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Rénovation du PS

Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 17:01

Publié dans : Rénovation du PS
DSK: "Mon plan pour l'économie mondiale"

P
ropos recueillis par Claude ASKOLOVITCH, à Washington

Le Journal du Dimanche >> Pendant que ses amis politiques se déchirent en France, Dominique Strauss-Kahn est totalement absorbé par sa fonction de directeur général du Fonds monétaire international. Qui plus est alors que le système financier américain est ébranlé par une grave crise. L'occasion pour DSK de livrer son diagnostic et de proposer les services du FMI comme régulateur du système.



Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters)Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters) Sur le même sujet * Sondage: DSK en pole pour 2012 * La grâce de l'exilé


Est-ce que la peur est le pire ennemi de l'économie, comme le dit Nicolas Sarkozy?
Le plus grand danger, c'est qu'on oublie la peur. Le risque, quand la crise financière sera maîtrisée, c'est qu'on revienne aux vieilles habitudes. Pour l'instant, on éteint l'incendie. C'est ce qu'il faut faire dans l'immédiat, et c'est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d'arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers. C'est parce qu'il n'y avait ni règle, ni contrôle -ou pas assez de règles et de contrôles- que cette crise est née.

Comment avez-vous vécu cette crise? A un moment, avez-vous vu l'économie mondiale s'écrouler?
La dramatisation est trompeuse. Cela fait des mois que je savais à quel point le système financier était fragile. En avril dernier, le FMI avait publié ses conclusions sur la crise financière américaine. Le jour où j'ai reçu le rapport de mes services, j'ai été impressionné: nous estimions les pertes à 1000 milliards de dollars... mais seulement 200 avaient déjà été enregistrés. Donc il y avait encore 800 milliards de pertes à venir... Et nous étions un peu en dessous de la réalité!

Qu'avez vous fait à l'époque?
J'ai publié ces chiffres. Le FMI a joué son rôle. Nous avons dit que la crise financière provoquerait un ralentissement sensible de la croissance mondiale. Mais on n'a pas voulu nous entendre. On nous a reproché notre pessimisme. D'habitude, les prévisions du FMI sont des références. Là, le ralentissement net de la croissance était plus dur a accepter.

Auriez-vous dû crier plus fort?
On peut toujours se reprocher de ne pas avoir fait assez de bruit. Mais tout gouvernement a toujours tendance à refuser les obstacles, tant qu'il n'a pas le nez dessus. J'ai été ministre, je connais cela!

Nos gouvernements doivent préparer les populations à la récession?
Il y a un ralentissement sérieux et durable de la croissance mondiale. Ça va être difficile pour l'Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres, surtout ceux qui sont directement frappes par "l'autre crise", celle de prix des matières premières. Mais l'économie réelle ne s'effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière.

Et ça peut tenir indéfiniment?
Non. C'est pour cela qu'il faut réformer. Jusqu'ici, on a résolu les problèmes à mesure qu'ils se présentaient. Maintenant, il faut les attaquer globalement. Ce sont les 700 milliards de dollars du plan Paulson. Ce plan est bienvenu, parce qu'il est global. Mais il doit être le premier acte d'une action politique internationale.

Mais les contribuables américains ne veulent pas payer pour les erreurs des financiers...
C'est compréhensible. En Europe, nous avons aussi eu ce débat sur la "socialisation des pertes et la privatisation des profits"... Les politiques injectent de l'argent public pour éviter que tout l'édifice financier s'écroule parce que c'est la stabilité de nos économies qui en depend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s'imposera l'idée du puits sans fond, de l'Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides.

Donc il faut une réponse politique, pas seulement technique.
En l'occurrence, il n'y a pas de réponse financière qui ne soit politique. Mais s'il n'y a qu'un discours politique, c'est de l'incantation. Aujourd'hui, on admet que la crise vient de l'absence de régulation par la puissance publique. Le marché ne se suffit pas à lui-même. Le marché ne soigne pas le marché...

Nicolas Sarkozy parle de la fin "d'un capitalisme financier" qui avait "perverti" l'économie...
Cela montre le niveau de l'inquiétude générale. C'est la fin d'une période où l'on a cru que le marché suffisait à réguler l'activité financière. Cela n'a jamais été mon cas.

Avez-vous été choqué ces dernières années?
Trop souvent! Le système n'avait plus de sens. Pour maximiser leurs gains, des acteurs de la finance prenaient des risques inconsidérés. On multipliait des produits dont on ne maîtrisait pas les dangers; on avançait à l'aveugle, dans des transactions opaques... Aujourd'hui les tycoons de la finance reconnaissent en privé qu'ils ont été trop gourmands! Ça montre que la question des rémunérations n'est pas marginale: contrôlons les gains des financiers, on contrôlera aussi la finance. Mais ce n'est pas une question morale mais idéologique.

Idéologique?
L'idéologie dominante prônait la régulation des marchés par le seul marché. Les régulateurs -comme moi, si vous permettez- étaient minoritaires. Je pense que c'est terminé. L'idéologie de l'autorégulation est pulverisée par les faits. Les Etats, les puissances publiques reviennent. Partout. Pour sauver le système financier, on en vient à des solutions qui rappellent les nationalisations temporaires que je prônais en France, sous les lazzis: c'était du colbertisme! C'est devenu du simple bon sens.

Le social-démocrate exilé au FMI est devenu hégémonique...
Il n'y a aucun débat partisan ici. Des progressistes comme Lula ou Zapatero, mais aussi Nicolas Sarkozy, et les Chinois, et -vous verrez- les Américains, réclament ou réclameront une régulation.

Et qui va mener cette réforme?
Le Fonds monétaire international peut le faire. Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela. Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d'un bien public global: la stabilité financière, au service de l'économie. En 1944, ce qui menaçait, c'était l'anarchie monétaire. Aujourd'hui, il faut faire face, en plus, à l'anarchie financière: l'opacité, la cupidité, l'irresponsabilité d'un système qui s'est developpé sans rapport avec l'économie réelle... La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.

Le FMI sera un gardien mondial des finances mondiales?
Il doit être le lieu de la discussion d'abord, de la décision ensuite. Sur l'analyse de la crise comme sur les normes qu'il faut adopter. On connaît les pistes: transparence des transactions et de l'évaluation des actifs; contrôle des rémunérations; évaluation des risques, notamment pour les fonds d'investissement. De même les agences de notation doivent être supervisées. C'est un devoir pour les puissances publiques de définir, au niveau international, des rêgles universelles de fonctionnement des marchés financiers...

Une seule règle, un seul règlement? La même loi à Londres, à Tokyo, à New York?
Chaque pays votera ses propres lois. C'est le minimum indispensable de la légitimité démocratique! Mais les règles générales devront être universelles, parce que le système financier est globalisé...

Et qui fera appliquer ces rêgles? Le FMI?
La décision, entre les Etats, doit reposer sur le consensus. On peut avoir des autorités nationales ou régionales (comme l'Union Européenne, par exemple), mais il faut un garant global. Une institution qui vérifie que les normes -transparence, équité- sont appliquées partout. Le président brésilien Lula et les premiers ministres anglais et espagnols Brown et Zapatero, le ministre des finances allemand Steinbruck, viennent de souligner la nécessité d'un organisme international pour superviser les systèmes financiers. Cette idée va s'imposer.

C'est le "Bretton Woods" que réclame la France?
C'est un beau titre! A Bretton Woods, en 1944, on a traité de la guerre des monnaies. Maintenant, on doit imposer l'ordre public aux banques et aux marchés financiers. Parce que nous rassemblons tous les pays, nous sommes capables de définir et de garantir le compromis et l'intérêt général. C'est ce dont le monde a le plus besoin. Longtemps, la Chine et les Etats-Unis ont refusé d'être soumis à nos missions d'évaluation de la stabilité financière. Cette année, ils viennent d'accepter! C'est un signe.

Vous êtes préoccupés par la situation française?
Comme citoyen, la France ne me quitte pas. Mais le Directeur du FMI, par tradition, ne s'exprime pas sur la situation économique de son pays. Les Etats-Unis sont passés du laisser-aller à l'interventionnisme en quelques jours.

Les Européens seraient-ils capables de réagir aussi vite en cas de crise majeure?
Aujourd'hui, non, faute d'un gouvernement économique européen. Les Etats-Unis sont un pays. L'Europe est une construction.

Les Etats-Unis sont un pays qui n'est pas tenu par des normes budgétaires. L'Europe doit-elle assouplir ses règles, renoncer à ce que Nicolas Sarkozy qualifie de "religion"?
L'Europe a besoin de politique, de décision, de rapidité... Mais elle n'a pas besoin de désordre! S'abstraire de ses propres règles, alors qu'on a décidé de réguler le système financier international, ça serait curieux. S'il faut ajouter à l'anarchie financière le laisser-aller budgétaire, on jouera à l'envers. On ne va pas ajouter de l'endettement à l'endettement!
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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /2008 14:29

Publié dans : Rénovation du PS

Quelques nouvelles du web alors que dans le parti socialiste, la terre tremble. Le parti entre peu à peu en ébulition, de tous côtés une tension sourde imprègne l'admosphère.
Cela devient intéressant.

Sans doute cette fois ci de vrais questions de fond seront soulévées, travaillées, pénétrées, tranchées. Royal et Delanoë se dévoilent, sans lever toutes les incertitudes. Les vieilles stratégies restent de mise chez l'un, alors que de nouvelles démarches un peu illusoires sont mises en avant chez l'autre.
Et pour l'instant certaines pratiques détestables ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées.

En sera t-on réduit à un affrontement violent, de postures et de personnes, de discours démagogiques à visée majoritaire, qui casserait le parti sur une base non-idéologique ? En sera t-on réduit à un choix précipité et non définitif d'un candidat à la présidentielle, arbitré par les médias et les sondages, où le meilleur moyen de ne pas se tromper serait de choisir au hasard ?

Espérons que non. C'est un risque si on laisse prendre la sauce destructrice. Mais on peut faire confiance, avec prudence et recul, aux deux personnages pour éviter ceci et travailler réellement sur une réponse de fond, la construction d'une alternative.
Il faut également encourager ceux qui veulent débrancher la machine à perdre, pour affirmer leurs idées et stratégies alternatives, leurs propositions concrètes. (qu'il faudra juger lorsqu'elles seront là.)


