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Présentation

  

Le courant Réformisme et rénovation (R2) a fait le choix d'agir dans et par le PS, pour le rénover de l'intérieur. Nous nous sentons pleinement au coeur de la gauche, de la gauche européenne, de la gauche de demain.

Nous souhaitons notamment :

-une relance rapide de la construction européenne avec nos partenaires
-une politique concrète, de réforme, décentralisatrice et expérimentatrice présente sur tous les sujets, qui  n'abandonne  pas ce qui concerne concrètement chacun (insécurité, réforme de l'état...) et lutte efficacement contre les discriminations, et pour retrouver le vivre-ensemble.
- une politique économique ambitieuse et réaliste, portée notamment vers la connaissance et l'innovation, qui ne renonce ni au marché et au capitalisme, ni à la critique de celui-ci dans ses insuffisances, créatrice de richesses et de justice, qui se refuse aux tentations de la naïveté et des solutions faciles.

- sortir de la langue de bois et des consensus mous, pour un parti plus ouvert, moderne, riche en débats et qui sort des vieilles rhétoriques et des pratiques anciennes. Des alliances avec un centre qui prend son autonomie doivent être envisageables.


Rejoignez nous, participez à nos débats, ou écrivez nous pour faire part de vos réactions et propositions, ou de votre soutien.
socialistesrfrn@gmail.com
 
Dimanche 28 septembre 7 28 /09 /Sep 17:01

Publié dans : Rénovation du PS
DSK: "Mon plan pour l'économie mondiale"

P
ropos recueillis par Claude ASKOLOVITCH, à Washington

Le Journal du Dimanche >> Pendant que ses amis politiques se déchirent en France, Dominique Strauss-Kahn est totalement absorbé par sa fonction de directeur général du Fonds monétaire international. Qui plus est alors que le système financier américain est ébranlé par une grave crise. L'occasion pour DSK de livrer son diagnostic et de proposer les services du FMI comme régulateur du système.



Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters)Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters) Sur le même sujet * Sondage: DSK en pole pour 2012 * La grâce de l'exilé


Est-ce que la peur est le pire ennemi de l'économie, comme le dit Nicolas Sarkozy?
Le plus grand danger, c'est qu'on oublie la peur. Le risque, quand la crise financière sera maîtrisée, c'est qu'on revienne aux vieilles habitudes. Pour l'instant, on éteint l'incendie. C'est ce qu'il faut faire dans l'immédiat, et c'est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d'arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers. C'est parce qu'il n'y avait ni règle, ni contrôle -ou pas assez de règles et de contrôles- que cette crise est née.

Comment avez-vous vécu cette crise? A un moment, avez-vous vu l'économie mondiale s'écrouler?
La dramatisation est trompeuse. Cela fait des mois que je savais à quel point le système financier était fragile. En avril dernier, le FMI avait publié ses conclusions sur la crise financière américaine. Le jour où j'ai reçu le rapport de mes services, j'ai été impressionné: nous estimions les pertes à 1000 milliards de dollars... mais seulement 200 avaient déjà été enregistrés. Donc il y avait encore 800 milliards de pertes à venir... Et nous étions un peu en dessous de la réalité!

Qu'avez vous fait à l'époque?
J'ai publié ces chiffres. Le FMI a joué son rôle. Nous avons dit que la crise financière provoquerait un ralentissement sensible de la croissance mondiale. Mais on n'a pas voulu nous entendre. On nous a reproché notre pessimisme. D'habitude, les prévisions du FMI sont des références. Là, le ralentissement net de la croissance était plus dur a accepter.

Auriez-vous dû crier plus fort?
On peut toujours se reprocher de ne pas avoir fait assez de bruit. Mais tout gouvernement a toujours tendance à refuser les obstacles, tant qu'il n'a pas le nez dessus. J'ai été ministre, je connais cela!

Nos gouvernements doivent préparer les populations à la récession?
Il y a un ralentissement sérieux et durable de la croissance mondiale. Ça va être difficile pour l'Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres, surtout ceux qui sont directement frappes par "l'autre crise", celle de prix des matières premières. Mais l'économie réelle ne s'effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière.

Et ça peut tenir indéfiniment?
Non. C'est pour cela qu'il faut réformer. Jusqu'ici, on a résolu les problèmes à mesure qu'ils se présentaient. Maintenant, il faut les attaquer globalement. Ce sont les 700 milliards de dollars du plan Paulson. Ce plan est bienvenu, parce qu'il est global. Mais il doit être le premier acte d'une action politique internationale.

Mais les contribuables américains ne veulent pas payer pour les erreurs des financiers...
C'est compréhensible. En Europe, nous avons aussi eu ce débat sur la "socialisation des pertes et la privatisation des profits"... Les politiques injectent de l'argent public pour éviter que tout l'édifice financier s'écroule parce que c'est la stabilité de nos économies qui en depend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s'imposera l'idée du puits sans fond, de l'Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides.

Donc il faut une réponse politique, pas seulement technique.
En l'occurrence, il n'y a pas de réponse financière qui ne soit politique. Mais s'il n'y a qu'un discours politique, c'est de l'incantation. Aujourd'hui, on admet que la crise vient de l'absence de régulation par la puissance publique. Le marché ne se suffit pas à lui-même. Le marché ne soigne pas le marché...

Nicolas Sarkozy parle de la fin "d'un capitalisme financier" qui avait "perverti" l'économie...
Cela montre le niveau de l'inquiétude générale. C'est la fin d'une période où l'on a cru que le marché suffisait à réguler l'activité financière. Cela n'a jamais été mon cas.

Avez-vous été choqué ces dernières années?
Trop souvent! Le système n'avait plus de sens. Pour maximiser leurs gains, des acteurs de la finance prenaient des risques inconsidérés. On multipliait des produits dont on ne maîtrisait pas les dangers; on avançait à l'aveugle, dans des transactions opaques... Aujourd'hui les tycoons de la finance reconnaissent en privé qu'ils ont été trop gourmands! Ça montre que la question des rémunérations n'est pas marginale: contrôlons les gains des financiers, on contrôlera aussi la finance. Mais ce n'est pas une question morale mais idéologique.

Idéologique?
L'idéologie dominante prônait la régulation des marchés par le seul marché. Les régulateurs -comme moi, si vous permettez- étaient minoritaires. Je pense que c'est terminé. L'idéologie de l'autorégulation est pulverisée par les faits. Les Etats, les puissances publiques reviennent. Partout. Pour sauver le système financier, on en vient à des solutions qui rappellent les nationalisations temporaires que je prônais en France, sous les lazzis: c'était du colbertisme! C'est devenu du simple bon sens.

Le social-démocrate exilé au FMI est devenu hégémonique...
Il n'y a aucun débat partisan ici. Des progressistes comme Lula ou Zapatero, mais aussi Nicolas Sarkozy, et les Chinois, et -vous verrez- les Américains, réclament ou réclameront une régulation.

Et qui va mener cette réforme?
Le Fonds monétaire international peut le faire. Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela. Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d'un bien public global: la stabilité financière, au service de l'économie. En 1944, ce qui menaçait, c'était l'anarchie monétaire. Aujourd'hui, il faut faire face, en plus, à l'anarchie financière: l'opacité, la cupidité, l'irresponsabilité d'un système qui s'est developpé sans rapport avec l'économie réelle... La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.

Le FMI sera un gardien mondial des finances mondiales?
Il doit être le lieu de la discussion d'abord, de la décision ensuite. Sur l'analyse de la crise comme sur les normes qu'il faut adopter. On connaît les pistes: transparence des transactions et de l'évaluation des actifs; contrôle des rémunérations; évaluation des risques, notamment pour les fonds d'investissement. De même les agences de notation doivent être supervisées. C'est un devoir pour les puissances publiques de définir, au niveau international, des rêgles universelles de fonctionnement des marchés financiers...

Une seule règle, un seul règlement? La même loi à Londres, à Tokyo, à New York?
Chaque pays votera ses propres lois. C'est le minimum indispensable de la légitimité démocratique! Mais les règles générales devront être universelles, parce que le système financier est globalisé...

Et qui fera appliquer ces rêgles? Le FMI?
La décision, entre les Etats, doit reposer sur le consensus. On peut avoir des autorités nationales ou régionales (comme l'Union Européenne, par exemple), mais il faut un garant global. Une institution qui vérifie que les normes -transparence, équité- sont appliquées partout. Le président brésilien Lula et les premiers ministres anglais et espagnols Brown et Zapatero, le ministre des finances allemand Steinbruck, viennent de souligner la nécessité d'un organisme international pour superviser les systèmes financiers. Cette idée va s'imposer.

C'est le "Bretton Woods" que réclame la France?
C'est un beau titre! A Bretton Woods, en 1944, on a traité de la guerre des monnaies. Maintenant, on doit imposer l'ordre public aux banques et aux marchés financiers. Parce que nous rassemblons tous les pays, nous sommes capables de définir et de garantir le compromis et l'intérêt général. C'est ce dont le monde a le plus besoin. Longtemps, la Chine et les Etats-Unis ont refusé d'être soumis à nos missions d'évaluation de la stabilité financière. Cette année, ils viennent d'accepter! C'est un signe.

Vous êtes préoccupés par la situation française?
Comme citoyen, la France ne me quitte pas. Mais le Directeur du FMI, par tradition, ne s'exprime pas sur la situation économique de son pays. Les Etats-Unis sont passés du laisser-aller à l'interventionnisme en quelques jours.

Les Européens seraient-ils capables de réagir aussi vite en cas de crise majeure?
Aujourd'hui, non, faute d'un gouvernement économique européen. Les Etats-Unis sont un pays. L'Europe est une construction.

Les Etats-Unis sont un pays qui n'est pas tenu par des normes budgétaires. L'Europe doit-elle assouplir ses règles, renoncer à ce que Nicolas Sarkozy qualifie de "religion"?
L'Europe a besoin de politique, de décision, de rapidité... Mais elle n'a pas besoin de désordre! S'abstraire de ses propres règles, alors qu'on a décidé de réguler le système financier international, ça serait curieux. S'il faut ajouter à l'anarchie financière le laisser-aller budgétaire, on jouera à l'envers. On ne va pas ajouter de l'endettement à l'endettement!
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Dimanche 7 septembre 7 07 /09 /Sep 19:56

Avec d'autres, après d'autres, nous invitons chaque militant du PS à aller signer une pétition historique :

www.pourlemandatunique.net


Nous en parlions déjà il y a quelques mois, autour d'initiatives lancées par quelques parlementaires socialistes.

Maintenant l'initiative doit être appuyée par les militants.

Sur le net, Hugues soutien depuis longtemps ce principe, et nous incite à signer.

De même, chouka essaie d'imaginer ce qu'il se passerait si la pétition réussissait.

