « Calamity-Assedic » tire d’abord en suspendant les versements et discute ensuite au détriment des plus démunis. De plus, la superposition de l’ANPE et l’Assedic engendre une forte déperdition d’énergie.

La création de micro-entreprises est le meilleur remède anti-chômage, mais elle est freinée depuis deux décennies. Jusqu’en 1995, le dispositif Accre fonctionnait bien ; victime de son succès, il a été remplacé par Eden, plus compliqué, avec moins de ressources. Créer une nouvelle entreprise est un casse-tête : coordonner le projet avec les aides reçues, choisir le bon statut en fonction des règles sociales ou fiscales, choisir le régime fiscal, solliciter les exonérations de cotisations, obtenir les autorisations, s’inscrire à la chambre de commerce ou de métiers, déclarer sa création aux organismes de recouvrement sociaux, etc. La paperasse administrative impose à l’indépendant de s’adjoindre un conseiller en général expert-comptable. Enfin, les cotisations pénalisent les entreprises aux plus faibles revenus. Heureusement, le mouvement associatif aide les petits créateurs (ADIE, France active, France initiative réseau) et « Talents des cités » a fait la promotion des créations d’entreprise dans les cités.

L’Etat qui préfère gérer la charité, est indifférent au développement des actions citoyennes : les résultats des actions de parrainage vers l’emploi mériteraient d’être valorisées, mieux soutenues et indépendantes des coupes budgétaires ; les associations qui luttent contre l’exclusion sont en marge du système; les associations sont soumises à quémander des subventions qui viennent trop tard, comme une aumône, à multiplier les demandes…

Autres oubliés : les personnes handicapées ! La France a légiféré mais n’a pas contrôlé la mise en œuvre. Comme pour la formation continue, on a créé un magot (l’Agefiph) qui n’a pas d’impact sur l’emploi des personnes handicapées.

Le défaut de formation engendre de la pauvreté mais l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale créé en 1998 ne sait pas évaluer précisément le nombre de pauvres et d’exclus. La France qui est à égalité avec les Etats-Unis pour le nombre de pauvres, les a rejoint pour l’aide aux pauvres, en 2000, avec la création de la CMU. La bureaucratie accroît la pauvreté : la complexité des démarches écarte des pauvres des aides auxquelles ils ont droit. Un point de vigilance dans la lutte contre la pauvreté, 37% des jeunes étrangers issus de pays n’appartenant pas à l’UE sont au chômage.

Pourquoi les théoriciens de l’économie solidaire sont-ils regardés comme de doux rêveurs ? En France, les associations font un travail héroïque pour retisser du lien social alors que l’action de l’Etat dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion est jugée très insuffisante. Il faut créer un statut de l’économie solidaire (des entreprises à vocation citoyenne) et redéployer les moyens de l’Etat sur le long terme et non sous forme de subsides ou de charité.



L’auteur conclue « l’école de la compétition rend la société peu solidaire et violente ».

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Mardi 12 septembre 2006

Publié dans : quelques livres

Les amis,

aprés discussion avec Léoneck, je vous propose un CR de lecture du dernier bouquin de Christian Blanc qui me nous a semblé pouvoir être une source de réflexion intéressante...

amities socio libérales

Guy Noailhet

 

Je vous propose un CR de lecture du bouquin de Chrsitian Blanc «  la croissance ou le chaos»

 

La 1ère partie du bouquin est consacrée à l’état économique et social  du pays : rien d’original compte tenu du flot constant de publications qui l’ont précédé sur le déclin de la France.

Par contre les propositions pour relancer l’économie et la dynamique de l’emploi m’ont semblées originales et pragmatiques, documentées par des exemples précis, vérifiables et acceptables  par tous.

 

1-     l’idée d’attendre la croissance pour faire des réformes structurelles est absurde

2-     tous les exemples donnés : Catalogne, Pays Basque espagnol, Bavière, Finlande, Cambridge, Stanford , Producteurs de vin d’Australie, agroalimentaire en Suède …la réussite vient de la mise en synergie des acteurs de la croissance : chercheurs, universitaires, entrepreneurs et pouvoirs publics. Comment : en créant des clusters(mise en réseau de toutes les ressources matérielles et humaines) dans un secteur géographique donné ou tous les acteurs ont leur destin lié à la réussite du cluster. Un seul fonctionne en France en marge du centralisme français : Grenoble avec l’électronique et  les nanotechnologies par la mise en place de synergies entre CEA(recherche), LETI(université), INPG(grande école), Entrepreneurs(Schneider, ST  électronique , Soitec, HP…), collectivités territoriales et région). 