Les grandes déclarations n'ont pour l'instant pas permis de réellement dessiner encore ce que seront les propositions, où le projet de société.
Que fais t-on dans la mondialisation, l'Europe doit-elle être protectrice, quel type de croissance, comment répond on au changement radical et accéléré que va impulser le pétrôle durablement cher, comment anticiper la nécessaire immigration de masse dont l'Europe aura besoin, qui sera porteuse de tensions identitaires, la déqualification du travail, la société du loisir...
Et concrètement faut-il revenir sur le dispositif des heures sup, faut-il appliquer la loi de 1905 à l'Alsace, quelle réforme des retraites, comment permettre un nouveau dialogue social, quelle politique fiscale dans une économie de la connaissance compétitive et aux injustices croissantes, comment accompagner le vieillissement d'une France urbanisée et métissée etc...







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Dimanche 11 mai 2008 7 11 /05 /2008 21:45

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Le texte signé par Bertrand Delanoë est enfin paru. Il répond à l'ouverture par Ségolène Royal d'un site internet. Ces deux démarches sont à la fois intéressantes; des espaces de débats s'ouvrent, des orientations sont posées, et insuffisantes.


Le bloggeur Lebavost souligne ainsi la distance entre les titres grandiloquents, presque baroques, de ces initiatives, et la réalité. Pour un congrès utile et serein, plein de clarté, de courage et de créativité…

De la méthode Coué, en quelques sortes.

Comme il le dit, 

"Ainsi on pourrait presque en déduire, sans trop se tromper, que l’initiative de Ségolène Royal n’est, dans cette forme, ni très utile, ni très sereine ; et que le texte autour de Delanoë manque singulièrement de courage, de clarté, et de créativité."

Sans doute tout cela sera t-il enrichi. Mais la déception que provoquent les contenus proposés permet plus facilement de voir que d'autres options sont possibles, avec les récentes interventions de Valls et Moscovici.

Conclusion de Arnaud Montebourg :

Jugeant le texte qui pourrait servir de base à une motion des partisans de M. Delanoë "d'un classicisme jospiniste exemplaire", il pense que"Bertrand Delanoë et Ségolène Royal n'ont aucune chance d'obtenir la majorité au PS pour en prendre la tête, car les militants ne veulent pas être les otages d'une guerre des chefs".

, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal n'ont aucune chance de l'emporter en octobre, et ils engagent le parti dans un combat destructeur et peu fécond sur le fond. Pour lui, qui soutien la démarche de Pierre Moscovici, il faut un "super mécano", "un patron de parti  capable de rassembler toutes les gauches" et, à terme, un leader qui "a vocation à devenir le premier ministre de la future gauche au pouvoir, au service du président élu en 2012".

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Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /2008 15:58

Publié dans : Rénovation du PS
Telos publie une tribune de Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques

Cette analyse me parait sévère, même si quelques défauts de la déclaration de principe sont bien identifiés :

- tout d'abord la déclaration n'a pas été mal reçue, elle n'a pas vraiment déchainé les passions, mais ce n'était pas son but. Elle a été relayée, et continuera à faire parler d'elle.

-et l'auteur oublie que ce n'est qu'un projet. Elle peut encore être amendée, il aurait d'ailleurs pu proposer quelques pistes concrètes. On sait que déjà un article a été ajouté sur la défense des droits des femmes. On trouve des propositions ici par exemple.
Donc son avis définitif porte sur un texte qui ne l'est pas.

-compte tenu de ce qu'est une déclaration de principe, elle est plutôt bonne, et notamment sur la formulation, on a vu bien pire. Elle n'est pas là pour donner les réponses, ni pour décrire un PS fantasmé qui n'existe pas. Il s'agit donc bien de l'Etat actuel du PS, qui s'éveille, sans être encore en train de gravir les sommets.


Que donnera le texte final ? Les guesdistes tenteront-ils de l'infléchir ? Les poissons pilotes de l'Elysées tentent en tous les cas de semer la zizanie en ce sens, comme le souligne Auteuil. Peut-être sera t-elle également précisée, améliorée sur certains points ?

A voir, proposons des amendements dans nos sections, dans nos courants...

R2D2
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Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /2008 20:45

Publié dans : Rénovation du PS

Parce que Manuel Valls dit des choses intéressantes, même si on n'est pas  tout le temps d'accord avec lui. Il faut le lire avant de tomber dans des caricatures simplistes de "droitier" du PS.

 

Interview dans le nouvel obs

Valls : «Bien sûr que j'y pense aussi»
Royal ? «Un one-shot» ! Delanoë ? «Il nous ramène en arrière» ! Dans un livre d'entretiens avec notre collaborateur Claude Askolovitch, le député-maire d'Evry règle leurs comptes aux «éléphants» et dévoile sa méthode «pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche» «Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche», Robert Laffont, à paraître le 30 avril.. Décoiffant !


Je te demande de défendre la gauche et tu en dis du mal.
Mais la gauche, c'est ça ! Précisément parce que nous l'aimons, nous commençons toujours à en dire du mal. Parce que nous sommes plus exigeants sur nous-mêmes. Etre de gauche, c'est difficile. Nous mettons la barre trop haut. Et quand nous échouons, ou quand nous renonçons, quand nous n'avons plus les clés, c'est terrible. Nous nous sentons d'autant plus coupables. Alors nous nous enfermons mentalement, nous faisons comme si nous étions toujours les meilleurs, les plus moraux, les plus purs. Nous nous racontons des histoires. En plus, nous finissons par y croire. Ou alors, nous devenons cyniques, indifférents, jouisseurs... On ne changera pas la vie des citoyens, on pensera juste à la nôtre, de vie; notre vie de politiques qui gagnons des élections comme une équipe de foot gagne des matchs, et seul le résultat est beau. Ensuite, quand on gouverne, si on gouverne, qu'importe ! Après le scrutin, le déluge ! Il n'y a rien de pire qu'une gauche cynique. ( ...)

Tu t'ennuies dans les instances du PS ?
Comme les autres. Les jeux de rôles, de positionnements, de paroles contrôlées sont insupportables. Après la défaite présidentielle, il y avait autre chose. Une lassitude visible, palpable, poisseuse, déprimante. Tu avais plein de gens, enfermés dans des salles de réunion, et qui n'avaient juste plus envie de se voir, de recommencer les mêmes luttes, les mêmes histoires, les mêmes bagarres, les mêmes polémiques. Chacun soupirait en attendant que ça se passe, pour aller faire sa vie ailleurs, en dehors.


Donc vous étiez morts...
Individuellement, les dirigeants socialistes bougent encore. Les mêmes qui bâillaient rue de Solférino sont partis en guerre pour les municipales et les cantonales. En Corrèze, Hollande n'est pas le Flanby de la caricature ! Conquérir du pouvoir, guerroyer pour des fiefs, on sait faire, et ce n'est pas déshonorant. Mais, entre cette vie locale et le vide au sommet, il y a un gouffre terrifiant. Ce qui est mort, c'est ce Parti socialiste tel qu'il est organisé. Cette manière de ne pas vivre ensemble, de ne pas travailler, de se complaire dans l'ennui et la médiocrité.

Et tu en sors comment ?
En reprenant tout à la base. Récrire notre déclaration de principes, bouleverser notre organisation, nous ouvrir, largement. Y compris en confiant directement le choix de notre candidat aux électeurs à travers des primaires ! Changer le nom de notre parti, s'il le faut. Nous devons écrire un programme fondamental comme les sociaux-démocrates allemands. Qu'est-ce qu'on fait dans les cinq-dix ans qui viennent ? Qu'est-ce qu'on propose ? On doit entrer dans les détails. Sur le plan de la fiscalité, des prélèvements obligatoires, du financement des retraites, de la Sécurité sociale... Il n'y a pas un champ qui ne doit être labouré, il n'y a pas un mur qui ne doit être attaqué. On doit reprendre le travail intellectuel et politique de zéro. Il faut construire une nouvelle force politique, comme Blair l'a fait avec le New Labour. Tu vois, c'est d'une simplicité totale ! ( ...)

Est-ce qu'il ne faut pas tout simplement séparer des gens qui ne veulent plus, ne peuvent plus travailler ensemble ?
A force de ne pas traiter les sujets, tout s'envenime, et la vie en commun devient insupportable. Mais si on retravaille, on se redonne une chance. Sous Mitterrand et Jospin, tout le monde a participé au gouvernement, et pas de manière honteuse. Et si tu regardes bien, les différences entre socialistes étaient plus importantes il y a vingt ou trente ans. Entre un Jacques Delors et un Pierre Joxe, entre un Michel Rocard et un Jean-Pierre Chevènement, c'était bien plus profond qu'entre Emmanuelli et Moscovici ! ( ...) Pourtant, tous ces gens se retrouvaient, dans le mouvement. Il existait l'envie de gagner, de gouverner, de changer les choses ensemble, d'accepter les différences, malgré la violence verbale. Le cadre commun était accepté par tous. Chacun s'y épanouissait ou y trouvait son compte. C'est ça qui a disparu. ( ...)
Combien de dirigeants du Parti socialiste, à tous les niveaux, se demandent à quoi ils servent ! Mais ils continuent, malgré tout, parce qu'ils sont des professionnels de la politique. Parce qu'on ne peut pas faire autrement. Parce qu'on ne sait pas faire autrement. Mais ils savent que l'objet, le parti lui-même, est épuisé. Ils savent que l'idée même pour laquelle ils se sont battus est aujourd'hui entamée ... ( ...)
Sans doute des dirigeants doivent partir. Au fond, les discussions qu'on peut avoir sur Mitterrand, Blair ou la campagne de Ségolène Royal, les «si» et les «pourtant», ne me passionnent plus. Ce sont des débats du passé, concernant des personnages du passé.