A vos claviers !
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Vendredi 23 mai 5 23 /05 /Mai 14:29

Publié dans : Rénovation du PS

Quelques nouvelles du web alors que dans le parti socialiste, la terre tremble. Le parti entre peu à peu en ébulition, de tous côtés une tension sourde imprègne l'admosphère.
Cela devient intéressant.

Sans doute cette fois ci de vrais questions de fond seront soulévées, travaillées, pénétrées, tranchées. Royal et Delanoë se dévoilent, sans lever toutes les incertitudes. Les vieilles stratégies restent de mise chez l'un, alors que de nouvelles démarches un peu illusoires sont mises en avant chez l'autre.
Et pour l'instant certaines pratiques détestables ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées.

En sera t-on réduit à un affrontement violent, de postures et de personnes, de discours démagogiques à visée majoritaire, qui casserait le parti sur une base non-idéologique ? En sera t-on réduit à un choix précipité et non définitif d'un candidat à la présidentielle, arbitré par les médias et les sondages, où le meilleur moyen de ne pas se tromper serait de choisir au hasard ?

Espérons que non. C'est un risque si on laisse prendre la sauce destructrice. Mais on peut faire confiance, avec prudence et recul, aux deux personnages pour éviter ceci et travailler réellement sur une réponse de fond, la construction d'une alternative.
Il faut également encourager ceux qui veulent débrancher la machine à perdre, pour affirmer leurs idées et stratégies alternatives, leurs propositions concrètes. (qu'il faudra juger lorsqu'elles seront là.)


Les grandes déclarations n'ont pour l'instant pas permis de réellement dessiner encore ce que seront les propositions, où le projet de société.
Que fais t-on dans la mondialisation, l'Europe doit-elle être protectrice, quel type de croissance, comment répond on au changement radical et accéléré que va impulser le pétrôle durablement cher, comment anticiper la nécessaire immigration de masse dont l'Europe aura besoin, qui sera porteuse de tensions identitaires, la déqualification du travail, la société du loisir...
Et concrètement faut-il revenir sur le dispositif des heures sup, faut-il appliquer la loi de 1905 à l'Alsace, quelle réforme des retraites, comment permettre un nouveau dialogue social, quelle politique fiscale dans une économie de la connaissance compétitive et aux injustices croissantes, comment accompagner le vieillissement d'une France urbanisée et métissée etc...







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Dimanche 11 mai 7 11 /05 /Mai 21:45

Publié dans : Rénovation du PS

Le texte signé par Bertrand Delanoë est enfin paru. Il répond à l'ouverture par Ségolène Royal d'un site internet. Ces deux démarches sont à la fois intéressantes; des espaces de débats s'ouvrent, des orientations sont posées, et insuffisantes.


Le bloggeur Lebavost souligne ainsi la distance entre les titres grandiloquents, presque baroques, de ces initiatives, et la réalité. Pour un congrès utile et serein, plein de clarté, de courage et de créativité…

De la méthode Coué, en quelques sortes.

Comme il le dit, 

"Ainsi on pourrait presque en déduire, sans trop se tromper, que l’initiative de Ségolène Royal n’est, dans cette forme, ni très utile, ni très sereine ; et que le texte autour de Delanoë manque singulièrement de courage, de clarté, et de créativité."

Sans doute tout cela sera t-il enrichi. Mais la déception que provoquent les contenus proposés permet plus facilement de voir que d'autres options sont possibles, avec les récentes interventions de Valls et Moscovici.

Conclusion de Arnaud Montebourg :

Jugeant le texte qui pourrait servir de base à une motion des partisans de M. Delanoë "d'un classicisme jospiniste exemplaire", il pense que"Bertrand Delanoë et Ségolène Royal n'ont aucune chance d'obtenir la majorité au PS pour en prendre la tête, car les militants ne veulent pas être les otages d'une guerre des chefs".

, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal n'ont aucune chance de l'emporter en octobre, et ils engagent le parti dans un combat destructeur et peu fécond sur le fond. Pour lui, qui soutien la démarche de Pierre Moscovici, il faut un "super mécano", "un patron de parti  capable de rassembler toutes les gauches" et, à terme, un leader qui "a vocation à devenir le premier ministre de la future gauche au pouvoir, au service du président élu en 2012".

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Lundi 5 mai 1 05 /05 /Mai 15:17

Publié dans : Politique nationale

Pour le mandat unique parlementaire.

Comme le souligne Hugues Bernard, il y a actuellement un certain flottement. Pourtant cela semble une étape à franchir. En effet, autant pour le bon fonctionnement démocratique des assemblées et des collectivités, que pour l'émergence de nouvelles têtes, le cumul de certains mandats semble devenu un problème.

Des effets collatéraux de cette situation sont aussi la concentration de pouvoirs, la constitution de fiefs, notamment dans notre parti, et une difficile rénovation et régénération. Sans parler de la séparation des pouvoirs, mise à mal par les députés-maires qui sont dans l'exécutif et le législatif, ou par l'emprise que peuvent avoir des maires ministres sur le préfêt...

Soulignons ainsi l'initiative de Jean-Jacques Urvoas, parue dans le monde, déjà signée par 12 parlementaires PS proches de DSK et de Ségolène Royal.


Le débat sur la réforme des institutions qui démarre au Parlement se poursuit au sein du Parti socialiste pourtant censé, depuis le 8 avril, avoir arrêté sa position.

Dans un courrier adressé jeudi 24 avril à François Hollande, douze députés PS s'étonnent de "l'oubli" du "non-cumul des mandats pour les parlementaires" dans l'ultime version des propositions socialistes sur les institutions. "Nous en appelons solennellement à toi pour que cet oubli puisse être rapidement réparé, écrivent les députés à M. Hollande. De notre point de vue, il s'agit d'une question de cohérence politique; d'abord avec ce que nous avons dit dans le passé à nos électeurs, ensuite avec notre volonté de revaloriser les droits et pouvoirs du Parlement."  Parmi les douze signataires, figurent des proches de Ségolène Royal – qui s'était prononcée pour une limitation stricte du cumul pendant la campagne présidentielle – comme Aurélie Filippetti, députée de Moselle, Christophe Caresche (Paris) et Delphine Batho (Deux-Sèvres). Mais sont également signataires deux députés de Paris proches de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadélis et Sandrine Mazetier, ainsi que le député du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, à l'origine de la démarche.

Ils rappellent que la plateforme pour les législatives de juin 2007 visait "le mandat unique pour les parlementaires". "Aujourd'hui, soulignent-ils, nos succès aux élections cantonales et municipales ne doivent pas nous conduire à renoncer à cet engagement." En remportant sept nouvelles présidences de conseils généraux, le PS a vu la pratique du cumul s'amplifier dans ses rangs. Parmi les parlementaires nouvellement élus à la tête d'un exécutif départemental figurent notamment François Hollande (Corrèze), Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire) et Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis) alors que Laurent Fabius préside désormais la communauté d'agglomération de Rouen (Seine-Maritime).

Accusant réception du courrier qui lui a été adressé, François Hollande a réaffirmé, mardi 29 avril, l'engagement du PS en faveur du mandat unique. Le premier secrétaire a précisé qu'un amendement en faveur du non-cumul des mandats sera déposé par le groupe socialiste lors du débat consacré à la réforme des institutions.

Christine Garin

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Mardi 29 avril 2 29 /04 /Avr 15:58

Publié dans : Rénovation du PS
Telos publie une tribune de Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques

Cette analyse me parait sévère, même si quelques défauts de la déclaration de principe sont bien identifiés :

- tout d'abord la déclaration n'a pas été mal reçue, elle n'a pas vraiment déchainé les passions, mais ce n'était pas son but. Elle a été relayée, et continuera à faire parler d'elle.

-et l'auteur oublie que ce n'est qu'un projet. Elle peut encore être amendée, il aurait d'ailleurs pu proposer quelques pistes concrètes. On sait que déjà un article a été ajouté sur la défense des droits des femmes. On trouve des propositions ici par exemple.
Donc son avis définitif porte sur un texte qui ne l'est pas.

-compte tenu de ce qu'est une déclaration de principe, elle est plutôt bonne, et notamment sur la formulation, on a vu bien pire. Elle n'est pas là pour donner les réponses, ni pour décrire un PS fantasmé qui n'existe pas. Il s'agit donc bien de l'Etat actuel du PS, qui s'éveille, sans être encore en train de gravir les sommets.


Que donnera le texte final ? Les guesdistes tenteront-ils de l'infléchir ? Les poissons pilotes de l'Elysées tentent en tous les cas de semer la zizanie en ce sens, comme le souligne Auteuil. Peut-être sera t-elle également précisée, améliorée sur certains points ?

A voir, proposons des amendements dans nos sections, dans nos courants...

R2D2
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Dimanche 27 avril 7 27 /04 /Avr 20:45

Publié dans : Rénovation du PS

Parce que Manuel Valls dit des choses intéressantes, même si on n'est pas  tout le temps d'accord avec lui. Il faut le lire avant de tomber dans des caricatures simplistes de "droitier" du PS.

 

Interview dans le nouvel obs

Valls : «Bien sûr que j'y pense aussi»
Royal ? «Un one-shot» ! Delanoë ? «Il nous ramène en arrière» ! Dans un livre d'entretiens avec notre collaborateur Claude Askolovitch, le député-maire d'Evry règle leurs comptes aux «éléphants» et dévoile sa méthode «pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche» «Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche», Robert Laffont, à paraître le 30 avril.. Décoiffant !


Je te demande de défendre la gauche et tu en dis du mal.
Mais la gauche, c'est ça ! Précisément parce que nous l'aimons, nous commençons toujours à en dire du mal. Parce que nous sommes plus exigeants sur nous-mêmes. Etre de gauche, c'est difficile. Nous mettons la barre trop haut. Et quand nous échouons, ou quand nous renonçons, quand nous n'avons plus les clés, c'est terrible. Nous nous sentons d'autant plus coupables. Alors nous nous enfermons mentalement, nous faisons comme si nous étions toujours les meilleurs, les plus moraux, les plus purs. Nous nous racontons des histoires. En plus, nous finissons par y croire. Ou alors, nous devenons cyniques, indifférents, jouisseurs... On ne changera pas la vie des citoyens, on pensera juste à la nôtre, de vie; notre vie de politiques qui gagnons des élections comme une équipe de foot gagne des matchs, et seul le résultat est beau. Ensuite, quand on gouverne, si on gouverne, qu'importe ! Après le scrutin, le déluge ! Il n'y a rien de pire qu'une gauche cynique. ( ...)

