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projet socialiste 2006

Lundi 28 août 2006 1 28 /08 /2006 15:25

Publié dans : projet socialiste 2006

 

Nous sommes dans un environnement en croissance forte. La seule question qui vaille est "comment s'insérer dans ce monde en évolution rapide ?  ". Celle que nous posons est "comment nous protéger d'un monde hostile ? ". Dès lors, on ne peut espérer les bonnes réponses ; la révolution qui fera sortir la France de l'ornière n'est pas pour 2007.


 

Avec un candidat médiatique, ce texte va nous faire gagner ; il caresse les français dans le sens du poil et propose des solutions sympas : on protège et on retrouve le bon vieux temps de Jospin. D'où les abrogations diverses (Fillon, CNE, EDF etc…) et les promesses alléchantes : comment ne pas aimer la croissance par la distribution de pouvoir d'achat ?

Mises à part quelques mesures symboliques (abrogations), il permet de faire tout et son contraire ; avec ce texte, Emmanuelli peut gouverner et Strauss-Kahn aussi ; les politiques seront très différentes mais le texte sera respecté.

 

 En matière économique, le projet affirme que la croissance est la source de la résolution des problèmes. C'est une position à laquelle j'adhère. Mais les solutions préconisées sont-elles les bonnes ? Pourquoi à partir de la fin de l'année 2000, le chômage a-t-il recommencé à croître ? La réponse à cette question donnerait une clef : Jospin a vraiment créé des emplois et donné du souffle à la France ; le soufflé était-il en train de retomber ?

Autrement dit : la distribution de pouvoir d'achat sans augmentation de la  production de biens marchands permet-elle une croissance durable ?  On peut en douter ; l'expérience des années Jospin ne permet pas de l’affirmer.

Dernier point : les mesures symboliques (CNE, EDF, Fillon …) n'ont d’autre intérêt que symbolique ; elle sont là pour satisfaire certains de nos amis ; elles n'auront comme conséquence que de faire encore perdre du temps à la France (sur les retraites, par exemple, sans accroissement durable de la productivité, il faudra bien travailler + longtemps).

 

On ne commente pas un texte de 40 pages sans faire des raccourcis.

 

 Ce texte est mal inspiré ; c'est une occasion perdue. Nous entrons dans un monde d'opportunités mais nous le faisons à reculons.

Le rôle des socialistes est d'y promouvoir la justice sociale ; c'est possible, mais pas en ne regardant que dans le rétroviseur (ou presque).


 

 Si je vote ce projet jeudi ce sera sans enthousiasme et si je vote non ce sera bien tristement.

Cordialement,

 

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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /2006 21:12

Publié dans : projet socialiste 2006

Camarades, encore un effort !

Le projet du parti socialiste vient d’être adopté. Les partisans d’un socialisme libéral ont choisi de faire entendre leur voix.
Du projet, nous attendons qu’il nous donne les moyens de rénover notre pacte social, d’encourager toutes les libertés pour mieux organiser toutes les solidarités. Nous attendons qu’il donne de la chair à ce réformisme qui fait notre identité : seule compte la transformation concrète de la société, réalisée par petits pas. Nous voulons un socialisme qui ne renonce jamais à son ambition de progrès et de justice sociale tout en prenant ses solutions là où concrètement « ça marche ».

Alors oui, nous nous réjouissons de voir s’esquisser un socialisme pragmatique et volontaire, celui de la réforme résolue en prise sur le monde d’aujourd’hui. Un socialisme qui défend le rôle des corps intermédiaires, la souveraineté des territoires, la croissance fondée sur l’innovation, les protections professionnelles adaptées à la mondialisation. Un socialisme souhaitant recréer avec volontarisme la solidarité sociale et territoriale, un socialisme qui veut réduire les inégalités de destin, de condition et de traitement, qui souhaite garantir et rénover les services publics. Nous partageons la commune volonté de redonner sens à notre pacte républicain. En rénovant les institutions politiques et judiciaires, en renouvelant l’exercice de la démocratie et en défendant une République unie dans sa diversité.

Cette dynamique, fondée sur un compromis entre les libertés individuelles et les régulations collectives, défendant  libertés et responsabilités, garantissant justice et solidarité, anime la social-démocratie d’Europe du Nord.

 

 Mais notre projet ne lui donne pas encore toute sa place. Des scories et des lourdeurs, vestiges d’un socialisme rigide, entravent notre réformisme résolu.  

 

 

 

A commencer par le fétichisme du rassemblement de la gauche. Nous sommes socialistes et cela devrait suffire à nous définir. Gouverner à gauche, oui, car nous avons fait le choix de défendre nos idées dans et par le parti socialiste. Mais nos alliances doivent s’équilibrer. Exclure une alliance au centre, c'est exclure une autre voie que la gauche radicale voire l'outre-gauche. C'est donner à un partenaire potentiel la qualité d'un partenaire nécessaire, capable d'imposer des propositions que nous n'aurions pas acceptées sinon. C'est s'en remettre au parti de la contestation pour gouverner, lui qui réussit électoralement lorsque le système ne fonctionne pas. Au risque de le voir se retourner violemment contre ses anciens alliés peu avant les prochaines élections.

 

Alors même que l'UDF critique les erreurs de la droite et se pose en partenaire crédible du parti socialiste, tout autant que le parti radical ou les verts. Toutes les alliances sont possibles, au cas par cas, dès lors que nous sommes fidèles à nos valeurs et à notre méthode d’action.

 

Nous aimons faire naître l’idéal du possible. Commençons par fonder nos propositions de réforme sur une vraie crédibilité budgétaire. Le retour à la croissance espéré et la réforme fiscale projetée, comportent un réel degré d’incertitude. Nous ne pouvons plus financer par la dette de fausses avancées sociales qui seraient autant de traites tirées sur l’avenir des nouvelles générations. Nous refusons de faire de la dette publique, lorsqu’elle finance des dépenses de fonctionnement et non d’investissement,  la variable d'ajustement du budget. Attention aux leurres : la croissance ne se décrète pas à travers la seule relance du pouvoir d’achat, la hausse des recettes est toujours plus incertaine que la diminution des dépenses. La relance de l’emploi marchand (PME et TPE notamment) et la réforme de l’Etat seront à ce titre nécessaires.  



Avec justesse, certains archaïsmes de notre projet ont été pointés. Ils mélangent l’idéologie à une conception rigide du volontarisme politique. Ils s’éloignent des nouvelles régulations souples et de la démocratie sociale par ailleurs promues dans le texte.

 Ainsi l’extension des 35 heures constitue, dans sa formulation actuelle, un signe très malvenu de dirigisme aveugle. Oui les 35 heures sont souhaitables lorsqu’elles sont possibles, c’est-à-dire adaptées à la réalité des entreprises et des branches, lorsqu’elles sont issues d’un accord négocié, et qu’elles ne s’accompagnent pas d’un gel des revenus ou d’une trop grande pénibilité. Sans oublier que seule l’augmentation de la productivité ou du temps travaillé dégagera de nouvelles ressources pour financer la protection sociale. Développons plutôt le temps choisi tout en favorisant l’augmentation des bas salaires et l’amélioration des conditions de travail des salariés les plus exposés.

 De même, la réintroduction du contrôle public à 100% d’EDF obéit plus à un symbolisme obsolète qu’au mieux disant économique et social. S’il est légitime que l’Etat définisse la stratégie et détermine les choix de gestion, cela n’exclue pas une ouverture maîtrisée du capital favorable aux investissements et au développement. Plus généralement, cessons d’établir l’équivalence absolue entre service public, propriété publique et monopole. Sans dogmatisme aucun nous devons envisager la possibilité (ou non) de déléguer les missions de service public et d’ouvrir des services à la concurrence en fonction de l’intérêt conjugué des clients et des salariés. En rappelant au passage que le contribuable paye souvent ce que le client croit économiser.

 

 

 

 

 

Autre scorie, issue de la culture protestataire et de la rhétorique de la table rase, la litanie des abrogations entame le crédibilité de notre conception de l’action politique.


Ainsi proposer l’abrogation de la loi Fillon sur les retraites en laissant penser qu’une large négociation donnera des résulats très éloignés des équilibres déjà négociés entretient une coupable illusion.

 

Surtout, en prescrivant, dans le même temps, un droit uniforme à la retraite dès 60 ans. Les Français attendent la vérité: face aux évolutions démographiques, l’allongement de la durée de cotisation est inéluctable. Et la vérité n’est pas l’ennemi du combat progressiste: la construction, avec les partenaires sociaux, d’une retraite à la carte, toujours fondée sur la solidarité, est possible. En modulant pour cela la durée de cotisation et le taux de remplacemment en fonction de la pénibilité du travail et des situations familiales.

 

De même, l’abrogation du CNE, au regard de sa faible efficacité économique et de son fort coût social, ne suffirait pas. Il est nécessaire  de mettre fin à l’éclatement injuste des contrats de travail et de proposer un nouveau compromis entre mobilité et sécurité. Un CDI unique, avec des garanties plus souples et évolutives, assurerait une réelle sécurité, notamment en termes de formation et de transition professionnelle.

 

 

 

Face à la crise, à tous ses symptômes économiques, sociaux et institutionnels, le Parti Socialiste doit proposer un programme de refondation sociale et de renouveau démocratique. Les nouveaux militants qui nous ont rejoint sont prêts à toutes les audaces que donnent la vérité et la volonté. Ils veulent inventer les nouveaux outils de la réforme. Ne les décevons pas, ne décevons pas tous les Français qui attendent une politique de mouvement et d’actes, la seule qui aujourd’hui nous donne à désirer.

 

Ce texte développe la tribune de Jean-Marie BOCKEL publiée le 29 juillet dans Les Echos

 

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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /2006 20:08

Publié dans : projet socialiste 2006

juin 2006

Le sénateur-maire socialiste de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, a critiqué vendredi le projet socialiste pour la présidentielle, quelques jours après avoir créé un "Comité d'action pour la modernisation de la France" avec les sénateurs Christian Blanc (app. UDF) et Alain Lambert (UMP, sarkozyste). Les trois sénateurs veulent "créer les conditions d'un sursaut collectif" d'ici l'élection présidentielle et prônent une réforme "globale et cohérente" pour remédier au "patinage de l'économie française", refondre les modes de fonctionnement de l'Etat et réduire le poids de la dette, qui atteint un niveau "insoutenable". "La méthode des petits pas est vouée à l'échec car chaque petit pas se heurte à l'incompréhension --et donc aux résistances-- des populations concernées. Tant et si bien que la succession de petits pas se termine par un piétinement inefficace, coûteux et démoralisant", avertissent les trois signataires dans un appel lancé en prélude à un "manifeste pour la modernisation" qui sera rendu public en janvier 2007. "Les dernières déclarations de Lionel Jospin m'ont définitivement convaincu que Ségolène Royal incarne l'avenir, ou au moins un renouveau possible du parti socialiste", a par ailleurs déclaré M. Bockel vendredi à l'AFP. Appelant les socialistes à "une plus grande audace réformiste", le sénateur-maire de Mulhouse a dénoncé "les vestiges d'un socialisme rigide" qui entachent, selon lui, le projet du PS et les orientations de M. Jospin. M. Bockel s'en prend notamment au "fétichisme du rassemblement de la gauche", émet de "sérieuses réserves sur la crédibilité budgétaire du projet" et "regrette le mélange d'idéologie et de volontarisme rigide qui commande l'extension des 35 heures, ou encore la réintroduction du contrôle public à 100% d'EDF".

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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 20:09

Publié dans : projet socialiste 2006

juin 2006

Camarades, encore un effort !


Avec le projet du Parti socialiste, nous nous réjouissons de voir
s'esquisser un socialisme en prise sur le monde d'aujourd'hui. Un
socialisme qui défend le rôle des corps intermédiaires, la souveraineté
des territoires, la croissance fondée sur l'innovation, les protections
professionnelles adaptées à la mondialisation. Cette dynamique anime la
social-démocratie d'Europe du Nord. Mais notre projet ne lui donne pas
encore toute sa place. Des scories et des lourdeurs, vestiges d'un
socialisme rigide, entravent notre réformisme résolu. A commencer par
le fétichisme du rassemblement de la gauche. Nous sommes socialistes et
cela devrait suffire à nous définir. Assumons notre réformisme. Non, la
gauche radicale n'est pas notre seul destin. Oui, toutes les alliances
sont possibles, au cas par cas, y compris avec le centre, dès lors que
nous sommes fidèles à nos valeurs et à notre méthode d'action.

Nous aimons faire naître l'idéal du possible. Commençons par fonder nos
propositions de réforme sur une vraie crédibilité budgétaire. Le retour
à la croissance espéré et la réforme fiscale projetée comportent un
réel degré d'incertitude. Nous ne pouvons plus financer par la dette de
fausses avancées sociales qui seraient autant de traites tirées sur
l'avenir des nouvelles générations. Attention aux leurres : la
croissance ne se décrète pas à travers la seule relance du pouvoir
d'achat, la hausse des recettes est toujours plus incertaine que la
diminution des dépenses. La relance de l'emploi marchand (PME et TPE
notamment) et la réforme de l'Etat seront à ce titre nécessaires.

Avec justesse, certains archaïsmes de notre projet ont été pointés,
mélanges d'idéologie et d'une conception rigide du volontarisme
politique. Ainsi, l'extension des 35 heures constitue, dans sa
formulation actuelle, un signe très malvenu de dirigisme aveugle. Oui,
les 35 heures sont souhaitables lorsqu'elles sont possibles,
c'est-à-dire adaptées à la réalité des entreprises et des branches,
lorsqu'elles sont issues d'un accord négocié, et qu'elles ne
s'accompagnent pas d'un gel des revenus ou d'une trop grande
pénibilité. Sans oublier que seule l'augmentation de la productivité ou
du temps travaillé dégagera de nouvelles ressources pour financer la
protection sociale. Développons plutôt le temps choisi tout en
favorisant l'augmentation des bas salaires et l'amélioration des
conditions de travail des salariés les plus exposés.

De même, la réintroduction du contrôle public à 100 % d'EDF obéit
davantage à un symbolisme obsolète qu'au mieux-disant économique et
social. S'il est légitime que l'Etat définisse la stratégie et
détermine les choix de gestion, cela n'exclut pas une ouverture
maîtrisée du capital favorable aux investissements et au développement.
Plus généralement, cessons d'établir l'équivalence absolue entre
service public, propriété publique et monopole. Sans dogmatisme, nous
devons envisager la possibilité (ou non) de déléguer les missions de
service public et d'ouvrir des services à la concurrence en fonction de
l'intérêt conjugué des clients et des salariés. En rappelant au passage
que le contribuable paye souvent ce que le client croit économiser.