Royal aussi ?
Il n'y a que ça qui t'intéresse, si je suis «royaliste» ou si je ne le suis pas ? Comme ça, on pourra faire une belle infographie dans le journal ? Les réseaux de Ségo ou les réseaux de Bertrand ? Cette mise en demeure permanente est terrifiante ! Toi, le journaliste, tu fais partie de notre problème. Cette manière d'exiger une réponse, et une réponse unique, sur une personne, comme si cela réglait toute la crise de gauche... Les médias nous trouvent creux. Ils ont sans doute raison. Mais ils sont aussi futiles que nous, ils se repaissent de notre crise, ils entretiennent nos guerres pathétiques ! Et ensuite ils éditorialisent gravement en nous reprochant nos divisions, quand il n'y a que ça qui les intéresse ! ( ...)
C'est très difficile de se saborder pour reconstruire. C'est très difficile de sortir du confort que procure une grande formation politique établie, historique. C'est très difficile de faire l'effort politique et intellectuel pour se réinventer. C'est ce que j'essaie de faire depuis quelques mois. J'en vois les avantages et les limites. Je peux être très vite marginalisé par les accusations de droitisation et les procès en sorcellerie... On moque mon ambition. Mais il faut prendre ce risque. Il faut détruire une maison devenue fantôme. Et il faut en finir avec des dirigeants politiques épuisés, perclus de rivalités et de vengeances, qui n'arriveront plus jamais à travailler ensemble... ( ...)
[Ségolène Royal] n'est plus cette nouveauté absolue qui aurait pu, d'un coup, du passé faire table rase. C'était un one-shot. C'est raté. La campagne est passée par là, sa défaite, ses dysfonctionnements. Ségolène est comme nous désormais, même si l'opinion la différencie encore. (...) Tu veux le fond de ma pensée ? Ni Ségolène Royal, ni Bertrand Delanoë, ni François Hollande, ni Dominique Strauss-Kahn, ni Laurent Fabius, ni Martine Aubry ne devraient être candidats à l'élection présidentielle !

Alors qui ? Ta Majesté ?
Quelqu'un de la nouvelle génération. Montebourg, Peillon, Hamon, Moscovici, Dray, Filippetti... ou moi, bien sûr que j'y pense aussi. On verra ! Il faudrait avoir le courage de dire, comme les démocrates et les travaillistes dans les années 1980, qu'on accepte de donner sa chance à quelqu'un de neuf. Même moins capé, moins connu, moins expérimenté, moins adoubé par les médias... Mais un nouveau. On doit passer du cimetière des éléphants au combat des sept nains ! Mais le nain qui sortira de ce combat sera libre; il pourra en finir avec les tabous du PS... ( ...)
Je suis convaincu que si on reprend l'un des anciens on n'y arrivera pas. On ne refondera pas ce parti. Ce n'est pas une question d'âge, c'est une question de lisibilité et de disponibilité. Il faut quelqu'un qui n'a pas été ministre, qui n'a pas été du pouvoir...

Delanoë n'a pas été ministre
Il est maire de Paris ! Il est un mélange de modernité et de classicisme, très jospiniste en somme, peut-être trop. Lui aussi nous ramène en arrière, à sa façon. ( ...)

Pourquoi veux-tu que le Parti socialiste dise à tous ces gens-là : «pas vous» ?
Parce qu'ils nous empêchent de gagner. Parce que je pense qu'ils représentent le passé. Parce qu'avec eux on ne sera jamais dans le mouvement, mais dans une comédie perpétuelle. Hollande prendra-t-il sa revanche sur Royal ? Royal grillera-t-elle Delanoë ? DSK va-t-il revenir ? Et toi, tu as le courage de suivre encore quatre ans cette pantomime ? ( ...)

Aujourd'hui, tu es un dissident de droite à l'intérieur du PS, mais à ce moment-là (1) tu étais un dissident quasi gaucho !
Même en plaisantant, c'est stupide ! J'ai ma part de contradiction et d'aveuglement. Je suis prêt à en faire l'inventaire. Ma position sur le référendum européen, en 2005, était alambiquée et problématique. Mais, sur l'essentiel, j ai un fil conducteur : le rapport aux citoyens. Je leur dois à la fois la vérité et la présence. Je suis avec eux, mais je ne les mène jamais en bateau. Sur tous les sujets qui nous ont coupés de l'électorat populaire, j'essaie d'être constant. Cela vaut pour la sécurité, l'autorité - une valeur de gauche -, les délocalisations, l'équité, les retraites. Dire la vérité en matière économique ne signifie pas donner quitus à des patrons qui abusent de leur puissance, et encore moins abandonner à leur sort des salariés victimes de l'inévitable. Défendre les immigrés ne signifie pas renoncer à tout contrôle. Mais contrôler l'immigration ne signifie pas, inversement, autoriser la chasse à l'homme. Etre intransigeant sur la sécurité ne signifie pas soupçonner indifféremment tous les habitants des quartiers populaires. Mais respecter ces quartiers implique de désigner ceux qui les détruisent, de l'intérieur comme de l'extérieur. Vouloir la sécurité-flexibilité n'impliquait pas de mépriser les LU. Deux choses me sont également odieuses, deux formes de mépris en fait. Le mépris démagogue, qui consiste à suivre systématiquement l'opinion, à accompagner et à entretenir les faux espoirs... Et le mépris hautain de ceux qui détiennent les solutions et considèrent que le peuple est vraiment décevant de ne pas comprendre qu'il faut en baver...

Robert Laffont

(1)En 2001, lorsque Manuel Valls soutenait le mouvement des «petits LU», après l'annonce de la fermeture du site de Ris-Orangis, NDLR.

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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 20:59

Publié dans : Rénovation du PS

 

"Etre socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est. L'idée socialiste relève, à la fois, d'une révolte contre les injustices et de l'espérance pour une vie meilleure. Le but de l'action socialiste est l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète."

Télécharger le projet de texte en pdf

C'est la cinquième fois, en un peu plus d'un siècle, que les socialistes se livrent à l'exercice. 1905, 1946, 1969, 1990, 2008 : chacun de ces millésimes raconte un moment particulier de l'histoire du PS et rappelle un contexte. "Les circonstances ont, à chaque fois, fortement influencé ces déclarations de principes, écrit l'historien Alain Bergounioux, strausskahnien, secrétaire national du PS aux études. (son analysee )La commission qu'il a présidée a mis au point une nouvelle déclaration de principes qui remplacera celle de 1990. Six mois avant le congrès de novembre, ce groupe de travail, où toutes les sensibilités étaient représentées, avait pour mission de de jeter les bases idéologiques de la rénovation du PS.
Largement consensuel – ce qui suggère que le parti est, sur le fond, moins divisé qu'il y paraît –, ce document est le fruit d'un grand accord politique. Il sera soumis au vote lors de la convention nationale du 14 juin, après avoir été validé par les fédérations, qui ne devraient apporter que des retouches limitées.

 

Les évolutions sont intéressantes, intègrent les évolutions, prennent en compte l'individu et son émancipation, et le développement durable. Le Parti socialiste n'abandonne pas son objectif de transformation sociale ni sa fonction de critique des mécanismes du capitalisme. Mais il est désormais un parti réformiste, qui veut s'inscrire dans la société et peser sur elle. Cela reste un compromis, mais celui-ci se déplace vers une social-démocratie assumée et ambitieuse, et devient plus facile entre les différents courants socialistes.

Analyse intéressante du Monde :

Libéré des accusations de "trahison" brandies pendant soixante-dix ans par les communistes, le socialisme français affronte l'ennemi qu'il a vocation à combattre : la prétention du capitalisme à organiser la société en fonction de ses seuls intérêts.

"Aux injustices et aux violences du monde, l'idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature", proclame le texte soumis aux militants, ajoutant que "ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l'économie et de la société" et que "la redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l'égalité des droits".

Partisans d'une "économie sociale et écologique de marché", les socialistes, rompant avec le productivisme, auquel ils ont longtemps cru, mettent à présent au même rang "l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète".  Ils réaffirment non seulement leur fidélité à l'idéal européen, mais leur engagement dans l'Union européenne, à laquelle une partie d'entre eux a pourtant tourné le dos en 2005.

"Parti décentralisateur", le PS est partisan d'une "économie de marché régulée par la puissance publique ainsi que par les partenaires sociaux". Il insiste sur la "qualité de l'emploi", qui suppose "une rémunération juste ainsi qu'une promotion professionnelle et sociale". Cette déclaration de principes emprunte aux sociaux-démocrates allemands le concept "d'Etat social", ce qui la conduit à évoquer, mais avec d'infinies précautions, la réforme de l'Etat-providence. La formule utilisée n'aurait pas été récusée par Jacques Delors : "La régulation (…) est un des rôles majeurs de l'Etat pour concilier l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale". Le texte établit l'obligation "de garantir pour tous la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n'y a pas de liberté réelle"

Sur un plan plus doctrinal, le projet de déclaration ne fait plus mention des "rapports de classe" et, pour la première fois, s'abstient désormais de toute allusion au terme de "révolution". Le PS se définit "ancré dans le monde du travail" et affirme sa volonté "d'exprimer l'intérêt général du peuple français".


de rue 89, même si je ne suis pas sûr que leur analyse des legs dûs aux différents courants soit exactes

de Cambadelis :

Le Parti Socialiste sortait de mois de divisions. La vrai/fausse querelle sur le traité constitutionnel européen donnait l'impression aux français que les socialistes étaient divisés sur les buts.

Et dans un monde hyper médiatisé où le ressort de la mise en scène de l'information est le dissensus, à l'exception notable des élections locales, le PS semblait incapable de retrouver son équilibre.

Il s'agissait donc de bâtir un nouvel équilibre. C'est maintenant chose faite. Ceux qui ont participé comme moi à la commission « Bergougnioux-Weber » on peut mesurer le chemin parcouru au regard de la commission Gérard Collomb en 1990.


On avait refusé à l'époque la domestication écologique et sociale de l'économie. Ici tant la question du modèle socialiste, écologique et social, que la société juste, l'égalité réelle, ou encore le réformisme radical voir le parti pris de rassembler toute la gauche dans une seule formation, ces questions et d'autres n'ont pas donné lieu à grande polémique.

(...)

Ce qui est remarquable dans la première partie de l'exercice que nous venons de réaliser, c'est qu'il fut novateur et profondément convergent. Cela confirme une intuition, les divergences sont des divergences « d'accents ». Elles sont souvent le produit de postures. Elles puisent leur racine dans le champ médiatique. Elles sont souvent techniques dans le sens où elles procèdent du comment, pas du pourquoi. Et c'est ici que réside le paradoxe. Les divergences dans la gauche se sont contractées. Elles n'ont plus la force fondamentale des divergences que nous connaissions dans le passé, par exemple, sur la nature du socialisme. Tous les responsables socialistes dans leur collectivité ont une pratique disons « social-démocrate ».

C'est la raison pour laquelle les divergences s'étaient évaporées, les questions de personnes ont malheureusement tant d'importance.