Tu t'ennuies dans les instances du PS ?
Comme les autres. Les jeux de rôles, de positionnements, de paroles contrôlées sont insupportables. Après la défaite présidentielle, il y avait autre chose. Une lassitude visible, palpable, poisseuse, déprimante. Tu avais plein de gens, enfermés dans des salles de réunion, et qui n'avaient juste plus envie de se voir, de recommencer les mêmes luttes, les mêmes histoires, les mêmes bagarres, les mêmes polémiques. Chacun soupirait en attendant que ça se passe, pour aller faire sa vie ailleurs, en dehors.


Donc vous étiez morts...
Individuellement, les dirigeants socialistes bougent encore. Les mêmes qui bâillaient rue de Solférino sont partis en guerre pour les municipales et les cantonales. En Corrèze, Hollande n'est pas le Flanby de la caricature ! Conquérir du pouvoir, guerroyer pour des fiefs, on sait faire, et ce n'est pas déshonorant. Mais, entre cette vie locale et le vide au sommet, il y a un gouffre terrifiant. Ce qui est mort, c'est ce Parti socialiste tel qu'il est organisé. Cette manière de ne pas vivre ensemble, de ne pas travailler, de se complaire dans l'ennui et la médiocrité.

Et tu en sors comment ?
En reprenant tout à la base. Récrire notre déclaration de principes, bouleverser notre organisation, nous ouvrir, largement. Y compris en confiant directement le choix de notre candidat aux électeurs à travers des primaires ! Changer le nom de notre parti, s'il le faut. Nous devons écrire un programme fondamental comme les sociaux-démocrates allemands. Qu'est-ce qu'on fait dans les cinq-dix ans qui viennent ? Qu'est-ce qu'on propose ? On doit entrer dans les détails. Sur le plan de la fiscalité, des prélèvements obligatoires, du financement des retraites, de la Sécurité sociale... Il n'y a pas un champ qui ne doit être labouré, il n'y a pas un mur qui ne doit être attaqué. On doit reprendre le travail intellectuel et politique de zéro. Il faut construire une nouvelle force politique, comme Blair l'a fait avec le New Labour. Tu vois, c'est d'une simplicité totale ! ( ...)

Est-ce qu'il ne faut pas tout simplement séparer des gens qui ne veulent plus, ne peuvent plus travailler ensemble ?
A force de ne pas traiter les sujets, tout s'envenime, et la vie en commun devient insupportable. Mais si on retravaille, on se redonne une chance. Sous Mitterrand et Jospin, tout le monde a participé au gouvernement, et pas de manière honteuse. Et si tu regardes bien, les différences entre socialistes étaient plus importantes il y a vingt ou trente ans. Entre un Jacques Delors et un Pierre Joxe, entre un Michel Rocard et un Jean-Pierre Chevènement, c'était bien plus profond qu'entre Emmanuelli et Moscovici ! ( ...) Pourtant, tous ces gens se retrouvaient, dans le mouvement. Il existait l'envie de gagner, de gouverner, de changer les choses ensemble, d'accepter les différences, malgré la violence verbale. Le cadre commun était accepté par tous. Chacun s'y épanouissait ou y trouvait son compte. C'est ça qui a disparu. ( ...)
Combien de dirigeants du Parti socialiste, à tous les niveaux, se demandent à quoi ils servent ! Mais ils continuent, malgré tout, parce qu'ils sont des professionnels de la politique. Parce qu'on ne peut pas faire autrement. Parce qu'on ne sait pas faire autrement. Mais ils savent que l'objet, le parti lui-même, est épuisé. Ils savent que l'idée même pour laquelle ils se sont battus est aujourd'hui entamée ... ( ...)
Sans doute des dirigeants doivent partir. Au fond, les discussions qu'on peut avoir sur Mitterrand, Blair ou la campagne de Ségolène Royal, les «si» et les «pourtant», ne me passionnent plus. Ce sont des débats du passé, concernant des personnages du passé.

Royal aussi ?
Il n'y a que ça qui t'intéresse, si je suis «royaliste» ou si je ne le suis pas ? Comme ça, on pourra faire une belle infographie dans le journal ? Les réseaux de Ségo ou les réseaux de Bertrand ? Cette mise en demeure permanente est terrifiante ! Toi, le journaliste, tu fais partie de notre problème. Cette manière d'exiger une réponse, et une réponse unique, sur une personne, comme si cela réglait toute la crise de gauche... Les médias nous trouvent creux. Ils ont sans doute raison. Mais ils sont aussi futiles que nous, ils se repaissent de notre crise, ils entretiennent nos guerres pathétiques ! Et ensuite ils éditorialisent gravement en nous reprochant nos divisions, quand il n'y a que ça qui les intéresse ! ( ...)
C'est très difficile de se saborder pour reconstruire. C'est très difficile de sortir du confort que procure une grande formation politique établie, historique. C'est très difficile de faire l'effort politique et intellectuel pour se réinventer. C'est ce que j'essaie de faire depuis quelques mois. J'en vois les avantages et les limites. Je peux être très vite marginalisé par les accusations de droitisation et les procès en sorcellerie... On moque mon ambition. Mais il faut prendre ce risque. Il faut détruire une maison devenue fantôme. Et il faut en finir avec des dirigeants politiques épuisés, perclus de rivalités et de vengeances, qui n'arriveront plus jamais à travailler ensemble... ( ...)
[Ségolène Royal] n'est plus cette nouveauté absolue qui aurait pu, d'un coup, du passé faire table rase. C'était un one-shot. C'est raté. La campagne est passée par là, sa défaite, ses dysfonctionnements. Ségolène est comme nous désormais, même si l'opinion la différencie encore. (...) Tu veux le fond de ma pensée ? Ni Ségolène Royal, ni Bertrand Delanoë, ni François Hollande, ni Dominique Strauss-Kahn, ni Laurent Fabius, ni Martine Aubry ne devraient être candidats à l'élection présidentielle !

Alors qui ? Ta Majesté ?
Quelqu'un de la nouvelle génération. Montebourg, Peillon, Hamon, Moscovici, Dray, Filippetti... ou moi, bien sûr que j'y pense aussi. On verra ! Il faudrait avoir le courage de dire, comme les démocrates et les travaillistes dans les années 1980, qu'on accepte de donner sa chance à quelqu'un de neuf. Même moins capé, moins connu, moins expérimenté, moins adoubé par les médias... Mais un nouveau. On doit passer du cimetière des éléphants au combat des sept nains ! Mais le nain qui sortira de ce combat sera libre; il pourra en finir avec les tabous du PS... ( ...)
Je suis convaincu que si on reprend l'un des anciens on n'y arrivera pas. On ne refondera pas ce parti. Ce n'est pas une question d'âge, c'est une question de lisibilité et de disponibilité. Il faut quelqu'un qui n'a pas été ministre, qui n'a pas été du pouvoir...

Delanoë n'a pas été ministre
Il est maire de Paris ! Il est un mélange de modernité et de classicisme, très jospiniste en somme, peut-être trop. Lui aussi nous ramène en arrière, à sa façon. ( ...)

Pourquoi veux-tu que le Parti socialiste dise à tous ces gens-là : «pas vous» ?
Parce qu'ils nous empêchent de gagner. Parce que je pense qu'ils représentent le passé. Parce qu'avec eux on ne sera jamais dans le mouvement, mais dans une comédie perpétuelle. Hollande prendra-t-il sa revanche sur Royal ? Royal grillera-t-elle Delanoë ? DSK va-t-il revenir ? Et toi, tu as le courage de suivre encore quatre ans cette pantomime ? ( ...)

Aujourd'hui, tu es un dissident de droite à l'intérieur du PS, mais à ce moment-là (1) tu étais un dissident quasi gaucho !
Même en plaisantant, c'est stupide ! J'ai ma part de contradiction et d'aveuglement. Je suis prêt à en faire l'inventaire. Ma position sur le référendum européen, en 2005, était alambiquée et problématique. Mais, sur l'essentiel, j ai un fil conducteur : le rapport aux citoyens. Je leur dois à la fois la vérité et la présence. Je suis avec eux, mais je ne les mène jamais en bateau. Sur tous les sujets qui nous ont coupés de l'électorat populaire, j'essaie d'être constant. Cela vaut pour la sécurité, l'autorité - une valeur de gauche -, les délocalisations, l'équité, les retraites. Dire la vérité en matière économique ne signifie pas donner quitus à des patrons qui abusent de leur puissance, et encore moins abandonner à leur sort des salariés victimes de l'inévitable. Défendre les immigrés ne signifie pas renoncer à tout contrôle. Mais contrôler l'immigration ne signifie pas, inversement, autoriser la chasse à l'homme. Etre intransigeant sur la sécurité ne signifie pas soupçonner indifféremment tous les habitants des quartiers populaires. Mais respecter ces quartiers implique de désigner ceux qui les détruisent, de l'intérieur comme de l'extérieur. Vouloir la sécurité-flexibilité n'impliquait pas de mépriser les LU. Deux choses me sont également odieuses, deux formes de mépris en fait. Le mépris démagogue, qui consiste à suivre systématiquement l'opinion, à accompagner et à entretenir les faux espoirs... Et le mépris hautain de ceux qui détiennent les solutions et considèrent que le peuple est vraiment décevant de ne pas comprendre qu'il faut en baver...

Robert Laffont

(1)En 2001, lorsque Manuel Valls soutenait le mouvement des «petits LU», après l'annonce de la fermeture du site de Ris-Orangis, NDLR.

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Lundi 21 avril 1 21 /04 /Avr 20:59

Publié dans : Rénovation du PS

 

"Etre socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est. L'idée socialiste relève, à la fois, d'une révolte contre les injustices et de l'espérance pour une vie meilleure. Le but de l'action socialiste est l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète."

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C'est la cinquième fois, en un peu plus d'un siècle, que les socialistes se livrent à l'exercice. 1905, 1946, 1969, 1990, 2008 : chacun de ces millésimes raconte un moment particulier de l'histoire du PS et rappelle un contexte. "Les circonstances ont, à chaque fois, fortement influencé ces déclarations de principes, écrit l'historien Alain Bergounioux, strausskahnien, secrétaire national du PS aux études. (son analysee )La commission qu'il a présidée a mis au point une nouvelle déclaration de principes qui remplacera celle de 1990. Six mois avant le congrès de novembre, ce groupe de travail, où toutes les sensibilités étaient représentées, avait pour mission de de jeter les bases idéologiques de la rénovation du PS.
Largement consensuel – ce qui suggère que le parti est, sur le fond, moins divisé qu'il y paraît –, ce document est le fruit d'un grand accord politique. Il sera soumis au vote lors de la convention nationale du 14 juin, après avoir été validé par les fédérations, qui ne devraient apporter que des retouches limitées.