Autre scorie, issue de la culture protestataire et de la rhétorique de
la table rase, la litanie des abrogations entame le crédibilité de
notre conception de l'action politique. Ainsi, proposer l'abrogation de
la loi Fillon sur les retraites entretient une coupable illusion. Les
Français attendent la vérité : face aux évolutions démographiques,
l'allongement de la durée de cotisation est inéluctable mais la
construction, avec les partenaires sociaux, d'une retraite à la carte,
toujours fondée sur la solidarité, est possible. De même, l'abrogation
du CNE, au regard de sa faible efficacité économique et de son fort
coût social, ne suffirait pas. Il est nécessaire de proposer un nouveau
compromis entre mobilité et sécurité. Un CDI unique, avec des garanties
plus souples et évolutives, assurerait une réelle sécurité, notamment
en termes de formation et de transition professionnelle.

Le Parti socialiste doit proposer un programme de refondation sociale
et de renouveau démocratique. Les nouveaux militants qui nous ont
rejoints sont prêts à toutes les audaces que donnent la vérité et la
volonté. Ne les décevons pas, ne décevons pas tous les Français qui
attendent aujourd'hui une politique de mouvement et d'actes.

JEAN-MARIE BOCKEL est ancien ministre, maire de Mulhouse, sénateur du
Haut-Rhin.

http://www.lesechos.fr/info/rew_france/4453134.htm

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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 16:03

Publié dans : projet socialiste 2006

RÉUSSIR ENSEMBLE LE CHANGEMENT

Le projet socialiste pour la France amendé par R2

 

En rouge barré ce que nous supprimons, en bleu ce que nous ajoutons, en rouge non barré ce qui est à supprimmer ou à modifier...

Les Français sont à la veille de faire des choix décisifs. Ils aspirent à une confrontation politique claire. Notre projet veut répondre à cette attente. Il fixe les grandes orientations que les socialistes développeront dans la campagne électorale. Il trace les perspectives d’action pour le prochain quinquennat, et, au-delà, pour les dix ans à venir. Il propose un chemin d’avenir à la France. Il veut être une contribution au rassemblement de la gauche qui est notre seule stratégie et dont l’unité permettra la victoire.

Nous voulons agir à gauche

Face à la crise, à tous ses symptômes économiques, sociaux et institutionnels, l’urgence est politique. Les Français ont besoin de confiance renouvelée et d’espoir retrouvé. Ils ont besoin d’une parole et d’actes politiques qui soient les catalyseurs de l’énergie sociale.

Il y a dans les luttes actuelles une force qui peut servir aux nécessaires transformations et réformes que si chacun se sent associé à des mutations perçues comme justes, sources de solidarités et de sécurités nouvelles.

 

Le moment est venu d’un changement de style du politique. Une certaine rhétorique a vécu et chacun attend aujourd’hui un discours de vérité, un souffle qui donne envie ainsi que des faits et des résultats, loin des postures.

Pour un socialisme qui ne renonce jamais à son ambition de progrès et de justice sociale tout en prenant ses solutions là où concrètement « ça marche ». Trouver des solutions adaptées à chaque situation, à partir des enseignements de l’expérience, et non pas en catapultant d'en haut des réponses toutes faites et impuissantes. Seule compte la transformation concrète de la société, réalisée par petits pas. Voilà notre réformisme.

 

Fidèles aux valeurs du socialisme démocratique, nous voulons nous appuyer sur la puissance publique, l’Etat, les collectivités locales mais aussi davantage sur les citoyens, les forces sociales, pour réguler le capitalisme et cantonner le marché à la sphère économique, combattre les inégalités, redistribuer les richesses, préserver les équilibres écologiques, en un mot, transformer la société.

Fidèles à notre héritage républicain et laïque, nous refusons une société dominée par la marchandisation de la vie et structurée autour de « communautés ». Nous voulons reconstruire une vie collective à partir de la citoyenneté et offrir à la France le grand projet politique qui lui fait défaut.

Nous voulons redonner un avenir à la France

Nous refusons le discours sur le « déclin français ». La droite et l’extrême droite plus encore qui prospèrent sur la peur, veulent persuader les Français que notre pays est aujourd’hui « perdant » dans le monde tel qu’il est, la première pour aller vers plus de dérégulation libérale, la seconde pour refermer le pays sur lui-même.

La France n’est pas ce pays de déclin, de petites querelles et de prévarication que certains voudraient lui tendre comme miroir. La France est un grand pays fier de son message universel. Elle est capable d’assumer toutes les périodes, même les plus sombres, de son histoire. Elle est aussi forgée autour d’une tradition politique, sociale, culturelle qui fait son rayonnement et fonde son destin : celle des Droits de l’Homme, de l’instruction publique, de la République, des principes de solidarité. Il y a là des ressources immenses pour affronter l’avenir.

Les Françaises et les Français n’ont pas peur du monde extérieur, et ils sont profondément européens : mais ils veulent souhaitent construire un ordre public international, et l’Europe, autour des valeurs de liberté, de justice, de solidarité et de paix.

Les Françaises et les Français n’ont pas peur d’eux-mêmes. Ils veulent vivre dans une République unie, tolérante, ouverte à la diversité, dans une communauté de droits et de devoirs qui bannit toutes les formes de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme, de sexisme. L’idéal laïc permet de conjuguer ces aspirations, car au-dessus de nos différences, il place l’intérêt général.

Les Françaises et les Français ne tournent pas le dos à l’excellence et à la compétitivité : ils sont productifs, créatifs ; leurs chercheurs sont reconnus ; leurs entreprises sont performantes ; leurs territoires sont attractifs. Nous avons des atouts, beaucoup de nos concitoyennes et de nos concitoyens sont engagés dans la vie locale ou la vie associative, de façon soutenue et bénévole, témoignant ainsi de leur attachement à la Cité. Nous devons valoriser nos atouts, encourager les initiatives, faciliter tout ce qui contribue à la création de richesses et à la mise en œuvre des solidarités réelles, à la vie concrète de la démocratie.

Prenons pour exemple la réussite économique, le progrès social et la vitalité démocratique qui sont au rendez-vous de la social-démocratie d’Europe du Nord. Un compromis y est à l’œuvre entre les libertés et la solidarité (notamment en ce qui concerne l’emploi) entre les dynamiques individuelles et les régulations collectives, entre les initiatives de la société et le volontarisme de l’Etat.

 

A nous d’inventer notre « nouveau pacte sociétal ». Un pacte, qui trouve sa source dans la démocratie sociale, la défense d’une société ouverte et qui valorise la responsabilité individuelle et collective. Un pacte issu d’un nouvel équilibre entre des normes, des droits et des devoirs qui garantissent une égalité des chances et de traitement effectifs, pérennes. A ce titre, l’approfondissement des solidarités entre les générations et les territoires ordonnanceront nos choix et nos politiques.

 

Nous voulons répondre aux problèmes d’aujourd’hui

Notre pays traverse une crise. Elle est d’abord politique et dépasse les seules institutions pour interroger la République non dans ses principes, mais dans ses pratiques. L’organisation des pouvoirs politiques bien sûr mais aussi financiers et médiatiques est en cause. Mais les réformes institutionnelles n’porteront pas de remède elles seules à la crise économique –une croissance trop faible et trop peu créatrice d’emplois- et à la crise sociale qui installe la précarité au cœur de notre société. Les Français n’arrivent pas à se figurer l’avenir. Ils se voient projetés dans la mondialisation alors qu’ils constatent que les régulations anciennes deviennent déficientes sans que des nouvelles règles ne soient apparues.

Nous faisons face, en effet, à des transformations considérables de l’économie. Avec la domination de la finance mondiale, le capitalisme change d’impact. Il remet en cause les équilibres établis dans les cadres nationaux et essaye d’imposer une dégradation générale de la condition salariale. La concurrence internationale, avec l’entrée dans le marché mondial du travail de la Chine, de l’Inde, du Brésil, les révolutions technologiques, la domination américaine ont profondément modifié la donne. L’épuisement prévisible de ressources énergétiques essentielles, le pétrole particulièrement, et la montée des risques environnementaux obligent à repenser les conditions mêmes de la croissance en l’inscrivant dans une vision plus globale d’un développement durable.

Par ailleurs, la société française se transforme. Le vieillissement de la population -heureuse nouvelle pour tous- exerce une pression inévitable sur le financement de la protection sociale. Les inégalités anciennes demeurent, d’autres s’ajoutent tout aussi insupportables –les précarités, les insécurités, les exclusions ; elles frappent les classes populaires comme les classes moyennes. On ne peut enfin ignorer l’importance croissante prise par d’autres facteurs que le statut professionnel : les discriminations sexuelles ou raciales, les inégalités générationnelles ou géographiques.

La crise des banlieues à l’automne 2005, celle du CPE, à l’hiver 2006, différentes par leur nature, nous rappellent cependant toutes deux l’urgence absolue qu’il y a à agir rapidement et fortement.

Le choix

Aujourd’hui, deux voies s’ouvrent aux Français, aux conséquences biens différentes, celle d’une « rupture libérale », celle du « développement solidaire ».

Aujourd’hui, de nombreuses voies s’ouvrent aux Français, aux conséquences biens différentes, Nous avons choisi celle du « développement solidaire ».

La droite, au-delà d’un discours vaguement compassionnel, considère que le « modèle social français » a vécu et prépare une société où chacun est abandonné à ses succès ou à ses malheurs personnels. Le chemin qu’elle trace n’a pas d’autre issue qu’un autoritarisme libéral favorisant de fait le communautarisme. Nous en connaissons les effets. La « France d’après », c’est la France des inégalités et de la division. Inégalités entre pauvres et riches que l’on accentue par l’injustice fiscale et l’atteinte aux droits sociaux. Inégalités entre diplômés et non diplômés que l’on creuse en laissant s’abîmer le système éducatif. Division entre habitants des banlieues et les autres citoyens que l’on renforce parfois par le mépris et surtout par l’inaction. Division, enfin, entre religions que l’on encourage en tournant le dos aux principes de notre République laïque. La rupture des solidarités fondamentales dans notre société conduit aujourd’hui, et demain plus encore aux violences et aux peurs qu’elles engendrent.

Les socialistes, au contraire, veulent une société unie, ouverte, apaisée,qui permet de lutter contre toutes les formes de précarité, de donner à chacun la protection qu’il mérite et l’égalité de chances et de traitement pour construire sa vie. Nous voulons conjuguer la croissance économique pour apporter la prospérité et la redistribution des richesses, avec la responsabilité vis-à-vis des générations futures.

Notre projet doit à la fois répondre à l’urgence sociale et à l’exigence d’un nouveau modèle de développement. Il doit nous permettre d’agir pour le plein emploi, d’aller vers l’égalité réelle, de refonder la République, en mettant en œuvre une démarche démocratique nouvelle, et de mettre la France en situation de relancer l’Europe et de contribuer à maîtriser la mondialisation.

L’ambition que nous proposons aux Français est collective. C’est une ambition qui s’adresse à tous et demande le concours de chacun. Un projet pour la France. Un projet pour les Françaises et les Français. Un projet pour réussir le changement.

Partie I Réussir le plein emploi dans un développement durable

Notre objectif est de retrouver le plein emploi en ramenant le taux de chômage au-dessous de 5% d’ici 2012 et en diminuant de moitié sa durée.

Pour y parvenir, nous mettrons en oeuvre un nouveau modèle de croissance qui conjugue la création d’emplois, l’innovation, la sécurité des carrières professionnelles et le développement durable, car nous devons simultanément répondre aux enjeux écologiques.

A cet effet, dans le printemps 2007, nous engagerons avec les partenaires sociaux une Conférence Nationale qui aura pour charge de débattre des orientations et des propositions en termes d’emploi, de salaire, de conditions de travail et de protection sociale.

I Relancer la croissance par l’investissement et le pouvoir d’achat

La France souffre à la fois d’une politique salariale trop restrictive, d’un investissement insuffisant, conjugués à une forte dégradation de notre compétitivité et à un niveau d’endettement public préoccupant. Nous voulons réhabiliter la volonté politique pour rétablir la confiance, retrouver la croissance et réduire nos déficits.

A L’innovation encouragée

Nous mettrons en œuvre une politique industrielle articulant étroitement programmes sectoriels et action territoriale. Nous favoriserons le développement de Pôles d’innovation et de recherche associant les universités, les centres de recherche, les entreprises et les régions.

Nous développerons les participations publiques dans le capital des jeunes entreprises innovantes avec la création d’un fonds public de participation (capital risque) en relation avec les collectivités locales (régions, agglomérations …), en s’appuyant notamment sur la Caisse des Dépôts et Consignations. Pour faciliter la recherche dans les entreprises de taille moyenne, nous aiderons à la création de fondations et nous modifierons le crédit d’impôt recherche pour en diversifier les bénéficiaires. Nous accorderons des avantages fiscaux particuliers à ces petites entreprises innovantes pour faciliter leur développement. Nous mettrons en place des mécanismes spécifiques pour accompagner la croissance des petites et moyennes entreprises et pour les entreprises innovantes en difficulté transitoire. Nous soutiendrons le micro-crédit.

Nous modifierons le taux d’impôt sur les société selon l’équilibre choisi par les entreprises entre l’investissement productif d’une part et la redistribution des dividendes d’autre part (sous toutes ses formes, notamment celle du rachat d’actions). Nous instaurerons une aide fiscale concernant les modalités d’amortissement pour stimuler les investissements.

Face aux délocalisations, nous mettrons en place une Agence Nationale de Réindustrialisation. Elle pourra agir préventivement par des aides ciblées. Elle organisera la reconversion des sites. Elle pénalisera le comportement des « patrons voyous ». Les restructurations et cessations d’activités devront comprendre un volet économique territorial et une contribution à la réindustrialisation des sites touchés. Enfin l’Etat jouera pleinement son rôle d’actionnaire pour favoriser l’emploi et le développement industriel.

B Le pouvoir d’achat stimulé

Nous augmenterons le pouvoir d’achat par la négociation sociale, notamment par la mise en place d’une Conférence nationale annuelle tripartite patronnat/syndicats qui aura pour objectif de débattre des orientations et des propositions en termes de politique salariale pour rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital et rénover les grilles de classification. En cas de carence ou d’échec de la Conférence la loi pourra fixer une nouvelle méthode de négociation.