Les vraies divergences se sont déplacées, de la nature du socialisme au moyen de le promouvoir : Le choix des priorités, la nature des alliances, la sélection des dirigeants, la fonction partisane. D'ailleurs c'est la raison pour laquelle l'autre commission, celle sur les statuts ne trouve pas de consensus. Ceci éclaire l'enjeu du congrès. Il ne portera pas vraiment sur la nature du socialisme. Il ne portera pas non plus sur sa modernisation ou pas. Il ne portera pas plus sur les solutions programmatiques ne serait-ce que parce que c'est trop tôt. Il portera sur la nature et la stratégie du PS. La déclaration de principe vient d'accoucher une façon différente d'être de gauche. Et tous les courants l'ont adoptée. C'est la deuxième bonne nouvelle après les municipales.


ou encore de
Pierre Moscovici

Elle traduit en effet, qu’on me pardonne ce jeu de mots, une révolution dans notre pensée, une révolution réformiste, le choix, enfin assumé, de la réforme au détriment de la révolution. Il faut prendre la mesure, fondamentale et conjoncturelle à la fois, de ce moment. (...)

Car, c’est vrai, le PS n’avait pas fait, sur le plan théorique, son « Bad Godesberg », du nom du Congrès du SPD qui, en 1959, avait vu ce parti renoncer au marxisme. Nous ne nous étions pas, pour notre part, totalement débarrassés de cette phraséologie, nous aimions – nous aimons encore, car tout n’est pas réglé – donner aux autres partis européens des leçons de gauche. (...)

Bref, le Parti socialiste, sous François Mitterrand, Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard, Pierre Bérégovoy, Lionel Jospin, avec Jacques Delors et DSK, avec tous les autres ministres de ces trois mandats, a beaucoup réformé, il n’est plus le même, il est un parti capable de gérer le pays, mieux que ne le fait la droite. Mais notre théorie n’avait pas rejoint notre pratique. (...)

Avec cette déclaration de principe, le surmoi gauchiste se tait alors que le choix social-démocrate est enfin fait. Nous avons, autour de DSK prenant le relais de Michel Rocard auprès de Lionel Jospin, milité pour cela depuis des années, sans être toujours entendus et suivis. Le « réformisme de gauche » du Congrès de Dijon était resté sans contenu, la synthèse du Mans était légère, le projet présidentiel de Ségolène Royal, malgré certaines audaces, n’avait pas toute la cohérence requise. Cette cohérence, elle se trouve dans la déclaration de principes

L’heure de la social-démocratie, celle de la sincérité, de la conformité entre les actes et les paroles a enfin sonné. Voilà pourquoi, en effet, ce texte a une portée majeure, et peut ouvrir, si nous savons la porter, un nouveau cycle dans l’histoire du socialisme français.


Pierre Kanuky revient, lui, sur les transformation des gauches que cela porte.




Romain
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /2008 10:14

Publié dans : Rénovation du PS
Après la cacophonie dans le Puy de Dome, où les conseillers généraux n'ont pas suivis le vote des militants, la difficulté à renouveler la présidence usée et perçus comme autoritaire dans des départements sans alternance comme la Haute-Garonne et l'Ariège, ce récit de Pierre Larrouturrou pointe la nécessité d'un renouvellement des pratiques.

Nous devons être d'autant plus exigeant avec le pouvoir qu'il nous est acquis, dans les départements où l'alternance est rare.

L'appel de Pierre Larrouturou pour que le PS se mette au boulot est intéressant. Cependant quelques réserves sont à apporter : il n'est pas le seul à appeler à ce travail, c'est devenu un propos relativement commun de tous ceux qui veulent rénover. Ainsi les premiers à porter le fer publiquement sur ce thème ont été Laurent Baumel, Michel Rocard, André Vallini, Pierre Moscovici ou Vincent Peillon.
Les forums de la rénovation ont lancé le mouvement, permis du travail, des prises de position, des échanges constructifs. Ce n'était qu'un début, et l'ampleur des chantiers était insuffisante.

Mais le travail continue dans les courants, il ne faut pas l'oublier. D'ailleurs ce que l'on surnomme les reconstructeurs aujourd'hui ont une démarche similaire celle-ci : travailler le fond et proposer un texte d'orientation qui dépasse les stricts courants d'hier pour éviter un duel de personne. Le contrat de la rénovation, élaborré par des strausskahniens et des proches de Montebourg parait une base intéressante.




Lettre ouverte

à tous ceux et celles qui veulent que le PS se mette au travail…

 

Bonjour à tous,

 

 

Rappel des épisodes précédents :

1 > nous devions déposer notre pétition le 25 mars. François Hollande nous a interdit de monter à la tribune du Conseil National mais a promis que nous pourrions la déposer au Bureau National du 1er avril et que, avant ce B.N., il recevrait quelques uns des premiers signataires pour que nous puissions parler avec lui de notre demande.

 

2 > le 1er avril, trois heures avant le Bureau National, nous arrivons enfin à joindre le Directeur de Cabinet de F. Hollande. Stéphane Le Foll commence par dire que nous sommes des inconscients et qu’il est impossible d’organiser une Convention sociale et une Convention européenne d’ici l’été. Au bout de 10 minutes d’un dialogue musclé, il conclut qu’on pourrait peut-être organiser une grande Convention (celle sur les questions sociales).

 

Il est acté avec Stéphane Le Foll que notre pétition sera donnée le soir même à tous les membres du Bureau National et que Claudy Lebreton et Patrick Bloche (qui sont signataires et membres du BN) auront un moment pour en parler. La décision sera mise "en délibéré" jusqu’au BN du 8 avril, date à laquelle j’aurai un moment à mon tour pour argumenter devant les membres du BN.

 

Il est acquis que nous pourrons rencontrer François Hollande avant le 8, pour parler avec lui du fond de notre demande. "On fixe le rendez-vous demain. Tu  nous appelles demain et on fixe le rendez-vous !" me dit Le Foll en concluant l’entretien. 

 

3 > Le 2 avril, nous apprenons que le texte de la pétition n’a pas été donné aux membres du BN.    

 

 4 > Malgré de nombreux appels, nous n’arrivons à joindre ni F. Hollande ni S. Le Foll entre le 1er et le 8 avril. Il faudra un jour reparler du cumul des mandats : Le Foll est payé pour garder la maison quand le patron n’est pas là. Mais, en plus d’être Directeur de cabinet à Paris, il est élu municipal au Mans et Député européen à Bruxelles et Strasbourg… Cela ne facilite pas les contacts et laisse peu de temps pour la réflexion !

 

A la demande de son assistante, nous envoyons par mail les 6.123 premières signatures de militants PS (les seules qui semblent intéresser la direction…) et obtenons un mail « Bien reçu » mais aucune proposition de rencontre.

 

5 > Le mardi 8 en fin d’après midi, pensant que Claudy LeBreton, Patrick Bloche et moi pourrons déposer et défendre notre pétition, je me rends à Solférino sans avoir pu joindre ni Le Foll ni Hollande. "Il a eu ton message et il a ton numéro de portable" me répondent imperturbablement leurs assistantes quand j’essaye à 6 reprises dans la journée du 8 de leur parler. N’était-il pas "promis" depuis le 25 mars que nous pouvions nous parler et que nous pouvions déposer notre pétition ?

 

6 > J’arrive à Solférino et demande à voir le Foll avant que le Bureau National ne commence (François Hollande est à l’Assemblée). Il ne répond pas à ma demande. Quand je fais mine de m’engager dans le couloir qui mène au BN, un homme de la sécurité me demande de revenir à l’accueil sur un ton peu amène. J’arrive à coincer Le Foll, qui m’explique en termes peu châtiés que nous lui cassons les pieds (par écrit, mieux vaut ne pas répéter les termes exacts). "Vous voulez foutre en l’air le calendrier décidé par le Conseil National" dit-il. Je lui explique qu’il ne s’agit pas de foutre en l’air quoi que ce soit mais seulement d’utiliser au mieux les 2 mois qui restent avant les grandes vacances : si nous nous mettions sereinement au travail pendant ces 2 mois, nous pourrions avoir un Congrès bien moins violent et bien plus intéressant…

 

De deux choses l’une : soit ce travail aboutira à un consensus (ce sera alors notre nouveau projet social), soit il n’y aura pas de consensus et c’est le Congrès qui tranchera entre plusieurs stratégies possibles. Mais, si nous commençons par ce travail de fond, le Congrès sera moins violent et sera l’occasion de construire un projet très concret.

 

J’ai le malheur de rappeler à Le Foll qu’en 2003, déjà, ils nous avaient traité de "casse-couilles" quand, avec quelques amis, on leur avait dit qu’il y aurait un référendum et que le Non allait gagner si on ne faisait pas le maximum pour obtenir un Traité social (à l’époque, toute l’équipe de Soférino était convaincue qu’il n’y aurait pas de référendum et que c’est l’UMP qui allait éclater au moment de la ratification parlementaire du Traité…). Ce rappel a le don d’énerver Stéphane : "Bien sur. Bien sur. Et c’est grâce à vous aussi qu’on a gagné les municipales !" me dit-il, assez énervé. Visiblement, à force de le répéter, Solférino commence à croire vraiment que c’est François Hollande qui a gagné les municipales. Il faudra un jour qu’on leur parle du travail réalisé par les élus et les militants de terrain, et de l’effet repoussoir qu’a eu Sarkozy. Mais, mardi, je n’ai pas voulu m’avancer sur ce terrain…

     

7 > Comme l’homme de la sécurité a appelé un de ses copains, plus balèze, et que le scandale n’est pas une façon de convaincre, je n’ai pas tenté d’aller au Bureau National. Quand j’ai quitté Solférino, Le Foll m’a dit qu’il allait donner notre texte à tous les membres du BN (ce qu’il n’a pas fait).

 

Je suis sorti de Solférino absolument furieux. C’est quand même ahurissant dans un parti qui se veut démocratique, qu’on ne puisse même pas déposer une pétition signée par plusieurs milliers de citoyens et bon nombre de parlementaires. Voir un parti aussi verrouillé m’a vraiment mis hors de moi.

 

Sur le fond, ce refus du débat me semble dramatique. Sarkozy et Fillon ont relancé leurs réformes. Santé, code du travail, retraites, éducation… Sur tous ces sujets, nous allons évidemment nous opposer aux réformes engagées par la droite, mais nous serions 1000 fois plus convaincants si nous pouvions dessiner une alternative ! Pourquoi ne pas le faire ?

