Quelques enseignements des municipales..

Publié le

Un score historique de la gauche, notamment aux cantonnales, où 200 cantons ont basculés à gauche ! 
Des villes qui étaient depuis 50 ou 100 ans à droite ont basculées : Metz, Amien, Rodez...
De bons résultats, dont on parle peu, dans les départements d'outre-mer.
Et de nombreuses villes petites et moyennes partout en France, sauf dans le sud-est.

L'échec de l'"ouverture" sarkozyste, souvent, déclinée dans de très nombreuses villes. Cavada à Paris, Morano à Toul, Moudenc à Toulouse ou Urieta à Pau n'ont pas bénéficié de ces débauchages, souvent sources de tensions dans les équipes, de manque de cohérence. Certains relèvent que cela crée des colistiers trop silencieux... Cela a cependant permis à l'UMP de prendre Mulhouse, difficilement.

Un échec amplifié du modem : outre l'échec de Bayrou pour quelques centaines de voix, à Paris ils n'auront plus qu'un conseiller, et n'ont pas pesé sur l'élection. 
Les alliances passées entre les deux tours n'ont pas été décisives, c'est peu de le dire, dans les grandes villes symboliques : alliés à l'UMP à Toulouse et à Collombes, et au PS à Marseille, ils sont perdants. 
L'image brouillée du modem déroute certains de ses adhérents, entre les anciens et les nouveaux, ceux plutôt ancré à droite, ceux ancrés à gauche, les
centristes et les démocrates qui ne se situent pas seulement au centre mais veulent constituer un pôle autonome...
Est-ce la désintégration d'un projet porteur, la fin d'un mythe, ou une clarification nécessaire ?
Certains se séparent de cette expérience en laquelle ils avaient pu croire.


Quelle influence sur le Sénat ? : ces élections vont permettre une progression importante de la gauche au sénat. Celui-ci est actuellement renouvellé par tiers. 
Le collège électoral comprend environ 150 000 personnes :
  • 577 députés ;
  • 1 870 conseillers régionaux ;
  • 4 000 conseillers généraux ;
  • 142 000 délégués des conseils municipaux. Ils constituent donc 95% de l'ensemble des grands électeurs du Sénat.

À partir de 2008, les sénateurs seront tous élus pour six ans au scrutin proportionnel ou majoritaire, selon la taille du département, avec renouvellement par moitié tous les 3 ans à partir de 2011.

La gauche a progressé depuis le dernier renouvellement en nombre de députés, de conseils régionaux et de conseils généraux. Mais l'enjeux pour le sénat est bien la progression aux municipales. 

L'ampleur de la progression, encore difficilement mesurable au niveau global et notamment des petites communes, peut faire évoluer les équilibres lors des prochains renouvellements, en 2008 mais surtout en 2011 par moitié, alors que le corps électoral n'aura pas évolué.

Il y avait donc bien un enjeu national à cette élection locale, quoi qu'on en dise. 


L'influence sur la rénovation du PS : ceci est déjà largement commenté par les journalistes. 
Clairement Martine Aubry sort renforcée. Bertrand Delanoë confirme, mais est moins portée par cette victoire qui accompagne une vague rose. Il s'est déplacé dans plusieurs villes où il a fait de très bons meetings. Hollande fait une sortie honorable, il gardera une influence mais je ne pense pas qu'elle soit décisive.
Ségolène Royal a fait une campagne médiatique et s'est déplacée, avec toujours des soutiens, mais aussi des agacements. Elle a réussi à rester dans le jeu mais sans réussir à s'imposer. 

Certains tentent des analyses par courants : Hazan à Reims est une proche de Aubry, Cohen à Toulouse est un ami politique de Delanoë, à Chartres et Marseille des soutiens de Royal ont perdu, Mont de Marsan a été perdu par des proches de Emmanueli, Glavany a échoué à reprendre Tarbes... Mais ce sont les électeurs qui ont tranchés, et pas sur ces bases ou marginalement. 
Mais ces évolutions pourront compter dans le cadre des rapports de force de congrès. 

Mais ce seront surtout les adhérents qui décideront.

Enfin, ces élections ont fait émerger de nombreuses femmes, des candidats plus jeunes, quelques encore trop rares candidat de la diversité. Cela fait bouger les lignes locales, confronte les socialistes et les dogmes à la réalité. Les questions des alliances ont été posées.

Tout ceci ne doit pas endormir le PS, cela doit le conforter au changement.

Publié dans Politique nationale

Commenter cet article