Nous porterons avons pour objectif de porter le SMIC au moins à 1500 Euros bruts avant la fin de la législature et nous ajusterons les minima conventionnels à ce niveau.

Pour accroître les revenus les plus modestes et rendre notre fiscalité plus redistributive, nous irons dans la direction d’un impôt citoyen sur le revenu en harmonisant les bases fiscales de l’impôt sur le revenu, qui seront élargies, avec celles de la CSG et en rendant celle-ci progressive, notamment par l’intégration de la prime pour l’emploi. Sur la base de ce rapprochement et après concertation avec les partenaires sociaux, nous fusionnerons ces deux impôts pour construire un impôt citoyen, transparent, progressif et prélevé à la source sur l’ensemble des revenus.

C L’enseignement supérieur et la recherche renforcés

Nous engagerons une profonde rénovation de l’Université, qui conduira sur 5 ans à porter la dépense par étudiant au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE. Nous améliorerons la situation étudiante par un meilleur encadrement et une meilleure orientation à la fin du lycée et dans le premier cycle, l’allocation d’autonomie sous condition de ressources et selon les besoins, l’amélioration du logement étudiant, un meilleur accueil des étudiants étrangers et le statut des doctorants. Nous donnerons à l’université de nouveaux moyens pour mieux garantir aux étudiants un égal accès à la connaissance, un diplôme, à la recherche, notamment par une autonomie de gestion des établissements dans le cadre d’un budget national.

Nous mettrons plus souvent en place des concours d’entrée (dossier, motivation, examens). Nous limiterons le nombre d’étudiants, par filière suivant des estimations de débouchés et formations continues que nous élaborerons avec les professionnels.

Nous ferons progresser de 10 % chaque année, pendant la législature, le budget de la Recherche avec une programmation pluriannuelle d’emplois scientifiques qui tienne compte des départs à la retraite et accorde une chance réelle aux jeunes chercheurs.

-- Nous demanderons à ce que les moyens accordés aux différents enseignements soient affribués en fonction desdébouchés professionnels offerts par ces enseignements

--Une conférence nationale annuelle sera organisée pour suivre et éventuellement réévaluer les moyens accordés à chaque domaine de recherche en fonction des résultats obtenus et des perspectives analysées

D LES SERVICES PUBLICS CONFORTES

Les services publics jouent évidemment un rôle essentiel pour favoriser l’égalité entre les citoyens et l’accès de tous aux biens publics fondamentaux. Ils sont également un facteur clef pour l’attractivité de notre pays et permettent de mener de grandes politiques de solidarité sociale, territoriale, environnementale. Cependant la notion de service public ne recouvre pas nécessairement la notion de statut (i.e. les services publics ne sont pas nécessairement assurés par des personnels ayant le statut de fonctionnaires).

Nous continuerons de nous battre pour l’adoption d’une directive cadre européenne sur les services d’intérêt général qui permettra de faire reconnaître un droit spécifique des services publics. Dans ce cadre nous participerons à l’élaboration d’une liste des services publics incontournables, et de certains autres services qui pourront être considérés comme publics ou marchands suivant les pays.

Nous définirons, après un large débat national, dans une loi-cadre, les missions de service public ainsi que les obligations qui en découlent et son périmètre.

Nous encouragerons le développement de « Services publics unifiés » regroupant tous les services, prestations, procédures etc…qui répondent aux besoins du citoyen là où cela est nécesssaire. Des schémas régionaux de services publics seront élaborés par les Conseils régionaux, en concertation avec les autres collectivités locales, les organisations syndicales, les associations d’usagers pour dégager une vision cohérente de l’aménagement du territoire.

Nous réintroduirons le contrôle public à 100 % d’EDF et mettrons en place un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF –dont nous refusons la privatisation-. Nous demanderons un nouveau débat européen avant toute mise en concurrence de l’électricité pour les particuliers ; nous réclamerons une évaluation préalable des hausses importantes pratiquées par la mise en concurrence pour les entreprises.

Nous redonnerons à l’Etat la capacité de peser sur les choix de gestion et sur la conduite des politiques de sécurité énergétique – minorité de blocage ou agrément préalable - tant dans la production que la distribution des énergies à risques (nucléaire, énergie de fission etc.). Cela concerne EDF mais aussi AREVA et tout autre société qui entre dans cette catégorie.

Pour renforcer le rôle de l’Etat dans la détermination de la stratégie des entreprises, nous créerons, à partir de la Caisse des Dépôts et Consignations, un pôle financier public.

Nous instaurerons une tarification sociale de l’eau, comportant un droit incompressible d’accès à l’eau et des tarifs différenciés suivant les usages. Des dispositions législatives amélioreront les exigences du cahier des charges en termes de transparence et de prix. Nous donnerons aux élus locaux la possibilité de choisir entre la gestion publique et la gestion privée. Par exemple, les Conseils généraux et régionaux auront le droit d’attribuer des aides financières ou techniques pour le retour en régie.

 

E L’Europe mobilisée

Nous souhaitons renforcer le pilotage économique de la zone euro et travaillerons à la mise en place d’un véritable gouvernement économique, avec un objectif d’emploi, de croissance et d’innovation.

Nous voulons donner à l’Europe la capacité d’investir dans l’avenir en augmentant fortement le budget européen, particulièrement la part du budget de la recherche, et en décidant le lancement d’un emprunt européen avec la Banque européenne.

Nous souhaitons que le parlement européen et les gouvernements instaurent durant la prochaine mandature un impôt européen. Les fonds collectés financeront en priorité les grands travaux européens, la recherche, les politiques d’aide au développement, les solidarités entre les territoires. Cet impôt sera voté et contrôlé annuellement par l’assemblée parlementaire européenne.

II Aller vers le plein emploi et refuser la précarité

Atteindre le plein emploi est un objectif possible à l’horizon 2012. Un tel objectif nécessite, au-delà des effets de la démographie, une action volontariste pour créer des emplois, pour sécuriser les parcours professionnels et pour faciliter l’entrée dans la vie active des jeunes. Il n'est réalisable que grace à un e reprise de'une croissance forte

A Favoriser la création d’emplois

Nous réactiverons les emplois-jeunes dans le secteur public et associatif en relation avec les emplois tremplins mis en place dans les régions.

Nous modifierons les prélèvements sociaux afin qu’ils cessent de pénaliser l’emploi. Nous avons réalisé une première étape majeure en 1998 en basculant les cotisations sociales maladie vers la CSG. Nous devons aujourd’hui faire de même pour les cotisations patronales en les calculant sur l’ensemble de la richesse produite et non sur les seuls salaires.

Nous ferons un bilan avec les partenaires sociaux de l’application des 35 heures, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif.

A l'issue de ce bilan nous relancerons la négociation sur le temps de travail, pour étendre le bénéfice des 35 heures, avec création d’emplois, à tous les salariés.

Nous relancerons la négociation sur le temps de travail, afin de développer le temps chosi. Nous étendrons, lorsque cela est possible et souhaité, le bénéfice des 35 heures, avec création d’emplois. Si la négociation n’aboutit pas, la loi interviendra. Nous rétablirons par la loi les rémunérations des heures supplémentaires et les plafonds horaires comme ils l’étaient avant leur remise en cause par la droite.

--Nous mettrons en place des mesures pour combiner la nécessaire protection des travailleurs avec la flexibilité de l'emploi résultant de la mondialisation (voir le volet formation permanente)

B Construire avec les partenaires sociaux une sécurité professionnelle

Le conflit du CPE, après bien d’autres mobilisations sociales, a marqué le rejet catégorique des Français et notamment les plus défavorisés d’entre eux, de la précarisation générale du travail.

L’heure n’est plus au rafistolage. Il faut repenser tout le système. Nous le ferons avec les partenaires sociaux dans une grande négociation sur la Couverture Professionnelle Universelle (CPU).

Elle assurera les trois éléments majeurs du travail : l’emploi, une garantie de ressources et la promotion professionnelle. Dans ce cadre, nous créerons un droit individuel à la formation tout au long de la vie d’autant plus élevé que la formation initiale aura été courte. Il prendra la forme d’une « carte vitale professionnelle ».

Nous unifierons les droits des demandeurs d’emplois : une garantie de ressources de base, ouverte à tous les actifs privés d’emploi et financée par la solidarité nationale et un régime complémentaire, proportionnel au dernier salaire, l’Unedic, géré par les partenaires sociaux. Chaque demandeur d’emploi bénéficiera d’un accompagnement individualisé dans un dispositif comportant un bilan, la formation professionnelle et un référent unique. Nous lancerons une négociation pour aller vers un Service public de l’emploi unifié mettant en synergie les différents acteurs de la politique de l’emploi, notamment les régions qui sont l’échelon pertinent pour définir les orientations et les objectifs de la politique de formation.

Pour les jeunes, nous lancerons le programme d’entrée dans la vie active (EVA). Il reposera sur une allocation d’autonomie dans le cadre d’un parcours de formation et de recherche d’emploi. Chaque jeune bénéficiera d’un suivi individualisé pour accéder à une première expérience professionnelle.

Pour favoriser le retour à l’emploi nous supprimerons toute référence à la nature du contrat dans la définition de l’intéressement à la reprise d’une activité professionnelle salariée.

Nous reprendrons une vaste négociation sans tabous, sur le contrat de travail.

Pour lutter contre la précarité, nous supprimerons le CNE et réaffirmerons la primauté du CDI sur toute autre forme de contrat de travail. À cet effet, nous modulerons les cotisations sociales en fonction de la durée du contrat de travail et du nombre de contrats précaires dans l’entreprise. En cas de licenciement économique, nous étendrons les droits aux salariés en fin de contrat à durée déterminée (CDD) et de mission d’intérim, les différents congés de conversion ou de reclassement seront réunifiés. Dans le cas de licenciements « boursiers » c’est-à-dire de suppression d’emplois liées non à une difficulté réelle pour l’entreprise, mais à la seule recherche d’un taux de profit supérieur, ce sont les procédures préalables à la définition du plan social qui seront renforcées afin d’assurer un véritable contrôle de la part des salariés.

C Promouvoir l’économie sociale et solidaire

Nous favoriserons le développement des services de proximité, mis en œuvre notamment par les associations : gardes d’enfants, aides aux personnes âgées, activités éducatives post et péri scolaires.

Nous soutiendrons le secteur de l’économie sociale et solidaire. Son accès à la commande publique sera privilégié. Sa fiscalité sera repensée avec le démantèlement progressif de la taxe sur les salaires pour les associations, frein considérable au développement de l’emploi. A l’instar des chambres de commerce et d’industrie, il sera créé des chambres nationales et régionales de l’économie sociale.

Nous renforcerons particulièrement la position des mouvements associatifs sportifs, culturels et d’éducation populaire dans les instances de concertation et de décision pour le rôle qu’il joue dans l’épanouissement des individus et de la vie sociale, aussi bien en milieu rural qu’urbain.

III Un modèle de croissance durable

Notre système économique, étendu à l’échelle du monde, est incompatible avec les ressources naturelles que recèle la planète comme avec le niveau de pollution qu’elle est susceptible de supporter. L’humanité est face à une impasse environnementale.

Une partie importante de notre potentiel de croissance se situe dans l’utilisation de sources d’énergie renouvelables, le développement de modes de production plus économes en énergie, l’innovation technologique dans les transports et la construction, avec l’outil des politiques publiques.

A Le développement durable

Nous mettrons en place des indicateurs de croissance durable pour construire de nouvelles mesures de la richesse nationale qui prennent en compte le coût de la pollution et de la destruction des ressources non renouvelables.

Nous anticiperons dès maintenant l’épuisement du pétrole en diversifiant nos sources d’énergie. Nous gérerons la part des différentes ressources énergétiques (nucléaire, ressources renouvelables …) en fonction de critère économique et environementaux.

Nous privilégierons les transports collectifs et économes en énergie en augmentant fortement les crédits consacrés au ferroutage et en instaurant une fiscalité favorable aux transports collectifs "propres". Nous réactiverons les aides de l’Etat pour la réalisation de transports en commun urbains et augmenterons la participation des entreprises dans les frais de transports collectifs des salariés. Nous mettrons en place un plan d’économie d’énergie « habitat-énergie » programmant sous dix ans la mise en oeuvre des objectifs « HQE », dans la totalité du parc public immobilier (logements sociaux, écoles, hôpitaux…).

Nous introduirons une véritable fiscalité écologique généralisant la taxation générale des Activités polluantes (TGAP) en incluant notamment le volet énergie qui lui fait réellement défaut. En contrepartie nous inciterons, par des allègements fiscaux, les choix économes en énergie et en ressources non renouvelables. Nous créerons une taxe sur le kérosène des transports de fret et instaurerons un prélèvement exceptionnel sur les super profits des entreprises pétrolière

--Nous exigerons des administrations qu'elles privilégient les 'achats verts" (eco-labels, certification normes environnementales, produits eco-responsables..)

B La protection de l’environnement

Nous encouragerons les politiques environnementales en engageant notre économie vers le 100% recyclable/biodégradable. Nous doterons le ministère du développement durable de compétences transversales (transport, aménagement du territoire, logement).

Nous défendrons la mise en œuvre d’une filière européenne de dépolution, recyclage, démontage (de bateaux en autres) dans le respect des règles de sécurité des personnes et de l’environnement.

Dans la protection de l’environnement, il faudra faire la part des choses entre ce qui relèvent 1) de la santé publique, 2) de la bio-diversité et 3) d’une certaine forme d’utopie écologiste.

C L’agriculture

Nous soutiendrons la promotion d’une agriculture de qualité respectant l’environnement, en réorientant la PAC vers le développement rural, en plafonnant et en modulant les primes, à l’échelle régionale, en rétablissant un vrai contrat entre le monde agricole et la société tout entière, à travers des labels de qualité. Nous aiderons, les jeunes agriculteurs désireux de promouvoir une agriculture durable en allégeant les conditions d’installation. Nous améliorerons la protection sociale des collaborateurs appartenant à la famille de l’exploitant et les non-salariés agricoles exploitant de petites surfaces, ainsi que les petites retraites, les régimes d’assurance contre les accidents du travail et les maladies professionnelles.

A l’échelle européenne, nous défendrons le maintien d’une politique agricole commune , réorientée pour tenir compte des besoins du pays du Sud.

Nous favoriserons la diversification de la production agricole, en développant les productions non alimentaires, les biocarburants et la biomasse.

Nous relancerons rapidement les programmes de recherche sur les OGM afin de déterminer leur utilité et leur dangerosité.

Nous refuserons les essais en pleins champs des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), tout en encadrant la poursuite de la recherche publique en ce domaine.