 

Les évolutions sont intéressantes, intègrent les évolutions, prennent en compte l'individu et son émancipation, et le développement durable. Le Parti socialiste n'abandonne pas son objectif de transformation sociale ni sa fonction de critique des mécanismes du capitalisme. Mais il est désormais un parti réformiste, qui veut s'inscrire dans la société et peser sur elle. Cela reste un compromis, mais celui-ci se déplace vers une social-démocratie assumée et ambitieuse, et devient plus facile entre les différents courants socialistes.

Analyse intéressante du Monde :

Libéré des accusations de "trahison" brandies pendant soixante-dix ans par les communistes, le socialisme français affronte l'ennemi qu'il a vocation à combattre : la prétention du capitalisme à organiser la société en fonction de ses seuls intérêts.

"Aux injustices et aux violences du monde, l'idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature", proclame le texte soumis aux militants, ajoutant que "ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l'économie et de la société" et que "la redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l'égalité des droits".

Partisans d'une "économie sociale et écologique de marché", les socialistes, rompant avec le productivisme, auquel ils ont longtemps cru, mettent à présent au même rang "l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète".  Ils réaffirment non seulement leur fidélité à l'idéal européen, mais leur engagement dans l'Union européenne, à laquelle une partie d'entre eux a pourtant tourné le dos en 2005.

"Parti décentralisateur", le PS est partisan d'une "économie de marché régulée par la puissance publique ainsi que par les partenaires sociaux". Il insiste sur la "qualité de l'emploi", qui suppose "une rémunération juste ainsi qu'une promotion professionnelle et sociale". Cette déclaration de principes emprunte aux sociaux-démocrates allemands le concept "d'Etat social", ce qui la conduit à évoquer, mais avec d'infinies précautions, la réforme de l'Etat-providence. La formule utilisée n'aurait pas été récusée par Jacques Delors : "La régulation (…) est un des rôles majeurs de l'Etat pour concilier l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale". Le texte établit l'obligation "de garantir pour tous la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n'y a pas de liberté réelle"

Sur un plan plus doctrinal, le projet de déclaration ne fait plus mention des "rapports de classe" et, pour la première fois, s'abstient désormais de toute allusion au terme de "révolution". Le PS se définit "ancré dans le monde du travail" et affirme sa volonté "d'exprimer l'intérêt général du peuple français".


de rue 89, même si je ne suis pas sûr que leur analyse des legs dûs aux différents courants soit exactes

de Cambadelis :

Le Parti Socialiste sortait de mois de divisions. La vrai/fausse querelle sur le traité constitutionnel européen donnait l'impression aux français que les socialistes étaient divisés sur les buts.

Et dans un monde hyper médiatisé où le ressort de la mise en scène de l'information est le dissensus, à l'exception notable des élections locales, le PS semblait incapable de retrouver son équilibre.

Il s'agissait donc de bâtir un nouvel équilibre. C'est maintenant chose faite. Ceux qui ont participé comme moi à la commission « Bergougnioux-Weber » on peut mesurer le chemin parcouru au regard de la commission Gérard Collomb en 1990.


On avait refusé à l'époque la domestication écologique et sociale de l'économie. Ici tant la question du modèle socialiste, écologique et social, que la société juste, l'égalité réelle, ou encore le réformisme radical voir le parti pris de rassembler toute la gauche dans une seule formation, ces questions et d'autres n'ont pas donné lieu à grande polémique.

(...)

Ce qui est remarquable dans la première partie de l'exercice que nous venons de réaliser, c'est qu'il fut novateur et profondément convergent. Cela confirme une intuition, les divergences sont des divergences « d'accents ». Elles sont souvent le produit de postures. Elles puisent leur racine dans le champ médiatique. Elles sont souvent techniques dans le sens où elles procèdent du comment, pas du pourquoi. Et c'est ici que réside le paradoxe. Les divergences dans la gauche se sont contractées. Elles n'ont plus la force fondamentale des divergences que nous connaissions dans le passé, par exemple, sur la nature du socialisme. Tous les responsables socialistes dans leur collectivité ont une pratique disons « social-démocrate ».

C'est la raison pour laquelle les divergences s'étaient évaporées, les questions de personnes ont malheureusement tant d'importance.


Les vraies divergences se sont déplacées, de la nature du socialisme au moyen de le promouvoir : Le choix des priorités, la nature des alliances, la sélection des dirigeants, la fonction partisane. D'ailleurs c'est la raison pour laquelle l'autre commission, celle sur les statuts ne trouve pas de consensus. Ceci éclaire l'enjeu du congrès. Il ne portera pas vraiment sur la nature du socialisme. Il ne portera pas non plus sur sa modernisation ou pas. Il ne portera pas plus sur les solutions programmatiques ne serait-ce que parce que c'est trop tôt. Il portera sur la nature et la stratégie du PS. La déclaration de principe vient d'accoucher une façon différente d'être de gauche. Et tous les courants l'ont adoptée. C'est la deuxième bonne nouvelle après les municipales.


ou encore de
Pierre Moscovici

Elle traduit en effet, qu’on me pardonne ce jeu de mots, une révolution dans notre pensée, une révolution réformiste, le choix, enfin assumé, de la réforme au détriment de la révolution. Il faut prendre la mesure, fondamentale et conjoncturelle à la fois, de ce moment. (...)

Car, c’est vrai, le PS n’avait pas fait, sur le plan théorique, son « Bad Godesberg », du nom du Congrès du SPD qui, en 1959, avait vu ce parti renoncer au marxisme. Nous ne nous étions pas, pour notre part, totalement débarrassés de cette phraséologie, nous aimions – nous aimons encore, car tout n’est pas réglé – donner aux autres partis européens des leçons de gauche. (...)

Bref, le Parti socialiste, sous François Mitterrand, Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard, Pierre Bérégovoy, Lionel Jospin, avec Jacques Delors et DSK, avec tous les autres ministres de ces trois mandats, a beaucoup réformé, il n’est plus le même, il est un parti capable de gérer le pays, mieux que ne le fait la droite. Mais notre théorie n’avait pas rejoint notre pratique. (...)

Avec cette déclaration de principe, le surmoi gauchiste se tait alors que le choix social-démocrate est enfin fait. Nous avons, autour de DSK prenant le relais de Michel Rocard auprès de Lionel Jospin, milité pour cela depuis des années, sans être toujours entendus et suivis. Le « réformisme de gauche » du Congrès de Dijon était resté sans contenu, la synthèse du Mans était légère, le projet présidentiel de Ségolène Royal, malgré certaines audaces, n’avait pas toute la cohérence requise. Cette cohérence, elle se trouve dans la déclaration de principes

L’heure de la social-démocratie, celle de la sincérité, de la conformité entre les actes et les paroles a enfin sonné. Voilà pourquoi, en effet, ce texte a une portée majeure, et peut ouvrir, si nous savons la porter, un nouveau cycle dans l’histoire du socialisme français.


Pierre Kanuky revient, lui, sur les transformation des gauches que cela porte.




Romain
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Mardi 15 avril 2 15 /04 /Avr 10:14

Publié dans : Rénovation du PS
Après la cacophonie dans le Puy de Dome, où les conseillers généraux n'ont pas suivis le vote des militants, la difficulté à renouveler la présidence usée et perçus comme autoritaire dans des départements sans alternance comme la Haute-Garonne et l'Ariège, ce récit de Pierre Larrouturrou pointe la nécessité d'un renouvellement des pratiques.

Nous devons être d'autant plus exigeant avec le pouvoir qu'il nous est acquis, dans les départements où l'alternance est rare.

L'appel de Pierre Larrouturou pour que le PS se mette au boulot est intéressant. Cependant quelques réserves sont à apporter : il n'est pas le seul à appeler à ce travail, c'est devenu un propos relativement commun de tous ceux qui veulent rénover. Ainsi les premiers à porter le fer publiquement sur ce thème ont été Laurent Baumel, Michel Rocard, André Vallini, Pierre Moscovici ou Vincent Peillon.
Les forums de la rénovation ont lancé le mouvement, permis du travail, des prises de position, des échanges constructifs. Ce n'était qu'un début, et l'ampleur des chantiers était insuffisante.

Mais le travail continue dans les courants, il ne faut pas l'oublier. D'ailleurs ce que l'on surnomme les reconstructeurs aujourd'hui ont une démarche similaire celle-ci : travailler le fond et proposer un texte d'orientation qui dépasse les stricts courants d'hier pour éviter un duel de personne. Le contrat de la rénovation, élaborré par des strausskahniens et des proches de Montebourg parait une base intéressante.




Lettre ouverte

à tous ceux et celles qui veulent que le PS se mette au travail…

 

Bonjour à tous,

 

 

Rappel des épisodes précédents :

1 > nous devions déposer notre pétition le 25 mars. François Hollande nous a interdit de monter à la tribune du Conseil National mais a promis que nous pourrions la déposer au Bureau National du 1er avril et que, avant ce B.N., il recevrait quelques uns des premiers signataires pour que nous puissions parler avec lui de notre demande.

 

2 > le 1er avril, trois heures avant le Bureau National, nous arrivons enfin à joindre le Directeur de Cabinet de F. Hollande. Stéphane Le Foll commence par dire que nous sommes des inconscients et qu’il est impossible d’organiser une Convention sociale et une Convention européenne d’ici l’été. Au bout de 10 minutes d’un dialogue musclé, il conclut qu’on pourrait peut-être organiser une grande Convention (celle sur les questions sociales).

 

Il est acté avec Stéphane Le Foll que notre pétition sera donnée le soir même à tous les membres du Bureau National et que Claudy Lebreton et Patrick Bloche (qui sont signataires et membres du BN) auront un moment pour en parler. La décision sera mise "en délibéré" jusqu’au BN du 8 avril, date à laquelle j’aurai un moment à mon tour pour argumenter devant les membres du BN.

 

Il est acquis que nous pourrons rencontrer François Hollande avant le 8, pour parler avec lui du fond de notre demande. "On fixe le rendez-vous demain. Tu  nous appelles demain et on fixe le rendez-vous !" me dit Le Foll en concluant l’entretien. 

 

3 > Le 2 avril, nous apprenons que le texte de la pétition n’a pas été donné aux membres du BN.    

 

 4 > Malgré de nombreux appels, nous n’arrivons à joindre ni F. Hollande ni S. Le Foll entre le 1er et le 8 avril. Il faudra un jour reparler du cumul des mandats : Le Foll est payé pour garder la maison quand le patron n’est pas là. Mais, en plus d’être Directeur de cabinet à Paris, il est élu municipal au Mans et Député européen à Bruxelles et Strasbourg… Cela ne facilite pas les contacts et laisse peu de temps pour la réflexion !

 

A la demande de son assistante, nous envoyons par mail les 6.123 premières signatures de militants PS (les seules qui semblent intéresser la direction…) et obtenons un mail « Bien reçu » mais aucune proposition de rencontre.