 

Un des élus qui soutient notre initiative a récemment croisé François Hollande et lui a demandé pourquoi il refusait de nous écouter, pourquoi il ne voulait pas que le PS se mette au travail d’ici l’été. « Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt, lui a répondu François Hollande. Il faut laisser la droite avancer ses réformes et ne pas nous dévoiler trop tôt ! »

 

L’élu n’en est pas revenu. « Ne pas nous dévoiler trop tôt, c’est super astucieux comme stratégie. Mais il ne faut pas non plus nous dévoiler trop tard ! A force de ne pas nous dévoiler trop tôt, on n’a toujours pas compris quel était notre projet en 2002 et notre projet de 2007 était tellement faible qu’il n’a pas convaincu grand monde… »

                                         

(...)                                                           


Il nous reste 3 semaines pour faire bouger Solférino. Ensuite, je crains que nous ne soyons embringués sur un toboggan qui nous mènera à un Congrès très très dur et nul ne sait dans quel état le PS et l’ensemble de la gauche en sortiront. Alors, AU TRAVAIL !

 

Chacun de nous peut convaincre un(e) élu de sa connaissance.

Chacun de nous peut trouver 2 ou 3 signatures d’ici le 22 avril.

 

BONNE SEMAINE A TOUS !

 

Pierre Larrouturou


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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /2008 15:35

Publié dans : Rénovation du PS
Les grandes déclarations débroussaillent le congrès. Aujourd'hui, Gorce vs Cambadelis

Suite à la lettre publique de Gaëtan Gorce, Jean-Christophe Cambadelis lui répond.

Gaëtan Gorce propose l'élection du Premier secrétaire du Parti socialiste avant le congrès et la mise « au rencart » des sensibilités ». Il fustige dans le même propos le conservatisme de tous ceux qui veulent reconstruire en rond.

Réponse de Jean-Christophe Cambadélis à Gaëtan Gorce

Cher Gaëtan,
J’ai reçu ta lettre du 26 mars. Et je me suis dis, l’affaire est d’importance puisque cette dernière est imprimée. J’ai cru un moment que ce ne fut une nouvelle candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. (...)
Permets moi de te dire que tout ton texte semble respirer, une sorte de découragement latent, un dénuement résigné mais vengeur, qui aspire à être surmonté par le dépôt des armes de la critique.

Il semble que pour toi : la démocratie est incapable de produire le redressement du Parti
socialiste.
Le régime des courants est la source de tous les maux. Bref ! Tout fout le camp !
Faisons appel à un chef !
J’imagine le sursaut d’outre-tombe de François Mitterrand et de Mendès France. Cet appel, à peine déguisé, à un Bonaparte, voilà qui fleure bon les années 1958 et 1962. Il faudrait qu’à Toulouse pour la date anniversaire du congrès de 1908, là où Jaurès plaida avec succès la réforme avant la révolution, là où il imposa l’élargissement du nombre de courants de la SFIO, nous fêtions dans cette ville conquise par l’union, la mise sous boisseau du droit de s’assembler en sensibilités…

Nous aurions eu raison dans le débat contre le centralisme démocratique en 1920. Et
aujourd’hui, parce que se mettre d’accord est tout à la fois âpre et fastidieux, il faudrait renoncer à ce qui fit notre succès ; il suffirait de s’abandonner à un centralisme plus ou moins éclairé. Renoncer à débattre, échanger, convaincre serait le plus sûr moyen de triompher ?
(...)
La crise du Parti socialiste se réduit elle à une crise de leadership ? Tu n’es pas le seul à le penser. Tu vas, toi le franc-tireur, au bout d’un raisonnement qui ne te ressemble guère : vite un chef ! En proposant l’élection du Premier secrétaire avant le débat, tu marches vers le plébiscite. Tu laisses à l’un d’entre nous, de guerre lasse, le soin de nous imposer son orientation.
Tu as sûrement grande confiance en ton champion. Pourtant tu ne vas pas jusqu’à nous
donner le nom de l’impétrant. Tu as raison il faut mieux être prudent.

Tu nous dis pour commencer : je crois en l’avenir de la gauche… bon ! Je n’en ai pas douté. Mais tu avoueras que cela ne nous fait pas avancer. Nous sommes, paraît-il, nombreux en ce cas. Tu ajoutes en gras « ma conviction ». Ce pronom personnel n’est-il pas précisément cet individualisme que tu pointes comme raison du caractère émollient de nos débats. Passons !

Tu as une conviction et ça se fait rare. J’en conviens. Chapeau bas ! Tu penses que le fonctionnement du PS ne correspond plus aux défis d’une démocratie moderne. La faute en serait à la proportionnelle… Et le moyen de le conjurer serait l’élection d’un chef doté de pouvoirs.
Tu n’as pas dit les pleins pouvoirs car tu as des lettres. Tu ajoutes qu’il faut démocratiser notre démocratie en consultant les militants. Tu avoueras que le rapprochement des deux propositions peut prêter à sourire. Puis tu ajoutes, « bâtir un parti populaire et moderne », voilà qui te promet une standing ovation. Même si le souci est le « comment ».

Tu proposes enfin d’en finir avec les contributions. Je ne suis pas loin de te rejoindre. Mais avoue que si nous avons un chef pré existant au débat et si nous supprimons les moyens du débat. La démocratie se dissout dans le centralisme.
(...)

Ne pourrait-on pas, comme je l’ai proposé au Conseil National, débattre sur la dizaine de questions qui sont à l’ordre du jour pour les Français ? Et puis rythmer notre congrès par 10 votes de clarification.
C’est sûrement un peu trop rénovateur…
Tu évoques ensuite nos alliances. Evidemment mon esprit en est tout excité. Mais nous restons sur notre faim lorsque tu résumes ton propos d’un tonitruant « assumons notre destin ». Et ce destin quand le visite t-on ?

Ne crois-tu pas que nous sommes devant une chance historique ? Celle de refermer la controverse issue de 1920. Nous ne sommes plus la gauche non communiste. Nous sommes la gauche. Ne penses-tu pas qu’il est temps de faire correspondre notre réalité électorale et notre ambition politique ?

Ne devons-nous pas bâtir les conditions d’un parti de toute la gauche, préalable à toute alliance au second tour des présidentielles ? N’aurions-nous pas l’occasion, en cette date anniversaire de 1908, de célébrer le trait d’union entre le passé et l’avenir ?
Evidemment il est difficile de fédérer tous les acteurs de la gauche, toutes les sensibilités – et elles ne sont pas toutes dans des jeux de rôles, elles sont respectables – En disant venez avec nous ! Mais de grâce ne vous exprimez pas ! Un parti tout entier subordonné à un présidentiable n’est pas le gage d’un élargissement mais la certitude d’un enfermement.

Ne crois-tu pas que c’est un débat fracassant dont la gauche a besoin ? Ne penses-tu pas qu’il nous faut une reconstruction par le bas… ? Celle des idées, de l’idéologie, de la politique, de la stratégie, plutôt qu’un replâtrage par le haut, via le « vrai faux débat » des leaders ?
Le problème n’est pas simplement organisationnel, il est d’abord politique. N’y a-t-il pas une urgente nécessité de débattre des fins et des moyens de la politique socialiste à l’époque de la mondialisation, du partage entre ce qui est de l’ordre de la solidarité et de l’individualisation dans le paquet social, de
ce qui pourrait être un modèle de domestication écologique et social de la mondialisation, de clarifier nos positions sur l’Europe, les institutions
et que sais-je encore ? Notre problème n’est-il pas stratégique ?

Peut-on pudiquement conjuguer tout à la fois l’alliance avec le Modem et Lutte Ouvrière ?
Je crois que tu nous proposes un raccourci de forme, alors que nous avons besoin d’une confrontation sur le fond, respectueuse de tous et d’abord des idées.
Tu veux un PS entièrement reconfiguré pour un destin. Nous souhaitons un PS accouchant d’un dessein.

Il se trouvera là de bons esprits pour dire que cela n’est pas contradictoire. Si j’ai pris la plume au-delà du respect pour le débat d’idées, c’est que je crois la controverse déterminante pour notre avenir. Et pour être tout à fait honnête, je redoute fort le chemin auquel tu nous convies « ici et maintenant ».
Beaucoup d’autres sont prêts à l’emprunter dans un lâche soulagement !
Amitiés socialistes,
Jean-Christophe Cambadélis




Deux visions de la reconstruction du PS, parmi d'autres, qui s'affrontent, se complètent, se pénètrent, et nous promettent de beaux débats..
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 15:07

Publié dans : Rénovation du PS

Suite à mon interrogation sur le modem, j'ai trouvé un article intéressant sur le PS vu du modem.
Je pense cependant que sa vision n'est pas tout à fait exacte. Voici :

Le PS ne changera pas. Jamais. Il faudra bien s’y faire…

Le parti socialiste n’est pas divisé en deux clans opposés: d’un côté les socio-démocrates, réalistes, raisonnables et de l’autre, les socialistes à la mode de papa, archaïques et dépassés. La frange archéo-socialiste, représentée par le sympathique sénateur Mélenchon, ne représente quasiment rien au sein du parti socialiste.  La grande majorité des militants et des élus socialistes n’a pas grand chose à voir avec cette gauche là. C’est juste un élément du folklore du parti. De ce fait, un scénario à l’allemande, avec une scission et la création d’un parti à la gauche du PS me semble de plus en plus improbable… Par conséquent aussi, un rapprochement de l’aile modérée du PS avec le centre rénové s’éloigne de plus en plus.

suite ici

Voici ma réponse sommaire :

Analyse intéressante, mais finallement assez superficielle alors qu'elle partait bien.

-non, les valeurs et les courants de pensées existent bien au PS : les courants sont à la fois de réels lieux de pensée et de distinction, que des structures de promotion interne

-le PS que tu décris n'existe pas : celui qui a abandonné la  politique économique et sociale au profit du sociétal, c'est seulement ce que représente en partie Ségolène Royal (et le modem souvent aussi)

-tu fais d'une situation transitoire un état de fait.


Pour moi il y a trois PS :

-celui de Valls-Royal, qui axe sa réflexion plus sur les problèmes sociétaux et des réponses programmatiques et tactiques, moins politiques. (ainsi, une coalition du modem à la lcr...) Leur adaptation signifie souvent un rattrapage vers la droite.