D La mer

L’économie maritime a un potentiel important en termes d’emplois et de production de richesse.

Nous améliorerons les droits sociaux des marins, les conditions de travail et de sécurité dans un secteur fortement dérégulé. Nous travaillerons à un pavillon européen qui garantisse la formation, le niveau de rémunération et de protection sociale des marins, la protection de l’environnement.

Nous favoriserons une pêche qualitative, protégeant la ressource halieutique, la sécurité en mer et les équipements économes en énergie, au niveau national et au niveau européen.

Partie II L’EGALITE reelle

La société française est minée par l’ampleur des inégalités. Elles altèrent la confiance de nos concitoyens dans la République. La lutte pour la Justice sociale doit donc être la pierre angulaire de notre action. Elle passe par le savoir, la sécurité et la solidarité.

I Partager le savoir

Pour répondre aux inquiétudes et aux attentes de nos concitoyens, nous ferons de l’Education Nationale notre première priorité. Nous avons conscience de défendre avec l’éducation pour tous un modèle de société qui doit préparer à l’exercice d’une citoyenneté pleine et entière, à l’âge adulte, qui doit donner une qualification permettant de trouver un emploi, qui doit permettre l’exercice libre de la raison et l’épanouissement individuel.

A Favoriser la réussite

Nous créerons un service public de la petite enfance, accessible aux enfants dès 2 ans. Associé à l’Ecole maternelle, il offrira aux jeunes enfants, un encadrement pédagogique, médical et culturel, dont les plus pauvres sont privés.

Nous rendrons obligatoire la scolarisation dès l’âge de 3 ans, afin de donner à tous les mêmes chances de réussir leur parcours scolaire.

Nous favoriserons l’accompagnement de tous les élèves pour prendre en compte leur diversité par des pédagogies différenciées. Nous renforcerons les dispositifs d’accompagnement scolaire qui permettent d’acquérir pour les notions de base, dans les premières années de l’Ecole primaire. 

Nous développerons toutes les formes d’aide gratuite pour lutter contre la marchandisation de l’école (études encadrées, assistances personnalisées, etc…) en réalisant l’événement d’une société éducative partagée grâce à la participation de tous les partenaires de l’école : collectivités locales et associations d’éducation populaire. Pour assurer l’épanouissement personnel de l’enfant, nous développerons les initiatives dans le domaine culturel et dans celui des activités d’éducation physique et sportive.

 

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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 15:22

Publié dans : projet socialiste 2006
Nous ferons évoluer le collège afin qu’il ne soit plus le lieu du tri social : en instaurant une meilleure transition entre l’école élémentaire et le collège, en proposant aux élèves un véritable choix d’orientation.

Nous reverrons le fonctionnement général des Zones d’Education Prioritaires  en renforçant les moyens financiers, en diminuant le nombre d’élèves par classe, en formant spécialement les enseignants des ZEP, en leur offrant des perspectives d’évolution de carrière, en leur donnant les moyens de rester davantage dans les établissements (aménagement des locaux).

Nous prendrons en compte la mixité sociale dans les dotations accordées aux écoles privées sous contrat.

Nous ferons en sorte que chaque lycée, ouvre à 5% de ses élèves, la possibilité d’entrer dans les classes préparatoires aux grandes écoles ; et inversement, nous implanterons des sections d’excellence dans les établissements sensibles.

Nous sélectionnerons sur le potentiel non sur les formations.

Nous mettrons en place des cursus, qui assurerons de manière systématique et quelque soit la formation suivie des enseignements ; le respect, les devoirs civiques, le droit des enfants, les valeurs morales, l’histoire des religions, le droit/la loi, la culture.

 

B Préparer la vie professionnelle

150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. Nul ne doit passer plusieurs années à l’Ecole ou à l’université pour en sortir sans diplôme ou sans métier.

  • Nous abolirons l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit à 15 ans.

  • Nous développerons l’apprentissage sous statut scolaire afin d’améliorer la formation générale de ces filières.

  • Nous organiserons au sein de l’Education nationale une voie des métiers. Du CAP aux formations supérieures, l’ensemble des formes et des moyens d’enseignement professionnels seront coordonnés. Le but sera de rendre lisible et fluide les parcours de qualification professionnelle, d’en élargir le recrutement et de créer les passerelles facilitant le passage entre les voies d’enseignement et les niveaux de formation.

Pour les Lycées des Métiers (ex-Lycées Professionnels) : nous favoriserons l’embauche de professeurs qualifiés issus du secteur (salariés en fin de carrière ou en pré-retraite), disposant de savoir et de compétences indispensables aux jeunes.

Nous renforcerons les liens entre les Lycées des Métiers et les branches professionnelles, afin que les entreprises s’impliquent davantage dans les enseignements techniques dispensés dans les établissements.

Nous développerons dès la classe de seconde les stages de formation en entreprise.

Les Lycées des Métiers doîvent être le reflet de la diversité de la société. Ces établissements ne peuvent plus être considérés comme les « écoles au rabais » qui accueillent des jeunes en échec scolaire. Les filières professionnelles et la diversité des formations doîvent être valorisées. Les jeunes doîvent pouvoir intégrer des filières de leur choix et non celles décidées pour eux.

Les élèves modestes doîvent être en mesure d’intégrer les filières professionnelles rares. L’accent sera mis sur des bourses d’études qui tiennent compte de la rareté de la filière, de l’éloignement de l’établissement, des frais d’hébergement et des revenus de la famille.

Les montants des bourses d’équipements pour les élèves de Lycées des Métiers seront revalorisées. Le Ministère chargé de l’Enseignement Professionnel sera chargé de négocier les tarifs des équipements nécessaires aux filières professionnelles. La base sera : 1 filière = 1 équipement = 1 tarif.

Les écoles de la « seconde chance » devront être largement développées sur l’ensemble du territoire. Ces structures permettent à de petits groupes d’élèves de suivre un enseignement adapté et de choisir plusieurs filières professionnelles lors de ce cursus. Cela leur permettra une meilleure remise à niveau et augmentera leurs chances de réintégrer un parcours professionnel (ou classique) avec plus de facilité.

 

C Apprendre à chaque enfant l’étendue de ses droits et de ses devoirs

Nous associerons efficacement les familles à la réussite de leur enfant, en développant les relations entre l’école et les parents. Nous supprimerons le « contrat de responsabilité parentale », imposé par la droite, qui culpabilise les familles les plus défavorisées sans leur permettre de restaurer le lien d’autorité et de confiance avec leur enfant. Nous mettrons en place un dispositif d’information et d’aide aux parents et nous reviendrons à la législation antérieure qui donne au juge la possibilité de mise sous tutelle des allocations familiales.

Nous amplifierons les moyens de lutte contre la violence à l’Ecole. Nous sanctionnerons les auteurs d’incivilités ou d’infractions de toute nature commises à l’Ecole. Nous devons combiner plusieurs formes d’action : l’application effective des règles, la mise en place de dispositifs pour lutter contre l’échec scolaire, une présence plus forte des adultes dans les établissements, l’aide aux parents, la généralisation des partenariats locaux avec les autres administrations, le tutorat, l’accroissement du nombre de « classes relais » et la construction d’internats scolaires.

 

Dans le même temps : des heures de cours seront réservées à l’enseignement « citoyen » par le rappel des fondements républicains, de la diversité culturelle, cultuelle et sociale de la République. L’Education Civique sera revalorisée et réintégrée à tous les niveaux de l’Ecole, du Collège et du Lycée.

 

Chaque délit (racket, crachat, insulte, violence volontaire gratuite….) devra faire l’objet d’une sanction juste et appropriée.

D Améliorer le fonctionnement de l’Education nationale

Les personnels de l’Education nationale concourent, chacun à leur place, à la réussite scolaire. Les enseignants ont un rôle majeur dans la transmission du savoir et dans l’éducation des futurs citoyens. Les conditions de leur métier ont profondément changé. Il faut en tenir compte.

  1. Nous proposons de créer une gestion des ressources humaines (accompagnement des enseignants en difficulté, formation continue, mobilité des carrières…) et de redéfinir les missions des enseignants afin de répondre aux attentes et aux besoins de la société.

Nous proposons de revoir les conditions d’accès aux métiers d’enseignant en rétablissant le pré-recrutement, et en améliorant la formation initiale des enseignants (IUFM).

II Assurer la sécurité

La sécurité et la tranquillité de vie sont des droits pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence. Pour les socialistes, la sécurité est une priorité essentielle. Cette première des libertés est de la responsabilité de l’Etat.

Depuis quatre ans, les violences contre les personnes s’intensifient et ont augmenté de près de 20 %. La politique de l’actuelle majorité Nicolas Sarkozy a échoué. Au lieu de faire reculer la violence, il a instauré un partage territorial entre centres-villes protégés et quartiers délaissés. La police de proximité a été supprimée et la prévention abandonnée. Les inégalités face à l’insécurité se sont aggravées : les habitants des quartiers populaires et les jeunes sont deux fois plus victimes d’agressions que le reste de la population. Une délinquance endurcie est installée dans des territoires devenus des ghettos.

Pour protéger nos concitoyens et garantir une sécurité durable pour tous et partout, nous mènerons une politique de fermeté contre la délinquance et contre ses causes.

L’efficacité de la lutte contre l’insécurité appelle une démarche globale et une continuité d’action fondée sur la précocité de la prévention et de la sanction.

Pour les socialistes, le combat pour la sécurité n’est pas dissociable de leur projet de société. Face à la violence, au consumérisme, à la loi du plus fort, véhiculés par l’idéologie de la droite, il faut rétablir les valeurs de respect de la personne et des règles justes sans lesquelles il n’y a pas de vivre ensemble. Nous nous attaquerons aux causes profondes de l’incivilité et de l’insécurité : chômage, échec scolaire, absence de mixité sociale, ghettoïsation urbaine.

Nous engagerons une mobilisation générale, intense, permanente, pour combattre l’insécurité en profondeur. Nous mettrons en place une stratégie nationale de lutte contre la violence autour de priorités d’action concrètes :

  • Nous mettrons en place un système qui visera à supprimer les violences faites aux enfants (par un système de prévention / soutien / répression) : leur formation très tôt à leur droit (tabagie, hygiène alimentaire, sexualité, violences physiques, travail). Cette formation sera accélérée et prioritaire dans le cas d’enfants immigrés. Les parents seront informés de leur droit et devoir à chaque naissance et par une journée de formation pour les immigrés arrivant avec des enfants. Il seront informés des sanctions encourus et des moyens de dépistage mis en place. Ils pourront en cas de difficulté d’éducation avoir le secours de psychologue et d’autres institutions, étude, soutien scolaire, pensionnat.

Nous mettrons fin aux inégalités face à l’insécurité en rétablissant une sécurité publique de proximité avec une implantation pérenne de la police dans tous les quartiers, dotés de capacités judiciaires pour lutter contre les trafics et l’économie souterraine. Nous offrirons aux policiers et gendarmes qui resteront un certain temps dans les territoires les plus difficiles, une rémunération et des perspectives de carrières valorisantes.

Nous restaurerons la confiance des victimes envers la police et la justice pour briser la loi du silence. Le dépôt de plainte sera simplifié et encouragé quels que soient les conséquences sur les statistiques, la protection et l’information des victimes sera assurée tout au long de la procédure. Le service rendu au niveau local par la police et la gendarmerie sera régulièrement évalué.

Nous voulons mieux prévenir et mieux punir la délinquance et la violence juvénile. Il faut éviter que des enfants exposés à un milieu destructeur, à des difficultés familiales ou éducatives basculent dans la délinquance. Outre les mesures de lutte contre les violences scolaires, les cellules de veilles éducatives, destinées à prendre en charge ces enfants, seront généralisées. La prévention précoce de la violence fera l’objet d’un plan gouvernemental ambitieux. Chaque acte de délinquance doit recevoir une réponse adaptée et proportionnée de la part des adultes. Les mesures éducatives et les sanctions prononcées à l’encore de mineurs seront réellement appliquées. Nous mettrons en place, pour les jeunes délinquants, des alternatives à la prison, notamment par le développement de centres d’éducation et des chantiers d’apprentissage et d’insertion pour éviter la récidive ou d'autres moyens d'encadrement, eventuellement l’armée pourra être mis à contribution.

Nous adopterons un plan de lutte contre les violences conjugales et familiales et pour la protection de l’enfance et de l’adolescence en danger.

Nous renforcerons les politiques partenariales de sécurité entre les services de l’Etat, les collectivités locales, les associations et tous les acteurs concernés. Dans ce cadre, nous oeuvrerons à rétablir une relation républicaine et pacifiée entre jeunes et police.

Nous améliorerons la coordination entre la police, la gendarmerie et l’institution judiciaire. Nous réduirons les délais entre l’infraction, la sanction et son exécution. Alors que l’inflation carcérale et des conditions de détention criminogènes entretiennent la spirale de la criminalité, nous relancerons les sanctions par le travail d’intérêt général.

III Renforcer la solidarité

A La solidarité entre les Français.

1) Un logement pour chacun

Pénurie de logements, explosion des loyers, spéculation immobilière : la crise du logement atteint une gravité sans précédent. Chacun doit avoir accès à un logement. Le parc privé comme le parc social devront être mis à contribution.

Nous mobiliserons le foncier disponible de l’Etat et nous généraliserons, avec les Régions, les agences foncières régionales pour dégager suffisamment de terrains à construire,

Nous réaliserons 120 000 logements sociaux par an bien intégrés dans les villes et nous ferons disparaître l’habitat indigne.

Nous imposerons aux programmes immobiliers privés de consacrer un quart des opérations à la production de logements sociaux sur les territoires déficitaires en logements de cette nature.

Nous plafonnerons à 25 % maximum la part du budget des ménages modestes consacrée au logement dans le parc privé conventionné (« bouclier logement »), nous lutterons contre les augmentations excessives des loyers, nous revaloriserons les A.P.L., pour ceux qui en ont le plus besoin, nous doublerons le nombre de résidences étudiantes et nous triplerons les sanctions contre les communes qui ne respecteront pas les obligations de mixité sociale. Ce paragraphe est en discussion, nous ne sommes pas d’accord.

Nous créerons une garantie mutualisée des risques locatifs qui permettra au bailleur de louer sans risque et au locataire de ne pas subir de discriminations, nous réorienterons les aides fiscales de l’Etat en direction des classes populaires et des classes moyennes. Chaque aide aura une contrepartie sociale (suppression du de Robien).

Nous contrôlerons les ventes à la découpe, en renforçant les protections des locataires et en réglementant l’activité des marchands de bien.

