Camarades, encore un effort !

Publié le par Réformisme et rénovation

Camarades, encore un effort !

 

R2 Réformisme & Rénovation

 

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Le courant R2 souhaite incarner au PS un socialisme pragmatique et libéral, européen et progressiste .

 

Le projet du parti socialiste vient d’être adopté. Nous, socialistes libéraux, attendons qu’il nous donne les moyens d'une transformation concrète de la société, réalisée pas à pas. Comme dans les social-démocraties d’Europe du Nord, nous voulons un socialisme qui ne renonce pas à son ambition de progrès et de justice tout en prenant ses solutions là où concrètement « ça marche ».

 

Nous nous réjouissons de voir dans le projet s’esquisser un socialisme pragmatique et volontaire, celui de la réforme résolue en prise sur le monde d’aujourd’hui. Mais des scories et des lourdeurs, entravent encore notre réformisme résolu.

 

A commencer par le fétichisme du rassemblement de la gauche. Nous avons fait le choix de défendre nos idées dans et par le parti socialiste. Mais exclure une alliance au centre, c'est parfois exclure une autre voie que la gauche radicale. C'est s'en remettre au parti de la contestation au risque de le voir se retourner violemment contre ses anciens alliés. Toutes les alliances sont possibles, au cas par cas, dès lors que nous sommes fidèles à nos valeurs et à notre méthode d’action.

 

Nous aimons faire naître l’idéal du possible. Commençons par fonder nos propositions de réforme sur une vraie crédibilité budgétaire. Nous refusons de faire de la dette publique la variable d'ajustement du budget. La croissance ne se décrète pas à travers la seule relance du pouvoir d’achat. La relance de l’emploi marchand (PME et TPE notamment) et la réforme de l’Etat seront à ce titre nécessaires.

Par ailleurs, certaines mesures de notre projet s’éloignent des nouvelles régulations souples et de la démocratie sociale par ailleurs promues dans le texte.

- l’extension des 35 heures. Seule l’augmentation de la productivité ou du temps travaillé dégagera de nouvelles ressources pour financer la protection sociale. Une telle mesure n'est possible qu' adaptée à la réalité des entreprises, et ne doit pas s'accompagner d'un gel des revenus ou d’une trop grande pénibilité du travail. Dans sa formulation actuelle, cela semble un signe malvenu de dirigisme aveugle.

- les retraites : proposer l'abrogation de la Loi Fillon en laissant penser qu’une large négociation donnera des résulats très éloignés des équilibres déjà négociés entretient une coupable illusion. L’allongement de la durée de cotisation est inéluctable. Il faut construire avec les partenaires sociaux une retraite à la carte fondée sur la solidarité, en modulant pour cela la durée de cotisation et le taux de remplacemment en fonction de la pénibilité du travail et des situations familiales.

- l’abrogation du CNE, au regard de sa faible efficacité économique et de son fort coût social, ne suffirait pas. Il est nécessaire de proposer un nouveau compromis entre mobilité et sécurité. Un CDI unique, avec des garanties plus souples et évolutives, assurerait une réelle sécurité, notamment en termes de formation et de transition professionnelle.

 

Face à la crise, le Parti Socialiste doit proposer un programme de refondation sociale et de renouveau démocratique. Les nouveaux militants qui nous ont rejoint sont prêts à toutes les audaces que donnent la vérité et la volonté. Ne les décevons pas, ne décevons pas tous les Français.

 

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