La motion 4

Publié le par Réformisme et rénovation

Motion 4 au congrès du Mans en novembre 2005, défendue par Jean-Marie Bockel.



Pourquoi le socialisme libéral ?
Parce que nous sommes en crise.
Crise économique : chômage de masse, lourd endettement et croissance anémiée dessinent les contours d’un échec durable.

Crise sociale : exclusion et précarité, inégalités de situation et de destin, fragmentations des territoires, discriminations multiples, dysfonctionnement de la puissance publique, remettent en cause notre pacte social.

Crise politique enfin : abstention chronique, vote protestataire, faiblesse de la délibération commune et de la culture de compromis, sclérose des partis menacent l’exercice d’une démocratie partagée.
Parce que le rejet du traité constitutionnel s’est ajouté à la crise pour témoigner de l’insatisfaction grandissante du peuple. Parce que nous avons désormais une obligation de résultats.

Sans avoir pour autant une prescription de moyens. Sans que nous devions ici confondre les symptômes et les remèdes. Rien ne fonde les appels à une politique anticapitaliste et antilibérale, rien ne justifie la nécessité d’un prétendu « coup de barre à gauche ».
Où voit-on d’ailleurs, au-delà de nos frontières, que le choix d’un Etat centralisateur, dirigiste et égalitaire, garantisse le succès économique, le renouveau du modèle social et la vitalité démocratique ?

Parce que ni le socialisme de gestion (souvent honteux et inabouti), ni le socialisme de contestation (toujours vigoureux mais vide d’action) n’ont pu suffisamment incarner nos ambitions de progrès social et d’émancipation partagée.

Parce que seul un discours de vérité est aujourd’hui à la mesure des enjeux, parce que seul il nous donne les leviers pour agir concrètement.

Parce que « dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit » suffirait à la rénovation du socialisme français.

Parce nous devons partir, étant socialistes, de la pratique et non de la théorie.
Et qu’en Europe, la social-démocratie d’Europe du Nord, comme le nouveau travaillisme, nous montrent que la croissance fondée sur l’innovation, le plein emploi, la hausse du pouvoir d’achat, la vitalité des services publics et la santé du pacte social, constituent des réalités.

Parce que tous ces pays proposent des compromis, d’ailleurs divers, entre les libertés et la solidarité, les dynamiques individuelles et les régulations collectives, les initiatives de la société civile et le volontarisme de l’Etat.

Parce qu’à force de confondre le libéralisme et l’ultralibéralisme, nous devenons aveugles au monde et incapables d’agir sur lui. Ne pouvant penser ni le capitalisme, ni le marché, ni l’entreprise, autrement que sur le mode de l’opposition, nous n’inventons plus de levier d’action pour agir en leur sein. Nous n’avons plus rien à dire aux salariés. Au risque de laisser s’emballer les logiques de production et de rentabilité. Au risque de voire naître une société de marché destructrice des hommes et de la planète, à l’ombre de notre stérilité et de notre inaction.

Parce qu’à force de confondre le libéralisme et l’ultralibéralisme, nous nous résignons à un étatisme convenu, à une conception centralisée et autoritaire de l’action publique. Nous ignorons les dynamiques individuelles et collectives, si chères pourtant à l’histoire du socialisme. Nous méconnaissons les ressources de la société civile, les vertus de la régulation contractuelle et du compromis. Nous oublions les possibilités d’une puissance publique décentralisée, d’un Etat-providence rénové, agissant au plus près des besoins et en vue de la satisfaction de ses usagers.

Parce que nous ne pouvons plus seulement nous appuyer sur les instruments classiques du socialisme, sur notre imaginaire national et républicain. Notre monde a changé. Il est tissé d’échanges généralisés et de flux, d’acteurs individuels et d’appartenances multiples. Notre société est riche de ses diversités, multiculturelle, mais aussi fragmentée et inégalitaire.

Les outils d’une politique progressiste doivent changer.
Parce qu’il nous faut un socialisme transformateur, un socialisme des libertés1, réconciliant l’idéalisme et le pragmatisme, en prise sur le monde d’aujourd’hui.





La version complète de la motion :

http://fr.groups.yahoo.com/group/RfRn/files/MOTION%204/

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