Nous demanderons, dès le début de la législature, au Conseil Economique et Social, de préparer un rapport sur la mise en œuvre du droit opposable au logement. Nous proposerons un calendrier et une méthode fondée sur la concertation.

2) Les soins pour tous

a) La santé

Nous reviendrons sur les mesures antisociales prises en 2005.

Nous définirons un nouvel équilibre entre les acteurs du circuit de santé

Dans le cadre d’un parcours de santé renouvelé, nous ferons évoluer les modes de rémunération des soins primaires pour sortir progressivement du primat du paiement à l’acte, sans altérer les principes du choix de son médecin et la coexistence d’un secteur public et privé de la médecine, chacun clairement responsabilisé sur ses missions. Un dispositif législatif visant à réformer la pratique des dépassements d’honoraires sera proposé. Nous développerons l’évaluation régulière des pratiques, la formation continue pour l’ensemble des professions de santé, en relation avec une réforme du cycle universitaire.

Nous mettrons en œuvre une carte de santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une consultation par un médecin généraliste référent avec accès à une prévention et des soins adaptés.

Nous redonnerons une priorité à l’hôpital ce qui implique de dégager davantage de moyens financiers. La tarification de l’hôpital public devra mieux prendre en compte les spécificités et les obligations de service public. Un plan de relance de la chirurgie publique sera conduit pour garantir dans chaque territoire de santé au moins un pôle de chirurgie.

Nous ouvrirons 500 maisons de santé pour tous, appuyées sur les hôpitaux locaux, où chacun pourra trouver un accueil coordonné et une meilleure prise en charge. Ce plan s’inscrira dans une politique globale de meilleure répartition des professionnels de la santé –notamment les médecins- dans les territoires. Des dispositions financières et fiscales incitatives, en partenariat avec les collectivités territoriales et les caisses d’assurance maladie, seront offertes pour attirer les jeunes médecins dans les zones déficitaires.

Nous associerons de manière plus cohérente l’Etat, les partenaires sociaux, les organismes complémentaires et professions de santé dans la gestion de l’assurance maladie décidée et contrôlée par le Parlement dans le cadre de la loi de finance de sécurité sociale.

Nous saisirons le Parlement d’un projet de loi « Le droit à mourir dans la dignité » autorisant l’assistance médicale en fin de vie dans des conditions strictes de respect de la volonté du malade et de l’encadrement de l’accompagnement de la personne.

Nous mettrons en œuvre une politique veillant à mieux rembourser les actes sur l’optique et sur les soins dentaires.

Nous renforcerons les moyens de contrôle des arrêts de travail et d’abus des services publics de la santé.

 

 

b) La prévention

Nous lancerons un grand plan de prévention contre la tabagie. Interdiction de fumer dans tous les lieux publics, interdiction de fumer en présence de quelqu’un qui travail, interdiction de fumer au travail, interdiction de fumer en présence d’enfants.

Nous lancerons un grand plan de prévention sur l’hygiène alimentaire. En ce qui concerne l’obésité, nous mettrons en œuvre un programme d’information alimentaire dès l’école. Nous veillerons à mettre en place des alertes médicales en milieu scolaire afin de prévenir la situation des enfants présentant des risques. Nous mettrons en place des structures de conseil et d’accueil pour aider les familles à lutter contre ce véritable fléau.

Un plan d’accès aux programmes d’amaigrissement et aux actes de chirurgie réparatrice des personnes ayant été touchées par l’obésité sera mis en place et financé en partie par la solidarité nationale.

 

Nous lancerons un grand plan de prévention contre l’alcoolisme. L’alcool devra être vendu dans des lieux spécifiques.

Nous examinerons rapidement toutes les drogues, les moins addictives pourraient être ouvertes à la consommation dans des lieux de détentes.

Nous interdirons toutes substances susceptibles de modifier et d’altérer les capacités des personnels au travail. Sauf pour les métiers artistiques.

Nous lancerons un grand plan de prévention des maladies graves. Pour le cancer, nous généraliserons la détection précoce. Pour le SIDA, nous relancerons une politique de prévention ciblée très active et nous créerons une fondation nationale associant financement public et privé. En ce qui concerne l’obésité, nous mettrons en œuvre un programme d’information alimentaire dès l’école. Un plan de santé mentale sera proposé au Parlement.

Nous organiserons une politique de soins spécifiques à l’égard des personnes dépendantes de la drogue et de toutes les addictions. En ce qui concerne le cannabis, face aux risques liés à une consommation largement répandue, nous ouvrirons un débat pour proposer une régulation publique, et une révision de la loi de 1970.

Nous renforcerons les moyens de la santé scolaire, de l’école primaire à l’université. Nous confierons à la médecine du travail une vraie mission de service public en faisant de la lutte contre les accidents du travail une priorité de santé publique et en garantissant son indépendance.

3) La lutte contre la pauvreté

La pauvreté touche, depuis quelques années en France, non seulement les sans emplois, mais aussi les salariés dont la rémunération, insuffisante, en fait des travailleurs pauvres, majoritairement des femmes. Un million environ d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté constitue un scandale inacceptable.

Nous engagerons un plan pour lutter contre les pauvretés des enfants, c'est-à-dire pour leur offrir un accès gratuit aux soins, aux besoins de première nécessité, et veiller au respect de l’obligation scolaire.

Nous améliorerons la complémentarité temporaire des revenus du travail et des prestations sociales. Nous simplifierons les aides en intégrant les minima sociaux comme le RMI et les diverses allocations au sein d’un Revenu de Solidarité Active (RSA), pour qu’en 10 ans plus une famille ne vive sous le seuil de pauvreté.

Nous mettrons en œuvre un plan pour l’augmentation des logements d’urgence

Nous instaurerons un service universel bancaire de base

Pour favoriser le retour à l’emploi nous rendrons ce dispositif accessible quelque soit la nature du contrat afin d’aider à la reprise d’une activité professionnelle salariée.

 

 

B La solidarité entre les générations

L’allongement de la durée de la vie est un progrès. Il ouvre de nouvelles dimensions à la vie familiale, à la vie associative, à la solidarité entre générations ; il importe d’autant plus de consolider notre système de répartition . MAIS IL IMPORTE AUSSI DE NE PAS FAIRE PORTER AUX GENERATIONS FUTURES LE POIDS D'UNE DETTE TOUJOURS CROISSANTE. C'est pourquoi en concertation avec les partenaires sociaus nous reverrons les mécanismes de la SECURITE SOCIALE pour assurer et pérenniser un fonctionnement équilibré finabcierement

a) Garantir l’avenir des retraites

En poursuivant la réforme «Balladur» de 1993, la loi «Fillon» de 2003 a programmé l’abaissement du niveau des retraites et n’en garantit même pas le financement. Elle sera abrogée. Son remplacement fera l’objet d’une large négociation dans le cadre des principes suivants :

  • Garantir un droit à la retraite à 60 ans ;

  • Permettre à ceux qui le souhaitent par arbitrage personnel, de prolonger sous des formes modulables leur temps d’activité entre 55 ans et 65 ans ;

  • Indexer les droits - surcotes /décotes - en fonction de la pénibilité et du dépassement des 40 annuités d’activité ;

  • Assurer le financement autonome à 100% des régimes spéciaux ou bien si cela n’est plus le cas prévoir une négociation obligatoire sous 6 mois afin d’adapter les taux de remplacement ou d’autres dispositifs associés.

  • Il faut pouvoir partir à la retraite tranquille, en passant sur un temps partiel, un travail moins pénible.

Sécuriser et rendre plus juste notre système de retraite repose d’abord sur la croissance et l’emploi. Faciliter l’entrée des plus jeunes dans la vie active, ou encore organiser la seconde partie de carrière des plus âges y contribueront. C’est à ces conditions que les arbitrages pour définir les règles de partage de l’allongement de l’espérance de vie entre la durée de la vie professionnelle et celle de la retraite pourront être trouvées.

Avec les syndicats de salariés, nous voulons assurer la pérennité de notre système de retraite par répartition et le maintien du lien entre les revenus de travail, le montant des pensions et le financement par des cotisations assises sur l’ensemble de la richesse produite.

La solidarité entre les générations passe par un financement pérenne du Fonds de réserve des retraites au niveau prévu initialement par le gouvernement Jospin, indispensable pour garantir les besoins de financement des années 2020-2040.

L’épargne salariale doit être gérée de manière collective et contrôlée par les syndicats pour qu’elle ne se substitue pas au régime de retraite obligatoire ( général et complémentaire).

Sur ces bases, nous ouvrirons avec les partenaires sociaux une négociation dont l’objet portera sur :

un niveau minimal de pension garantie qui devra s’approcher du SMIC,

une modification des conditions d’évaluation du taux de remplacement. Les améliorations plus favorables devront reposer sur des financements supplémentaires.

le mode de financement des régimes spéciaux,

de meilleures possibilités de choisir son départ à la retraite et de la préparer,

des dispositions justes et équitables dans la prise en compte du travail pénible, dans les systèmes de décote sur-cote et les «avantages familiaux».

b) Couvrir les risques de la dépendance

Les événements de l’été 2003, lors de la canicule, ont montré la nécessité de mener des politiques d’aides aux personnes âgées seules, en mauvaise santé, et souvent démunies. En 2006, le nombre de personnes âgées 75 ans et plus est de 5 millions ; d’ici 2015, le nombre des personnes âgées de plus de 85 ans va croître de plus de 75 %... Cet allongement de la durée de vie est une chance pour les individus et un défi pour la société.

Nous mettrons en œuvre une politique de maintien à domicile et nous simplifierons les procédures de financement.

Nous prendrons des mesures de solidarité forte pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes (assistance à domicile, financement des structures collectives, APA etc…). Une contribution spécifique sera créée.

Nous améliorerons les structures d’accueil du grand âge en renforçant la formation du personnel, en ouvrant ces structures aux emplois jeunes et aux emplois de solidarité.

Nous mettrons en place une Conférence Nationale annuelle des Personnes Agées et du vieillissement afin de réunir annuellement tous les acteurs en charge de ces politiques.

C La solidarité entre les territoires

1) Solidarité urbaine

Les violences sans précédent intervenues durant le mois de novembre ont montré l’ampleur de la crise sociale et urbaine dont sont victimes les 6 millions d’habitants des quartiers populaires. La politique de la ville, gravement mise à mal par la droite, sera remplacée par une nouvelle « politique de solidarité urbaine » dont l’objectif est de mettre fin aux quartiers ghettos, de brasser les populations de diverses origines, et de construire de nouvelles villes. C’est une condition pour que tous partagent la même identité républicaine. Un calendrier d’objectifs sera établi pour redonner confiance dans l’action publique.

Nous mettrons en œuvre une réforme ambitieuse des dotations de l’Etat et de la fiscalité locale. Les communes pauvres bénéficieront de mesures d’urgence et d’une péréquation financière importante.

Nous proposons aux agglomérations les plus défavorisées un « pacte de solidarité urbaine » comprenant des objectifs chiffrés et concentrant les moyens de l’Etat comme des collectivités.

Nous mettrons en place 500 « maisons de la citoyenneté » avec l’aide de l’Etat, notamment à partir du réseau des centres sociaux et socio-culturels, pour développer les initiatives collectives et individuelles et habitants.

2) Solidarité rurale

Nous mettrons en œuvre une politique de maîtrise foncière, notamment dans le secteur agricole.

Nous utiliserons les Fonds Structurels Européens et la politique d’aménagement du territoire pour inciter les entreprises à s’implanter en zones rurales.

L’accès aux services publics doit être renforcé sur l’ensemble du territoire par la mise en place de contrats territoriaux de services publics définis en accord avec les fonctionnaires comme avec les usagers.

Partie III REFONDER LA REPUBLIQUE

Notre République doit être profondément rénovée. Moralement d’abord, tant la droite a pratiqué la confusion des pouvoirs et bafoué les règles de l’éthique politique en privatisant l’Etat. Politiquement ensuite, pour remettre dans nos institutions la préoccupation première de l’intérêt général. Socialement enfin, pour que tous les acteurs de la société puissent être associés à la décision publique.

La République, c’est évidemment des institutions, mais c’est tout autant des valeurs. Pour être fidèle à son principe, la République doit mener une lutte déterminée contre toutes les discriminations et toutes les intolérances. Elle doit permettre l’intégration de tous dans la vie politique et sociale. Elle permet à la fois l’expression des diversités et elle rassemble dans un patrimoine culturel commun.

Les Français veulent être mieux représentés. Ils veulent des élus et des gouvernements qui assument pleinement leurs responsabilités. Ils veulent pouvoir être consultés dans l’élaboration des politiques publiques.

La laïcité est au cœur de notre pacte républicain où chacun doit honorer ses devoirs pour que l’Etat puisse garantir le respect des droits de tous : respect mutuel, tolérance, liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de pratiquer sa religion dès lors que cette pratique ne porte pas atteinte à l’ordre public. L’Islam doit se voir reconnaître les mêmes droits et assumer les mêmes devoirs que les autres.

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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 14:32

Publié dans : projet socialiste 2006
Les organes représentatifs religieux doivent rester dans le cadre consultatif et l’Etat doit veiller à assurer la liberté de culte et l’implantation des lieux de culte avec des financements transparents et diversifiés sur tout le territoire.

Nous proposerons une Charte de la laïcité, adossée à la Constitution pour que soient respectés les principes républicains dans tous les lieux publics (hôpitaux, services publics…).

I Une nouvelle République

Après une victoire de la gauche lors des élections présidentielles et législatives, nous organiserons dans les six mois un référendum, mis en œuvre par l’article 11 de la constitution, pour soumettre aux Français un ensemble de réformes démocratiques.

A Une République parlementaire

Le Président de la République sera responsable. Le statut pénal du chef de l’Etat sera réformé. En cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat, le Président de la République pourra être destitué à l’initiative de l’Assemblée Nationale. Il ne présidera plus le Conseil supérieur de la magistrature et ne nommera plus les membres du Conseil constitutionnel. Le quinquennat ne sera renouvelable qu’une seule fois.

Le Premier Ministre sera lié par un contrat de majorité. Il sollicitera la confiance, avant d’engager son action. Il présentera, au début de chaque session parlementaire, un programme de travail donnant lieu à débat. Le gouvernement sera composé de manière paritaire.

