Projet esperluette pour l'emploi

Publié le par Réformisme et rénovation


Projet esperluette pour l'emploi

> / Propos liminaire :
>
> Je ne suis pas un économiste, mais un simple chômeur. J'utilise le
> langage économique parce qu'il explique mieux un sujet sur lequel
> beaucoup de contresens ont été faits.
> Je fais partie de la grande famille des pragmatiques: d'où le titre
> choisi. Je ne crois pas que les partis politiques aient vocation à
> n'être que la "tête" et les élus que les "bras".
> Le brassage des idées est nécessaire. Mettre le pied à l'étrier, et
> mener des expériences pilotes sur le terrain, avec des élus, c'est
> mieux. C'est comme cela que je conçois la Politique : pas uniquement
> le monde de la caverne...des idées et des théories, mais aussi la
> pratique concrète sur le terrain.
>
>
> LE PROTOCOLE ESPERLUETTES : SAVOIR FAIRE ET FAIRE SAVOIR
>
> Introduction :
>
> L'ANPE a été créée en 1967 par Jacques Chirac avec 3 missions
> principales :
> - recenser les chômeurs
> -recenser les postes à pourvoir dans les entreprises ( création,
> remplacement, etc..)
> - faire correspondre les offres et les demandes
> C'était misssion impossible. Et ça le reste : la meilleure preuve
> récente en est apportée par le CPE.
>
>
> Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
>
> Le point numéro 2 : le recensement des postes à pourvoir dans les
> entreprises. Elles ont très vite arrêté de les déclarer. Pour
> plusieurs bonnes raisons :
> - les employeurs privés n'aiment pas les définitions de poste
> (contrairement au public et aux associations subventionnées) : c'est
> beaucoup de travail; le travail dans le privé est une perputuelle
> adaptation qui s'accomode mal des définitions de postes gravées dans
> le marbre; la tentation existe toujours que le salarié ne veuille pas
> faire autre chose que ce qui figure dans sa définition de poste; les
> qualités humaines sont aussi importantes que les qualités techniques.
> En résumé pour beaucoup d'employeurs la définition de poste c'est la
> source d'ennuis multiples et l'assurance de perdre son temps à des
> tâches parfaitement inutiles.
> - d'une entreprise à une autre, des fonctions portant le même nom sont
> très différentes : la secrétaire de telle entreprise ne fait
> certainement pas le même travail que celle de son concurrent direct.
> Il faut bien voir que la définition de poste date de la première
> révolution industrielle : quand on n'a besoin que de bras pour faire
> des tâches répétitives, les individus sont facilement substituables.
> C'est beaucoup moins vrai dans les fonctions d'encadrement. Et ça ne
> l'est pratiquement plus dans les services et dans les fonctions
> intellectuelles.
> - tous les employeurs n'ont pas nécessairement envie qu'un
> représentant de l'Etat vienne mettre son nez dans ses affaires
> sociales : on ne sait jamais les relations qu'il peut avoir avec
> l'Inspection du Travail, par exemple.
> - certains emplois ont besoin de confidentialité : quand une
> entreprise envisage d'attaquer un marché nouveau pour elle, mais sur
> lequel d'autres entreprises sont déjà présentes, elle ne souhaite pas
> que la concurrence soit prévenue trop tôt; or une déclaration à un
> organisme d'Etat, qui va la diffuser, est une très bonne façon de
> prévenir la concurrence, bien avant d'être opérationnel pour attaquer
> le marché.
>
> Or l'ANPE, organisme d'Etat a une culture d'Etat, des références
> d'Etat, des habitudes d'Etat. Elles sont différentes de celles du
> privé, particulièrement en matière d'emploi. Les agents de l'ANPE
> connaissent mal l'entreprise. Ils ne peuvent travailler correctement (
> ou du moins essayer de le faire) que s'ils ont une définition de
> poste. Sinon ils ne peuvent pas travailler. C'est aussi simple que cela.
> Beaucoup d' entreprises se sont vite rendu compte qu'elles n'avaient
> rien à gagner à déclarer leurs postes à l'ANPE. Et qu'en plus, si
> elles ne le faisaient pas, elles ne risquaient absolument rien (
> d'autant que c'est extrêmement difficile à contrôler).
