Le chemin parcouru en deux ans : oui le PS avance

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Souvenons nous. Fin août 2006, aux universités d'été de La Rochelle. Déjà nous nous disions que les choses avançaient. Modestement encore.

La Rochelle : un petit pas en avant

La campagne interne pour la présidentielle, où R2 s'était partagé entre Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, avait cependant vu nos idées progresser dans le parti : la prise en compte de l'endettement, de la décentralisation, d'une réforme de la démocratie sociale notamment, ainsi qu'une position plus réaliste sur l'insécurité.

 

La campagne présidentielle a confirmé ceci, nos thèmes ont été portés, notamment face à la montée de François Bayrou.

Ainsi nous nous félicitions des améliorations apportées au projet initial :

-de la claire prise en compte de la contrainte de la dette
-de l'absence de hausse de la pression fiscale
-de la volonté de réconcilier les Français avec l'entreprise
-de l'ambition de réformer l'Etat, notamment à travers la régionnalisation
-de la promotion d'un nouveau syndicalisme plus puissant et partenarial.


Que retenons-nous du discours de Ségolène Royal à Villepinte

 

Mais certaines pesanteurs du projet socialiste, une absence de travail de fond, de réponse globales aux nouveaux enjeux économiques et sociaux, et sans doute des espoirs excessifs puis déçus en la candidate n'ont permis d'allier la rénovation qu'elle portait avec le vrai réformiste que portait DSK.


Pourtant après la défaite, il semble que cette fois-ci, la prise de conscience de la nécessité, et la volonté de rénovation soient bien là.

D'ailleurs on ne parle plus aujourd'hui dans les réflexions des différents courants des mesures les plus emblématiques que nous critiquions : renationalisation d'edf, position dogmatique sur les retraites, volonté d'extension abupte des 35 heures aux petites entreprises, slogan du smic à 1500 euros.

 

Depuis on sent, un vrai bouillonnement dans le parti, entre :

  • les propositions audacieuses de Manuel Valls, proche de celles que pronait hier Jean-Marie Bockel, mais en affirmant ses valeurs de démocratie, de solidarité et d'humanisme;

  • le travail important fourni par les proches de DSK dans le courant Socialisme et démocratie, avec l'élaboration d'un manifeste pour un socialisme nouveau 

    Il s'agit de rénover en profondeur le diagnostic, la doctrine, les réponses de notre parti, pour le confronter aux enjeux actuels, sans pour autant se résigner. Ne plus seulement réagir et s'adapter vers la droite, mais anticiper, avec une plus grande cohérence.

  • Le travail de certains proches de Ségolène Royal, comme Vincent Peillon, avec son institut Edgard Quinet 

  • L'évolution du discours de tout le centre réformiste du parti, avec l'ampleur prise par Bertrand Delanoë, au discours clair et ambitieux pour la gauche, sur une ligne réformiste assumée.

D'ailleurs sans doute ne faudra-t-il pas oublier de travailler ensemble, il y a là de quoi faire une majorité sur le fond pour refonder le PS. Les enjeux de personnes sont importants mais ne devront pas créer des clivages artificiels, même si des nuances subsistent. D'autres dans le parti continuent d'être dans un autre schéma, ne l'oublions pas.

Enfin, plus largement, les forums de la rénovation ont montré du travail, des évolutions.

http://rfrn.over-blog.com/article-7308371.html

http://rfrn.over-blog.com/article-7354668.html


Enfin, dernier élément, un tabou est tombé, avec une reconfiguration des alliances aux municipales. Nous le demandions depuis longtemps, ne pas se lier avec les seuls partenaires traditionnels.
Cela avait été initié par Ségolène Royal de manière précipitée et personnelle, et sans avoir le résultat espéré lors de la présidentielle. Aujourd'hui, la reconfiguration du modem comme du PS permet une situation nouvelle : de nombreux candidats, souvent proches de SR ou de DSK, (ou par l'intermédiaire du parti radical comme à Blagnac à côté de Toulouse), mais pas seulement préparent des alliances avec le modem dès le premier tour (Roubaix, Dijon, Grenoble, Montpellier, et en partie Lyon et Bordeaux pour les plus grandes villes), ou alors au second.

Cela fait parfois raler les communistes et les emmanuellistes (sans parler des alters-révolutionnaires...), mais participera sans doute à la victoire de la gauche dans certaines villes. Le PCF est écartellé entre sa gauche, et sa participation à des listes d'union avec le modem, qu'il accepte pourtant souvent. Est-ce une évolution, ou la fin de ce parti ?

Pour autant effectivement, cela n'est pas neutre et pose des questions.

Par ailleurs, justement, dans de nombreuses communes, le PS ne renouvelle pas son alliance avec le parti communiste. Sans devoir être diabolisé, celui-ci est souvent bien inoffensif au niveau local, et connait bien certaine thématiques sociales, il n'est pas toujours porteur de dynamisme et de renouveau.
Ainsi un exemple emblématique : la ville de Foix, préfecture de l'Ariège, a gauche depuis toujours. Elle avait fait la couverture de Paris-Match dans les années 60 pour avoir osé l'alliance PS-PC. Aujourd'hui, pour la première fois, celle-ci n'est pas renouvelée, et le PC fait alliance avec la LCR.



De notre côté également, une certaine clarification a eu lieu, grâce à la dite « ouverture » présidentielle.

Ceux que leur évolution personnelle avait portés à un décalage excessif, ceux qui au nom du libéralisme s'étaient résignés à une gestion de la société, ceux qui ne croyaient plus à la politique mais seulement en leur valeur, se positionnaient contre le PS et non dans une démarche de rénovation, ou alors dans une seule adaptation vers la droite de morceaux de programme, en bref qui ne se sentaient plus vraiment de gauche (comme dit Marcel Gauchet, « les droits de l'homme ne font pas une politique »), sont partis...

Le parti est également revenus sur certaines propositions excessives ou inopportunes de Ségolène Royal, comme la suppression de la carte scolaire, l'encadrement militaro-humanitaire des délinquants etc.

Cela fait également parti du rebond nécessaire de notre maison commune...


Mais le constat doit être fait, le PS avance, une vague de fond fait vasciller les archaïsmes, le congrès sera attendu et important. Espérons ne pas être déçus cette fois.

 

Publié dans Rénovation du PS

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