Le pouvoir du Parlement sera renforcé : co-maîtrise de l’ordre du jour avec le gouvernement, suppression du vote bloqué et de l’article 49-3, stricte limitation de l’article 38 sur les ordonnances et des recours à la procédure d’urgence (art.45), augmentation du nombre de commissions parlementaires permanentes, reconnaissance de la fonction d’évaluation de la loi, vrai statut pour l’opposition. Dans cet esprit, sera instauré le mandat unique pour les parlementaires ainsi que la limitation renforcée du cumul des fonctions (Présidents de gouvernements communaux ou de syndicats) et du cumul d’activités professionnelles. Pour les ministres, le cumul avec une fonction exécutive locale sera interdit.

L’Assemblée Nationale sera rendue plus représentative par l’introduction d’une dose de proportionnelle et l’élection au suffrage universel direct de députés représentant les Français de l’étranger. Environ un député sur cinq devrait être élu à la proportionnelle sur des listes nationales, complémentaires des candidatures par circonscriptions. Celles-ci seront redécoupées pour représenter plus équitablement les territoires. Cette réforme d’ampleur s’appliquera dès les élections législatives de 2012.

Le Sénat entrera dans l’ère de l’alternance par l’extension du mode de scrutin proportionnel départemental à partir de 3 sièges et la modification du collège sénatorial. Son droit de veto en matière constitutionnelle sera supprimé.

Le Parlement sera mieux associé à l’élaboration de la politique étrangère et de défense ainsi qu’à la conduite des négociations commerciales internationales et au contrôle des institutions financières internationales.

Le Conseil constitutionnel verra sa composition modifiée. Ses membres seront désignés à la majorité des deux tiers par le Parlement.

B Une démocratie plus directe

Nous ouvrirons un débat national en vue d’instituer les modalités du vote obligatoire.

Nous favoriserons la loi d’initiative citoyenne au terme d’une procédure de dépôt d’une pétition signée par un million de signatures dans 30 départements au moins.

Nous reconnaîtrons la prise en compte séparée des bulletins blancs.

Nous ouvrirons le droit pour les citoyens de saisir le Conseil constitutionnel.

Nous reconnaîtrons le droit de vote pour les scrutins locaux aux résidents étrangers acquittant des impôts depuis cinq ans dans notre pays.

Nous procèderons à la rénovation du Conseil économique et social, pour faire de cette instance, une troisième chambre effective, en rénovant sa composition, en la consultant fréquemment et en intégrant ses recommandations dans le débat national. Les Conseils d’expertise de l’État seront placés sous son autorité.

II Un nouvel âge de la décentralisation

Il faut faire franchir à la décentralisation une nouvelle étape après avoir réalisé un bilan de celle-ci.

A Démocratiser

Nous donnerons aux élus les moyens de se consacrer pleinement à leurs fonctions : la limitation du cumul des mandats dans le temps à trois mandats consécutifs et du cumul des fonctions ainsi que la mise en place concomitante d’un statut de l’élu.

Nous introduirons le scrutin de liste pour le département, inspiré de celui des élections régionales et municipales. Et nous abaisserons le seuil de la représentation proportionnelle aux communes de 2 000 habitants.

Nous favoriserons également la participation électorale des citoyens par le regroupement des élections locales le même jour, l’harmonisation de la durée des mandats à 5 ans et des modes de scrutin, le renouvellement des conseils généraux aura lieu le même jour.

En ce qui concerne l’élection des représentants des intercommunalités, nous identifierons les représentants sur la liste des municipales. A terme, ils seront élus par l’ensemble des habitants de l’intercommunalité.

B Simplifier

Nous clarifierons les compétences des différentes collectivités territoriales dans le sens de la garantie de leur autonomie financière et la justice dans la répartition des moyens et dans un sens de simplification.

Nous refonderons les relations entre l’Etat et les collectivités locales en organisant des transferts de compétences intégralement compensées, en rapprochant les trois fonctions publiques, en nouant un contrat entre l’Etat et les territoires, à travers une Conférence nationale territoriale.

C Partager

Nous corrigerons les injustices de la taxe d’habitation en prenant en compte les revenus des contribuables. La taxe professionnelle sera partiellement mutualisée en mettant en place un impôt à taux unique à taux mini/maxi encadré assis sur la valeur ajoutée. Les contraintes pesant sur les collectivités locales dans la détermination des taux seront allégées. La spécialisation des impôts sera débattue pour que chaque collectivité dispose d’un impôt principal en relation avec la nature de ses compétences.

Nous réduirons les écarts de richesse entre territoires en mettant en œuvre une péréquation forte, pièce maîtresse de toute politique de justice territoriale.

D Valoriser les Outre-mers

Les Outre-mers sont un atout pour la République. Il s’agit de permettre l’affirmation des identités ultra-marines au sein d’une République qui s’accepte et se revendique multiculturelle.

Cette approche signifie naturellement promouvoir l’image des Outre-mers dans une France fière de sa diversité, valoriser le potentiel économique des ultra-marins, favoriser un développement durable.

Ces territoires constituent une chance considérable en termes de bio diversité et de ressources naturelles. Mais, ces territoires ont également des handicaps structurels sur lesquels la République doit faire un effort particulier. En effet, à l’instar de l’Union européenne, l’Etat doit reconsidérer sa démarche dans les contrats de plan Etat-Régions en augmentant, de manière significative, sa participation financière, pour réduire les contraintes structurelles dues à l’éloignement, la taille de leur territoire, le relief et le climat difficiles, la démographie, la limitation du marché local.

C’est sur une base contractuelle, régulièrement évaluée, que nous entendons respecter clairement les choix de la population et des élus d’Outremer pour assumer la meilleure gouvernance en utilisant toutes les possibilités qu’offre la Constitution.

III Une nouvelle démocratie sociale

Notre système de relations sociales doit être profondément reconsidéré. Le rôle des syndicats doit être affirmé, la négociation collective confortée et clarifiée et le droit de l’entreprise repensé pour rééquilibrer les pouvoirs entre capital et travail.

A Une nouvelle négociation collective

Cette vaste réforme fera l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux pour aboutir à une représentation effective des salariés quelle que soit la taille de l’entreprise. Une négociation de même nature sera menée dans les Fonctions publiques.

Nous proposerons, dès le début de la mandature, la mise en place d’un mode de financement public transparent et de mesures favorisant la cotisation syndicale. En contrepartie la responsabilisation des syndicats doit être la règle, lors de débordements, dégradations, ou de blocages abusifs.

Nous créerons les conditions concrètes de mise en œuvre d’une concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour un bon équilibre entre l’action législative d’un côté et la négociation de l’autre.

Nous généraliserons le principe de l’accord majoritaire pour la validation des accords collectifs.

Nous établirons la représentativité nationale des organisations syndicales lors des prochaines élections prud’homales de 2007. L’étape suivante portera sur les élections de représentativité dans les branches professionnelles.

B Une nouvelle conception de l’entreprise

Nous adopterons une loi pour que les salariés puissent participer à toutes les décisions qui relèvent de l’avenir de l’emploi et des salaires. Ainsi, les salariés auront, par l’intermédiaire de leurs représentants, le droit de vote dans les instances décisionnaires de l’entreprise (conseil d’administration ou conseil de surveillance).

Nous améliorerons le droit des entreprises de telle manière que la responsabilité civile et pénale des dirigeants puisse être plus facilement engagée.

Nous réformerons le droit des sociétés cotées afin de rééquilibrer le pouvoir dans l’entreprise au profit des salariés et de l’intérêt général (à travers l’intervention de l’Autorité des Marchés Financiers). En cas d’OPA hostile méconnaissant les réalités sociales et environnementales le ministère de l’économie et des finances pourrait décider de suspendre la procédure.

Nous encadrerons l’évolution et le mode des rémunérations des dirigeants (stock options) et de leurs conditions de départ (retraites chapeaux)

--Nous reverrons par la loi la composition des conseils d'administration pour augmenter la représentation des personnels et empêcher la création d'un petit club d'administrateurs se répartissant les rôles d'une entreprise à l'autre.

Nous rendrons obligatoire la publication dans les groupes côtés d’un bilan sur l’échelle des salaires, et notamment des rémunérations des dirigeants de l’entreprise.

Nous augmenterons les effectifs de l’inspection du travail pour faire respecter le code du travail.

IV La Justice rénovée

Notre système judiciaire doit être revu dans son fonctionnement tant pour la justice civile que pour la justice pénale.

Nous augmenterons le budget de la justice : notre pays se situe au 23ème rang sur 40 en Europe, pour son budget de la justice. Nous ferons passer le budget de la justice française dans les premiers rangs.

Nous rendrons la justice accessible à tous en faisant en sorte que chaque justiciable puisse bénéficier des services d’un avocat, garanti par un service public de la défense. Nous renforcerons les maisons de la justice et du droit et le réseau d’information et d’aide aux victimes. Nous limiterons les coûts financiers inutiles pour élargir l’accès à la justice civile et au droit.

Nous organiserons une justice respectueuse des libertés. Les procédures pénales d’exception seront limitées ; une réforme de la procédure pénale sera engagée pour renforcer les droits de la défense et mieux garantir la présomption d’innocence. Le juge des libertés et de la détention bénéficiera d’un véritable statut. Le juge d’instruction travaillera en collégialité. Nous interdirons les poursuites sur dénonciation anonyme.

Nous rendrons la justice responsable et indépendante. Le parquet, responsable de la mise en œuvre de la politique pénale définie par le pouvoir politique, sera mis à l’abri des pressions, notamment par la suppression des instructions individuelles. La composition du Conseil Supérieur de la Magistrature sera modifiée pour garantir son pluralisme et un équilibre entre magistrats et non-magistrats. Ses attributions seront étendues. Il sera consulté sur les aspects essentiels du fonctionnement de la justice ainsi que sur les projets de réforme la concernant, et aucune nomination de magistrats ne pourra intervenir sans avis favorable. Nous améliorerons le système d’évaluation du service public de la justice en mettant en place un mécanisme permettant aux justiciables d’adresser au Conseil Supérieur de la Magistrature des plaintes visant le comportement d’un magistrat.

Nous présenterons une nouvelle loi pénitentiaire qui donnera davantage de moyens à l’administration pour lutter contre la surpopulation carcérale, pour améliorer la qualité des soins, pour favoriser l’effectivité des petites peines en milieu ouvert, pour permettre la réinsertion à la sortie de prison.

La France à récemment été mise en accusation pour la tenue pitoyable de ses établissements pénitentiaires. Un pays qui se présente comme celui des Droits de l’Homme et du Citoyen ne peut accepter d’être répertorié juste avant les prisons de Moldavie.

Aussi afin que notre pays offre des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine, nous présenterons une nouvelle loi pénitentiaire qui donnera davantage de moyens à l’administration pour lutter contre la surpopulation carcérale, pour améliorer les conditions de détention, pour assurer : la qualité des soins, la surveillance médicale et le suivi psychologique des détenus.

Les détenus mineurs au moment de leur incarcération ne le seront plus avec des détenus adultes. Les Centres d’Education Fermés (C.E.L) seront repensés pour disposer de capacités d’accueil supérieures.

Les établissements pénitentiaires feront l’objet d’un contrôle assidu et permanent concernant l’hygiène et l’accès aux moyens de prévention de maladies sexuellement transmissibles.

Afin de désengorger les prisons et afin de favoriser l’effectivité des petites peines en milieu ouvert, un vaste programme de bracelets électroniques sera engagé.

Si le droit des victimes doit être assuré par une juste reconnaissance des peines infligées aux détenus, ces derniers doivent pouvoir conserver en prison une dignité et un respect d’eux-mêmes essentiel pour un retour à leur vie de citoyen et à leur réinsertion.

En dehors des détenus condamnés pour des actes de terrorisme ou pour des crimes de sang, le transfert vers des établissements plus proches de leurs familles doit être largement développé.

Afin de faciliter une réinsertion réussie à leur sortie, les détenus doivent accéder plus largement à : la culture, à l’enseignement et au travail. L’Enseignement Professionnel à distance doit être favorisé.

Le Parlement s’engagera à déléguer plusieurs fois par an des missions Parlementaires chargées de constater le respect des dispositions prononcées. Dans le même temps, les établissements pénitentiaires devront accueillir loyalement les représentants internationaux (Conseiller Européen aux Droits de l’Homme) et les associations (comme Ban Public) soucieuses de constater les conditions de vie des détenus français.

 

--Nous reverrons la procédure d'instruction dont OUTRAU a montré les limites

V L’Egalité active 

L’égalité ne doit pas être qu’un principe, elle doit être prolongée dans les faits par une politique de lutte active contre les discriminations liées à l’origine géographique, sociale, à l’orientation sexuelle, au handicap, à la santé et ce, à tous les niveaux de la vie en société : à l’école, dans l’entreprise, dans les quartiers et dans l’accès au service public.

A La place des femmes dans notre société

Avec l’adoption de la loi sur la parité, nous nous sommes engagés à faire en sorte que les femmes soient traitées à l’égal des hommes dans tous les champs de la vie : professionnel, familial et politique. Cet objectif n’est toujours pas atteint. Il faut donc accélérer la marche.

Dans la famille, chaque enfant doit pouvoir accéder à un mode de garde pour permettre aux parents qui travaillent de retrouver leur activité.

Dans l’entreprise, les inégalités persistantes de salaires, à qualification égale, entre les hommes et les femmes seront combattues d’abord par l’application ferme de la loi. Les victimes de la violation de ce principe doivent être conseillées et aidées pour pouvoir engager une action en responsabilité contre l’employeur la personne qui abuse, avec le soutien des inspecteurs du travail.

Au sein du couple, la lutte contre les violences faites aux femmes doit faire l’objet d’une grande loi inspirée du dispositif espagnol qui prévoit un arsenal de mesures de prévention, de durcissement des peines, d’aide à la réinsertion, de coordination judiciaire, de protection des victimes et d’aide sociale.

Au sein de nos institutions. Le non-respect de la parité par les partis politiques, doit faire l’objet d’une réelle dissuasion. A cet effet, les dotations publiques aux formations politiques contrevenantes seront supprimées.

B Des politiques spécifiques pour restaurer l’Egalité républicaine

Dans l’entreprise. Nous favoriserons l’insertion professionnelle des publics discriminés en cherchant, avec les partenaires sociaux, à développer le recours au CV anonyme, au recrutement sur compétences et par tests d’habileté. Nous organiserons, avec les partenaires sociaux, la mise en place d’un contrôle collectif des procédures d’embauche. Nous mettrons en place un bilan de l’égalité dans les grandes entreprises privées et publiques comme dans les administrations. Le volet territorial du bilan de l’égalité favorisera l’emploi de salariés domiciliés dans les territoires les plus défavorisés. qui dresse des statistiques en fonction du domicile des salariés.

