Modem : quelques questions que l'on doit se poser... (4)

Publié le

Quel doit être le positionnement du PS vis à vis du modem ?

1 La pratique nouvelle et décomplexée d'alliances municipales avec le modem

Une alliance avec le centre a longtemps constitué un tabou au PS. Cela n'a jamais empêché quelques coopérations locales marginales, ou même au gouvernement avec Michel Rocard.
Mais une alliance plus globale était honnie par une partie du parti, qui pouvait accuser l'autre d'avoir ces idées tendancieuses, pour tenter de la disqualifier.

Cependant, en un an, la tendance a changé radicalement.
L'évolution du modem est la principale raison de ceci, ainsi que son poids relatif qui a augmenté tandis que les autres partenaires traditionnels du PS s'affaiblissaient. Il apparaissait beaucoup plus nettement comme une des condition de la victoire de la gauche.

Auparavant, le combat mené en commun pour le oui au moment du référendum avait pu mettre en évidence des accords partiels sur le fond. De même que chez les partisans du rejet du texte des affinités s'étaient créées, par delà les socialistes.

Ainsi le discours stigmatisant a changé, libérant des volontés plus anciennes. Certains déjà souhaitaient pouvoir choisir plus librement leurs partenaires.
Exclure une alliance au centre, c' était souvent exclure une autre voie que la gauche communiste ou radicale. C'était donner à un partenaire potentiel la qualité d'un partenaire nécessaire, en position d'imposer certaines de ses propositions que nous n'aurions pas acceptées sinon.
La possibilité d'alliances avec le modem, sans devoir être une nouvelle doctrine, donne plus de marge de manoeuvre au parti socialiste. Surtout demain lorsque des choix pourraient devoir se faire entre modem et lcr.


Ce mouvement a ainsi été initié par Ségolène Royal à la fin de la campagne présidentielle, de manière un peu précipitée, personnelle, et sans réussite, et cela se prolonge aujourd'hui au niveau local. De nombreux candidats, souvent proches de SR ou de DSK, (ou par l'intermédiaire du parti radical comme à Blagnac à côté de Toulouse), mais pas seulement, préparent des alliances avec le modem dès le premier tour (Roubaix, Dijon, Grenoble, Montpellier, et en partie Lyon et Bordeaux pour les plus grandes villes), ou alors au second.

Cela fait raler les communistes et les emmanuellistes (sans parler des alters-révolutionnaires...), mais participera sans doute à la victoire de la gauche dans certaines villes.


Pour autant, ces petits arrangements locaux ne sont pas neutres. Il s'agit d'une reconfiguration importante du paysage politique, qui est porteur de risques comme d'opportunités.


(précédent :
-de l'udf au modem
-
le modem, qu'est-ce aujourd'hui ?
-vers quoi se dirige le modem ?

à venir :
-risque ou opportunité pour le PS , comment agir ?)

Publié dans Politique nationale

Commenter cet article