-celui de DSK-Delanoë-Aubry et quelques fabiusiens modérés : ils ont une vrai vision politique, veulent reconstruire une alternance crédible sur le fond, avec une cohérence globale du projet, mais clairement réformiste et social-démocrate.
Des alliances avec le modem sont envisageables dans certaines conditions mais pas automatiques...

-les guesdistes, minoritaires, Mélanchon, Emmanuelli, Lieneman... Pas d'alliance avec le modem, front de classe... Verraient bien un Die Linke à la française.

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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /2008 11:53

Publié dans : Rénovation du PS

Les Socialistes doivent-ils s'allier avec le MoDem ?

Dans le nouvel obs

Pour : François Rebsmamen *

Le Nouvel Observateur.
- Vous avez fait alliance avec le MoDem à Dijon. Mais était-ce bien nécessaire ?
François Rebsamen. - Ce n'est pas comme ça qu'il faut poser la question. J'ai voulu rassembler dans la clarté. C'est une valeur qui me semble essentielle. Mais en même temps cette stratégie supposait une méthode : d'abord rassembler son camp, tout son camp; ensuite élaborer un projet de gauche; et enfin, sur cette base, proposer au MoDem de nous rejoindre, sans exclusive. Les centristes peuvent apporter leur pierre, mais ils doivent accepter le projet et, bien sûr, nos partenaires.

N. O. - Cette démarche peut-elle s'appliquer à la présidentielle ?
F. Rebsamen. - Elle me paraît inévitable pour les prochaines échéances. S'il veut gagner la présidentielle, le PS doit apparaître comme capable de rassembler au-delà de son propre camp. Il faudra bien sûr un candidat unique de la gauche au premier tour. C'est encore le plus sûr moyen d'accéder au second. Mais ensuite il faudra viser plus large pour espérer l'emporter. Nos démarches locales doivent préparer les électeurs du MoDem à de meilleurs reports de voix.

N. O. - Cette question doit-elle être tranchée au prochain congrès ?
F. Rebsamen. - Bien sûr, il faudra un débat de fond. Je ne suis pas pour un renversement d'alliances : ma stratégie reste d'abord le rassemblement de la gauche. Mais quand ce total ne fait que 36%, comme au premier tour de la présidentielle, on doit se poser une question de bon sens : comment faire pour franchir la barre des 50% ? Si la gauche peut le faire seule tant mieux. Si elle ne le peut pas, alors trouvons des alliés.

N. O.
- A quoi bon tendre la main au MoDem, si celui-ci ne veut pas la saisir ?
F. Rebsamen. - L'union est un combat. C'est ce que François Mitterrand nous a appris dans ses relations avec le PCF. Aujourd'hui, ce n'est pas parce que le MoDem dit non ou que Bayrou dit non, que nous ne devons pas continuer à tendre la main.
N. O. - Vous ne redoutez pas d'installer le MoDem dans un rôle d'arbitre, voire défavoriser un concurrent potentiel ?
F. Rebsamen. - Nous ne proposons pas au MoDem d'être l'arbitre mais un partenaire. Si certains redoutent au PS de se faire dépasser, c'est qu'ils n'ont aucune confiance dans leur parti, ni dans la force de ses propositions.

* Maire de Dijon, numéro deux du PS, proche de Ségolène Royal

Contre : Harlem Désir *

Le Nouvel Observateur. - Ségolène Royal a appelé à faire alliance partout avec le MoDem au soir du premier tour. Est-ce la bonne stratégie pour le PS ?
Harlem Désir. - Je remarque que nous sommes arrivés en tête dans de nombreuses villes, parfois très largement, sans avoir eu besoin de passer un accord avec le MoDem. Le rassemblement de la gauche autour de projets progressistes n'a donc pas si mal fonctionné ! Ne nous trompons pas d'analyse : l'objectif du parti de François Bayrou n'a pas changé. Il rêve de se substituer au PS comme force d'alternance en 2012 et se contente pour le moment de jouer les forces d'appoint à droite ou à gauche selon les scrutins. J'y vois une tentative de revenir aux forces centristes de la IVe République, qui faisaient et défaisaient les majorités. Cela n'a rien d'un progrès ! La vie politique a besoin de clarté.

N. O.
- Le MoDem est-il devenu le nouvel arbitre de la vie politique française ?
Harlem Désir. - Le MoDem, c'est Juppé à Bordeaux et Rebsamen à Dijon. Qui peut croire que l'un et l'autre représentent les mêmes valeurs ? Le parti de François Bayrou n'est un arbitre que si on lui donne ce rôle. C'est lui faire beaucoup d'honneur. Ce n'est pas à nous de l'aider à entretenir la confusion, mais à lui de se situer. Quand je l'entends dénoncer l'alliance «socialo-communiste» à Pau dimanche dernier, je me dis qu'il est en voie de re-droitisation accélérée.

N. O. - Le PS n'a-t-il pas pourtant besoin de nouveaux alliés ?
H. Désir. - Le premier tour de l'élection présidentielle a montré qu'on ne pouvait pas s'en tenir à la stratégie d'Epinay. Nos partenaires traditionnels à gauche ne sont plus en mesure de nous aider à constituer une majorité. Cela nous renvoie à la nécessité de rénover profondément notre offre politique. Mais si certains pensent qu'il nous suffit de trouver un nouveau partenaire pour tout régler, ils se trompent. Tendre la main au MoDem revient à chercher des réponses arithmétiques à un problème politique. Le PS doit assumer son rôle central et non se contenter d'aller chercher une béquille en guise de rénovation. Si nous sommes capables de convaincre au plan local sans nous allier avec le MoDem, on doit être capable de le faire au plan national. A nous de travailler pour rassembler à l'avenir 35% à 40% des Français.

* Député européen, proche de Bertrand Delanoë et de Lionel Jospin

 

Matthieu Croissandeau
Le Nouvel Observateur
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Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /2008 16:11

Publié dans : Rénovation du PS

Souvenons nous. Fin août 2006, aux universités d'été de La Rochelle. Déjà nous nous disions que les choses avançaient. Modestement encore.

La Rochelle : un petit pas en avant

La campagne interne pour la présidentielle, où R2 s'était partagé entre Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, avait cependant vu nos idées progresser dans le parti : la prise en compte de l'endettement, de la décentralisation, d'une réforme de la démocratie sociale notamment, ainsi qu'une position plus réaliste sur l'insécurité.

 

La campagne présidentielle a confirmé ceci, nos thèmes ont été portés, notamment face à la montée de François Bayrou.

Ainsi nous nous félicitions des améliorations apportées au projet initial :

-de la claire prise en compte de la contrainte de la dette
-de l'absence de hausse de la pression fiscale
-de la volonté de réconcilier les Français avec l'entreprise
-de l'ambition de réformer l'Etat, notamment à travers la régionnalisation
-de la promotion d'un nouveau syndicalisme plus puissant et partenarial.


Que retenons-nous du discours de Ségolène Royal à Villepinte

 

Mais certaines pesanteurs du projet socialiste, une absence de travail de fond, de réponse globales aux nouveaux enjeux économiques et sociaux, et sans doute des espoirs excessifs puis déçus en la candidate n'ont permis d'allier la rénovation qu'elle portait avec le vrai réformiste que portait DSK.


Pourtant après la défaite, il semble que cette fois-ci, la prise de conscience de la nécessité, et la volonté de rénovation soient bien là.

D'ailleurs on ne parle plus aujourd'hui dans les réflexions des différents courants des mesures les plus emblématiques que nous critiquions : renationalisation d'edf, position dogmatique sur les retraites, volonté d'extension abupte des 35 heures aux petites entreprises, slogan du smic à 1500 euros.

 

Depuis on sent, un vrai bouillonnement dans le parti, entre :

  • les propositions audacieuses de Manuel Valls, proche de celles que pronait hier Jean-Marie Bockel, mais en affirmant ses valeurs de démocratie, de solidarité et d'humanisme;

  • le travail important fourni par les proches de DSK dans le courant Socialisme et démocratie, avec l'élaboration d'un manifeste pour un socialisme nouveau 

    Il s'agit de rénover en profondeur le diagnostic, la doctrine, les réponses de notre parti, pour le confronter aux enjeux actuels, sans pour autant se résigner. Ne plus seulement réagir et s'adapter vers la droite, mais anticiper, avec une plus grande cohérence.

  • Le travail de certains proches de Ségolène Royal, comme Vincent Peillon, avec son institut Edgard Quinet 

  • L'évolution du discours de tout le centre réformiste du parti, avec l'ampleur prise par Bertrand Delanoë, au discours clair et ambitieux pour la gauche, sur une ligne réformiste assumée.

D'ailleurs sans doute ne faudra-t-il pas oublier de travailler ensemble, il y a là de quoi faire une majorité sur le fond pour refonder le PS. Les enjeux de personnes sont importants mais ne devront pas créer des clivages artificiels, même si des nuances subsistent. D'autres dans le parti continuent d'être dans un autre schéma, ne l'oublions pas.

Enfin, plus largement, les forums de la rénovation ont montré du travail, des évolutions.

http://rfrn.over-blog.com/article-7308371.html

http://rfrn.over-blog.com/article-7354668.html


Enfin, dernier élément, un tabou est tombé, avec une reconfiguration des alliances aux municipales. Nous le demandions depuis longtemps, ne pas se lier avec les seuls partenaires traditionnels.
Cela avait été initié par Ségolène Royal de manière précipitée et personnelle, et sans avoir le résultat espéré lors de la présidentielle. Aujourd'hui, la reconfiguration du modem comme du PS permet une situation nouvelle : de nombreux candidats, souvent proches de SR ou de DSK, (ou par l'intermédiaire du parti radical comme à Blagnac à côté de Toulouse), mais pas seulement préparent des alliances avec le modem dès le premier tour (Roubaix, Dijon, Grenoble, Montpellier, et en partie Lyon et Bordeaux pour les plus grandes villes), ou alors au second.

Cela fait parfois raler les communistes et les emmanuellistes (sans parler des alters-révolutionnaires...), mais participera sans doute à la victoire de la gauche dans certaines villes. Le PCF est écartellé entre sa gauche, et sa participation à des listes d'union avec le modem, qu'il accepte pourtant souvent. Est-ce une évolution, ou la fin de ce parti ?

Pour autant effectivement, cela n'est pas neutre et pose des questions.