Dans les institutions. Nous réformerons la HALDE  en lui assurant une meilleure représentativité, en développant ses missions de prévention des discriminations et de promotion de l’égalité, en renforçant ses moyens d’action et de sanction, en créant des antennes locales. Nous créerons dans les villes moyennes et les grandes villes un relais municipal de lutte contre les discriminations ayant d’abord une fonction de médiation

le pouvoir d’action et de sanction de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) en encourageant la constitution de comités locaux de lutte contre les discriminations.

Dans le couple. Nous améliorerons le PACS en matière d’inscription à l’état civil, de régime des biens, de droits de succession, de droit au logement, de droits sociaux. Le mariage civil et le droit à l’adoption seront ouverts aux couples de même sexe.

Pour le Handicap. Nous ferons de l’intégration scolaire  une priorité : la règle doit être l’intégration en milieu ordinaire, les structures spécialisées l’exception, lorsque le handicap ne la rend réellement pas possible. Nous agirons pour que les personnes handicapées puissent exercer tous leurs droits de citoyens comme, le droit aux transports en commun, aux loisirs, qu’ils bénéficient tous du droit du travail, de tous les services publics, de la culture, du sport. Nous revaloriserons les allocations et compensations pour que les personnes handicapées puissent vivre décemment sans surcoût lié au handicap. Enfin, chaque loi votée devra prendre en compte le handicap, ce qui fera l’objet d’une réforme constitutionnelle.

Pour la lutte contre la prostitution et le proxénétisme. Au rang de la lutte contre toutes les formes d’exploitation commerciale de la personne humaine en général et des plus faibles en particulier, nous considérons que la prostitution et son organisation à travers des réseaux mafieux doivent être sévèrement combattues en mettant en cause, notamment, la responsabilité des clients.

C Le service civique obligatoire

Parce que la citoyenneté est aussi un équilibre entre les droits et les devoirs, les socialistes proposent un service civique obligatoire pour tous les jeunes gens, et toutes les jeunes filles.

Outil pour recréer un sentiment d’appartenance et d’identité, le service civique doit être consacré à des missions d’intérêt général pour favoriser les échanges entre tous les Français. Il rendra des services d’utilité collective à la Nation (accompagnement scolaire, aide aux personnes âgées, sécurité civile, action pour l’environnement, missions humanitaires). Il se doit d’être universel pour unir la communauté nationale autour des valeurs communes de solidarité et de fraternité.

Il doit être un contrat entre un jeune, de 18 à 25 ans, et l’Etat. Les jeunes de nationalité étrangère résidant en France pourront y participer sur la base du volontariat s’ils entendent demeurer durablement dans notre pays. Ce service dure 6 mois, peut être effectué soit en une seule fois, soit d’une manière fractionnée, pour des missions d’intérêt général. Pendant la durée du service, les jeunes bénéficieront d’une indemnité.

C La place des enfants dans notre société

Il faut constater que tout à évoluer dans notre société,

Droit de l’enfant.

Droit de l’adolescent

Droit du jeune adulte.

Les personnes prennent leur autonomie progressivement ; autonomie financière, choix de vie, éttude/travail … Il faut adapter le parcours d’entrée dans l’age adulte.

VI L’immigration partagée

L’immigration est un atout pour notre pays, à condition qu’elle soit maîtrisée, qu’elle s’accompagne d’une politique d’accueil et d’intégration efficace et qu’elle s’appuie sur un véritable partenariat avec les pays d’origine. Les socialistes combattent depuis toujours la méfiance de l’autre et encore pire, la haine de l’autre.

Nous reviendrons sur les dispositions des lois Sarkozy qui ont précarisé la situation des immigrés installés depuis longtemps dans notre pays. Nous restaurerons la possibilité de régularisation après 10 ans de résidence.

Nous mènerons une politique de fermeté à l’égard de l’immigration illégale. Notre pays ne peut accueillir tous ceux qui le souhaitent. Il nous faut par conséquent dissuader l’immigration illégale et démanteler les filières mafieuses (augmentation des moyens de l’inspection du travail et aggravation des peines encourues pour les employeurs en infraction).

Nous serons à l’initiative d’une politique européenne pour créer une police commune présente aux frontières extérieures de l’Union.

Nous bâtirons un projet migratoire individuel pour une insertion réussie. Ce contrat permettra l’accompagnement personnalisé de l’étranger au moment de son arrivée sur le territoire français, avec la création d’un guichet unique d’accueil et d’insertion. Le régime des cartes de résidence assurera une plus grande stabilité du séjour aux étrangers. A cet effet, nous rationaliserons les administrations en charge de l’accueil des immigrés.

Ce projet migratoire contiendra en contrepartie de l’accompagnement personnalisé, l’engagement au minimum d’apprendre notre langue et de suivre une présentation citoyenne de nos règles et principes communs. Cela pour tous les immigrants exceptés les réfugiés politiques.

Nous rendrons plus simple et plus solennelle l’accession à la nationalité française : une journée du citoyen rassemblera chaque année dans chaque mairie les Français lorsqu’ils atteignent l’âge de la majorité ou quand ils sont naturalisés. A cette occasion, les principes fondamentaux de la république seront rappelés.

Nous veillerons au respect effectif du droit d’asile en assurant aux réfugiés statutaire un accompagnement individualisé pour améliorer leur situation.

Nous accorderons une attention particulière à la place des femmes dans les processus d’insertion des migrants car elles jouent un rôle déterminant dans la transmission du langage, de la culture, et des valeurs et peuvent transmettre à leur famille les points de repères indispensables pour une intégration réussie.

Nous construirons un partenariat avec les pays d’origine fondés sur le co-développement, l’immigration partagée, en multipliant les possibilités d’aller et retour, en favorisant l’investissement dans les pays d’origine mais aussi avec la signature d’accords de réadmission des immigrants illégaux dans les pays d’origine, des relations de coopération étroite doivent s’installer avec ces pays. Un grand plan européen à destination de l’Afrique devrait ainsi permettre de relancer le projet de Banque Euro-Méditerranée ou Européenne.

 Nous devrons accentuer la présence des écoles et lycées français à l’étranger, y garantir un accès aux populations locales afin de développer la présence française, participer à la source au développement des pays d’émigration et créer des emplois par les nouveaux postes ainsi créées.

 

VII La culture émancipatrice

A La culture

Comme l’éducation et la santé, la culture joue un rôle central dans notre société. Elle est un outil privilégié d’émancipation et de rassemblement.

Nous veillerons à ce que le financement de la création soit préservé et adapté au numérique et à l’internet. Les auteurs et les créateurs doivent être rémunérés pour leur travail. De nouvelles sources de financement seront recherchées en mettant à contribution les principaux bénéficiaires de la création (Fournisseurs d’accès internet, opérateurs de téléphonie, fabricants de logiciels et de matériels). Une nouvelle loi d’adaptation du droit d’auteur à l’ère numérique sera mise en chantier, après un vaste débat public

Nous veillerons au renforcement des moyens budgétaires afin qu’ils retrouvent les plus hauts niveaux connus sous la gauche depuis 1981. Nous veillerons au renforcement des moyens budgétaires afin qu’ils retrouvent et dépassent les plus hauts niveaux connus sous la gauche depuis
1981. Nous rénoverons le service public de la culture : création, patrimoine, formation.

Nous favoriserons et développerons l’emploi culturel, car c’est en investissant dans l’immatériel, l’innovation et la création que nous créerons les emplois de demain dans un secteur où se dérouleront les grandes batailles politiques et économiques à venir.

Nous veillerons au respect de la loi sur les intermittents du spectacle et établirons une loi programme sur le spectacle vivant.. Après concertation, ous consoliderons le régime des intermittents du spectacle au sein du régime général d’assurance-chômage, et établirons une loi de programme sur le spectacle vivant.

Nous lancerons un programme « diversité et territoire », en favorisant l’accès de tous à la culture, et en assurant un soutien financier aux projets culturels émergents dans les environnements urbains les moins favorisés (microcrédits) ainsi qu’aux lieux de proximité (médiathèques, salles de musiques…).Nous renforcerons les mouvements d’éducation populaire. La capacité d’accueillir des cultures qui reflètent la diversité des origines au sein de la société française est un enjeu majeur de cohésion
sociale

Nous engagerons un nouveau plan de généralisation de l’éducation artistique à l’école, du primaire à l’université, et nous construirons une véritable éducation à l’image, dispensée dans le cadre scolaire, permettant de développer l’esprit critique face à l’image.

Nous favoriserons l’accès de tous à la culture, notamment par les réseaux numériques, par une présence de médiathèques sur l’ensemble du territoire, en priorité dans les zones les moins favorisées.

La multiplication des chaînes de télévision, l’émergence d’une société de l’image ont un impact grandissant sur les citoyens, particulièrement les plus jeunes. Il faut donc construire une véritable éducation à l’image, dispensée dans le cadre scolaire, permettant de construire un esprit critique face à l’image.

Nous assurerons un soutien financier aux projets culturels émergents dans les environnements urbains les moins favorisés (microcrédits) ainsi qu’aux lieux de proximité. La capacité d’accueillir des cultures qui reflètent la diversité des origines au sein de la société française, est un enjeu majeur de cohésion sociale.

Nous reconnaîtrons les nouvelles formes de création artistique, en soutenant « les nouveaux territoires de l’art » et le croisement des disciplines, ainsi que le rapprochement entre les arts et les sciences, et nous stimulerons la production indépendante dans l’audiovisuel, le cinéma, la musique.

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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 13:35

Publié dans : projet socialiste 2006
Nous reconnaîtrons les identités culturelles régionales, comme prévu par la Charte du Conseil de l’Europe sur les langues régionales. Nous proposerons une politique culturelle européenne qui puisse bénéficier, sur cinq ans, d’un pourcentage significatif du budget de l’Union Européenne. Nous redéfinirons le projet culturel extérieur de la France

B Les médias

La situation actuelle est paradoxale, d’un côté, la diversité s’accroît et Internet favorise même l’individualisation de la communication, de l’autre côté, la concentration augmente et la confusion des intérêts économiques et politiques ne se dément pas.

Nous favoriserons un audiovisuel public fort pour une télévision de qualité où le pluralisme de l’information sera restauré. Ce qui suppose une redéfinition du cahier des charges et des contrats d’objectifs et de moyens des chaînes publiques. Il faudra veiller à ce que les ressources propres de la télévision publique soient placées à un niveau suffisant pour leur permettre de répondre à ces missions. Nous instaurerons une taxation des recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l’audiovisuel public.

Nous réformerons le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour renforcer son indépendance et son pouvoir de régulation des médias et des nouveaux supports. Les membres de cette instance seront désignés par la représentation nationale à une majorité des 2/3. . Six des 9 membres de cette instance seront désignés par la représentation nationale à une majorité des 2/3. Les trois autres membres seront élus par des professionnels dans un collège unique. Le C.S.A désignera en son sein son président, pour 1 mandat non renouvelable.

Nous proposerons une loi pour limiter les concentrations horizontales et verticales dans le domaine de la presse, des médias et des industries culturelles, une refonte des aides publiques à la presse, la mise en place d’une chaîne publique d’information, le développement du soutien aux télévisions citoyennes de proximité, et la création de plateformes numériques publiques pour une offre en ligne attractive et de qualité. Nous créerons une société nationale des journalistes qui veillera au respect de l’indépendance des journalistes.

VIII Le Sport pour tous

Nul ne doit être empêché de faire du sport en raison de son origine sociale, de son âge ou de son lieu d’habitation. L’enjeu que représente la pratique sportive dans nos sociétés contemporaines est considérable car elle est un formidable outil de cohésion et d’intégration sociale. Source d’épanouissement individuel et vecteur de valeurs collectives, le sport a vocation depuis l’origine, à rassembler : il peut -et doit- être une école de la vie en groupe, favorisant l’épanouissement des idéaux de respect, de tolérance, de générosité et de dépassement de soi. C’est aussi un facteur important de la santé publique, par exemple face au phénomène préoccupant de l’obésité des enfants ou des dangers des maladies cardio-vasculaires.

 Nous encouragerons particulièrement le mouvement associatif sportif pour le rôle qu’il joue dans l’épanouissement des individus et de la vie sociale. Le Conseil national du développement du sport devra favoriser l’équité entre tous les territoires en élaborant un véritable contrat de plan sportif entre l’Etat, les collectivités territoriales, les fédérations sportives et le Comité National Olympique et Sportif Français pour diffuser la pratique du sport dans toutes les catégories de la population, aussi bien en milieu rural qu’urbain.

Nous renforcerons le service public du sport en augmentant sensiblement les moyens budgétaires consacrés au sport et soutiendrons notamment le développement du sport féminin et du handisport. La place du sport scolaire et universitaire sera revalorisée pour promouvoir chez les jeunes le goût de la pratique sportive et les valeurs du sport.

Nous procurerons aux sportifs de haut niveau les moyens de défendre au mieux les couleurs de la France, dans les compétitions internationales, avec une attention particulière pour leur formation en vue de leur reconversion.

Partie IV Faire reussir la France en Europe et dans le monde

La France a un rôle majeur à jouer dans le monde mais aujourd’hui son influence régresse. La droite mène une politique confuse qui oscille d’une position à l’autre. Elle n’a pas non plus convaincu en Europe.

Nous vivons dans un monde qui connaît d’importantes évolutions  : l’émergence de grandes puissances politiques et économiques en Asie avec la Chine et l’Inde, la nouvelle donne en Amérique Latine, l’enfoncement dans la crise de beaucoup de pays africains, les conflits présents et à venir pour l’énergie, les menaces sérieuses sur les équilibres écologiques, l’existence d’un terrorisme mondial, les contradictions aiguës de l’hyper puissance américaine, la réalité d’une Europe composée de 25, bientôt 27...

I Relancer l’Europe

A Redéfinir son projet et ses frontières

L’Europe est aujourd’hui en panne. . Le cours trop libéral imprimé à la construction européenne La confusion entre des conséquences d’un élargissement non maîtrisé, une croissance essoufflée et des enjeux nationaux utilisés en embuscade en a ont obscurci le projet d’une intégration solidaire. Ses institutions ne sont pas adaptées à une Union à 25 Etats membres. Elle ne dispose pas d’un budget à hauteur de ses ambitions. Elle souffre d’un déficit démocratique et social. 

