Dernier livre de Michel Rocard : Peut-on réformer la France ?

Publié le par Réformisme et rénovation

Après le formidable " Si la gauche savait..." , voici un nouveau livre auquel participe Michel Rocard.

 

Ma note de lecture vient d’être reprise sur :

http://toulouse.avecdsk.net/index.php?2006/10/12/59-note-de-lecture-de-leoneck-kierzkowski

Note de lecture de Léoneck Kierzkowski

« PEUT-ON RÉFORMER LA FRANCE ? » par Frits Bolkestein et Michel Rocard Éditions Autrement, collection Frontières. Septembre 2006. 13 € Petit livre de 124 pages, vite vu, vite lu. Pas indispensable mais utile.

Le choix de ces entretiens entre Frits Bolkestein, Commissaire Européen, auteur de la fameuse directive sur les services, et Michel Rocard, fondateur du PSU, père de la Nouvelle Gauche, Premier Ministre sous F. Mitterrand, impose un style un peu artificiel et passablement lassant. Les deux compères se passent l’encensoir et les burettes avec complaisance.

À mi-lecture, j’ai hésité à abandonner malgré quelques fulgurances.

Dans la préface rédigée par F.B. : « Michel Rocard…m’a surtout semblé préoccupé par la protection sociale. C’est naturel :il est socialiste. Quant à moi, je suis un homme politique libéral… Mais tandis que la conception de l’État est toujours vue de manière optimiste chez les socialistes, celle des libéraux se teinte davantage de pessimisme ou de circonspection. C’est pour cela que nous autres libéraux voulons restreindre le pouvoir de l’État au strict nécessaire ».

Voilà un raccourci qu’il m’ôte de la bouche !

S’en suivent quelques échanges à fleurets mouchetés sur la décadence de la France, son rejet du TCE. Et en termes de conclusion, M.R : « C’est vrai, mais il faut toujours inventer, innover. Moi je suis citoyen français, je suis donc le fils du deuxième pays le plus arrogant de toute l’Europe après le Royaume-Uni ».

Plus loin, M.R. tente d’expliquer le faible taux de syndicalisation en France : « (Crée) en 1898… la CGT se déclarera anarcho-syndicaliste… (elle) est née révolutionnaire, nous n’en sommes toujours pas sortis … Notre drame social ? Nous sommes le seul pays d’Europe où nous ne nous parlons pas».

Dans la deuxième partie du livre, le dialogue abandonne les combats de chiffres et recherche des explications plus culturelles. Sur les intellectuels de gauche et l’économie, M.R. : « ..je suis plutôt d’accord avec ce rejet des donneurs de leçons qui ne savent pas de quoi ils parlent. Dans la gauche française, cela nous a fait un mal considérable…Depuis 1934-1945, depuis l’installation au pouvoir de Maurice Thorez dans le Parti communiste français… il y a eu un silence théorique assourdissant… Ainsi notre culture générale de l’économie fut-elle dominée par le PCF et la CGT… Un journal comme Le Monde porte une grande responsabilité dans cette situation…La vulgate de cette culture peut se formuler ainsi : Les patrons peuvent payer, l’État peut payer, il n’y a qu’à demander ». Et, un peu plus loin, M.R. se lance dans l’histoire de l’humanité (converti au créationnisme ? ) : « Sur ces 6 000 ans, 5 800 ans ont vu l’homme manger ce que produisait la terre ; ce fut un monde où, en dehors de quelques prêtres et de quelques rois, tout le monde vécut dans des conditions de pauvreté extrême et effroyable. Nous sommes sortis de cela grâce au capitalisme. Et je crois que l’homme qui a été le plus capable d’écrire… pour changer le monde s’appelle Karl Marx ».

En conclusion, donc, un livre pas indispensable, mais « On ne fréquente jamais impunément Michel Rocard, on en ressort toujours un peu moins C.. ».

Léoneck Kierzkowski, militant de la section Toulouse XII.

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Pablo 09/11/2006 22:50

Je viens de terminer le livre débat entre Rocard et Bolkenstein et j'ai été assez déçu : 116 pages à peine, caractère 11 plus interligne,  une 20aine se résumant à tirer des bouts de phrase clés des 2 intervenants. Ca va que c'est 12 euros et quelques, m'enfin...
Heureusement que le fond est de qualité, traitant de nombreux sujets et mettant en évidences les points communs comme les profondes divergences entre les 2 hommes. Encore une fois Rocard a montre le côté noble de la politique en débattant avec sincérité avec l'adversaire. Une leçon de démocratie....