Par ailleurs, justement, dans de nombreuses communes, le PS ne renouvelle pas son alliance avec le parti communiste. Sans devoir être diabolisé, celui-ci est souvent bien inoffensif au niveau local, et connait bien certaine thématiques sociales, il n'est pas toujours porteur de dynamisme et de renouveau.
Ainsi un exemple emblématique : la ville de Foix, préfecture de l'Ariège, a gauche depuis toujours. Elle avait fait la couverture de Paris-Match dans les années 60 pour avoir osé l'alliance PS-PC. Aujourd'hui, pour la première fois, celle-ci n'est pas renouvelée, et le PC fait alliance avec la LCR.



De notre côté également, une certaine clarification a eu lieu, grâce à la dite « ouverture » présidentielle.

Ceux que leur évolution personnelle avait portés à un décalage excessif, ceux qui au nom du libéralisme s'étaient résignés à une gestion de la société, ceux qui ne croyaient plus à la politique mais seulement en leur valeur, se positionnaient contre le PS et non dans une démarche de rénovation, ou alors dans une seule adaptation vers la droite de morceaux de programme, en bref qui ne se sentaient plus vraiment de gauche (comme dit Marcel Gauchet, « les droits de l'homme ne font pas une politique »), sont partis...

Le parti est également revenus sur certaines propositions excessives ou inopportunes de Ségolène Royal, comme la suppression de la carte scolaire, l'encadrement militaro-humanitaire des délinquants etc.

Cela fait également parti du rebond nécessaire de notre maison commune...


Mais le constat doit être fait, le PS avance, une vague de fond fait vasciller les archaïsmes, le congrès sera attendu et important. Espérons ne pas être déçus cette fois.

 

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Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /2008 11:05

Publié dans : Rénovation du PS


Le PS pourrait tenir au mois de juin une convention nationale pour valider des réformes d'organisation et de fonctionnement internes, en attendant la réunion de son congrès triennal à l'automne, a-t-on appris mercredi auprès de sa direction.

L'état d'esprit du premier secrétaire François Hollande est "plutôt de réunir le congrès à l'heure normale", c'est-à-dire "fin octobre-début novembre" et de réunir entre-temps une convention nationale qui approuverait une réforme partielle des statuts, a indiqué Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de M. Hollande.

M. Le Foll était interrogé par l'AFP au lendemain de la première réunion de la commission de rénovation, mise en place dans la foulée des défaites socialistes aux élections présidentielle et législatives.

La convention nationale aurait à son ordre du jour une révision de la "déclaration de principes" du parti - ce qui fonde l'engagement et définit l'identité des socialistes - et des questions d'organisation interne : "renforcement du Conseil national" (parlement du PS), modalités d'association plus étroite des élus à la vie du parti, barème des cotisations, rythme des congrès.

La tenue d'un congrès tous les trois ans est jugée par des membres de la direction "mal adaptée" à celui des institutions, depuis l'entrée en vigueur du quinquennat.

Ce schéma en deux temps - convention puis congrès - "ne vaut que s'il y a un accord consensuel", a souligné M. Le Foll. Il est inspiré par le souci d'"avoir un temps de réflexion collective avant de s'engager dans la bataille du congrès", a précisé le député européen.

Une deuxième réunion de la commission de la rénovation se tiendra après les scrutins municipal et cantonal.

Par ailleurs, sur proposition de François Hollande, trois groupes de travail vont être mis en place pour préparer les positions du PS sur des sujets qui seront dans l'actualité du printemps, selon M. Le Foll : protection sociale, réforme de l'Etat, Europe.

Source : AFP

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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /2008 18:36

Publié dans : Rénovation du PS

Tribune parue dans libération, de la part de membre de divers courants.
Bien que nous fûmes partisans du oui, il faut aujourd'hui dépasser les différences de postures et de moyens pour réfléchir à l'objectif.

Ce qui est important, et d'autant plus avec ce nouveau traité, ce seront les prochaines élections européennes.



Les socialistes rassemblés sur l’Europe, c’est possible
GUILLAUME BACHELAY membre du bureau national, LAURENT BAUMEL responsable national aux études, PASCALE BOITARD membre du bureau national, ROMAIN CUJIVES secrétaire national du MJS, ALEXIS DALEM corédacteur en chef de «la Revue socialiste», MARIETTA KARAMANLI députée, FRANÇOIS KALFON membre du conseil national, FLORA LABOURIER secrétaire national du MJS, SANDRINE MAZETIER députée, CLAUDE ROIRON membre du bureau national.

Libération QUOTIDIEN : lundi 4 février 2008
 

N’en déplaise aux commentateurs, les socialistes ne sont pas fondamentalement divisés sur le projet européen. Pour s’en rendre compte, encore faut-il s’abstraire des jeux d’appareils d’hier et regarder en face la réalité d’aujourd’hui. Socialistes, nous sommes tous des proeuropéens convaincus et nous ne nous satisfaisons pas de l’Europe telle qu’elle va. Notre projet est celui d’une Europe démocratique et solidaire.

C’est au nom de cet idéal, et même si nous mesurons le chemin parcouru, que nous critiquons ce que l’Europe tend à devenir : un marché sans horizon politique, sans réelle solidarité, où la concurrence sociale et fiscale est la principale politique de convergence. Si nous nous sommes opposés et parfois déchirés sur le traité constitutionnel, puis sur l’adoption du traité de Lisbonne, ce n’est pas au nom de conceptions divergentes de l’Europe, mais en raison d’une appréciation différente de la stratégie à adopter : le pari du compromis immédiat pour les uns, le pari du rapport de force pour les autres.

Nous partagions un même but stratégique : approfondir l’unification européenne pour répondre à la mondialisation.

Les partisans du oui ont pensé préférable d’adopter un compromis insatisfaisant pour avancer tandis que ceux du non jugeaient indispensable d’exprimer leur désaccord pour rendre possible une réorientation de l’Europe. Dans les deux cas, il s’agissait d’un pari sur l’avenir, aucun camp ne peut prétendre avoir eu intégralement raison. La suite des événements a pu confirmer les uns et les autres dans leur approche. Si cette différence d’appréciation a débouché sur une incontestable fracture, c’est qu’elle a été exploitée tant par l’ultragauche que par certains dirigeants socialistes. Nous voulons éviter que le champ de bataille du passé ne vire au champ de ruine de l’avenir. Nous nous appuyons sur une certitude : jamais le débat, artificiellement gonflé par le contexte politique interne du Parti socialiste, n’a porté entre nous sur les objectifs de la construction européenne.

D’ici quelques semaines, la question du mini traité sera derrière nous. Il est peu probable que le dossier institutionnel - voire constitutionnel - soit rouvert à brève échéance. Jusqu’à présent, nous avons toujours envisagé notre projet européen dans la perspective de nouveaux traités débouchant en même temps sur un approfondissement institutionnel et politique. Dans l’Europe à 27, et pour plusieurs années, l’ère des grands traités fondateurs est close. Seules seront possibles des avancées sur des projets concrets. Nous le regrettons, mais c’est un fait. Alors que le nouveau traité ne changera rien aux politiques mises en œuvre, c’est sur celles-ci que nous devons désormais nous concentrer. L’essentiel est de convaincre nos partenaires, non par une attitude agressive et agitée - celle contre-productive de l’actuel président de la République -, mais par la constance et la cohérence. Alors que le spectre d’une récession mondiale se profile, concentrons-nous sur les enjeux économiques et sociaux. Plusieurs avancées sont à la fois urgentes et possibles.

Les socialistes français doivent être à la pointe du combat pour la réforme de la gouvernance de la zone euro. L’Eurogroupe - autorité politique - doit monter en puissance et s’investir dans un dialogue permanent avec la BCE, et il ne tient qu’à lui de le faire. Les objectifs d’inflation et de taux de change doivent être fixés dans ce cadre. Tout en respectant son indépendance imposée par les traités, l’action de la BCE peut et doit être mieux coordonnée avec l’autorité politique. Un marché unique sans politique de convergence sociale vers le haut est voué à une concurrence vers le bas, ce qui n’est pas tenable à long terme pour nos entreprises, nos emplois, nos territoires, sans oublier nos finances publiques. Les socialistes français doivent proposer une stratégie par étapes, moyennant des compensations. Cela implique une nouvelle ambition pour les politiques structurelles. Le budget de l’Union devrait être porté pour cela à son plafond légal, 1,24 % du PIB, alors qu’il n’est aujourd’hui qu’à 1 %. L’Union doit également s’investir dans la recherche et l’innovation, dont le pilotage serait beaucoup plus efficace à son niveau. Nous proposons de créer une coopération renforcée pour gérer un budget commun et créer un espace européen unifié pour les entreprises innovantes et les chercheurs. L’environnement, les biotechnologies et l’économie de l’immatériel pourraient être les priorités de cette politique. Ils donneraient à la construction européenne un élan comparable à celui que la Communauté du charbon et de l’acier avait donné aux premières heures de l’Union.

Des inflexions importantes doivent être apportées, enfin, à la politique commerciale de l’UE. Plus réactive, elle devrait se fixer pour objectif le juste échange plutôt que le libre-échange. Il ne s’agit en aucun cas de protectionnisme, mais d’une stratégie gagnante pour tout le monde : éviter les à-coups pour nos entreprises et conditionner l’ouverture à des progrès sociaux et environnementaux effectifs du côté des pays émergents. Ces quatre priorités, que tous les socialistes partagent, peuvent être mises en œuvre dans le cadre des traités existants. Tout est question de volonté politique et de force de conviction.

A nous de convaincre nos partenaires, à commencer par le PSE. Si ces mesures étaient mises en œuvre, elles changeraient le visage de l’Europe, qui deviendrait un espace de croissance et d’influence, d’avant-garde économique et de progrès social. Sur ces questions - comme sur les autres - le PS doit maintenant se mettre au travail pour préciser les propositions et engager le travail de reconquête intellectuelle.

Jeunes responsables du Parti socialiste, nous sommes convaincus que la rénovation nécessaire de la gauche ne peut passer par la reproduction à l’infini et l’exacerbation des divergences qui se sont manifestées au cours des années précédentes. Après que le Congrès, réuni à Versailles, a voté, nous voulons surmonter le traumatisme de la division, nous rassembler pour reprendre le travail en commun, aller de l’avant. C’est ce que nous nous engageons à faire en appelant tous les socialistes de bonne volonté à nous rejoindre.

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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /2008 15:42

Publié dans : Rénovation du PS

Troisième débat , ce matin, diffusé sur LCP.