Pour autant, l’Union Européenne demeure un outil majeur pour maîtriser notre avenir. Sa construction aujourd’hui passe par des coopérations renforcées, dans de nombreux domaines qui évitent une conception figée autour d’un « noyau dur » :

Pour les questions économiques et sociales, l’harmonisation fiscale, la convergence des politiques budgétaires, nous devons partir de la zone euro. Nous souhaitons que les critères du pacte de stabilité et de croissance soient revus.

Nous ferons de l’hamonisation fiscale une de nos priorités en commençant par les charge sur l’emploi et les salaires.

Pour la politique de défense, avec l’installation d’une agence de l’armement, le triangle France/Allemagne/Grande-Bretagne peut être moteur, avec tous ceux qui le veulent.

Mais, la crédibilité même de l‘Europe exige une clarification et une définition de ses frontières. L’élargissement doit dans un premier temps se limiter à l’examen des candidatures actuelles dans le respect des critères exigés, qu’ils soient démocratiques, économiques ou sociaux. Au-delà des frontières de l’Union, peut être proposé un partenariat stratégique aux Etats voisins, et notamment aux pays de la rive Sud de la Méditerranée.

 

La définition durant la mandature du parlement européen d’un impôt européen spécifique dont les fonds seront consacrés dans un 1er temps aux 4 piliers suivants : la recherche et l’innovation, les infrastructures, l’aide au développement et l’aide aux territoires en reconversion. Le contrôle du parlement européen serait renforcé dans ces domaines.

 

B Relancer la dynamique européenne

Un Président de gauche aura en 2007 à proposer un plan de relance européenne qui s’articulera autour des principes suivants :

NOUS REVERRONS LES PRIORITES DU BUDGET EUROPEEN (sans nécessairement l'augmenter ) pour accroître la part consacrée à la recherche et à l’innovation, (qui ne doit pas faire partie des dépenses prises en compte par les critères de Maastricht), pour développer les infrastructures de transport, respectueuses de l’environnement, pour une politique industrielle promouvant des pôles et des secteurs compétitifs.

Une priorité pour le plein emploi qui doit inspirer les politiques de la zone euro mais aussi de la Banque Centrale Européenne, dont les statuts devront être révisés.

Un Traité social, pour harmoniser par le haut les droits sociaux dans l’Union et une directive cadre sur les services d’intérêt général garantissant le développement des services publics en Europe.

Une meilleure protection de l’Union dans une concurrence commerciale désormais mondiale en établissant des règles sociales et environnementales applicables aux produits importés – ce qui suppose un débat sur les règles de l’OMC - et en unifiant la représentation de l’Union Européenne dans les institutions financières internationales. Il faut mettre en œuvre des instruments capables de mieux protéger l’industrie européenne et son avenir notamment contre les délocalisations extra-européennes. Cette exigence appelle un renforcement du tarif extérieur commun. Enfin, nous devons être à l’origine d’un projet fiscal fondé au départ sur la détermination de règles d’harmonisation entre les pays de la zone euro.

C Elaborer un nouveau Traité constitutionnel

L’Europe élargie ne pourra demain décider de façon efficace et peser dans le monde qu’avec d’autres institutions que celles du Traité de Nice. Nous refuserons une ratification du Traité Constitutionnel Européen tel qu’il a été rejeté le 29 mai, même s’il est accompagné d’un nouveau préambule. Nous proposerons l’élaboration d’un Traité strictement institutionnel qui organisera efficacement les pouvoirs, avec un Parlement Européen exerçant ses pleines responsabilités législatives et budgétaires, un Président de la Commission élu par le Parlement, un Conseil Européen, avec à sa tête un Président de l’Europe. Une fois renégocié un tel traité sera soumis au peuple par référendum.

II Maîtriser la mondialisation

La mondialisation, multipliant les échanges, est à la fois un principe de développement et une source possible d’inégalités grandissantes. Ce qui rend nécessaire un travail de régulation devant être mené autant par des instituions internationales rénovées que par la mobilisation accrue des acteurs de la société civile. fait mais son cours libéral actuel n’est pas une fatalité.

Nous mènerons trois combats :

A Réformer la gouvernance mondiale

Dans le cadre de la réforme des Nations-Unies, nous proposerons la mise en place d’une « ONU économique ». Un Conseil mondial du développement durable devra assurer la primauté des droits fondamentaux, sociaux et environnementaux, dans le cadre d’une nouvelle hiérarchie aux normes internationales. Il coordonnera l’action des institutions internationales au service du développement. Tous les continents devront y être représentés.

Nous proposerons de réformer de l’OMC pour qu’elle soit plus transparente, plus démocratique et plus soumise au respect des normes sociales et environnementales. Les politiques commerciales doivent avoir pour priorité le développement.

Nous proposerons de réformer le FMI et la Banque mondiale, pour placer la lutte contre la pauvreté et l’accès aux biens publics au cœur de leurs missions en remettant en cause la politique de conditionnalité.

Nous souhaitons renforcer les pouvoirs de l’Organisation Internationale du Travail, la promotion des normes sociales internationales, des libertés syndicales et du travail décent sur tous les Continents.

Nous serons à l’initiative de la création d’une organisation mondiale de l’environnement en charge notamment de la mise en œuvre du protocole de Kyoto et de la protection de la biodiversité.

B Combattre les effets du capitalisme financier

Lutter contre le blanchiment d’argent sale et contre les paradis fiscaux en cherchant un accord international pour, à terme, faire disparaître cette pratique. Il importe de commencer, par interdire en Europe le secret bancaire et les zones à fiscalité privilégiée, comme le Luxembourg, la Suisse, ou Monaco.

Mettre en place une taxe internationale de type « Tobin » au terme d’une action concertée avec tous les pays où se situent des places boursières et financières.

L’octroi de subventions publiques aux entreprises cotées en bourse sera subordonné à l’engagement du bénéficiaire de ne pas réaliser de plan de licenciement alors qu’ils a dégagé des profits substantiels.

C Assurer le financement du développement

Nous présenterons une proposition d’annulation totale de la dette des pays les plus pauvres. L’aide publique au développement réelle sera progressivement portée à 0,7 % du PIB. Cet effort doit privilégier l’éducation, la santé et les infrastructures. Ses modalités devront changer pour utiliser davantage des formules multilatérales et s’appuyer plus sur les ONG qui sont sur le terrain. Ses critères également : transparence, respect des Droits de l’Homme, lutte contre la corruption.

De nouvelles ressources seront dégagées pour financer les biens publics mondiaux. La taxe sur les billets d’avion doit être généralisée et étendue à d’autres domaines : une taxe sur le budget publicitaire des laboratoires pharmaceutiques, une taxation des émissions de carbone.

Un effort de grande ampleur doit être fait pour aider les pays du Sud à se doter de politiques de santé efficaces. Les pandémies comme, le sida, la malaria, les risques de grippe aviaire, exercent des effets ravageurs. Trois priorités s’imposent : un accès plus aisé aux médicaments génériques, la création d’un fonds public mondial pour assurer une santé de base universelle, un droit de solidarité en matière sanitaire.

III La France dans le monde

Notre politique extérieure, sans méconnaître les réalités internationales et les intérêts nationaux, sera guidée par des principes : le respect des Droits de l’Homme, le contrôle de la prolifération nucléaire, le règlement des conflits dans le cadre de l’ONU.

Il nous faut affirmer la vocation européenne de notre diplomatie. Dans certains domaines, la politique européenne doit être le vecteur majeur de notre action. Ainsi, pour notre politique africaine : l’invention d’une autre voie, rompant avec la « France/Afrique », fondée sur l’essor de la coopération économique, la présence accrue de l’Europe, le développement de la francophonie doit être à l’ordre du jour. Il ne s’agit pas d’abdiquer nos responsabilités mais de leur donner une autre dimension, et finalement, plus d’efficacité.

Notre politique étrangère doit privilégier trois horizons ; la politique d’aide au développement ; le renforcement de la dimension méditerranéenne ; une présence plus active à l’Est de l’Europe où la diplomatie de Jacques Chirac depuis 2002 nous a fait perdre beaucoup de temps et de terrain.

Nous devons refonder une relation différente avec les Etats-Unis. L’atlantisme à la britannique, celui dont a fait preuve jusqu’à l’absurde Tony Blair dans l’affaire irakienne, n’a pas de sens, mais l’anti-américanisme de principe -souvent rhétorique- est une impasse. La seule issue repose, en fait, sur une nouvelle relation avec les Etats-Unis, fondée sur le dialogue et la légitime confrontation des intérêts et des analyses.

Nous devons aussi accroître les moyens et rendre plus efficient notre présence dans le monde à travers, nos représentations consulaires, nos actions éducatives et donner une représentation aux français de l’étranger au parlement européen.

Cela se traduit par :

  • la croissance régulière des moyens dédiés aux consulats et aux PEE sur trois années consécutives minimum ;

  • la création pour les meilleurs élèves étrangers de nos écoles à l’étranger, d’un système de bourses d’excellence ;

  • la mise en œuvre d’une véritable indemnisation solidaire sur les biens personnels pour les français en cas de pertes liées a des troubles ou spoliations injustifiées ;

  • la création pour les français établis hors de France d’une circonscription électorale spécifique lors des élections européennes afin d’élire 2 députés pour les représenter.

 

IV Pour une nouvelle politique de défense

Aujourd’hui, le désordre mondial est marqué par de nouvelles menaces : le terrorisme, mais aussi les risques croissants de prolifération nucléaire. Celles-ci s’ajoutent aux risques plus traditionnels qui n’ont pas disparu, même si la construction Européenne et son élargissement nécessaire à l’Est contribuent puissamment aux conditions d’une paix durable sur notre continent.

Dans ce contexte, nous devons promouvoir une politique de défense, clairement assumée au service de la démocratie et de la paix.

La politique de défense de la France passe par une inscription résolue dans une politique européenne de sécurité et de défense avec des coopérations fortes, en termes d’équipements, de développement technologique et d’industries d’armement, ce qui constitue une perspective d’avenir plus porteuse que l’OTAN. Elle doit aussi amener à une normalisation de nos relations militaires avec les pays Africains, tenant compte de deux exigences : le partenariat européen, la volonté des peuples africains.

Elle appelle un nouveau modèle d’armée, intégrant une reconfiguration de l’armée de terre, et une rationalisation des programmes d’investissements. Pour autant, il n’est pas question de « désarmer », en une période où nos concitoyens, à juste titre, perçoivent le monde comme plus dangereux et plus menaçant. La dissuasion nucléaire doit rester dans une logique d’interdiction de l’agression contre nous-mêmes et nos partenaires de l’Union Européenne. Elle repose sur des procédures indépendantes.

La professionnalisation de nos armées impose un lien fort entre la Défense et la Nation. Celui-ci pourrait se matérialiser par un volet « défense » du service civique obligatoire pour tous les jeunes âgés de moins de 25 ans.

Dans le même ordre d’idée, il faut concevoir une profonde rénovation du statut de militaires, susceptible de les reconnaître à la fois comme professionnels responsables et comme citoyens.

*

* *

 

Notre projet est construit autour de valeurs qui peuvent rassembler les Français. Il répond à l’urgence sociale avec les mesures qu’il faudra prendre dès 2007 et s’inscrira dans la durée avec les réformes qu’il faudra mener sur plusieurs années.

 

Notre projet conjugue volonté et crédibilité.

Ainsi, un des objectifs de la mandature socialiste sera la maîtrise de la dette publique. Ce n'est pas la variable d'ajustement du budget. Elle ne doit plus financer le fonctionnement de l'Etat. Notre programme sera budgétisé en tout point de façon sincère. Des moyens seront par ailleurs dégagées par la nécessaire rationalisation des dépenses publiques, qui impliquera parfois des redistributions ou diminution d'effectifs, d'autan plus que les collectivités locales recrutent avec la décentralisation.

Il faut avoir l’honnêteté de regarder la réalité en face : la situation laissée par la droite qui a creusé la dette et multiplié les cadeaux fiscaux à ses clientèles électorales ne rendra pas la tâche facile.

Néanmoins, les marges existent. D’abord la croissance durable qui dégagera des ressources nécessaires pour créer des emplois, réduire les déficits et garantir la protection sociale. Rien n’interdit en effet que la croissance soit plus rapide en France que chez nos partenaires de la zone Euro. Ce fut le cas entre 1997 et 2002. Ensuite, des moyens supplémentaires seront fournis par la modification de la structure des recettes : gestion plus rigoureuse des exonérations de cotisations sociale prenant en compte leur efficacité sur l’emploi, annulation de la baisse annoncée de l’impôt sur le revenu pour les plus favorisés et les multiples entorses à la progressivité de l’impôt, nous fournira des moyens supplémentaires. Dans le même temps, nous ferons en sorte que la dépense publique soit plus efficace et mieux contrôlée.

Enfin, nous hiérarchiserons dans le temps nos priorités : en premier lieu les dépenses d’investissement pour entrer de plain pied dans l’économie de la connaissance et amorcer ainsi un cycle vertueux de création de richesses. Et, simultanément, nous prendrons en charge les questions structurelles de l’emploi, de la santé, des retraites. Il est des réformes coûteuses à court terme, mais qui sont aussi source d’équilibres financiers soutenables à moyen terme.

Notre projet repose sur une nouvelle démarche : nous voulons donner toute sa place au Parlement, au dialogue social et au débat public. La démocratie politique, sociale et locale est un instrument essentiel de la réussite. Elle en est même la condition. Nous avons besoin d’une cohérence dans l’action nationale et locale. Elle sera d’autant plus efficace que les socialistes exercent des responsabilités majeures dans les Régions et les départements.

Enfin, notre projet a tiré pleinement les leçons des expériences de la gauche au pouvoir, des avancées nombreuses et des échecs que nous avons su analyser sans complaisance. Aujourd’hui, nous avons le devoir de redonner confiance aux Français. Nous avons bâti nos propositions pour répondre à l’intérêt général, car c’est l’avenir dont nous avons le souci et la passion.

Le pragmatisme assumé, la responsabilisation de tous les acteurs sociaux et l’extension des libertés doivent constituer le socle de notre méthode. Sans nous départir d’une part d’utopie, comme de notre esprit européen et internationaliste nous saurons rassembler autour de nous, ceux et celles qui avec humilité, courage parleront vrai afin de réussir ensemble à redevenir les acteurs de la transformation sociétale française.

Laissons à la Droite l’hypocrite projet de la « France d’après » et portons sans faille notre volonté de changement dans l’écoute et le partage citoyen. Tel est notre projet collectif qui permettra de redevenir audible et d’emporter la confiance de la majorité la plus large possible de nos concitoyens.

Et c’est le progrès qui demeure notre ambition et notre horizon.

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