>
> L'ANPE a néanmoins continué à remplir sa mission : mettre des noms en
> face des postes qu'on lui proposait. Puisque sa mission n'était pas
> d'aller au-devant des entreprises, mais d'attendre qu'elles fassent la
> démarche, elle n'a fait aucun effort pour "vendre" ses chômeurs. Elle
> a en charge, au mieux, le tiers du marché ( estimation DARES) de
> l'offre. Mais la totalité du marché des chômeurs. La différence ne
> peut faire que du chômage, quelques soient les niveaux relatifs de
> l'offre et de la demande. Depuis la création de l'ANPE le nombre de
> chômeurs a augmenté de 6% par an en moyenne : une croissance chinoise
> ! Pendant 40 ans .....
>
> L'ANPE ne remplit pas sa mission, parce qu'elle ne peut pas le faire.
> il est temps de s'en rendre compte. Il ne s'agit pas de blâmer les
> agents de l'ANPE : ils n'y sont pour rien; mais ils ont une mission
> impossible. La responsabilité, s'il faut la rechercher, est du côté
> des donneurs d'ordre.
>
>
> Le CPE :
>
>
> Il offre un éclairage intéressant sur le sentiment des patrons.
> - Ils ne savent pas recruter : d'où la demande de longues périodes
> d'essai pour voir le maçon au pied du mur.
> - Ils ont autant d'aversion pour le Droit du Travail que pour la
> comptabilité . Pour la simple raison que leur priorité c'est de
> trouver des marchés; et qu'ils n'ont pas été formés au Droit du
> Travail ( qui est particulièrement compliqué). On a beaucoup parlé des
> licenciements et des prud'hommes. N'oublions pas toutes les embauches
> qui ne se font pas pour ne pas dépasser les seuils qui déclenchent la
> mise en place de délégués du personnel ou de comité d'entreprise.
> - ils ne savent pas valoriser les compétences : d'où le nombre
> considérable de jeunes qualifiés sans emplois. J'ai le sentiment ( et
> quelques expériences personnelles) sur le fait que les nouveaux
> diplômés sont beaucoup plus qualifiés que les encadrants sous la
> responsabilité desquels ils se trouveront; cela risque de provoquer
> quelques angoisses aux cadres intermédiaires ( ou aux agents de
> maîtrise) qui vont se sentir menacés. Un employeur y réfléchira à deux
> fois avant de risquer un conflit latent entre les collaborateurs sur
> lesquels il s'appuie et un jeune aux dents longues. Ca peut au final
> poser beaucoup plus de problèmes qu'en résoudre. Regardez, par
> exemple, l'attitude des uns et des autres par rapport à
> l'informatique.....
> -ils ne sont pas racistes (comme tous les Français) mais ont des
> comportements racistes à l'embauche. De même ils ont des comportements
> sexistes ( sans être machos) : les filles réussissent globalement
> mieux que les garçons dans les études; mais sont beaucoup moins
> embauchées.
>
> N'en déplaise aux théoriciens de l'économie, nombre de recrutements
> n'obéissent pas à des raisons rationnelles. Tous les embauchés ne sont
> pas tous indispensables au fonctionnement de l'entreprise. Et les
> comportements de non-recrutement n'ont pas plus de rationnalité
> économique que le recrutement.
> J'en veux pour preuve le principe du licenciement économique. Si
> l'emploi était optimisé dans l'entreprise, comme le suggèrent les
> théories économiques, tout salarié est "producteur" de résultat. S'en
> séparer, c'est aussi se priver de la part de résultat qui va avec;
> donc appauvrir l'entreprise. S'il n'y avait pas d'emplois
> surnuméraires, les licenciements économiques n'existeraient pas. Si la
> théorie économique avait un début d'application concrète, il n'y
> aurait pas non plus de licenciements économiques. Et pourtant .......
> Autre exemple : le plus mauvais contrat de travail pour le patron ,
> c'est le cdd : il est pratiquement impossible à rompre. Le cdi est
> beaucoup plus souple (d'ailleurs le CPE était un cdi). Il suffit de
> regarder les "offres ANPE" pour se convaincre, si besoin est, que la
> majorité des patrons fait le mauvais choix. On est loin de la
> rationalité économique !
>
>
> Le recrutement :
>
> C'est un très gros travail. Très improductif.