 

5 > Le mardi 8 en fin d’après midi, pensant que Claudy LeBreton, Patrick Bloche et moi pourrons déposer et défendre notre pétition, je me rends à Solférino sans avoir pu joindre ni Le Foll ni Hollande. "Il a eu ton message et il a ton numéro de portable" me répondent imperturbablement leurs assistantes quand j’essaye à 6 reprises dans la journée du 8 de leur parler. N’était-il pas "promis" depuis le 25 mars que nous pouvions nous parler et que nous pouvions déposer notre pétition ?

 

6 > J’arrive à Solférino et demande à voir le Foll avant que le Bureau National ne commence (François Hollande est à l’Assemblée). Il ne répond pas à ma demande. Quand je fais mine de m’engager dans le couloir qui mène au BN, un homme de la sécurité me demande de revenir à l’accueil sur un ton peu amène. J’arrive à coincer Le Foll, qui m’explique en termes peu châtiés que nous lui cassons les pieds (par écrit, mieux vaut ne pas répéter les termes exacts). "Vous voulez foutre en l’air le calendrier décidé par le Conseil National" dit-il. Je lui explique qu’il ne s’agit pas de foutre en l’air quoi que ce soit mais seulement d’utiliser au mieux les 2 mois qui restent avant les grandes vacances : si nous nous mettions sereinement au travail pendant ces 2 mois, nous pourrions avoir un Congrès bien moins violent et bien plus intéressant…

 

De deux choses l’une : soit ce travail aboutira à un consensus (ce sera alors notre nouveau projet social), soit il n’y aura pas de consensus et c’est le Congrès qui tranchera entre plusieurs stratégies possibles. Mais, si nous commençons par ce travail de fond, le Congrès sera moins violent et sera l’occasion de construire un projet très concret.

 

J’ai le malheur de rappeler à Le Foll qu’en 2003, déjà, ils nous avaient traité de "casse-couilles" quand, avec quelques amis, on leur avait dit qu’il y aurait un référendum et que le Non allait gagner si on ne faisait pas le maximum pour obtenir un Traité social (à l’époque, toute l’équipe de Soférino était convaincue qu’il n’y aurait pas de référendum et que c’est l’UMP qui allait éclater au moment de la ratification parlementaire du Traité…). Ce rappel a le don d’énerver Stéphane : "Bien sur. Bien sur. Et c’est grâce à vous aussi qu’on a gagné les municipales !" me dit-il, assez énervé. Visiblement, à force de le répéter, Solférino commence à croire vraiment que c’est François Hollande qui a gagné les municipales. Il faudra un jour qu’on leur parle du travail réalisé par les élus et les militants de terrain, et de l’effet repoussoir qu’a eu Sarkozy. Mais, mardi, je n’ai pas voulu m’avancer sur ce terrain…

     

7 > Comme l’homme de la sécurité a appelé un de ses copains, plus balèze, et que le scandale n’est pas une façon de convaincre, je n’ai pas tenté d’aller au Bureau National. Quand j’ai quitté Solférino, Le Foll m’a dit qu’il allait donner notre texte à tous les membres du BN (ce qu’il n’a pas fait).

 

Je suis sorti de Solférino absolument furieux. C’est quand même ahurissant dans un parti qui se veut démocratique, qu’on ne puisse même pas déposer une pétition signée par plusieurs milliers de citoyens et bon nombre de parlementaires. Voir un parti aussi verrouillé m’a vraiment mis hors de moi.

 

Sur le fond, ce refus du débat me semble dramatique. Sarkozy et Fillon ont relancé leurs réformes. Santé, code du travail, retraites, éducation… Sur tous ces sujets, nous allons évidemment nous opposer aux réformes engagées par la droite, mais nous serions 1000 fois plus convaincants si nous pouvions dessiner une alternative ! Pourquoi ne pas le faire ?

 

Un des élus qui soutient notre initiative a récemment croisé François Hollande et lui a demandé pourquoi il refusait de nous écouter, pourquoi il ne voulait pas que le PS se mette au travail d’ici l’été. « Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt, lui a répondu François Hollande. Il faut laisser la droite avancer ses réformes et ne pas nous dévoiler trop tôt ! »

 

L’élu n’en est pas revenu. « Ne pas nous dévoiler trop tôt, c’est super astucieux comme stratégie. Mais il ne faut pas non plus nous dévoiler trop tard ! A force de ne pas nous dévoiler trop tôt, on n’a toujours pas compris quel était notre projet en 2002 et notre projet de 2007 était tellement faible qu’il n’a pas convaincu grand monde… »

                                         

(...)                                                           


Il nous reste 3 semaines pour faire bouger Solférino. Ensuite, je crains que nous ne soyons embringués sur un toboggan qui nous mènera à un Congrès très très dur et nul ne sait dans quel état le PS et l’ensemble de la gauche en sortiront. Alors, AU TRAVAIL !

 

Chacun de nous peut convaincre un(e) élu de sa connaissance.

Chacun de nous peut trouver 2 ou 3 signatures d’ici le 22 avril.

 

BONNE SEMAINE A TOUS !

 

Pierre Larrouturou


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Jeudi 10 avril 4 10 /04 /Avr 15:27

Publié dans : actualité R2
 L'ambition d'un socialisme libéral portée hier par Jean-Marie Bockel s'est heurtée à des difficultés de définition, de structuration, d'adéquation à la demande politique, d'explication... Qu'est-ce alors un social-libéralisme au PS ? Est-ce compatible avec une ambition socialiste ? Est-ce une pensée autonome, où qui doit simplement peser parmi d'autres influences ?

Tout dépend de la définition. Ces débats sémantiques sont en effet appuyé sur des alternatives sur le fond.


 
  Petit récapitulatif.

La sensibilité sociale-libérale est difficile à reconnaitre, notamment à cause de problèmes sémantiques. Dans les faits, pour certains une majorité du PS est sociale-libérale. Pour d'autres, cela ne comprend que quelques blairistes isolés, et encore plus avec le départ de Bockel.

En effet, celui-ci a été le seul à le porter au sein d'une motion, la motion 4 au congrès du Mans, qui s'intitulait : "pour un socialisme libéral" Il a fait 0,6 % des voix, soit environ 1000 voix, notamment dans sa ville, et quelques pourcent dans les centres urbains. Cela s'appuyait aussi sur un club, "gauche moderne" auquel appartenait également Roland Ries, qui vient d'être élu maire de Mulhouse (mais qui n'avait pas signé la motion).

Suite à cela, le groupe réformisme et rénovation a été créé, jamais structuré, même si le projet existait. Très rapidement une première division est apparue, avec ceux qui sont partis en faisant le pari de la création d'un parti de centre gauche Initiative européenne et sociale. Marc d'Herré est ensuite devenu candidat nouveau centre aux législatives, et est aujourd'hui secrétaire du parti de Eric Besson...

R2 est donc seulement une boucle mail. Nous avons beaucoup discuté, produit des textes intéressants. Nous nous sommes divisés cordialement entre DSK et Royal lors des primaires, avons participé à la campagne, alors que certains ont préférré Bayrou au premier tour.

De nombreux membres étaient donc en parallèles aussi dans un courant du PS (donc Socialisme et Démocratie, ou Désir d'avenir). Le PS a évolué dans le bon sens depuis le référendum, notamment avec l'élection présidentielle, même si beaucoup reste à faire. 

Le problème est donc dans le sens qu'aurait un courant social-libéral. Ce groupe était devenu à moitié celui de personnes n'appartenant pas au PS. Certaines prises de positions trop libérales n'avaient sans doute plus rien de socialiste (social-libéral peut-être, à revoir les grands débats sémantiques passés). Et de nombreux membres trouvaient dans leurs courants l'écoute et l'intérêt dans leurs courants respectifs. La transformation en courant, et l'élaboration d'une motion étaient donc moins nécessaire et peu réaliste. Nous étions proches de nous structurer en association, pour un groupe d'échange et de travail.


Et là, Bockel est allé au gouvernement, suivi par Jean-François Pascal, fondateur de R2 dans son cabinet. Ils ont créé gauche moderne, où une petite partie de R2 les a suivi. Ces évènements ont donc rendu muet notre groupe. Cela a liberré les tensions existentes, et de fait a recadré son ambition, à gauche et non pas dans un apolitisme technique où libéral n'est plus un des moyens mais une idéologie...


Plus largement aujourd'hui peu de socialistes se déclarent socialistes libéraux. Michel Roccard s'en revendique, tout en rappelant qu'une ambition éthique et politique forte est nécessaire, que l'on ne doit pas abandonner une vigilance critique sur le capitalisme, et des valeurs fortes sur l'éducation ou la lutte contre les inégalités. Avec lui, une partie des partisans de DSK sont ainsi proches de nous, LeGuen, Destot, Urvoas, Moscovici, Richard. Mais avec une volonté d'intervention du politique, de réponse globale modernisée et cohérente.

Chez les partisans de Ségolène Royal également, certains sont proches d'un social-libéralisme, plus "bockélien" comme Gorce ou Valls, avec une adaptation qui est clairement au centre, et une critique forte du parti, et d'autres plus scandinaves comme Bianco, Rebsamen, Collomb...

 

Une fois dit ceci, il faut s'interroger sur le fond, sur le sens de "social-libéral" ou socialiste libéral : positionnement politique proche des démocrates européens, modèle scandinave, social-démocrate... Est-ce associé à un positionnement proche du centre, ou cela peut-il être très à gauche ? Libéral économiquement ou également socio-culturellement ? Le clivage droite-gauche est-il toujours pertinent ou existe t-il d'autres clivages ? (si l'on est au PS c'est que l'on a plutôt fait le diagnostic que ce clivage restait structurant)

Le social-libéralisme n'est-il pas trop souvent la tentation d'une réponse techniquo-scientifique, économiste, qui nie le pouvoir et les choix politiques. (= rapport Attali, voici la réponse... encore une fois ce type de réponse oriente plutôt vers d'autres partis type nouveau centre) Quels sont les outils libéraux, et leurs limites ? etc...
 

Donc quel serait le sens d'une contribution socialiste et libérale ? Aventure intélectuelle exigeante qui peut être intéressante, notamment pour ceux qui ne sont pas investis déjà dans un courant. Cela pourrait aussi contribuer à rendre une farine blanche alors que le pain complet est meilleur. Cela distinguerait et diviserait sur une posture plus que sur le fond, infusé ailleurs, voire l'ostraciserait comme cela a pu être le cas avec Bockel. 

Mais bon cela ne suffit pas à invalider une démarche, tout dépend du contenu, du contexte...