3-     En observant cette réussite, le PM précédent a lancé un appel d’offres aux régions pour identifier  les pôles de compétitivité : bien que le temps laissé au candidats(3mois) fut extrêmement cours, le succès fut étonnant : on attendait une quinzaine de réponses : 500 dossiers ficelés en 3 mois et jugés dans l’ensemble de très bonne qualité ! Hélas la bureaucratie centrale s’est emparée du projet, le gouvernement a changé, une  logique de saupoudrage selon les intérêts politiques a mis fin à l’enthousiasme de départ…plus rien ne se passe. 

 

4-       Le temps de l’administration centrale n’est pas le temps de l’économie ! Le foisonnement de projets le prouve. Comment  basculer le pays vers l’économie du XXIème siècle?

 

a.      Libérer les universités : réforme de 68 obsolète = basculer vers l’autonomie administrative et financière(dotation nationale et régionale), assurant la gestion de son  personnel,  et contrôlée par un conseil d’administration réduit(12 au lieu de 30…60 !)  mais  représentant  tous les acteurs du réseau économique et ayant pouvoir décisionnel. L’université doit être la passerelle naturelle entre science et industrie. Elle doit être pluridisciplinaire en fonction de son territoire. La recherche universitaire  doit être en majorité financée par des partenariats avec l’industrie.  La créativité vient de la circulation des hommes et de la diffusion des savoirs.

 

b.      Libérer la recherche : restructuration du CNRS dont le fonctionnement centralisé,  la hiérarchie et le mérite à l’ancienneté sont dépassés et passage à un modèle d’organisation horizontale en réseau avec les acteurs industriels et universitaires . Plus de chercheurs/chercheurs mais que des chercheurs/enseignants avec des revalorisations très importantes de leurs salaires en fonction de leurs engagements. Une dynamique recherche/enseignement doit être crée. Tous les personnels de la recherche publique doivent passer  sous l’autorité des présidents d’université.  Par contre confier  à l’administration centrale existante du CNRS les missions liées à la gestion des thésards, chercheurs stagiaires, voyages d’étude, équipements des labos… colloques, évaluation des labos, primes….le CNRS devient une agence de moyens pour la recherche nationale.

 

c.      Libérer les régions : les compétences microéconomiques doivent être transférées aux régions. Dernière décentralisation inachevée : décalage entre le transfert des charges, des moyens et très peu  des compétences. Le développement des PME/TPE est une mission régionale. La tutelle des CCI aussi. Il faut fondre d’urgence les CCI et les CRCI !  La gestion de la formation continue sera faite au niveau du bassin d’emplois en partenariat avec les PME/TPE pour prévenir des sinistres comme  Moulinex. Les technologies doivent rentrer dans les activités traditionnelles des régions(fertilisation).

 

 

Je m’en tiens qu’à l’aspect économique, il y a  aussi de bonnes idées sur le statut de l‘élu, la réduction du personnel politique central(aucune réduction après 3 vagues de décentralisation !) , la réforme des mécanismes de solidarité qui pénalisent les + nécessiteux,  sortir de la logique de saupoudrage financier généré par la bureaucratie centrale,

 

Un pays qui ne sait pas ou il va est par reflex conservateur(gauche et droite confondues)

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Dimanche 10 septembre 2006

Publié dans : quelques livres

France in crisis

Titre : France in crisis.
Auteur : Timothy B. Smith
Editeur : Cambridge University Press
Parution : 2004
Prix : 20,57 €