> L'essentiel du travail, une fois les cv reçus, est une élimination. Il
> faut bien voir que le CV et la lettre de motivation sont de mauvais
> outils de travail :
> - ils n'obéissent à aucun formalisme; les informations sont à pêcher
> de ci de là d'un cv à un autre
> - les conseils en cv abondent, y compris à l'ANPE : avec le même but
> de valorisation du candidat, quitte à pratiquer à plus ou moins grande
> échelle le mensonge par omission (au minimum). C'est difficile de
> travailler sur des documents dont la fiabilité est "douteuse".
> - le volume est souvent important : 100 ou 200 réponses est une
> situation courante. Cela représente 200 à 300 pages, dont il faut
> éliminer 95 %. Imaginez le boulot !
> - il n'y a pas de grille de lecture fiable qui permette d'évaluer les
> CV, ni de les comparer les uns par rapport aux autres. C'est au mieux
> un outil d'élimination : un cv inadapté ou mauvais est assez facile à
> déceler. Mais pour trouver un bon, c'est une toute autre affaire.
> - le cv est rempli d'informations inutiles : la plupart des
> informations qu'il contient seront répétées lors de l'entretien. Les
> autres ne seront utiles que s'il y a embauche. L'important est de
> savoir ce que le candidat peut faire, et si ça peut correspondre a
> priori au poste à pourvoir. Tout le reste peut attendre.....l'entretien.
> - la lettre de motivation peut se comparer à une déclaration d'amour à
> une femme inconnue (ou à un homme, je ne suis pas machiste). Essayez,
> vous verrez .....Est-ce bien utile ?
> - on ne peut pas mettre les qualités recherchées en équation; il y a
> trop de paramètres. En n'en déplaise aux pratiquants de la langue de
> bois professionnelle, le recrutement est essentiellement une affaire
> de "feeling". Vous pourrez constater que les recruteurs salariés (les
> DRH en général) disposent d'une panoplie impressionnante de parapluies
> et de porte-chapeaux pour faire porter le chapeau d'un mauvais
> recrutement à d'autres qu'à eux-mêmes : les cabinets de recrutement,
> les graphologues, et autres psychologues, etc....
>
> Quel est le point commun entre le postier, l'énarque, le grand patron
> diplômé d'HEC, l'ingénieur des mines, ou le surveillant pénitentiaire
> ? Ils ont tous été recrutés par concours. On en apprend beaucoup plus
> sur un candidat en le faisant plancher sur un sujet donné (même loin
> de sa mission professionnelle), qu'en lui demandant une biographie
> trafiquée et une lettre d'amour.
> Si j'en juge par les taux de chômage des professions où la sélection
> s'est faite à un moment ou à un autre par concours, la méthode paraît
> assez largement supérieure à celle des cv. Il faut le reconnaître sans
> fausse honte : l'Etat est un bien meilleur recruteur que le privé (
> sauf dans les très grandes entreprises) : à la condition qu'il recrute
> des agents de l'Etat, bien sûr !
>
> Se lancer dans le recrutement aujourd'hui, ce n'est pas une sinécure.
> Cela demande de toute façon, du temps, de l'énergie, des moyens.
> Soyons réalistes : le patron ne se lance dans l'odyssée du recrutement
> que lorsqu'il a vraiment besoin d'un candidat. Sinon il fait appel à
> l'intérim, ou ne fait rien du tout ( ce qui est la majorité des cas, à
> mon avis). L'état actuel du recrutement est vraiment fait pour
> décourager les patrons d'embaucher. Sauf la minorité qui n'agit que
> par rationalité.....Et plus le chômage réel va augmenter, plus le
> recrutement va devenir compliqué (au moins par le nombre de
> candidatures reçues).
>
>
> Le blocage de l'information
>
> L'ANPE n'a plus le monopole du placement. Soit ! Mais ce ne sont que
> des mots. La réalité d'aujourd'hui, qui n'est pas prête de changer si
> on ne fait rien, c'est que l'ANPE a toujours le monopole de
> l'information sur les chômeurs. Personne d'autre que l'ANPE n'a accès
> au fichier des chômeurs. Autoriser des entreprises, par exemple les
> boites d'intérim à faire du placement est bien joli.... à condition
> qu'il y ait du monde à placer.