R2D2

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Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 15:35

Publié dans : Rénovation du PS
Les grandes déclarations débroussaillent le congrès. Aujourd'hui, Gorce vs Cambadelis

Suite à la lettre publique de Gaëtan Gorce, Jean-Christophe Cambadelis lui répond.

Gaëtan Gorce propose l'élection du Premier secrétaire du Parti socialiste avant le congrès et la mise « au rencart » des sensibilités ». Il fustige dans le même propos le conservatisme de tous ceux qui veulent reconstruire en rond.

Réponse de Jean-Christophe Cambadélis à Gaëtan Gorce

Cher Gaëtan,
J’ai reçu ta lettre du 26 mars. Et je me suis dis, l’affaire est d’importance puisque cette dernière est imprimée. J’ai cru un moment que ce ne fut une nouvelle candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. (...)
Permets moi de te dire que tout ton texte semble respirer, une sorte de découragement latent, un dénuement résigné mais vengeur, qui aspire à être surmonté par le dépôt des armes de la critique.

Il semble que pour toi : la démocratie est incapable de produire le redressement du Parti
socialiste.
Le régime des courants est la source de tous les maux. Bref ! Tout fout le camp !
Faisons appel à un chef !
J’imagine le sursaut d’outre-tombe de François Mitterrand et de Mendès France. Cet appel, à peine déguisé, à un Bonaparte, voilà qui fleure bon les années 1958 et 1962. Il faudrait qu’à Toulouse pour la date anniversaire du congrès de 1908, là où Jaurès plaida avec succès la réforme avant la révolution, là où il imposa l’élargissement du nombre de courants de la SFIO, nous fêtions dans cette ville conquise par l’union, la mise sous boisseau du droit de s’assembler en sensibilités…

Nous aurions eu raison dans le débat contre le centralisme démocratique en 1920. Et
aujourd’hui, parce que se mettre d’accord est tout à la fois âpre et fastidieux, il faudrait renoncer à ce qui fit notre succès ; il suffirait de s’abandonner à un centralisme plus ou moins éclairé. Renoncer à débattre, échanger, convaincre serait le plus sûr moyen de triompher ?
(...)
La crise du Parti socialiste se réduit elle à une crise de leadership ? Tu n’es pas le seul à le penser. Tu vas, toi le franc-tireur, au bout d’un raisonnement qui ne te ressemble guère : vite un chef ! En proposant l’élection du Premier secrétaire avant le débat, tu marches vers le plébiscite. Tu laisses à l’un d’entre nous, de guerre lasse, le soin de nous imposer son orientation.
Tu as sûrement grande confiance en ton champion. Pourtant tu ne vas pas jusqu’à nous
donner le nom de l’impétrant. Tu as raison il faut mieux être prudent.

Tu nous dis pour commencer : je crois en l’avenir de la gauche… bon ! Je n’en ai pas douté. Mais tu avoueras que cela ne nous fait pas avancer. Nous sommes, paraît-il, nombreux en ce cas. Tu ajoutes en gras « ma conviction ». Ce pronom personnel n’est-il pas précisément cet individualisme que tu pointes comme raison du caractère émollient de nos débats. Passons !

Tu as une conviction et ça se fait rare. J’en conviens. Chapeau bas ! Tu penses que le fonctionnement du PS ne correspond plus aux défis d’une démocratie moderne. La faute en serait à la proportionnelle… Et le moyen de le conjurer serait l’élection d’un chef doté de pouvoirs.
Tu n’as pas dit les pleins pouvoirs car tu as des lettres. Tu ajoutes qu’il faut démocratiser notre démocratie en consultant les militants. Tu avoueras que le rapprochement des deux propositions peut prêter à sourire. Puis tu ajoutes, « bâtir un parti populaire et moderne », voilà qui te promet une standing ovation. Même si le souci est le « comment ».

Tu proposes enfin d’en finir avec les contributions. Je ne suis pas loin de te rejoindre. Mais avoue que si nous avons un chef pré existant au débat et si nous supprimons les moyens du débat. La démocratie se dissout dans le centralisme.
(...)

Ne pourrait-on pas, comme je l’ai proposé au Conseil National, débattre sur la dizaine de questions qui sont à l’ordre du jour pour les Français ? Et puis rythmer notre congrès par 10 votes de clarification.
C’est sûrement un peu trop rénovateur…
Tu évoques ensuite nos alliances. Evidemment mon esprit en est tout excité. Mais nous restons sur notre faim lorsque tu résumes ton propos d’un tonitruant « assumons notre destin ». Et ce destin quand le visite t-on ?

Ne crois-tu pas que nous sommes devant une chance historique ? Celle de refermer la controverse issue de 1920. Nous ne sommes plus la gauche non communiste. Nous sommes la gauche. Ne penses-tu pas qu’il est temps de faire correspondre notre réalité électorale et notre ambition politique ?

Ne devons-nous pas bâtir les conditions d’un parti de toute la gauche, préalable à toute alliance au second tour des présidentielles ? N’aurions-nous pas l’occasion, en cette date anniversaire de 1908, de célébrer le trait d’union entre le passé et l’avenir ?
Evidemment il est difficile de fédérer tous les acteurs de la gauche, toutes les sensibilités – et elles ne sont pas toutes dans des jeux de rôles, elles sont respectables – En disant venez avec nous ! Mais de grâce ne vous exprimez pas ! Un parti tout entier subordonné à un présidentiable n’est pas le gage d’un élargissement mais la certitude d’un enfermement.

Ne crois-tu pas que c’est un débat fracassant dont la gauche a besoin ? Ne penses-tu pas qu’il nous faut une reconstruction par le bas… ? Celle des idées, de l’idéologie, de la politique, de la stratégie, plutôt qu’un replâtrage par le haut, via le « vrai faux débat » des leaders ?
Le problème n’est pas simplement organisationnel, il est d’abord politique. N’y a-t-il pas une urgente nécessité de débattre des fins et des moyens de la politique socialiste à l’époque de la mondialisation, du partage entre ce qui est de l’ordre de la solidarité et de l’individualisation dans le paquet social, de
ce qui pourrait être un modèle de domestication écologique et social de la mondialisation, de clarifier nos positions sur l’Europe, les institutions
et que sais-je encore ? Notre problème n’est-il pas stratégique ?

Peut-on pudiquement conjuguer tout à la fois l’alliance avec le Modem et Lutte Ouvrière ?
Je crois que tu nous proposes un raccourci de forme, alors que nous avons besoin d’une confrontation sur le fond, respectueuse de tous et d’abord des idées.
Tu veux un PS entièrement reconfiguré pour un destin. Nous souhaitons un PS accouchant d’un dessein.

Il se trouvera là de bons esprits pour dire que cela n’est pas contradictoire. Si j’ai pris la plume au-delà du respect pour le débat d’idées, c’est que je crois la controverse déterminante pour notre avenir. Et pour être tout à fait honnête, je redoute fort le chemin auquel tu nous convies « ici et maintenant ».
Beaucoup d’autres sont prêts à l’emprunter dans un lâche soulagement !
Amitiés socialistes,
Jean-Christophe Cambadélis




Deux visions de la reconstruction du PS, parmi d'autres, qui s'affrontent, se complètent, se pénètrent, et nous promettent de beaux débats..
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Lundi 17 mars 1 17 /03 /Mars 17:03

Publié dans : Politique nationale
Au dela de l'analyse, on peut aussi remercier et féliciter quelques vainqueurs plus particulièrement, car les batailles étaient difficiles, car ils sont porteurs d'avenir, car on les aime bien : 

Roland Ries à Strasbourg.
Martine Aubry à Lille pour sa victoire et son discours.
Bertrand Delanoë à Paris pour sa formidable victoire capitale et maîtrisée.
Gérard Collomb à Lyon pour son bilan incontesté qui lui a permi une victoire au premier tour.
Jacques Salvador à Aubervillier et Dominique Voynet à Montreuil pour leur victoire sur des mairies communistes.
Pierre Cohen à Toulouse pour sa stratégie audacieuse et contre une campagne très dure et antipolitique de son adversaire.
Michel Destot à Grenoble
Martine Lignières-Cassou à Pau contre la démagogie bayrouiste
Nicole FEIDT à Toul pour avoir battu Nadine Morano


Liste bien incomplète bien sûr... 
Des vaincus aussi méritent notre respect, mais profitons d'abord des victoires.
:-)
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Lundi 17 mars 1 17 /03 /Mars 15:01

Publié dans : Politique nationale
Un score historique de la gauche, notamment aux cantonnales, où 200 cantons ont basculés à gauche ! 
Des villes qui étaient depuis 50 ou 100 ans à droite ont basculées : Metz, Amien, Rodez...
De bons résultats, dont on parle peu, dans les départements d'outre-mer.
Et de nombreuses villes petites et moyennes partout en France, sauf dans le sud-est.

L'échec de l'"ouverture" sarkozyste, souvent, déclinée dans de très nombreuses villes. Cavada à Paris, Morano à Toul, Moudenc à Toulouse ou Urieta à Pau n'ont pas bénéficié de ces débauchages, souvent sources de tensions dans les équipes, de manque de cohérence. Certains relèvent que cela crée des colistiers trop silencieux... Cela a cependant permis à l'UMP de prendre Mulhouse, difficilement.

Un échec amplifié du modem : outre l'échec de Bayrou pour quelques centaines de voix, à Paris ils n'auront plus qu'un conseiller, et n'ont pas pesé sur l'élection. 
Les alliances passées entre les deux tours n'ont pas été décisives, c'est peu de le dire, dans les grandes villes symboliques : alliés à l'UMP à Toulouse et à Collombes, et au PS à Marseille, ils sont perdants. 
L'image brouillée du modem déroute certains de ses adhérents, entre les anciens et les nouveaux, ceux plutôt ancré à droite, ceux ancrés à gauche, les
centristes et les démocrates qui ne se situent pas seulement au centre mais veulent constituer un pôle autonome...
Est-ce la désintégration d'un projet porteur, la fin d'un mythe, ou une clarification nécessaire ?
Certains se séparent de cette expérience en laquelle ils avaient pu croire.


Quelle influence sur le Sénat ? : ces élections vont permettre une progression importante de la gauche au sénat. Celui-ci est actuellement renouvellé par tiers. 
Le collège électoral comprend environ 150 000 personnes :
  • 577 députés ;
  • 1 870 conseillers régionaux ;
  • 4 000 conseillers généraux ;
  • 142 000 délégués des conseils municipaux. Ils constituent donc 95% de l'ensemble des grands électeurs du Sénat.

À partir de 2008, les sénateurs seront tous élus pour six ans au scrutin proportionnel ou majoritaire, selon la taille du département, avec renouvellement par moitié tous les 3 ans à partir de 2011.

