Pour un service civil obligatoire et mixte

Publié le par Réformisme et rénovation

LE SERVICE CIVIQUE OBLIGATOIRE & MIXTE
Version v3

Le Service Militaire fut, pour des générations, l’occasion bien involontaire de mixité sociale et de solidarité. Les jeunes de toutes origines s’y rencontraient sur un pied d’égalité, tout au moins pendant les deux premiers mois dits de « classes ». Des amitiés éphémères s’y créaient. C’était, pour bon nombre, l’opportunité de découvrir « l’autre », ses problèmes, ses différences.
Le 22/02/1996 Jacques Chirac annonce sa décision de professionnaliser les armées. Après bien des péripéties le 27/06/2001 le Conseil des Ministres lance un décret mettant fin à la conscription, libérant ainsi les jeunes générations d’une contrainte perçue comme très pénalisante. Par contre elle dispense de cette phase de brassage social et républicain. La scolarité prolongée était sensée la remplacer, qu’en est-il réellement ?

LE CONTEXTE ACTUEL
La 22/09/04, la proposition de loi relative au service civil obligatoire et mixte pour les jeunes gens de 18 à 25 ans, présentée par Mme Maryse JOISSAINS-MASINI, MM. Alfred ALMONT, Patrick BEAUDOUIN à l’Assemblée Nationale est renvoyée à la commission de la défense nationale.
En novembre 2005, l’hebdomadaire « la Vie » d’obédience catholique lance un « Appel pour un service civique obligatoire ».
Dans la foulée, il  publie un sondage. L'idée de « service civique obligatoire » est manifestement populaire : 91% des Français s'y disent favorables, même si tout le monde ne semble pas mettre la même chose derrière ce terme. 41% le verraient bien effectué «en plusieurs périodes courtes» ; 22% en six mois. Depuis plusieurs années, des propositions de loi sont régulièrement déposées au Parlement pour organiser un service civil volontaire ou obligatoire.
Le 1/03/06, en première lecture à l’Assemblée Nationale, la proposition de loi de M. Philippe ROUAULT portant création "d'un service civil obligatoire", n° 2912, déposée le 28 février 2006 est renvoyée aux affaires sociales.
Dans le Nouvel Observateur du 11/05/2006, Jacqueline de Linares rapporte :
« Il a recueilli plus de 10 000 signatures. Plus de 440 parlementaires ont répondu : des UMP comme Christine Boutin et Eric Raoult, des UDF comme François Bayrou ».
Depuis, beaucoup de socialistes, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Ségolène Royal, qui ont abordé plusieurs fois le sujet.
Le rapport du 8/03/06 de la Commission du Projet du PS au Conseil National annonce page 9 :
« … la mise en œuvre d’un service civique obligatoire et mixte de 6 mois dont les modalités doivent être débattues ».
Le 28 mars 2006,  pour Ségolène Royal, "supprimer le service militaire a été une erreur". Elle se déclare "favorable à un service civil obligatoire" pour tous. Dans le quotidien La Provence elle écrit. "Je crois à l'importance des rites, de la transmission et des cadres qui structurent. Supprimer le service militaire a été une erreur, il aurait fallu l'améliorer et le raccourcir pour que ce soit une expérience partagée et structurante pour toute une génération ». Répondant aux questions des lecteurs, elle souligne qu'"il faut des lieux où certains jeunes puissent réapprendre des règles de vie". Ségolène Royal se déclare par ailleurs "favorable au rétablissement d'un service civil obligatoire, y compris pour les filles, mais correctement encadré".
Au-delà du clivage des classes politiques, force est de constater que le sujet fait l’unanimité.

LE SCOM
D’une durée de 6 mois, il se décompose en deux phases
1 /Le service civil.
Étape primordiale à vocation essentiellement éducative, en collaboration avec l’éducation nationale et divers organismes d’état et territoriaux.
À effectuer entre 16 et 22 ans. Une période commune de deux mois, non fractionnable, hors zone de conscription. L’accueil, transport, hébergement et encadrement sont assurés par l’armé (une mission républicaine de rapprochement avec la jeunesse).
Objectifs :
-    Extraire les jeunes de leur milieu familial, culturel et social pour les mettre, à pied d’égalité, sous encadrement militaire.
-    Respect à l’autorité
-    Contrôle santé (Ministère de la Santé)
-    Contrôle des niveaux éducatifs (Éducation Nationale)
-    Affirmation d’appartenance à la communauté nationale, citoyenneté
-    Civisme : conventions, droits et devoirs, les Droits de l’Homme
-    Information sur les institutions de la République
-    Informations de base sur les différentes religions et l’athéisme, pour mieux accepter et respecter les convictions d’autrui.
-    Cohésion sociale et solidarité (Collectivités territoriales)
-    Information sur le monde du travail (Collectivités territoriales)
-    Initiation au  secourisme.
2 / Le service civique
Contribution de solidarité au service de la nation. D’une durée de 4 mois à accomplir en une ou deux périodes entre 16 et 25 ans au service de l’État, des collectivités territoriales ou au sein d’associations et ONG nationales, en fonction des opportunités et compétences.
Objectif :
-    Développer et pratiquer la notion de service et de solidarité.

CONCLUSIONS
Ce projet demande un effort non négligeable à la jeune génération. En contrepartie, il la prépare à la vie active en lui apportant une ouverture sur la « vie citoyenne et républicaine ».
Si le SCOM ne peut ouvrir aucun droit à rétribution au titre de service rendu à la nation, tous les frais engendrés doivent êtres indemnisés (pré franc et bons de transports).
Au terme de cette période, un certificat sera remis et devrait être exigé pour toutes candidatures dans la fonction publique ou emplois territoriaux, voire en entreprise.
Pas plus que l’impôt citoyen, il ne peut supporter le statut « d’objection de conscience ».
Le SCOM reste ouvert, à titre de volontariat, aux résidents étrangers.
On peut imaginer le rendre immédiatement applicable aux mineurs délinquants récidivistes.

Léoneck
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

R2 05/09/2006 23:07

La liberté n'est pas le seul objectif ou moyen.Sur le SCOM, il s'agit d'une contribution personnelle d'un membre, il y a débat.Mais en tant que socialistes, nous souhaitons oeuvrer pour l'intérêt général, sans se plier à un nouveau dogmatisme qui serait celui de solutions libérales pour chaque problème.

EastBoy 05/09/2006 22:30

Je croyais que R2 agissais pour la liberté. Hors le SCO est bien une mesure liberticide !
Je suis déçu...