> Si vous voulez rire (jaune) regardez les annonces ANPE : vous y
> trouverez quantité de demandes....des entreprises d'intérim. Elles ont
> en fait très peu de candidats dans leurs fichiers ( d'autant que
> nombre de leurs intérimaires font de l'intérim par choix, et non par
> défaut); et demandent donc à l'ANPE de leur envoyer.
> La situation est ubuesque : les cabinets de placement privés sont
> obligés de demander à l'ANPE de placer chez eux des candidats . Il n'y
> a toujours qu'un seul organisme de placement . La seule différence
> c'est que l'ANPE place aussi des candidats dans les agences
> d'intérim....Il faut se pincer pour y croire; c'est pourtant la triste
> réalité.
> Les bilans du placement en 2006 et 2007 vont être prodigieux : tout
> chômeur placé par l'ANPE dans une agence d'intérim, et placé dans une
> entreprise par cette même agence, va être compté deux fois.... pour un
> seul contrat ! On pourrait pousser encore la plaisanterie beaucoup
> plus loin : en demandant à l'ANPE de signer des CPE entre les jeunes
> et les agences d'intérim .... Que de succès en perspective !
>
>
>
> Le chômage et l'opinion publique
>
> Les gouvernants peuvent s'égosiller longtemps et "faire de la
> pédagogie", le chômage n'est pas une grande cause nationale,
> contrairement au sida, ou à la myopathie.
> Le chômage est une idée; quelques chiffres mensuels, toujours
> glorieusement commentés. Point. Plus l'ami, le frère, le proche , qui
> se trouve au chômage. C'est toute l'information dont dispose l'opinion
> publique ( et les médias).
> Les Français ne sont pas des théoriciens ( sauf ceux qui sont au café
> du commerce) et ne savent se mobiliser que sur des réalités humaines.
> Or ils en savent beaucoup plus sur les famines en Afrique, ou sur le
> tsunami, que sur les chômeurs en France.
> Pour caricaturer, on peut dire que la France est un pays avec beaucoup
> de chômage mais très peu de chômeurs.
> Je ne crois pas que l'on avancera concrètement sur le chômage tant que
> l'opinion publique sera aussi ignorante de la "pâte humaine " du
> chômage. Je crois fondamentalement que c'est un devoir Politique
> d'informer l'opinion ( ou de lui donner les moyens de le faire) sur la
> réalité des chômeurs.
>
> Je m'élève vivement en faux sur tous les commentaires sur la "qualité
> " des chômeurs, leur absence de qualification, leur absence de
> motivation : c'est du baratin et de la mauvaise foi. Personne ne
> connaît les chômeurs, et encore moins leurs savoir-faire (sauf l'ANPE,
> qui n'est pas très bavarde, c'est le moins que l'on puisse dire). Tout
> cela ressemble à de fausses bonnes raisons pour justifier que l'on ne
> recrute pas.
>
> Les non-recruteurs-qui-pourraient-recruter-mais-qui-ne-le-font-pas ont
> un boulevard de mauvaise foi devant eux, relayé par les médias :
> comment être aussi catégorique sur des gens que l'on ne connaît
> absolument pas ? Ils peuvent continuer longtemps puisque l'opinion
> publique ne bouge pas, pour la bonne raison qu'elle n'est pas au courant.
> Par contre je crois que l'opinion publique peut se retourner et
> "encourager" par de multiples moyens les patrons à recruter plus.
>
>
>
> * " & "*
> *ESPERLUETTE :
> SAVOIR FAIRE ET FAIRE SAVOIR
>
>
> *
> C'est assez facile, c'est pas cher, et ça peut rapporter gros.
>
>
> _OBJECTIF DE DEPART_ :
> faire connaître au plus grand nombre les listes de petites annonces
> classées d'offres de travail des chômeurs sur un bassin d'emploi donné.
>
> _QUI EST CONCERNÉ_ :
> tous les chômeurs. Mais pas les salariés en contrat.
>
> _QUEL SUPPORT_ :
> un journal gratuit et ( si possible) Internet. Qui publie
> gratuitement ( ça peut se discuter) 4 à 12 pages hebdomadaires
> d'annonces triées ( il faut un minimum de volume pour "accrocher" le
> lecteur, mais pas trop pour ne pas le décourager). Cela représente
> environ 1.000 à 1.500 chômeurs par semaine. Sur mon bassin d'emploi (
> environ 10.000 chômeurs) cela fait une parution toutes les 6 à 8
> semaines environ pour chaque chômeur.