La gauche a progressé depuis le dernier renouvellement en nombre de députés, de conseils régionaux et de conseils généraux. Mais l'enjeux pour le sénat est bien la progression aux municipales. 

L'ampleur de la progression, encore difficilement mesurable au niveau global et notamment des petites communes, peut faire évoluer les équilibres lors des prochains renouvellements, en 2008 mais surtout en 2011 par moitié, alors que le corps électoral n'aura pas évolué.

Il y avait donc bien un enjeu national à cette élection locale, quoi qu'on en dise. 


L'influence sur la rénovation du PS : ceci est déjà largement commenté par les journalistes. 
Clairement Martine Aubry sort renforcée. Bertrand Delanoë confirme, mais est moins portée par cette victoire qui accompagne une vague rose. Il s'est déplacé dans plusieurs villes où il a fait de très bons meetings. Hollande fait une sortie honorable, il gardera une influence mais je ne pense pas qu'elle soit décisive.
Ségolène Royal a fait une campagne médiatique et s'est déplacée, avec toujours des soutiens, mais aussi des agacements. Elle a réussi à rester dans le jeu mais sans réussir à s'imposer. 

Certains tentent des analyses par courants : Hazan à Reims est une proche de Aubry, Cohen à Toulouse est un ami politique de Delanoë, à Chartres et Marseille des soutiens de Royal ont perdu, Mont de Marsan a été perdu par des proches de Emmanueli, Glavany a échoué à reprendre Tarbes... Mais ce sont les électeurs qui ont tranchés, et pas sur ces bases ou marginalement. 
Mais ces évolutions pourront compter dans le cadre des rapports de force de congrès. 

Mais ce seront surtout les adhérents qui décideront.

Enfin, ces élections ont fait émerger de nombreuses femmes, des candidats plus jeunes, quelques encore trop rares candidat de la diversité. Cela fait bouger les lignes locales, confronte les socialistes et les dogmes à la réalité. Les questions des alliances ont été posées.

Tout ceci ne doit pas endormir le PS, cela doit le conforter au changement.

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Dimanche 16 mars 7 16 /03 /Mars 15:07

Publié dans : Rénovation du PS

Suite à mon interrogation sur le modem, j'ai trouvé un article intéressant sur le PS vu du modem.
Je pense cependant que sa vision n'est pas tout à fait exacte. Voici :

Le PS ne changera pas. Jamais. Il faudra bien s’y faire…

Le parti socialiste n’est pas divisé en deux clans opposés: d’un côté les socio-démocrates, réalistes, raisonnables et de l’autre, les socialistes à la mode de papa, archaïques et dépassés. La frange archéo-socialiste, représentée par le sympathique sénateur Mélenchon, ne représente quasiment rien au sein du parti socialiste.  La grande majorité des militants et des élus socialistes n’a pas grand chose à voir avec cette gauche là. C’est juste un élément du folklore du parti. De ce fait, un scénario à l’allemande, avec une scission et la création d’un parti à la gauche du PS me semble de plus en plus improbable… Par conséquent aussi, un rapprochement de l’aile modérée du PS avec le centre rénové s’éloigne de plus en plus.

suite ici

Voici ma réponse sommaire :

Analyse intéressante, mais finallement assez superficielle alors qu'elle partait bien.

-non, les valeurs et les courants de pensées existent bien au PS : les courants sont à la fois de réels lieux de pensée et de distinction, que des structures de promotion interne

-le PS que tu décris n'existe pas : celui qui a abandonné la  politique économique et sociale au profit du sociétal, c'est seulement ce que représente en partie Ségolène Royal (et le modem souvent aussi)

-tu fais d'une situation transitoire un état de fait.


Pour moi il y a trois PS :

-celui de Valls-Royal, qui axe sa réflexion plus sur les problèmes sociétaux et des réponses programmatiques et tactiques, moins politiques. (ainsi, une coalition du modem à la lcr...) Leur adaptation signifie souvent un rattrapage vers la droite.

-celui de DSK-Delanoë-Aubry et quelques fabiusiens modérés : ils ont une vrai vision politique, veulent reconstruire une alternance crédible sur le fond, avec une cohérence globale du projet, mais clairement réformiste et social-démocrate.
Des alliances avec le modem sont envisageables dans certaines conditions mais pas automatiques...

-les guesdistes, minoritaires, Mélanchon, Emmanuelli, Lieneman... Pas d'alliance avec le modem, front de classe... Verraient bien un Die Linke à la française.

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Vendredi 14 mars 5 14 /03 /Mars 11:53

Publié dans : Rénovation du PS

Les Socialistes doivent-ils s'allier avec le MoDem ?

Dans le nouvel obs

Pour : François Rebsmamen *

Le Nouvel Observateur.
- Vous avez fait alliance avec le MoDem à Dijon. Mais était-ce bien nécessaire ?
François Rebsamen. - Ce n'est pas comme ça qu'il faut poser la question. J'ai voulu rassembler dans la clarté. C'est une valeur qui me semble essentielle. Mais en même temps cette stratégie supposait une méthode : d'abord rassembler son camp, tout son camp; ensuite élaborer un projet de gauche; et enfin, sur cette base, proposer au MoDem de nous rejoindre, sans exclusive. Les centristes peuvent apporter leur pierre, mais ils doivent accepter le projet et, bien sûr, nos partenaires.

N. O. - Cette démarche peut-elle s'appliquer à la présidentielle ?
F. Rebsamen. - Elle me paraît inévitable pour les prochaines échéances. S'il veut gagner la présidentielle, le PS doit apparaître comme capable de rassembler au-delà de son propre camp. Il faudra bien sûr un candidat unique de la gauche au premier tour. C'est encore le plus sûr moyen d'accéder au second. Mais ensuite il faudra viser plus large pour espérer l'emporter. Nos démarches locales doivent préparer les électeurs du MoDem à de meilleurs reports de voix.

N. O. - Cette question doit-elle être tranchée au prochain congrès ?
F. Rebsamen. - Bien sûr, il faudra un débat de fond. Je ne suis pas pour un renversement d'alliances : ma stratégie reste d'abord le rassemblement de la gauche. Mais quand ce total ne fait que 36%, comme au premier tour de la présidentielle, on doit se poser une question de bon sens : comment faire pour franchir la barre des 50% ? Si la gauche peut le faire seule tant mieux. Si elle ne le peut pas, alors trouvons des alliés.

N. O.
- A quoi bon tendre la main au MoDem, si celui-ci ne veut pas la saisir ?
F. Rebsamen. - L'union est un combat. C'est ce que François Mitterrand nous a appris dans ses relations avec le PCF. Aujourd'hui, ce n'est pas parce que le MoDem dit non ou que Bayrou dit non, que nous ne devons pas continuer à tendre la main.
N. O. - Vous ne redoutez pas d'installer le MoDem dans un rôle d'arbitre, voire défavoriser un concurrent potentiel ?
F. Rebsamen. - Nous ne proposons pas au MoDem d'être l'arbitre mais un partenaire. Si certains redoutent au PS de se faire dépasser, c'est qu'ils n'ont aucune confiance dans leur parti, ni dans la force de ses propositions.

* Maire de Dijon, numéro deux du PS, proche de Ségolène Royal

Contre : Harlem Désir *

Le Nouvel Observateur. - Ségolène Royal a appelé à faire alliance partout avec le MoDem au soir du premier tour. Est-ce la bonne stratégie pour le PS ?
Harlem Désir. - Je remarque que nous sommes arrivés en tête dans de nombreuses villes, parfois très largement, sans avoir eu besoin de passer un accord avec le MoDem. Le rassemblement de la gauche autour de projets progressistes n'a donc pas si mal fonctionné ! Ne nous trompons pas d'analyse : l'objectif du parti de François Bayrou n'a pas changé. Il rêve de se substituer au PS comme force d'alternance en 2012 et se contente pour le moment de jouer les forces d'appoint à droite ou à gauche selon les scrutins. J'y vois une tentative de revenir aux forces centristes de la IVe République, qui faisaient et défaisaient les majorités. Cela n'a rien d'un progrès ! La vie politique a besoin de clarté.

N. O.
- Le MoDem est-il devenu le nouvel arbitre de la vie politique française ?
Harlem Désir. - Le MoDem, c'est Juppé à Bordeaux et Rebsamen à Dijon. Qui peut croire que l'un et l'autre représentent les mêmes valeurs ? Le parti de François Bayrou n'est un arbitre que si on lui donne ce rôle. C'est lui faire beaucoup d'honneur. Ce n'est pas à nous de l'aider à entretenir la confusion, mais à lui de se situer. Quand je l'entends dénoncer l'alliance «socialo-communiste» à Pau dimanche dernier, je me dis qu'il est en voie de re-droitisation accélérée.

N. O. - Le PS n'a-t-il pas pourtant besoin de nouveaux alliés ?
H. Désir. - Le premier tour de l'élection présidentielle a montré qu'on ne pouvait pas s'en tenir à la stratégie d'Epinay. Nos partenaires traditionnels à gauche ne sont plus en mesure de nous aider à constituer une majorité. Cela nous renvoie à la nécessité de rénover profondément notre offre politique. Mais si certains pensent qu'il nous suffit de trouver un nouveau partenaire pour tout régler, ils se trompent. Tendre la main au MoDem revient à chercher des réponses arithmétiques à un problème politique. Le PS doit assumer son rôle central et non se contenter d'aller chercher une béquille en guise de rénovation. Si nous sommes capables de convaincre au plan local sans nous allier avec le MoDem, on doit être capable de le faire au plan national. A nous de travailler pour rassembler à l'avenir 35% à 40% des Français.

* Député européen, proche de Bertrand Delanoë et de Lionel Jospin

 

Matthieu Croissandeau
Le Nouvel Observateur
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Mardi 11 mars 2 11 /03 /Mars 15:42

Publié dans : Politique nationale
Curieusement cette affaire fait beaucoup moins de bruit que la "fraude aux chaussettes" à Perpignan.

Cela se passe dimanche dernier aux cantonales dans le canton de Foix-rural en Ariège.
Guy Destrem est un des principaux élus locaux du PS en Ariège. Il cumule ses nombreuses fonctions (maire de Serres sur Arget, président de la communauté de commune du pays de Foix, Vice président du conseil général), et ce depuis longtemps en Ariège.

Son principal adversaire, Benoit Alvarez, est un divers gauche, maire d'une des principales localités du canton, Montgaillard, qui souhaite prendre sa place au nom du renouvellement et de la fin du clientélisme.

Or il semblerait que le premier ait tenté de truquer le scrutin.