Les récents évènements électoraux ont conduit en France au retour de l'introspection, cette fois-ci sous le thème : "qu'est-ce qui ne va pas dans le modèle social français?". Bien des commentateurs pourraient s'abstenir d'aller de leur explication : l'essentiel a déjà été écrit dans ce livre de T. Smith. L'auteur est un historien canadien, spécialisé dans l'histoire des systèmes sociaux, et son livre est à la fois le récit des raisons qui ont conduit la France dans sa situation, ainsi qu'un descriptif au vitriol de la réalité du système social français.
L'auteur est un défenseur des Etats-providence étendus, à la Scandinave, et compare l'Etat-providence français à cet idéal. Sa thèse est la suivante : au lieu de créer un Etat-providence "Beveridgien" à la fin de la seconde guerre mondiale, les gouvernements français ont mis en place - en partie d'ailleurs sous l'héritage pétainiste - un système d'Etat-providence corporatiste, c'est à dire dans lequel la redistribution s'effectue au sein de corporations de métiers et de statuts, au lieu de constituer un système universel redistribuant des riches vers les pauvres. Et ce système, progressivement, sous l'action des groupes de pression, d'idéologues interessés, et du fait de la pusillanimité des politiques, a glissé vers un mécanisme inégalitaire, dans lequel la dépense publique favorise les plus riches et quelques castes privilégiées, tandis que les besoins redistributifs des plus pauvres sont de moins en moins satisfaits; et tandis que ceux qui ont le plus besoin du système social - femmes, jeunes, individus d'origine étrangère, mais aussi handicapés - n'en bénéficient que médiocrement, car victimes d'obstacles énormes dans l'accès au marché du travail.
Alors que l'intégration des femmes sur le marché du travail, l'apparition de nouveaux risques individuels, le vieillissement progressif de la population, appelaient des évolutions dans le système social français, celles-ci ont été bloquées sous un torrent de rhétorique creuse, articulée autour de deux idées : premièrement, que la France est "victime de la globalisation" qui empêche le gouvernement d'agir (excellente excuse à l'inaction) et deuxièmement, une invocation de la "solidarité" comme mot-valise ne servant qu'à dissimuler la recherche par quelques groupes corporatistes d'avantages supplémentaires. L'auteur montre de façon convaincante comment cette rhétorique a largement bloqué les évolutions du système social vers un mécanisme plus redistributif et à même de digérer les chocs à venir, et continue de le faire. Il démontre surtout que la mondialisation n'empêche pas un pays d'avoir un système social redistributif, et que l'adaptation ne requiert pas plus d'inégalités, comme cela a été le cas en Grande-Bretagne et aux USA; et que la "solidarité" dont on se gargarise est assez largement un leurre qui dissimule un système économique et social orienté largement vers la préservation des privilèges de classe.
L'auteur montre aussi les multiples occasions perdues par les gouvernements, de droite comme de gauche, de diriger le système social français de son fonctionnement corporatiste vers un authentique système Beveridgien redistributif. Il montre également que la crise de l'Etat-providence français est une crise générale des Etats-providence corporatistes, comme en Allemagne et en Italie. Il expose enfin diverses voies et réformes qui permettraient d'instaurer en France un niveau élevé de protection sociale sans chômage.
Ce livre intéressera tout lecteur qui souhaite avoir une grille de lecture des difficultés françaises, et des raisons qui ont conduit à en arriver là. Le lecteur français retrouvera citées dans ce livre de nombreuses références qu'il connaît déjà : l'intérêt de l'ouvrage ne tient pas tant au fait qu'il apporte des nouveautés que dans l'apport d'une grille de lecture de la crise française et de la compilation d'informations diverses constituant un portrait sans concessions, mais très exhaustif, de la société française.
On déplorera dans le livre quelques imprécisions et inexactitudes : souvent l'auteur, pour frapper l'esprit du lecteur quitte à noircir le trait, choisit des références ou périodes très négatives, en négligeant des réformes qui sont intervenues par la suite. Il ne décrit pas ainsi l'effet de la réforme Balladur des retraites, qui en indexant celles-ci sur l'inflation et non sur les salaires des actifs, a eu un effet considérable sur l'équilibre futur des systèmes de retraite. On trouvera ainsi, à l'occasion, tel ou tel chiffre qui paraîtra discutable ou telle information qui a perdu sa pertinence. Il n'en reste pas moins un diagnostic intéressant, sans concessions, qui bénéficie des avantages d'un regard extérieur sur la société française, qui pourrait servir de programme à ceux qui prennent la protection sociale au sérieux. On peut toujours rêver.

Alexandre Delaigu

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