>
> _QUELLES ANNONCES_ :
> "/ce que je sais faire, ce que je recherche/"; un trait particulier ou
> un diplôme éventuellement; ni nom, ni téléphone, ni aucune référence
> personnelle : l'identification se fait exclusivement sur le code ANPE
> ( publié dans l'annonce). Maximum 4 à 5 lignes ( cf les annonces
> immobilières).
>
> _ET APRES ?_
> l'employeur potentiellement intéressé par une ou plusieurs petites
> annonces appelle ESPERLUETTE. Il doit lui donner impérativement un
> lieu, une date et une heure de rendez-vous. ESPERLUETTE ne
> communique pas les identités des chômeurs au recruteur potentiel. "&"
> ( esperluette en abrégé) prend contact avec le chômeur, lui fixe le
> rendez-vous, lui demande d'adresser son cv à l'employeur s'il l'a demandé.
>
> _ET ENSUITE ? _
> RIEN
> Le travail est terminé pour "&". La négociation se passe entre le(s)
> candidats et l'employeur potentiel; sans intermédiaire. Le marché du
> travail est enfin en route.
>
> _COMBIEN CA COUTE_ :
> Esperluette est un protocole. Pour des raisons déontologiques elle
> choisit d'avoir des moyens modestes. "&" a une vocation d'intérêt
> général; elle ne peut donc en principe pas avoir de forme commerciale
> ( mais ça peut se discuter). "&" peut soit se monter en association
> indépendante, soit se "raccrocher" à une structure existante. Ce qui
> évite de multiplier les dépenses d'intendance.
>
> _QUI Y GAGNE ?_
>
> * Les patrons : tout le travail d'annonces, de dépouillement, de
> tri, de sélection des cv leur est évité. C'est la plus grosse
> partie du travail de recrutement, la moins intéressante, et la
> plus fastidieuse. Ils peuvent donc recruter beaucoup plus vite,
> et beaucoup plus facilement.
> * les chômeurs : de passifs consommateurs des annonces ANPE, ils
> entrent dans une phase active de recherche de travail. Dans la
> tête ça fait une sacrée différence. De plus les recrutements
> devraient aller plus vite, et le chômage durer moins longtemps.
> * le journal gratuit : il est clairement positionné comme faisant
> oeuvre d'intérêt général; il récupère un volume important; il
> sensibilise les décideurs ( qui sont aussi les acheteurs de
> publicité); il accroche le lectorat sensibisé à la lutte contre
> le chômage ( ça finira par faire du monde)
> * l'Assedic : à volume égal, les recrutements devraient se passer
> plus vite; le temps moyen de chômage devrait donc diminuer (
> raccourcissement de la file d'attente); et les indemnités
> versées également. Si, comme je l'espère, les recrutements (
> irrationnels ?...) vont augmenter, à niveau de cotisation égale
> l'Assedic devrait faire des économies.
> * l'opinion publique : elle va constater, progressivement, qu'il
> se passe enfin quelque chose de concret pour les chômeurs ( et
> pas seulement pour le chômage); et constater que les chômeurs
> existent...
> * les jeunes : ils vont pouvoir progressivement constater quels
> types de travail sur leur bassin d'emploi ont le plus de
> chômeurs; et donc quelles filières il vaut mieux ne pas emprunter.
> * les organismes de placement (intérim et autres) : elles n'ont
> plus besoin de chercher des candidats potentiels, puisqu'ils
> viennent à eux.
>
>
> _QUI VA FINANCER ?
>
> _La réponse est complexe et simple à la fois.
> Si l'on suppose le problème résolu, après les deux années de
> "démarrage", le journal des "offreurs de travail" devient un journal
> de référence pour les employeurs; donc un bon support publicitaire.
> "&" peut vendre de la pub, dans des conditions à négocier avec le
> journal éditeur. Les chômeurs pourront ne pas se contenter d'une
> simple petite annonce, mais en vouloir un peu plus. Déontologiquement
> la petite annonce de base est gratuite; les "plus" sont payants. Le
> financement par les donateurs voire certaines fondations n'est pas exclu.