Comme le dit le nouvel obs, enfin le PS se remet au travail.

J'ai suivi cela avec intérêt, et je dois avouer que j'ai trouvé cet exercice passionnant.

Une vraie présentation des enjeux, rigoureuse, exigeante, inventive. Ensuite une trentaine de personnalité du parti se sont exprimées, ouvrant des perspectives.

Vraiment, enfin le PS se remet au travail, et dans le débat de fond, qui révèle beaucoup plus de proximités que lors des postures de congrès.

Déjà après le forum sur le marché, que j'avais suivi également sur la chaine parlementaire, j'étais satisfait de voir un vrai lieu d'échange et de débat. Les positions communes, autant que les points de divergences, étaient intéressants.

Celui-ci l'est encore plus. Sur ces sujets le PS est sans doute à la pointe des réflexions.

Le travail n'a paorté que sur une partie des questions, mais trace de vrais enjeux, quelques propositions encore à débattre. Au dela les échanges auquel cela a donné lieu sont très encourageants, avec des appels au travail de fond, au retour à un questionnement social, pour une émancipation, à une ouverture à la société, aux idées, sans renier le devoir d'indignation ou le traitement d'urgence parfois.

Mais il y avait plus de 3000 personnes dans la salle, dont Delanöe, et même Dominique Strauss-Kahn !

Cela fait plaisir et rend espoir.


RJ

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Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /2007 13:34

Publié dans : Rénovation du PS
Le forum de la rénovation qui a pour thème les socialistes et le marché a lieu aujourd'hui.
Il s'agit des résultats d'un travail conséquent,  avec de nombreux débats en sections, avec la rencontre de  plusieurs économistes par la commission. 

Mais le plus intéressant, c'est ce que je viens de voir, l'aboutissement, retransmis sur la chaine parlementaire : presque 4h de débat sur la question. Enfin les socialistes retrouvent des lieux de délibération, de confrontation, de questionnement, de partage.
Grands absents, les proches de Ségolène Royal, muets sur le sujet, ce qui confirme sa stratégie de réponse médiatique et programmatique plus que cohérente et de fond.

La tonalité est très positive, avec notamment des interventions de Laurent Baumel, très applaudi, sur une ligne clairement réformiste, ou encore de Michel Roccard.
Outre les membres de Socilalisme et démocratie, il y a eu également des discours très intéressants des proches de Delanoë (Harlem Désir..), voire de certains fabiusiens. Nos différences sur le fond sont parfois creusées artificiellement pour des identifications de congrès. Là on voit que l'on peut être une réelle alternative sur le fond, avec une large convergence.

Restent quelques mélanchoniens, isolés et peu supportables, encore présents, et quelques ambiguités, mais qui ne masquent pas les transformations à l'oeuvre, et l'espoir que cela permet. C'est donc peut-être une vraie étape.
Les débats et conflits, on en voit au long de ces échanges, ont été actés, et la nécessité de les trancher au prochain congrès a été affirmée. C'est donc sur le fond, mais aussi sur la méthode, des débats réussis.
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /2007 19:35

Publié dans : Rénovation du PS

 

 

Président du PSE Poul Nyrup Rasmussen

 

 

 

Chers/chères amis/es,

 

En tant que militants du PSE, je vous invite à participer au Conseil du PSE 2007 – afin que vous aussi, vous ayez la possibilité de vous exprimer au cours de la plus importante réunion des socialistes et sociaux-démocrates européens de cette année.

Le Conseil du PSE, qui réunira plus de 300 participants parmi lesquels 130 délégués avec droit de vote et de nombreux leaders de parti, se tiendra à Sofia, en Bulgarie les 22 et 23 novembre prochains.

 

Le PSE n’est pas seulement en train de vous ouvrir la porte du Conseil – non, je me permets de vous inviter personnellement à vous joindre à nous pour les débats. Et je vous y invite en tant qu’invités individuels du Conseil. Grâce aux Militants du PSE, notre famille politique européenne a enfin trouvé sa base, une base qui joue un rôle vital dans la vie du PSE en tant que parti.

 

Pourquoi vous devez venir et pourquoi cet événement est si important

 

·         Tout d ‘abord, parce que nous allons tenir notre premier grand débat sur le programme du PSE pour les élections européennes de 2009. Vous savez certainement à présent que nous avons une grande ambition – celle de nous présenter à ces élections unis autour d’un programme commun et progressiste, élaboré avec la participation des militants des partis dans le cadre d’une discussion ouverte. Le Conseil du PSE à Sofia est la première occasion pour tous les partis membres du PSE de se réunir et de discuter des différentes thématiques face à face, depuis le lancement de notre consultation sur le programme 2008 sur Yourspace.      

 

·         Deuxièmement, parce que nous allons tenir une discussion sur les marchés financiers, les fonds spéculatifs et de capital d’investissement. Il s’agit là d’un sujet brûlant et qui devient de plus en plus important sur l’agenda politique international – il est en effet de plus en plus question du rôle croissant des fonds d’investissement privés, qui ne sont pas assujettis aux mêmes règles que les autres acteurs sur les marchés financiers. Ces fonds sont responsables des acquisitions d’entreprises par endettement ou ‘leveraged buy-outs’, qui débouchent si souvent sur d’énormes pertes d’emplois et sur la destruction d’entreprises pourtant saines au nom du profit à court terme. Voilà une nouvelle facette inacceptable du capitalisme mondial qui requiert une action urgente.

 

Pour vous inscrire au Conseil du PSE à Sofia, veuillez suivre les instructions ici (http://www.pes.org/content/view/1206/1700092). Vous trouverez une liste d’hôtels bon marché à Sofia ici(http://www.pes.org/content/view/1170/1700103).

Afin que nous, socialistes et sociaux-démocrates, puissions façonner l’avenir de l’Europe, nous devons être forts et unis – nous avons besoin autant de nos leaders que de nos militants de la base pour rendre notre PSE plus grand et plus fort.

Rejoignez-nous à Sofia ! Contribuez à faire du Conseil 2007 une réussite !

 

 

Poul Nyrup Rasmussen

Président du Parti socialiste européen

 

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Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /2007 23:18

Publié dans : Rénovation du PS

Une belle synthèse entre DSK et Ségolène faite par Dominique Straus Kahn lui-même, au conseil national du parti socialiste du 12 mai.

De la rénovation au socialisme du réel

Mes camarades, dès dimanche soir, j’ai parlé de défaite, certains ont crié au scandale, je crois qu’ils ont tort, je crois que nous avons intérêt à dire la vérité et à faire comprendre aux Français que nous sommes capables de regarder la vérité en face. Certains y ont vu une attaque contre Ségolène Royal, tant on aime opposer les socialistes les uns aux autres.

Il paraît que j’avais un visage dur, oui, j’avais un visage dur, pas contre notre candidate, Ségolène Royal, j’ai fait sa campagne, j’ai fait acclamer son nom par des dizaines de milliers de gens
venus dans les meetings, et je suis fier de l’avoir fait, donc ne nous donnons pas des leçons les uns aux autres, mais j’avais un visage dur parce qu’il y a de la dureté dans la douleur de la défaite, pas dans la dureté dans une quelconque médiocre vengeance des uns par rapport aux autres.

Sur le fond,je persiste.Nous avons vécu une élection présidentielle qui nous conduit à un résultat qui, malheureusement, est incontestable, c’est quand même la troisième défaite présidentielle que nous enregistrons (...)

Alors les causes ? Est-ce que c’est le moment ? J’entends bien tout le monde qui dit : est-ce que c’est le moment de discuter sur les causes ? Parce qu’on a les copains, tous, qui sont dans le combat législatif. (...) Si on veut avoir une petite chance de l’emporter, en tout cas de résister, il faut qu’on soit capable de dire aux Français qu’on a entendu ce qu’ils ont dit à l’occasion de ces deux premiers tours.

Alors la campagne, je veux bien, on a sûrement fait des erreurs de campagne, sinon on aurait gagné, mais ça, pour le coup, on verra, on a le temps d’en reparler. En revanche, je crois que cette défaite a quand même des racines qui sont profondes, et ces racines qui sont profondes, c’est que nous nous sommes éloignés du réel : sur un ensemble de sujets, on n’a pas apporté aux Français une réponse qui était audible.

On pourrait prendre mille exemples. Sur les retraites, le débat entre nous n’a jamais été tellement tranché, qui fait qu’on se retrouve avec un programme du parti d’un côté, une candidate de l’autre, incapable de dire, ce n’est peut-être pas l’avis de chacun d’entre vous ici, en tout cas c’est le mien : 37,5 années, ce serait souhaitable, malheureusement, dans la société qui est devant nous, ce n’est pas possible, et donc il faut l’assumer. Si on n’assume pas ça, on a un discours qui n’est absolument pas audible.

On pourrait dire la même chose sur le nucléaire. On est un peu comme ci on est un peu comme ça, et on met la candidate et tous ceux qui l’ont soutenue, tous ceux sur le terrain quand on s’est battu, dans des positions intenables, où on dit, pour des raisons qui sont liées à l’effet de serre,on pense que finalement, le nucléaire est une bonne position, c’est ma position, même s’il faut développer autant que faire se peut les énergies renouvelables, ou on dit le contraire, mais on n’est pas entre deux.

Et quand on est entre deux sur trop de sujets, il y en a plein d’autres que ceux-là, on s’éloigne petit à petit de la réalité. Je crois que cet éloignement de la réalité fait que, effectivement, il faut revenir à un socialisme du réel. Quand j’entends parler de révolution culturelle, je crois qu’on a raison. Le socialisme du réel, ce n’est pas un socialisme purement concret où on apporte seulement des réponses concrètes, l’idéologie y a évidemment sa part, mais c’est bien une idéologie qui se pose un minimum de révolution dans notre manière de regarder les choses. On en a rencontré des ouvriers, qui nous disaient : 1 500 euros, c’est bien, mais avec 1 500 euros, le patron ne va- t-il pas débaucher ? Je ne dis pas qu’il a raison de dire cela, je dis qu’il dit cela. Donc nous, parce qu’on a laissé s’insuffler cette idée-là, on a perdu une bataille culturelle, et c’est celle-là qu’il faut regagner, mais la regagner en ayant les pieds ancrés dans la réalité, pas dans le monde tel qu’on le voudrait, dans la réalité du pays telle qu’elle est aujourd’hui.

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   R2 : progression chronologique

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