Si cela est avéré avant ce week-end, nous demandons au PS de retirer l'investiture à Guy Destrem.  (L'élection serait de toute façon annulée s'il gagnait.)
[Note : celui-ci vient de retirer sa candidature, sans encore reconnaitre les faits]

Il faut être particulièrement sévère avec ceux qui déshonorent, en plus de notre parti, la démocratie et entachent la confiance en la procédure de vote qui en est la base absolue.

Il faut donc entamer la procédure de radiation du PS, et entamer des poursuites pénales.


Communiqué de Benoît Alvarez: «Élections cantonales, tricherie électorale à Serres sur Arget»
trouvé sur ariegenews

 Ce matin, dés huit heures cinq, les scrutateurs de Benoît Alvarez qui contrôlaient les opérations de vote à la mairie de Serres/Arget ont été amenés à constater que Guy Destrem, candidat à l’élection cantonale pour le canton de Foix Rural, déposait dans l’urne une poignée d’enveloppes.

Ils ont alors interpellé M. Destrem en lui demandant ce qu’il faisait. Celui-ci a nié les faits. Après un comptage rapide des émargements sur la liste électorale (14) et des enveloppes se trouvant dans l’urne (25),

M. Destrem a reconnu qu’il existait bien une différence en nombre.
Cette reconnaissance a été actée par écrit sur un document cosigné par l’ensemble des présents, y compris M. Destrem.

Quelques minutes après, M. Destrem a été pris sur le fait par ces mêmes scrutateurs en flagrant délit de signature de la liste d’émargement électorale.
Les scrutateurs, rejoints par Benoit Alvarez, ont alors fait appel à la Gendarmerie pour constater les faits.

Le comptage réalisé par ces mêmes gendarmes a révélé un écart de 4 enveloppes en trop par rapport au nombre d’électeurs ayant signé sur la liste d’émargement.
Les gendarmes ont alors avisé la Préfecture de ce constat.

Il y a donc eu tricherie manifeste et caractérisée dès le début de la matinée.
Les électeurs du canton de Foix – Rural apprécieront à sa juste valeur le comportement civique de M. Destrem qui n’hésite pas à bafouer les règles élémentaires de la démocratie pour arriver à ses fins.

Cette attitude n’est pas sans rappeler les pratiques des républiques bananières et n’est pas digne de quelqu’un qui a la prétention de conduire les destinées de notre canton.
Dés demain, nous porterons ces faits à la connaissance de la population, afin que personne ne se méprenne plus sur la véritable personnalité et les pratiques de M. Destrem.


 

 

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Samedi 8 mars 6 08 /03 /Mars 16:19

Publié dans : Des proches politiques

Tous derrière Laurence Parisot !, par Michel Rocard
paru dans le Monde


Le 28 mai 1890, Jean Jaurès publiait dans La Dépêche du Midi un superbe éditorial qu'il titrait "Patrons français, soyez fiers de l'être". Dans cet hymne à tous ceux qui exercent la difficile fonction de direction dans l'art de produire, il dit à la fois son admiration et son intelligence profonde de leurs risques, de leurs difficultés et de leurs peines. Il fixait en même temps, on l'a trop oublié, la ligne générale de la social-démocratie internationale dès lors que celle-ci a abandonné l'idée de remplacer le capitalisme et sa brutalité mais aussi l'économie de marché par l'administration centralisée de l'économie plus ou moins appuyée sur l'appropriation collective des moyens de production et d'échange.

Assurant la liberté d'entreprendre, de produire et de commercer, l'économie de marché est à la fois le point d'ancrage et la garantie de la liberté tout court dans notre civilisation. Elle est vieille de plus de trois mille ans. Vieux, lui, d'à peine plus de deux cents ans, le capitalisme y a ajouté – par la machine et l'épargne collectivement utilisée – un système de production de masse inouï dont on n'a jamais inventé ni l'équivalent ni le substitut.

Dès la fondation du capitalisme, nombreux furent ceux qui remarquèrent qu'il avait d'autant plus besoin d'éthique qu'il avait moins besoin de règles. Les créateurs de la théorie économique qui l'encadrait étaient presque tous des moralistes : Adam Smith, David Ricardo, François Quesnay… Et l'un des plus rudes patrons industriels de la première moitié du XXesiècle, Henry Ford, estimait que la capacité du capitalisme à éviter les règles étatiques paralysantes était directement liée à sa capacité de s'imposer une éthique exigeante. Notamment, par exemple, le principe qu'un patron ne saurait se payer plus de quarante fois le salaire moyen de ses salariés. Cette règle fut respectée jusque vers les années 1990.

Il est utile de se souvenir de tout cela quand explose en France le scandale de l'UIMM, aggravé du scandale de l'indemnité de départ de Denis Gautier-Sauvagnac – vingt-six fois le salaire annuel d'un agrégé de l'université – et compliqué du refus de la fédération patronale de la métallurgie d'accepter la remise en ordre exigée par la présidente du Medef, Laurence Parisot. Cette très efficace et droite présidente de PME a bien compris que l'affaire était essentielle. A l'évidence, il y a du souci à se faire si le système devient illégitime et inacceptable. Mais il y a beaucoup plus. Cet incident survient à un moment où tous les pronostics de croissance économique sont révisés à la baisse, où une crise bancaire et financière fait rage, bref où il semble que nous entrions dans une récession mondiale.

L'ouverture de la crise se fait dans le secteur des prêts hypothécaires américains. Elle est le résultat d'une technique bancaire nouvelle consistant à prêter massivement de quoi devenir propriétaire de son logement à toute une population aux revenus moyens ou faibles, sans se soucier des possibilités de remboursement. L'espoir du gain pour les prêteurs n'est plus fondé sur le paiement des loyers, mais sur la valeur des maisons que l'on expropriera et revendra autant que nécessaire. Un million trois cent mille Américains ont été ainsi expropriés ces deux dernières années et trois millions d'autres sont menacés. L'effondrement du système traduit la résistance sociale à cette situation. La rapacité bancaire s'est là débarrassée de tout scrupule découlant du fait que ses victimes étaient des êtres humains. La cause majeure de la crise est clairement l'immoralité.

Deuxième élément. Les détenteurs de ces créances douteuses savaient fort bien que les titres dont ils s'étaient ainsi rendus propriétaires étaient frelatés. Plutôt que d'analyser, de provisionner et de soumettre le tout aux régulateurs nationaux ou aux agences de notation, ils ont préféré mélanger ces titres avec d'autres, moins incertains, pour revendre dans le monde entier de tels paquets de crédits, dont le mélange avec des crédits dérivés assurait l'opacité totale. C'est une deuxième immoralité massive, également liée à l'esprit de lucre. Et c'est ainsi que toutes les grandes banques de la planète ont vu leurs bilans infestés de créances incertaines dont le montant est imprévisible : on parle de centaines de milliards de dollars. Les banques se sont mises à se méfier les unes des autres, et donc ne se prêtent plus, ce qui est le mécanisme même de l'aggravation de la crise financière en même temps que de sa transmission à l'économie physique, réelle. Ainsi nous acheminons-nous vers une récession aux proportions incalculables.

Troisième élément. Tout cela n'aurait peut-être qu'une gravité limitée à la seule sphère financière si au même moment nous ne rencontrions pas les prodromes d'une crise économique. De 1945 à 1975, le capitalisme reconstruit d'après-guerre, parce que sérieusement régulé, a connu dans le monde développé une croissance régulière et rapide (5% par an), une absence complète de crises financières internationales et surtout le plein-emploi partout.

Depuis les années 1990, la croissance est molle, inférieure de plus de moitié aux scores de l'ère précédente, les crises financières régionales ou mondiales se multiplient, et le quart de toutes nos populations sont soit au chômage, soit en travail précaire, soit encore exclues du marché du travail et tout simplement pauvres.

La principale cause de ce drame planétaire est le réveil de l'actionnariat. Celui-ci, plutôt maltraité de 1945 à 1975, s'est réveillé et puissamment organisé en fonds de pension, fonds d'investissements et fonds d'arbitrage ou hedge funds. Il a pris souvent le pouvoir et toujours de fortes minorités dans toutes les grandes entreprises de la planète. Il a partout pressuré les revenus du travail pour assurer de meilleurs dividendes. En trente ans, la part des revenus directs et indirects du travail a perdu près de 10% dans le partage du PIB dans tous les pays développés au bénéfice du profit et non de l'impôt.

La stagnation des salaires réels, l'externalisation des tâches vers des PME sans syndicats et soumises à l'aléa des renouvellements de contrats, la multiplication des contrats précaires et bien sûr la multiplication des OPA, moyens de soumettre les directions à l'obligation de mettre en œuvre ces pratiques, sont les diverses formes de diffusion de ces politiques. La baisse des revenus salariaux dans le PIB est celle des revenus les plus disponibles pour la consommation, qui, faute de moteur, devient faible. C'est l'essentiel de nos classes moyennes supérieures, qui, via les placements boursiers, a mis ses espoirs dans le gain en capital et non plus dans le résultat du travail. Nouvelle immoralité.

Quatrième élément. Les générations d'aujourd'hui deviennent âpres au gain. On a appris il y a deux ans comment les grandes banques ne peuvent actuellement éviter de surpayer leurs traders : ils s'en vont en Asie. Jérôme Kerviel a même démontré comment on pouvait être désintéressé pour soi-même en servant, jusque dans la démesure, un système fou d'accaparement. Les indignités cumulées d'un Antoine Zacharias [ancien PDG de Vinci qui a perçu 13 millions d'indemnités] ou d'un Noël Forgeard [ex-président d'EADS parti avec une prime de 8,5 millions d'euros], ou celles de l'UIMM sont presque peu de chose comparées à ce qui se passe ailleurs. Siemens, Volkswagen et la Bundespost sont confondues de corruption ou de fraude fiscale. Le nombre de sociétés en délicatesse avec la justice pour cause de trucages comptables, de délits d'initiés ou d'abus variés devient inquiétant. Nombre d'entre elles sont poussées à ces délits par leurs propres cadres.

Pour moi, la cause est entendue : le capitalisme sombre sous l'immoralité. Nous sommes en train de découvrir qu'il risque techniquement d'y succomber. Tel est le contexte de l'affaire de l'UIMM. Ne sourions pas de ce combat sans merci interne à une catégorie de gens à laquelle nous n'appartenons pas : les riches. Le problème est que leur voracité menace le système lui-même dans lequel nous vivons. Le combat de Mme Parisot nous concerne donc tous : il ne s'agit pas seulement de redonner sa dignité à un système qui en a bien besoin, mais surtout de lui permettre de revenir à un fonctionnement efficace et régulier. Nous avons choisi la libre entreprise. Elle exige de bons patrons, respectables et intègres. Sans éthique forte, il n'y a plus de capitalisme. Il va probablement devenir nécessaire que la règle publique y pourvoie.

Michel Rocard est député socialiste européen et ancien premier ministre

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