> Donc le besoin de financement devrait aller décroissant.
> Reste le problème du financement de départ : on ne peut pas vendre le
> journal ( ça restreint immédiatement le lectorat et pose le problème
> de la distribution); on ne peut pas non plus faire payer les chômeurs.
> Donc il n'y a pas de ressources propres.
> Mais il peut y avoir différentes formes de ressources, et en
> particulier des ressources non financières : la mise à disposition ,
> de bureau, de téléphone, d'ordinateur, de fournitures, etc... Autant
> de moins à financer.
> Le reste devra être financé par l'argent public pour une part, et par
> l'Unedic pour une autre part.
>
>
> _AVEC QUELS PARTENAIRES ?_
> L'ANPE et l'Assedic locales
> les municipalités du bassin d'emploi
> les chambres consulaires : elles ont deux missions. Relancer la
> machine pour que le journal devienne véritablement un outil de
> travail. Dire à "&" tout ce qu'il est souhaitable d'améliorer ( rôle
> de "panel de consommateurs")
> la Région
> d'autres à déterminer
>
>
> _SUR QUEL TERRITOIRE ?_
> La démarche ne peut avoir de réelle efficacité qu'à l'intérieur d'un
> bassin d'emploi. Faut il ou non une structure nationale ? Je ne vois
> pas bien ce qu'elle pourrait apporter; je pense, par ailleurs, que les
> bassins d'emploi ont leurs "coutumes" propres ( les mulhousiens et les
> bastiais sont tous français, mais n'ont pas nécessairement les mêmes
> habitudes, par exemple); la tentation normale d'une structure
> nationale serait l'homogénéisation; est-ce souhaitable ?
>
>
> _QUEL AVENIR POUR L'ANPE ?_
> Le protocole Esperluette n'a pas pour but de faire de l'ombre à
> l'ANPE. Au contraire ! Elle répond actuellement au tiers du marché du
> travail. Elle sera amenée à collaborer de près avec Esperluette.
> L'idéal serait, à terme, la disparition d'Esperluette, et la reprise
> de ses missions par l'ANPE.
> Mais sur le fond, je ne crois pas que des agents de l'Etat, avec une
> culture de service public, puissent être des intermédiaires efficaces
> entre employeurs et chômeurs. C'est une question de culture d'emploi.
>
>
> _QUI PEUT PASSER DES ANNONCES ?_
> Tous ceux qui ont un code ANPE valide; donc pas les salariés qui
> cherchent un "mieux".
>
>
> _QUI VA FAIRE LE BOULOT ?_
> Les valeurs défendues par "&" la conduisent à recruter en priorité
> les chômeurs les plus difficiles à caser : par exemple, les jeunes
> femmes handicapées d'origine étrangère avec une faible qualification.
> Le travail se décompose en 4 chapitres :
> - la réalisation des petites annonces
> - les transmissions avec le journal gratuit
> - le standard téléphonique avec les "clients" potentiels
> - la mise à jour du fichier
> La charge de travail est à évaluer avec chaque ANPE locale en fonction
> de ce que les uns et les autres peuvent faire.
> Les choses seraient plus faciles si les chômeurs avaient une
> "obligation" de rédaction de leur petite annonce.
>
> _QUEL AVENIR POUR ESPERLUETTE ?_
> L'avenir le dira. Mais on peut prévoir que progressivement, la
> démarche "marketing" des chômeurs ne se limitera pas à la petite
> annonce; de nouveaux outils vont apparaître progressivement.
> L'orientation est clairement vers une "agence de pub" pour chômeurs.
> Mais il faut d'abord passer le cap de la période d'essai, que j'évalue
> a priori à deux ans ( sans référence à un trop célèbre contrat
> promulgué et suspendu).
>
>
> Conclusion :
> Esperluette est un protocole, c'est à dire une idée détaillée. Elle comporte un certain nombre de choix que j'ai faits par souci
> d'efficacité. Mais elle peut bien sûr être modifiée et enrichie. Vos
> contributions sont les bienvenues.
> Je crois que le monde Politique s'enrichirait de mettre en oeuvre au
> niveau des partis des idées comme Esperluette, et servir en quelque
> sorte de laboratoire. Que l'on soit dans la majorité ou dans l'opposition.
>
> laurent barbier
>

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