Une prise en compte de la pensée libérale au PS peut-elle être possible et souhaitable ?

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 L'ambition d'un socialisme libéral portée hier par Jean-Marie Bockel s'est heurtée à des difficultés de définition, de structuration, d'adéquation à la demande politique, d'explication... Qu'est-ce alors un social-libéralisme au PS ? Est-ce compatible avec une ambition socialiste ? Est-ce une pensée autonome, où qui doit simplement peser parmi d'autres influences ?

Tout dépend de la définition. Ces débats sémantiques sont en effet appuyé sur des alternatives sur le fond.


 
  Petit récapitulatif.

La sensibilité sociale-libérale est difficile à reconnaitre, notamment à cause de problèmes sémantiques. Dans les faits, pour certains une majorité du PS est sociale-libérale. Pour d'autres, cela ne comprend que quelques blairistes isolés, et encore plus avec le départ de Bockel.

En effet, celui-ci a été le seul à le porter au sein d'une motion, la motion 4 au congrès du Mans, qui s'intitulait : "pour un socialisme libéral" Il a fait 0,6 % des voix, soit environ 1000 voix, notamment dans sa ville, et quelques pourcent dans les centres urbains. Cela s'appuyait aussi sur un club, "gauche moderne" auquel appartenait également Roland Ries, qui vient d'être élu maire de Mulhouse (mais qui n'avait pas signé la motion).

Suite à cela, le groupe réformisme et rénovation a été créé, jamais structuré, même si le projet existait. Très rapidement une première division est apparue, avec ceux qui sont partis en faisant le pari de la création d'un parti de centre gauche Initiative européenne et sociale. Marc d'Herré est ensuite devenu candidat nouveau centre aux législatives, et est aujourd'hui secrétaire du parti de Eric Besson...

R2 est donc seulement une boucle mail. Nous avons beaucoup discuté, produit des textes intéressants. Nous nous sommes divisés cordialement entre DSK et Royal lors des primaires, avons participé à la campagne, alors que certains ont préférré Bayrou au premier tour.

De nombreux membres étaient donc en parallèles aussi dans un courant du PS (donc Socialisme et Démocratie, ou Désir d'avenir). Le PS a évolué dans le bon sens depuis le référendum, notamment avec l'élection présidentielle, même si beaucoup reste à faire. 

Le problème est donc dans le sens qu'aurait un courant social-libéral. Ce groupe était devenu à moitié celui de personnes n'appartenant pas au PS. Certaines prises de positions trop libérales n'avaient sans doute plus rien de socialiste (social-libéral peut-être, à revoir les grands débats sémantiques passés). Et de nombreux membres trouvaient dans leurs courants l'écoute et l'intérêt dans leurs courants respectifs. La transformation en courant, et l'élaboration d'une motion étaient donc moins nécessaire et peu réaliste. Nous étions proches de nous structurer en association, pour un groupe d'échange et de travail.


Et là, Bockel est allé au gouvernement, suivi par Jean-François Pascal, fondateur de R2 dans son cabinet. Ils ont créé gauche moderne, où une petite partie de R2 les a suivi. Ces évènements ont donc rendu muet notre groupe. Cela a liberré les tensions existentes, et de fait a recadré son ambition, à gauche et non pas dans un apolitisme technique où libéral n'est plus un des moyens mais une idéologie...


Plus largement aujourd'hui peu de socialistes se déclarent socialistes libéraux. Michel Roccard s'en revendique, tout en rappelant qu'une ambition éthique et politique forte est nécessaire, que l'on ne doit pas abandonner une vigilance critique sur le capitalisme, et des valeurs fortes sur l'éducation ou la lutte contre les inégalités. Avec lui, une partie des partisans de DSK sont ainsi proches de nous, LeGuen, Destot, Urvoas, Moscovici, Richard. Mais avec une volonté d'intervention du politique, de réponse globale modernisée et cohérente.

Chez les partisans de Ségolène Royal également, certains sont proches d'un social-libéralisme, plus "bockélien" comme Gorce ou Valls, avec une adaptation qui est clairement au centre, et une critique forte du parti, et d'autres plus scandinaves comme Bianco, Rebsamen, Collomb...

 

Une fois dit ceci, il faut s'interroger sur le fond, sur le sens de "social-libéral" ou socialiste libéral : positionnement politique proche des démocrates européens, modèle scandinave, social-démocrate... Est-ce associé à un positionnement proche du centre, ou cela peut-il être très à gauche ? Libéral économiquement ou également socio-culturellement ? Le clivage droite-gauche est-il toujours pertinent ou existe t-il d'autres clivages ? (si l'on est au PS c'est que l'on a plutôt fait le diagnostic que ce clivage restait structurant)

Le social-libéralisme n'est-il pas trop souvent la tentation d'une réponse techniquo-scientifique, économiste, qui nie le pouvoir et les choix politiques. (= rapport Attali, voici la réponse... encore une fois ce type de réponse oriente plutôt vers d'autres partis type nouveau centre) Quels sont les outils libéraux, et leurs limites ? etc...
 

Donc quel serait le sens d'une contribution socialiste et libérale ? Aventure intélectuelle exigeante qui peut être intéressante, notamment pour ceux qui ne sont pas investis déjà dans un courant. Cela pourrait aussi contribuer à rendre une farine blanche alors que le pain complet est meilleur. Cela distinguerait et diviserait sur une posture plus que sur le fond, infusé ailleurs, voire l'ostraciserait comme cela a pu être le cas avec Bockel. 

Mais bon cela ne suffit pas à invalider une démarche, tout dépend du contenu, du contexte...

R2D2

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Le Champ Libre 27/04/2008 13:31

Le libéralisme est pour que l'Etat s'occupe de protéger les droits de chacun (intégrité de sa personne physique, de sa liberté et de ses biens) et de gérer ce qui ne peut pas être fait par le secteur privé concurrentiel (les routes par ex).Dès que l'on va au-delà, que l'on demande à l'Etat de s'occuper de l'éducation, de la santé, de l'assurance maladie, des retraites, de la solidarité, on n'est plus dans le libéralisme, on est dans l'Etatisme qu'il soit de droite ou de gauche (socialisme).Donc parler de socialisme libéral, c'est comme parler d'eau qui ne mouille pas, des angles d'un cercle, bref, ça n'existe pas.Le Champ Libre - http://cvincent.club.fr

iono lectra 16/04/2008 12:21

La bêtise crasse des extrémistes parmis les partisans de Mme Royal. Incroyable. Ils ne sont pas tous comme cela heureusement, et j'en ai fait partie à une époque. Mais aujourd'hui cela contribue à inciter à un autre vote : le caractère et le style de la candidate, ainsi que les réactions affectives et irrationnelle qu'elle suscite et entretien chez quelques-uns sont des mauvais points, alors que sur le reste on pourrait s'entendre. Or globalement entre elle, Delanoë, Moscovici, DSK... le fond commun est large, c'est donc cela qui ferra la différence.

Julien 16/04/2008 06:21

Ca va connard ?Maintenant, tu dégages de mon blog.Merci !